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Corrigé du contrôle de maths sup : applications linéaires et théorème du rang

    Corrigé du contrôle de maths sup : applications linéaires et théorème du rang

    Voici le corrigé du contrôle de maths sup sur le thème : applications linéaires et théorème du rang.

    Voici la correction complète du devoir sur les applications linéaires. Chaque réponse est rédigée comme on l’attend d’un étudiant de MPSI : hypothèses vérifiées, théorème du rang cité au bon moment, inclusions puis égalité de dimensions.

    La démonstration de cours sur les projecteurs sert ensuite pour les symétries de l’exercice 4. Le problème sur les noyaux itérés montre enfin qu’un endomorphisme nilpotent vérifie toujours u puissance n nul. Comparez votre copie au barème détaillé en fin de chaque exercice, puis refaites les questions manquées sans regarder la solution.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths sup : applications linéaires et théorème du rang.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours sur les projecteurs 4 points
    Exercice 2 : Noyau et image d’un endomorphisme de R3 3,5 points
    Exercice 3 : Opérateur de différence sur les polynômes 5 points
    Exercice 4 : Parité et symétrie d’un espace de fonctions 3 points
    Exercice 5 : Suite des noyaux itérés 4,5 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours sur les projecteurs (4 points)

    1. Comme \(E = F \oplus G\), tout \(x \in E\) s’écrit de manière unique \(x = x_F + x_G\) avec \(x_F \in F\) et \(x_G \in G\). On pose \(p(x) = x_F\) : c’est le projecteur sur \(F\) parallèlement à \(G\).

      Linéarité : si \(x = x_F + x_G\), \(y = y_F + y_G\) et \(\lambda, \mu \in \mathbb{K}\), alors \(\lambda x + \mu y = (\lambda x_F + \mu y_F) + (\lambda x_G + \mu y_G)\) avec le premier terme dans \(F\) et le second dans \(G\), car ce sont des sous-espaces. Par unicité de la décomposition, \(p(\lambda x + \mu y) = \lambda p(x) + \mu p(y)\).

      Idempotence : \(p(x) = x_F\) s’écrit \(x_F + 0\) avec \(x_F \in F\) et \(0 \in G\), donc \(p(p(x)) = x_F = p(x)\). Ainsi \(p\) est linéaire et \(p \circ p = p\).
    2. Si \(y \in \operatorname{Im} p\), il existe \(x\) tel que \(y = p(x)\), donc \(p(y) = p(p(x)) = p(x) = y\) : \(y \in \operatorname{Ker}(p – \operatorname{id})\). Réciproquement, si \(p(y) = y\), alors \(y\) est l’image de \(y\) par \(p\), donc \(y \in \operatorname{Im} p\). Par double inclusion, \(\operatorname{Im} p = \operatorname{Ker}(p – \operatorname{id})\).
    3. Intersection : si \(x \in \operatorname{Ker} p \cap \operatorname{Im} p\), alors d’après b) \(x = p(x) = 0\). Donc \(\operatorname{Ker} p \cap \operatorname{Im} p = \{0\}\).

      Somme : pour \(x \in E\), on écrit \(x = (x – p(x)) + p(x)\). On a \(p(x) \in \operatorname{Im} p\) et \(p(x – p(x)) = p(x) – p(p(x)) = 0\), donc \(x – p(x) \in \operatorname{Ker} p\). Donc \(E = \operatorname{Ker} p \oplus \operatorname{Im} p\). (On n’a pas supposé \(E\) de dimension finie.)
    4. Pour \(x \in E\), la décomposition de c) est \(x = (x – p(x)) + p(x)\) avec \(p(x) \in \operatorname{Im} p\) et \(x – p(x) \in \operatorname{Ker} p\). La composante sur \(\operatorname{Im} p\) est \(p(x)\) : \(p\) est le projecteur sur \(\operatorname{Im} p\) parallèlement à \(\operatorname{Ker} p\).

    Barème : a) 1 point (0,5 pour la définition par la décomposition unique, 0,5 pour linéarité et idempotence) ; b) 1 point (0,5 par inclusion) ; c) 1,5 point (0,5 pour l’intersection, 1 pour la décomposition \(x = (x – p(x)) + p(x)\)) ; d) 0,5 point.

