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Raisonnement par récurrence : corrigé des exercices de maths en terminale à télécharger en PDF

    Voici les solutions rédigées des dix-sept exercices consacrés à la récurrence en terminale. Chaque démonstration par récurrence suit le même plan : énoncé de la propriété \(P(n)\), initialisation au premier rang, hérédité puis conclusion, afin de montrer la rédaction attendue au baccalauréat.

    On y trouve le calcul de sommes (carrés, cubes, termes d’une suite géométrique, somme alternée), les formules explicites de plusieurs suites et l’inégalité de Bernoulli, mais aussi des preuves par l’absurde ou par contraposée et des résultats de divisibilité. Les cinq derniers corrigés montrent comment passer d’une conjecture, tirée d’une figure, d’un programme Python ou d’un tableur, à une preuve complète, et pourquoi un ordinateur peut afficher « Faux » à cause des arrondis.

    Avant de lire une solution, reprends l’énoncé des exercices et essaie de le traiter seul ; sers-toi ensuite de ce corrigé pour repérer l’étape qui t’a manqué et contrôler chacun de tes calculs.

    L’essentiel : Voici les solutions rédigées des exercices de maths en Terminale sur « Raisonnement par récurrence ». On le consulte après avoir cherché seul ; corrigé gratuit à télécharger en PDF.

    Exercice 1 :
    Soit \((U_n) \,\) la suite définie par

    \(\begin{cases}U_0=2\\ \forall n \in\,\mathbb{N}\,,\,U_{n+1}=\sqrt{U_n+2}\end{cases}\)

    Démontrer par récurrence que :

    \(\boxed{\forall n \in\,\mathbb{N}\,,\,U_n\le2 }\,\)

    soit la propriété de récurrence \(P(n)\) : « \(0\le U_n\le2\) » pour \(n \in\,\mathbb{N}\).

    Initialisation : P(0)

    \(0\le U_0=2\le 2\) donc P(0) vraie.

    Supposons qu’il existe \(n \in\,\mathbb{N}\) tel que P(n) soit vraie, Montrons P(n+1) reste vraie.

    \(0\le U_n\le 2\Rightarrow 2\le U_n+2\le 4 \Rightarrow 0\le\sqrt{U_n+2}\le \sqrt{4}\Rightarrow 0\le U_{n+1}\le 2\) (la fonction racine carrée est croissante sur \([0\,;+\infty[\)).

    donc P(n+1) reste vraie

    \((P(0); \forall n \in\,\mathbb{N}\,,\,P(n)\Rightarrow P(n+1))\)

    \(\Rightarrow \forall n \in\,\mathbb{N}\,,U_n\le2\)

    Exercice 2 :

    Soit \((U_n) \,.\) la suite définie par

    \(\begin{cases}U_0=2\\ \forall n \in\,\mathbb{N}\,,\,U_{n+1}=2U_n-3\end{cases}\)

    Démontrer par récurrence que :

    \(\boxed{\forall n \in\,\mathbb{N}\,,\,U_n=3-2^n }\,.\)

    soit la propriété de récurrence \(P(n)\) : « \(U_n=3-2^n\) » pour \(n \in\,\mathbb{N}\).

    Initialisation : P(0)

    \(U_0=2=3-2^0\) donc P(0) vraie.

    Supposons qu’il existe \(n \in\,\mathbb{N}\) tel que P(n) soit vraie, Montrons P(n+1) reste vraie.

    \(U_n=3-2^n\Rightarrow 2U_n=6-2^{n+1} \Rightarrow 2U_n-3=3-2^{n+1} \Rightarrow U_{n+1}=3-2^{n+1}\)

    donc P(n+1) reste vraie

    \((P(0); \forall n \in\,\mathbb{N}\,,\,P(n)\Rightarrow P(n+1))\)

    \(\Rightarrow \forall n \in\,\mathbb{N}\,,U_n=3-2^n\)

    Exercice 3 :

    On pose :

    \(\forall n \in\,\mathbb{N^*}\,,\,S_n=1^2+2^2+3^2+….+n^2=\sum_{k=1}^n k^2 \,.\)

    a. Calculer \(S_1\,,S_2\,,S_3\,,S_4 \,.\)

    \(S_1=1^2=1\,;\,S_2=1^2+2^2=1+4=5\,;\,S_3=1^2+2^2+3^2=1+4+9=14\,;\,S_4=1^2+2^2+3^2+4^2=14+16=30 \,.\)

    b. Exprimer \(S_{n+1}\) en fonction de \(S_n\) .