    Exercice 2 : Noyau et image d’un endomorphisme de R3 (3,5 points)

    1. Chaque composante de \(f(x, y, z)\) est une combinaison linéaire de \(x, y, z\). Pour \(u, v \in \mathbb{R}^3\) et \(\lambda, \mu \in \mathbb{R}\), on vérifie donc composante par composante que \(f(\lambda u + \mu v) = \lambda f(u) + \mu f(v)\). \(f\) est un endomorphisme de \(\mathbb{R}^3\).
    2. \((x, y, z) \in \operatorname{Ker} f\) équivaut au système \(x – y = 0\), \(y – z = 0\), \(z – x = 0\), c’est-à-dire \(x = y = z\). \(\operatorname{Ker} f = \operatorname{Vect}((1, 1, 1))\), de base \(((1, 1, 1))\) car ce vecteur est non nul.
    3. D’après le théorème du rang, \(\operatorname{rg} f = \dim \mathbb{R}^3 – \dim \operatorname{Ker} f = 3 – 1 = 2\).

      Notons \(H = \{(a, b, c) \mid a + b + c = 0\}\). Pour tout \((x, y, z)\), \((x – y) + (y – z) + (z – x) = 0\), donc \(\operatorname{Im} f \subset H\). Or \(H\) est le noyau de la forme linéaire \(\varphi : (a, b, c) \mapsto a + b + c\), qui est non nulle donc surjective sur \(\mathbb{R}\) ; le théorème du rang donne \(\dim H = 3 – 1 = 2\). Une inclusion entre sous-espaces de même dimension finie est une égalité : \(\operatorname{rg} f = 2\) et \(\operatorname{Im} f = H\).
    4. Le vecteur \((1, 1, 1)\) vérifie \(1 + 1 + 1 = 3 \neq 0\), donc il n’est pas dans \(H\) : \(\operatorname{Ker} f \cap \operatorname{Im} f = \{0\}\). Comme \(\dim \operatorname{Ker} f + \dim \operatorname{Im} f = 1 + 2 = 3\), \(\operatorname{Ker} f\) et \(\operatorname{Im} f\) sont supplémentaires.
    5. Si \(\operatorname{Ker} g = \operatorname{Im} g\), le théorème du rang donne \(3 = \dim \operatorname{Ker} g + \operatorname{rg} g = 2 \dim \operatorname{Ker} g\). C’est impossible car 3 est impair. Aucun tel endomorphisme n’existe.

    Erreur fréquente : affirmer \(\operatorname{Im} f = H\) après la seule inclusion, sans argument de dimension.

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1 point (0,5 pour le système, 0,5 pour la base) ; c) 1 point (0,5 pour le rang, 0,5 pour l’inclusion et l’égalité des dimensions) ; d) 0,5 point ; e) 0,5 point.

    Exercice 3 : Opérateur de différence sur les polynômes (5 points)

    1. Pour \(P, Q \in \mathbb{R}_n[X]\) et \(\lambda, \mu \in \mathbb{R}\), la composition par \(X + 1\) est linéaire, donc \(\Delta(\lambda P + \mu Q) = \lambda P(X + 1) + \mu Q(X + 1) – \lambda P(X) – \mu Q(X) = \lambda \Delta(P) + \mu \Delta(Q)\). De plus \(\deg P(X + 1) = \deg P \leq\, n\), donc \(\Delta(P) \in \mathbb{R}_n[X]\). \(\Delta\) est un endomorphisme de \(\mathbb{R}_n[X]\).
    2. Par la formule du binôme, \(\Delta(X^k) = (X + 1)^k – X^k = \sum_{j=0}^{k-1} \binom\,{k}{j} X^j\). Le coefficient de \(X^{k-1}\) vaut \(\binom\,{k}{k-1} = k \neq 0\) : \(\Delta(X^k)\) est de degré \(k – 1\), de coefficient dominant \(k\).