    \(\forall n \in\,\mathbb{N^*}\,,\, S_{n+1}=S_n+(n+1)^2\)

    c. Démontrer par récurrence que :

    \(\boxed{ \forall n \in\,\mathbb{N^*}\,\,S_n=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6} }\,.\)

    soit la propriété de récurrence :

    \(P(n)\) : « \(S_n=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\) » pour \(n \in\,\mathbb{N^*}\).

    Initialisation : P(1)

    \(S_1=1=\frac{1(1+1)(2\times 1+1)}{6}\) donc P(1) vraie.

    Supposons qu’il existe \(n \in\,\mathbb{N^*}\) tel que P(n) soit vraie, Montrons P(n+1) reste vraie.

    \(S_{n+1}=S_n+(n+1)^2\Leftrightarrow S_{n+1}=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}+(n+1)^2 \Leftrightarrow S_{n+1}=\frac{n(n+1)(2n+1)+6(n+1)^2}{6} \Leftrightarrow S_{n+1}=\frac{(n+1)[n(2n+1)+6(n+1)]}{6}\)

    \(\Leftrightarrow S_{n+1}=\frac{(n+1)(2n^2+7n+6)}{6}=\frac{(n+1)(n+2)(2(n+1)+1)}{6}\)

    donc P(n+1) reste vraie

    \((P(1); \forall n \in\,\mathbb{N^*}\,,\,P(n)\Rightarrow P(n+1))\)

    \(\Rightarrow \forall n \in\,\mathbb{N^*}\,,S_n=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\)

    Exercice 4 :

    1. Pour tout \(n\in\mathbb{N}\), on développe le membre de droite :

    \(y(x^n\,-\,y^n)\,+\,(x\,-\,y)x^n\,=\,yx^n\,-\,y^{n+1}\,+\,x^{n+1}\,-\,yx^n\,=\,x^{n+1}\,-\,y^{n+1}\)

    Les termes \(yx^n\) et \(-yx^n\) s’éliminent : on retrouve bien \(x^{n+1}-y^{n+1}\).

    Donc, pour tout entier naturel n, \(x^{n+1}-y^{n+1}=y(x^n-y^n)+(x-y)x^n\).

    2. Quand k = n, on a :

    \(x^ky^{n-k}\,=\,x^n\,y^{n-n}\,=\,x^n\,y^0\,=\,x^n\)

    3. Soit \(P(n)\) la propriété : « \(x^n-y^n=(x-y)\sum_{k=0}^{n-1}x^ky^{n-1-k}\) ».

    Initialisation : la propriété est vraie pour n = 1 car :

    \(x^1\,-\,y^1\,=\,x\,-\,y\,=\,(x\,-\,y)\,\sum_{k=0}^{0}\,x^ky^{0-k}\,=\,(x-y)\times x^0y^0\)

    Hérédité : supposons que P(n) soit vraie pour un certain entier naturel non nul n. On a :

    \(x^{n+1}\,-\,y^{n+1}\,=\,y(x^n\,-\,y^n)\,+\,(x\,-\,y)x^{n}\) par la formule obtenue à la question 1,
    et donc, avec l’hypothèse de récurrence :

    \(x^{n+1}\,-\,y^{n+1}\,=\,y(x-y)\,\sum_{k=0}^{n-1}\,x^ky^{n-1-k}\,+\,(x-y)x^{n}\,=\,(x-y)\,(\,\sum_{k=0}^{n-1}\,x^ky^{n-k}\,+\,x^{n}\,)\)

    D’après la question 2, \(x^n\) est le terme \(x^ky^{n-k}\) pour k = n, donc :

    \(x^{n+1}\,-\,y^{n+1}\,=\,(x-y)\sum_{k=0}^{n}x^ky^{n-k}\), ce qui est P(n+1).

    Donc, pour tout \(n\in\mathbb{N}^*\), \(x^n-y^n=(x-y)\sum_{k=0}^{n-1}x^ky^{n-1-k}\).

    Exercice 5 :

    1. Soient a et x deux nombres tels que \(a\in\,\mathbb{Q}\) et \(x\notin\,\mathbb{Q}\).

    On suppose par l’absurde que \(a+x\in\,\mathbb{Q}\).