      Soit \(P = \sum_{j=0}^{d} a_j X^j\) avec \(a_d \neq 0\) et \(d \geq\, 1\). Par linéarité, \(\Delta(P) = \sum_{j=1}^{d} a_j \Delta(X^j)\) (car \(\Delta(1) = 0\)). Les termes d’indice \(j \leq\, d – 1\) sont de degré au plus \(d – 2\), et le terme \(a_d \Delta(X^d)\) a pour coefficient dominant \(d a_d \neq 0\) en degré \(d – 1\). Donc \(\deg \Delta(P) = d – 1\).
    3. Les constantes vérifient \(\Delta(c) = c – c = 0\). Si \(\deg P = d \geq\, 1\), \(\Delta(P)\) est de degré \(d – 1 \geq\, 0\), donc non nul. \(\operatorname{Ker} \Delta = \mathbb{R}_0[X]\), l’ensemble des polynômes constants.
    4. D’après b) et c), pour tout \(P \in \mathbb{R}_n[X]\), \(\Delta(P)\) est nul ou de degré au plus \(n – 1\), donc \(\operatorname{Im} \Delta \subset \mathbb{R}_{n-1}[X]\). Le théorème du rang donne \(\operatorname{rg} \Delta = (n + 1) – 1 = n = \dim \mathbb{R}_{n-1}[X]\). Donc \(\operatorname{Im} \Delta = \mathbb{R}_{n-1}[X]\).
    5. Chaque application de \(\Delta\) fait baisser le degré d’au moins 1 (et annule les constantes). Par récurrence, \(\Delta^{k}(P) \in \mathbb{R}_{n-k}[X]\) pour \(k \leq\, n\), donc \(\Delta^{n}(P)\) est constant et \(\Delta^{n+1}(P) = 0\) : \(\Delta^{n+1} = 0\). Par b), \(\Delta^{k}(X^n)\) est de degré \(n – k\) et de coefficient dominant \(n(n – 1) \cdots (n – k + 1)\) ; pour \(k = n\), on obtient \(\Delta^{n}(X^n) = n! \neq 0\). Donc \(\Delta^{n} \neq 0\).
    6. Existence : comme \(n \geq\, 3\), \(X^2 \in \mathbb{R}_{n-1}[X] = \operatorname{Im} \Delta\), donc il existe \(Q \in \mathbb{R}_n[X]\) tel que \(\Delta(Q) = X^2\). Le polynôme \(P = Q – Q(0)\) convient, car \(\Delta\) annule les constantes et \(P(0) = 0\).

      Unicité : si \(P_1\) et \(P_2\) conviennent, \(\Delta(P_1 – P_2) = 0\), donc \(P_1 – P_2\) est constant d’après c), et cette constante vaut \(P_1(0) – P_2(0) = 0\).

      Vérification : avec \(P = \dfrac{X(X – 1)(2X – 1)}{6}\), on a \(P(0) = 0\) et
      \[6(P(X + 1) – P(X)) = X(X + 1)(2X + 1) – X(X – 1)(2X – 1) = X[(2X^2 + 3X + 1) – (2X^2 – 3X + 1)] = 6X^2.\]
      Donc \(\Delta(P) = X^2\) et \(\deg P = 3 \leq\, n\) : c’est l’unique solution.

      En évaluant l’égalité \(P(X + 1) – P(X) = X^2\) en \(k\), puis en sommant (somme télescopique) :
      \[\sum_{k=0}^{N} k^2 = \sum_{k=0}^{N} (P(k + 1) – P(k)) = P(N + 1) – P(0).\]
      \(\sum_{k=0}^{N} k^2 = \dfrac{N(N + 1)(2N + 1)}{6}\).

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1 point (0,5 pour le binôme, 0,5 pour le degré de \(\Delta(P)\)) ; c) 1 point ; d) 1 point (0,5 pour l’inclusion, 0,5 pour le théorème du rang) ; e) 0,5 point ; f) 1 point (0,5 pour existence et unicité, 0,25 pour la vérification, 0,25 pour la somme).