    Alors il existe deux entiers relatifs p et q avec \(q\neq\,0\) tels que \(a+x=\frac{p}{q}\).

    On peut réarranger cette équation pour obtenir \(x=\frac{p}{q}-a\), qui est donc un nombre rationnel puisque p, q et a sont des nombres rationnels, ce qui contredit l’hypothèse que \(x\notin\,\mathbb{Q}\).

    Donc, \(a+x\notin\,\mathbb{Q}\).

    2. Soient a et x deux nombres tels que \(a\in\,\mathbb{Q}^*\) et \(x\notin\,\mathbb{Q}\).

    On suppose par l’absurde que \(a\times \,x\in\,\mathbb{Q}\).

    Alors il existe deux entiers relatifs p et q avec \(q\neq\,0\) tels que \(a\times \,x=\,\frac{p}{q}\).

    On peut réarranger cette équation pour obtenir \(x=\frac{p}{aq}\), qui est donc un nombre rationnel puisque p, q et a sont des nombres rationnels, ce qui contredit l’hypothèse que \(x\notin\,\mathbb{Q}\).

    Donc, \(a\times \,x\notin\,\mathbb{Q}\).

    Exercice 6 :

    Pour n = 0, on a :

    \(\sum_{k=0}^{0}x^k\,=\,x^0\,=\,1\)

    et

    \(\frac{1-x^{0+1}}{1-x}\,=\,\frac{1-x}{1-x}\,=\,1\)

    Donc la formule est vraie pour n = 0.

    Supposons maintenant que la formule soit vraie pour un certain entier naturel n quelconque. Nous allons démontrer qu’elle est vraie pour n+1. On a :

    \(\sum_{k=0}^{n+1}x^k\,=\,\sum_{k=0}^{n}x^k\,+\,x^{n+1}\)

    Par hypothèse de récurrence, on a :

    \(\sum_{k=0}^{n}x^k\,=\,\frac{1-x^{n+1}}{1-x}\)

    Ainsi,

    \(\sum_{k=0}^{n+1}x^k\,=\,\frac{1-x^{n+1}}{1-x}\,+\,x^{n+1}\)

    En réduisant au même dénominateur (1-x), on a :

    \(\sum_{k=0}^{n+1}x^k\,=\,\frac{1-x^{n+1}+x^{n+1}(1-x)}{1-x}\)

    Et donc :

    \(\sum_{k=0}^{n+1}x^k\,=\,\frac{1-x^{n+2}}{1-x}\)

    Donc la formule est vraie pour tout entier naturel n.

    Exercice 7 :

    Pour n = 1, on a :

    \(\sum_{k=1}^{1}(-1)^kk\,=\,(-1)^1\,\times \,1\,=\,-1\)

    et

    \(\frac{(-1)^1(2\,\times \,1+1)-1}{4}\,=\,\frac{-3-1}{4}\,=\,-1\)

    La formule est donc vraie pour n = 1.

    Supposons maintenant que la formule soit vraie pour un certain entier naturel n quelconque. Nous allons démontrer qu’elle est vraie pour n+1. On a :

    \(\sum_{k=1}^{n+1}(-1)^kk\,=\,\sum_{k=1}^{n}(-1)^kk\,+\,(-1)^{n+1}(n+1)\)

    Par hypothèse de récurrence, on a :

    \(\sum_{k=1}^{n}(-1)^kk\,=\,\frac{(-1)^n(2n+1)-1}{4}\)

    Donc,

    \(\sum_{k=1}^{n+1}(-1)^kk\,=\,\frac{(-1)^n(2n+1)-1}{4}\,+\,(-1)^{n+1}(n+1)\)

    En réduisant au même dénominateur 4, on a :

    \(\sum_{k=1}^{n+1}(-1)^kk\,=\,\frac{(-1)^n(2n+1)-1+4(-1)^{n+1}(n+1)}{4}\)

    Comme \((-1)^n=-(-1)^{n+1}\), le numérateur vaut \((-1)^{n+1}(-2n-1+4n+4)-1=(-1)^{n+1}(2n+3)-1\). On obtient :

    \(\sum_{k=1}^{n+1}(-1)^kk\,=\,\frac{(-1)^{n+1}(2(n+1)+1)-1}{4}\)

    Donc la formule est vraie pour tout entier naturel n.

    Exercice 8 :

    Pour n = 0, on a :

    \((1+x)^0\,=\,1\,\geq\,\,\,1+0\times \,\,x\,=\,1\)

    Donc la formule est vraie pour n = 0.

    Supposons maintenant que la formule soit vraie pour un certain entier naturel n quelconque. Nous allons démontrer qu’elle est vraie pour n+1.

    On a :

    \((1+x)^{n+1}\,=\,(1+x)^n\,\times \,(1+x)\)

    Par hypothèse de récurrence, on a :

    \((1+x)^n\,\geq\,\,\,1\,+\,nx\)

    Donc, en multipliant par \(1+x\), qui est positif :

    \((1+x)^{n+1}\,\geq\,\,\,(1+nx)(1+x)\)

    En développant le membre de droite, on obtient :

    \((1+x)^{n+1}\,\geq\,\,\,1\,+\,(n+1)x\,+\,nx^2\)

    Comme x est positif, \(nx^2\) est positif ou nul. On peut donc écrire :

    \((1+x)^{n+1}\,\geq\,\,\,1\,+\,(n+1)x\)

    La formule est donc vraie pour tout entier naturel n.

    Remarque : cette inégalité est appelée inégalité de Bernoulli.

    Exercice 9 :

    1. La contraposée de la proposition précédente est :

    Si l’entier n est impair, alors \(n^2-1\) est divisible par 8.

    2. Supposons que n soit impair, c’est-à-dire n = 2k+1 pour un certain entier naturel k.

    Alors :

    \(n^2-1\,=\,(2k+1)^2-1\,=\,4k^2\,+\,4k\,+\,1\,-\,1\,=\,4(k^2+k)\)

    Donc \(n^2-1\) est divisible par 4.

    Pour montrer qu’il est divisible par 8, il suffit de remarquer que \(k^2+k\) est pair pour tout entier k.

    En effet, pour k pair, on a \(k^2\) pair et k pair donc \(k^2+k\) pair.

    Pour k impair, on a \(k^2\) impair et k impair donc \(k^2+k\) pair.

    Donc \(k^2+k\) est pair dans tous les cas et \(n^2-1\) est divisible par 8.

    Donc la contraposée est vraie.

    3. On peut en déduire que si \(n^2-1\) n’est pas divisible par 8, alors n est pair.

    En effet, si n était impair, alors d’après la contraposée, \(n^2-1\) serait divisible par 8, ce qui est contraire à l’hypothèse de départ.

    Donc si \(n^2-1\) n’est pas divisible par 8, alors n est pair.

    Exercice 10 :

    1. Nous allons utiliser une démonstration par récurrence.

    Vérifions la propriété pour n = 1 :

    \(\sum_{k=1}^{1}\,k^3\,=\,1^3\,=\,1\) et \(\frac{1^2\,\times \,(1+1)^2}{4}\,=\,\frac{1\,\times \,4}{4}\,=\,1\)

    La propriété est vérifiée au rang 1.

    Supposons maintenant que la propriété soit vraie pour un certain entier naturel k, c’est-à-dire :

    \(\sum_{i=1}^{k}\,i^3\,=\,\frac{k^2\,(k+1)^2}{4}\)

    Prouvons que la propriété est vraie pour k+1 :

    \(\sum_{i=1}^{k+1}\,i^3\,=\,\sum_{i=1}^{k}\,i^3\,+\,(k+1)^3\,=\,\frac{k^2\,(k+1)^2}{4}\,+\,(k+1)^3\,=\,\frac{(k+1)^2}{4}\,(k^2\,+\,4k\,+\,4)\,=\,\frac{(k+1)^2\,(k+2)^2}{4}\)

    Donc la propriété est vraie pour tout entier naturel n.

    2. En utilisant la formule obtenue à la question 1, on peut calculer :

    \(A\,=\,1^3\,+\,2^3\,+\,3^3\,+\,…\,+\,10^3\,=\,\sum_{k=1}^{10}\,k^3\,=\,\frac{10^2\,\times \,11^2}{4}\,=\,3025\)

    Donc A vaut 3025.

    Multiples :

    Pour tout entier n, on a :

    \(n^3\,-\,n\,=\,n(n^2\,-\,1)\,=\,n(n-1)(n+1)\)

    Un produit de trois entiers consécutifs est toujours divisible par 3, car il contient un multiple de 3.

    Par conséquent, \(n(n-1)(n+1)\) est toujours divisible par 3, et donc \(n^3\,-\,n\) est un multiple de 3 pour tout entier n.

    Exercice 11 :

    1. Nous allons utiliser la formule du binôme de Newton (ou le triangle de Pascal : 1, 5, 10, 10, 5, 1) pour développer \((n+1)^5\) :

    \((n+1)^5\,=\,n^5\,+\,5n^4\,+\,10n^3\,+\,10n^2\,+\,5n\,+\,1\)

    On peut ordonner les termes en partant du terme de plus haut degré (\(n^5\)) et en descendant jusqu’au terme constant (1), ce qui donne :

    \((n+1)^5\,=\,n^5\,+\,5n^4\,+\,10n^3\,+\,10n^2\,+\,5n\,+\,1\)

    2. Démontrons par récurrence la propriété \(P(n)\) : « \(n^5-n\) est un multiple de 5 ».

    Initialisation : pour n = 0, \(0^5-0=0=5\times 0\) est un multiple de 5, donc P(0) est vraie.

    Hérédité : supposons que P(n) soit vraie pour un certain entier naturel n, c’est-à-dire qu’il existe un entier p tel que \(n^5-n=5p\). D’après la question 1 :

    \((n+1)^5\,-\,(n+1)\,=\,n^5\,+\,5n^4\,+\,10n^3\,+\,10n^2\,+\,5n\,+\,1\,-\,n\,-\,1\,=\,(n^5-n)\,+\,5(n^4+2n^3+2n^2+n)\)

    Avec l’hypothèse de récurrence :

    \((n+1)^5\,-\,(n+1)\,=\,5p\,+\,5(n^4+2n^3+2n^2+n)\,=\,5(p+n^4+2n^3+2n^2+n)\)

    Comme \(p+n^4+2n^3+2n^2+n\) est un entier, \((n+1)^5-(n+1)\) est un multiple de 5 : P(n+1) est vraie.

    Conclusion : la propriété est vraie au rang 0 et héréditaire, donc pour tout entier \(n\geq\, 0\), \(n^5-n\) est un multiple de 5.

    Exercice 12 :

    Nous allons procéder par récurrence.

    Vérifions la propriété pour n = 1 :

    \(\sum_{k=1}^{1}\,k^3\,=\,1^3\,=\,1\)
    \((\sum_{k=1}^{1}\,k)^2\,=\,1^2\,=\,1\)

    La propriété est vérifiée au rang 1.

    Supposons maintenant que la propriété soit vraie pour un certain entier naturel k, c’est-à-dire :

    \(\sum_{i=1}^{k}\,i^3\,=\,(\sum_{i=1}^{k}\,i)^2\)

    Prouvons que la propriété est vraie pour k+1 :

    \(\sum_{i=1}^{k+1}\,i^3\,=\,\sum_{i=1}^{k}\,i^3\,+\,(k+1)^3\,=\,(\sum_{i=1}^{k}\,i)^2\,+\,(k+1)^3\,=\,(\frac{k(k+1)}{2})^2\,+\,(k+1)^3\,=\,\frac{(k+1)^2(k^2+4k+4)}{4}\,=\,(\frac{(k+1)(k+2)}{2})^2\)

    Or \(\frac{(k+1)(k+2)}{2}=\sum_{i=1}^{k+1}i\), donc \(\sum_{i=1}^{k+1}i^3=(\sum_{i=1}^{k+1}i)^2\).

    Donc la propriété est vraie pour tout entier naturel n.

    Exercice 13 :

    1. On ajoute à chaque fois une ligne comportant un point de plus que la ligne la plus longue : \(T_5\) s’obtient en ajoutant une ligne de 5 points à \(T_4\), et \(T_6\) en ajoutant une ligne de 6 points à \(T_5\).

    Représentation des nombres triangulaires T5 = 15 (lignes de 5, 4, 3, 2 et 1 points) et T6 = 21 (lignes de 6, 5, 4, 3, 2 et 1 points)

    On obtient \(T_5=10+5=15\) et \(T_6=15+6=21\).

    2.a) Pour passer de \(T_n\) à \(T_{n+1}\), on ajoute une nouvelle ligne de \(n+1\) points. Donc, pour tout entier \(n\geq\, 1\) : \(T_{n+1}=T_n+n+1\).

    b) On calcule les premières valeurs de \(2T_n\) :

    \(n\) 1 2 3 4 5 6
    \(T_n\) 1 3 6 10 15 21
    \(2T_n\) 2 6 12 20 30 42
    \(n(n+1)\) \(1\times 2\) \(2\times 3\) \(3\times 4\) \(4\times 5\) \(5\times 6\) \(6\times 7\)

    On conjecture que \(2T_n=n(n+1)\), c’est-à-dire \(T_n=\dfrac{n(n+1)}{2}\) pour tout entier \(n\geq\, 1\).

    c) Soit \(P(n)\) la propriété : « \(T_n=\dfrac{n(n+1)}{2}\) ».

    • Initialisation : \(\dfrac{1\times 2}{2}=1=T_1\), donc \(P(1)\) est vraie.
    • Hérédité : supposons \(P(n)\) vraie pour un entier \(n\geq\, 1\). Alors \(T_{n+1}=T_n+n+1=\dfrac{n(n+1)}{2}+\dfrac{2(n+1)}{2}=\dfrac{(n+1)(n+2)}{2}\), ce qui est exactement \(P(n+1)\).
    • Conclusion : \(P(1)\) est vraie et la propriété est héréditaire, donc pour tout entier \(n\geq\, 1\), \(T_n=\dfrac{n(n+1)}{2}\).

    Exercice 14 :

    Soit \(P(n)\) la propriété : « \(OA_n=\sqrt{4n+1}\) ».

    Initialisation : \(OA_0=1\) et \(\sqrt{4\times 0+1}=\sqrt{1}=1\), donc \(P(0)\) est vraie.

    Hérédité : supposons \(P(n)\) vraie pour un entier naturel n, c’est-à-dire \(OA_n=\sqrt{4n+1}\). D’après la figure, le triangle \(OA_nA_{n+1}\) est rectangle en \(A_n\), d’hypoténuse \([OA_{n+1}]\). D’après le théorème de Pythagore :

    \(OA_{n+1}^2=OA_n^2+A_nA_{n+1}^2=(4n+1)+2^2=4n+5=4(n+1)+1\)

    Comme une longueur est positive, \(OA_{n+1}=\sqrt{4(n+1)+1}\) : \(P(n+1)\) est vraie.

    Conclusion : \(P(0)\) est vraie et la propriété est héréditaire, donc pour tout entier naturel n, \(OA_n=\sqrt{4n+1}\). Par exemple \(OA_1=\sqrt{5}\), \(OA_2=3\) et \(OA_4=\sqrt{17}\).

    Exercice 15 :

    a) La fonction de Paul part de \(u=7\) puis répète n fois l’instruction \(u arrow 10u-18\) : elle calcule le terme \(u_n\) de la suite définie par \(u_0=7\) et, pour tout entier naturel n, \(u_{n+1}=10u_n-18\) (suite définie par récurrence).

    La fonction de Pauline calcule directement \(v_n=5\times 10^n+2\) (suite définie de façon explicite).

    Premiers termes : \(u_0=7\), \(u_1=52\), \(u_2=502\), \(u_3=5002\) et \(v_0=7\), \(v_1=52\), \(v_2=502\), \(v_3=5002\).

    b) Conjecture : pour tout entier naturel n, \(u_n=v_n\), c’est-à-dire \(u_n=5\times 10^n+2\).

    Démonstration par récurrence de \(P(n)\) : « \(u_n=5\times 10^n+2\) ».

    • Initialisation : \(u_0=7\) et \(5\times 10^0+2=5+2=7\), donc \(P(0)\) est vraie.
    • Hérédité : supposons \(P(n)\) vraie pour un entier naturel n. Alors \(u_{n+1}=10u_n-18=10(5\times 10^n+2)-18=5\times 10^{n+1}+20-18=5\times 10^{n+1}+2\), donc \(P(n+1)\) est vraie.
    • Conclusion : pour tout entier naturel n, \(u_n=5\times 10^n+2=v_n\) : les deux programmes affichent toujours la même valeur.

    Exercice 16 :

    a) Au premier passage dans la boucle (i = 1), u est multiplié par \(\dfrac{2}{2}=1\) : il vaut toujours \(\dfrac{1}{2}\). Ensuite, au passage numéro i, on multiplie la valeur précédente par \(\dfrac{i+1}{2i}\). La suite \((u_n)\) est donc définie par \(u_1=\dfrac{1}{2}\) et, pour tout entier \(n\geq\, 1\), \(u_{n+1}=\dfrac{n+2}{2(n+1)}\,u_n\).

    La suite \((v_n)\) est définie de façon explicite par \(v_n=\dfrac{n+1}{2^{n+1}}\) pour tout entier \(n\geq\, 1\).

    Le programme affiche « Vrai » ou « Faux » selon que \(u_i=v_i\) ou non, pour i allant de 1 à n.

    b) Pour n = 15, le programme affiche 15 fois « Vrai » : les quinze premiers termes des deux suites sont égaux (par exemple \(u_2=v_2=\dfrac{3}{8}\) et \(u_3=v_3=\dfrac{1}{4}\)).

    c) Conjecture : pour tout entier \(n\geq\, 1\), \(u_n=v_n=\dfrac{n+1}{2^{n+1}}\).

    • Initialisation : \(u_1=\dfrac{1}{2}\) et \(v_1=\dfrac{2}{2^2}=\dfrac{1}{2}\), donc la propriété est vraie au rang 1.
    • Hérédité : supposons \(u_n=\dfrac{n+1}{2^{n+1}}\) pour un entier \(n\geq\, 1\). Alors \(u_{n+1}=\dfrac{n+2}{2(n+1)}\times \dfrac{n+1}{2^{n+1}}=\dfrac{n+2}{2^{n+2}}=v_{n+1}\).
    • Conclusion : pour tout entier \(n\geq\, 1\), \(u_n=v_n\).

    d) Pour n = 30, le programme affiche « Vrai » pour i = 1 à 25, puis « Faux » pour i = 26 à 30, alors que l’on vient de démontrer l’égalité. Cela ne contredit pas la démonstration : l’ordinateur calcule avec des nombres à virgule flottante, en arrondissant chaque résultat. La valeur de u est obtenue par 30 multiplications successives, et les petites erreurs d’arrondi s’accumulent, tandis que v est calculé directement. Les deux valeurs diffèrent alors d’environ \(10^{-23}\) seulement, mais le test u==v exige une égalité exacte : il renvoie donc « Faux ». Un programme ne peut pas remplacer une démonstration.

    Exercice 17 :

    a) Dans la colonne C, on lit 1, 5, 25, 125, 625, 3125, c’est-à-dire \(5^0\), \(5^1\), \(5^2\), \(5^3\), \(5^4\), \(5^5\). On conjecture que \(u_n+1=5^n\), soit \(u_n=5^n-1\) pour tout entier naturel n.

    b) Soit \(P(n)\) la propriété : « \(u_n=5^n-1\) ».

    • Initialisation : \(5^0-1=1-1=0=u_0\), donc \(P(0)\) est vraie.
    • Hérédité : supposons \(P(n)\) vraie pour un entier naturel n. Alors \(u_{n+1}=4+5u_n=4+5(5^n-1)=4+5^{n+1}-5=5^{n+1}-1\), donc \(P(n+1)\) est vraie.
    • Conclusion : \(P(0)\) est vraie et la propriété est héréditaire, donc pour tout entier naturel n, \(u_n=5^n-1\).

    Exercice 18 :

    1. On calcule les puissances et les carrés :

    \(n\) 1 2 3 4 5 6
    \(2^n\) 2 4 8 16 32 64
    \(n^2\) 1 4 9 16 25 36

    2. On a \(2^n>n^2\) pour \(n=1\), puis égalité pour \(n=2\) et \(n=4\), et \(2^n<n^2\) pour \(n=3\). À partir de \(n=5\), l’inégalité est vraie à chaque ligne du tableau. On conjecture : pour tout entier \(n\geq\, 5\), \(2^n>n^2\).

    3. Soit \(P(n)\) la propriété : « \(2^n>n^2\) ».

    • Initialisation : \(2^5=32>25=5^2\), donc \(P(5)\) est vraie.
    • Hérédité : supposons \(P(n)\) vraie pour un entier \(n\geq\, 5\), c’est-à-dire \(2^n>n^2\). En multipliant par 2, \(2^{n+1}>2n^2\). Or \(2n^2-(n+1)^2=n^2-2n-1=(n-1)^2-2\), qui est positif dès que \(n\geq\, 3\) (car \((n-1)^2\geq\, 4\)). Donc, pour \(n\geq\, 5\), \(2n^2\geq\,(n+1)^2\) et \(2^{n+1}>2n^2\geq\,(n+1)^2\) : \(P(n+1)\) est vraie.
    • Conclusion : \(P(5)\) est vraie et la propriété est héréditaire, donc pour tout entier \(n\geq\, 5\), \(2^n>n^2\).

    4. Soit \(Q(n)\) : « \(2^n>n^3\) ». Initialisation : \(2^{10}=1024>1000=10^3\), donc \(Q(10)\) est vraie.

    Hérédité : supposons \(Q(n)\) vraie pour un entier \(n\geq\, 10\). Alors \(2^{n+1}>2n^3\). Or \(2n^3-(n+1)^3=n^3-3n^2-3n-1\). Pour \(n\geq\, 10\), \(n^3\geq\, 10n^2=3n^2+7n^2\geq\, 3n^2+70n\geq\, 3n^2+3n+1\), donc \(2n^3\geq\,(n+1)^3\) et \(2^{n+1}>(n+1)^3\) : \(Q(n+1)\) est vraie.

    Conclusion : pour tout entier \(n\geq\, 10\), \(2^n>n^3\).

    Exercice 19 :

    1. Avec un seul disque, on le déplace directement : \(u_1=1\). Avec deux disques, on déplace le petit sur le piquet intermédiaire, le grand sur le piquet d’arrivée, puis le petit sur le grand : \(u_2=3\).

    2. Pour une pile de \(n+1\) disques, la stratégie comporte trois étapes : déplacer les \(n\) disques du haut vers le piquet intermédiaire (\(u_n\) déplacements), déplacer le plus grand disque (1 déplacement), puis replacer les \(n\) disques sur lui (\(u_n\) déplacements). Donc \(u_{n+1}=u_n+1+u_n=2u_n+1\).

    3. \(u_3=2\times 3+1=7\) et \(u_4=2\times 7+1=15\). Les valeurs 1, 3, 7, 15 sont les nombres \(2^1-1\), \(2^2-1\), \(2^3-1\), \(2^4-1\). On conjecture : \(u_n=2^n-1\) pour tout entier \(n\geq\, 1\).

    4. Soit \(P(n)\) : « \(u_n=2^n-1\) ».

    • Initialisation : \(u_1=1=2^1-1\), donc \(P(1)\) est vraie.
    • Hérédité : supposons \(P(n)\) vraie pour un entier \(n\geq\, 1\). Alors \(u_{n+1}=2u_n+1=2(2^n-1)+1=2^{n+1}-2+1=2^{n+1}-1\), donc \(P(n+1)\) est vraie.
    • Conclusion : pour tout entier \(n\geq\, 1\), \(u_n=2^n-1\).

    5. Pour \(n=64\), il faut \(2^{64}-1\approx 1{,}8\times 10^{19}\) déplacements, donc environ \(1{,}8\times 10^{19}\) secondes. Une année contient environ \(3{,}15\times 10^{7}\) secondes, d’où une durée d’environ \(\dfrac{1{,}8\times 10^{19}}{3{,}15\times 10^{7}}\approx 5{,}8\times 10^{11}\) années, soit près de 580 milliards d’années. C’est bien plus que l’âge de l’Univers (environ 14 milliards d’années).

    Exercice 20 :

    1. D’après la dérivée d’un produit, \(f^{\prime}(x)=1\times e^x+x\,e^x=(x+1)e^x\). Ensuite \(f^{\prime\prime}(x)=e^x+(x+1)e^x=(x+2)e^x\) et \(f^{(3)}(x)=e^x+(x+2)e^x=(x+3)e^x\).

    2. On conjecture que \(f^{(n)}(x)=(x+n)e^x\) pour tout entier naturel n et tout réel x.

    3. Soit \(P(n)\) la propriété : « pour tout réel x, \(f^{(n)}(x)=(x+n)e^x\) ».

    • Initialisation : \(f^{(0)}(x)=f(x)=x\,e^x=(x+0)e^x\), donc \(P(0)\) est vraie.
    • Hérédité : supposons \(P(n)\) vraie pour un entier naturel n. En dérivant \(f^{(n)}(x)=(x+n)e^x\), on obtient \(f^{(n+1)}(x)=1\times e^x+(x+n)e^x=(x+n+1)e^x\), donc \(P(n+1)\) est vraie.
    • Conclusion : pour tout entier naturel n, \(f^{(n)}(x)=(x+n)e^x\).

    4. Avec \(n=10\) et \(x=0\) : \(f^{(10)}(0)=(0+10)e^0=\) 10.


     

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