    Exercice 4 : Parité et symétrie d’un espace de fonctions (3 points)

    1. Pour \(f, g \in E\), \(\lambda, \mu \in \mathbb{R}\) et \(x \in \mathbb{R}\) : \(s(\lambda f + \mu g)(x) = \lambda f(-x) + \mu g(-x) = (\lambda s(f) + \mu s(g))(x)\). De plus \(s(s(f))(x) = s(f)(-x) = f(x)\). \(s\) est linéaire et \(s \circ s = \operatorname{id}\).
    2. \(s(f) = f\) signifie \(f(-x) = f(x)\) pour tout \(x\), et \(s(f) = -f\) signifie \(f(-x) = -f(x)\). \(\operatorname{Ker}(s – \operatorname{id}) = \mathcal{P}\) et \(\operatorname{Ker}(s + \operatorname{id}) = \mathcal{I}\) ; ce sont en particulier des sous-espaces vectoriels de \(E\).
    3. Si \(f \in \mathcal{P} \cap \mathcal{I}\), alors \(f(x) = f(-x) = -f(x)\), donc \(f = 0\). Pour \(f \in E\), posons \(g = \dfrac{f + s(f)}{2}\) et \(h = \dfrac{f – s(f)}{2}\). Comme \(s \circ s = \operatorname{id}\), \(s(g) = g\) et \(s(h) = -h\), donc \(g \in \mathcal{P}\), \(h \in \mathcal{I}\) et \(f = g + h\). Ainsi \(E = \mathcal{P} \oplus \mathcal{I}\). Pour \(f = g + h\) ainsi décomposée, \(s(f) = g – h\) : \(s\) est la symétrie par rapport à \(\mathcal{P}\) parallèlement à \(\mathcal{I}\).
    4. La composante de \(f\) sur \(\mathcal{P}\) est \(g\), donc \(p = \dfrac{\operatorname{id} + s}{2}\). Pour tout réel \(x\), \(p(\exp)(x) = \dfrac{e^{x} + e^{-x}}{2} = \operatorname{ch} x\) et \((\operatorname{id} – p)(\exp)(x) = \dfrac{e^{x} – e^{-x}}{2} = \operatorname{sh} x\). \(p(\exp) = \operatorname{ch}\) et \((\operatorname{id} – p)(\exp) = \operatorname{sh}\).

    Barème : a) 0,5 point ; b) 0,5 point ; c) 1 point (0,5 pour la somme directe, 0,5 pour l’identification de la symétrie) ; d) 1 point (0,5 pour l’expression de \(p\), 0,5 pour ch et sh).

    Exercice 5 : Suite des noyaux itérés (4,5 points)

    1. Si \(x \in N_k\), alors \(u^{k+1}(x) = u(u^k(x)) = u(0) = 0\), donc \(x \in N_{k+1}\). \(N_k \subset N_{k+1}\).
    2. L’inclusion \(N_{p+1} \subset N_{p+2}\) vient de a). Soit \(x \in N_{p+2}\) : \(u^{p+1}(u(x)) = u^{p+2}(x) = 0\), donc \(u(x) \in N_{p+1} = N_p\). Ainsi \(u^{p+1}(x) = u^{p}(u(x)) = 0\), soit \(x \in N_{p+1}\). Donc \(N_{p+1} = N_{p+2}\).

      Par récurrence sur \(k \geq\, p\), la propriété « \(N_k = N_{k+1}\) » est vraie au rang \(p\) et se propage d’un rang au suivant par l’argument précédent (appliqué à \(k\) au lieu de \(p\)). Donc \(N_k = N_p\) pour tout \(k \geq\, p\).
    3. Supposons par l’absurde que \(N_k \neq N_{k+1}\) pour tout \(k \in \{0, \ldots, n\}\). D’après a), les inclusions \(N_k \subset N_{k+1}\) sont alors strictes. Un sous-espace strict d’un espace de dimension finie est de dimension strictement plus petite, donc \(d_{k+1} \geq\, d_k + 1\). Comme \(d_0 = \dim \operatorname{Ker} \operatorname{id} = 0\), on obtient \(d_{n+1} \geq\, n + 1 > \dim E\), ce qui est absurde.

      L’ensemble des entiers \(k\) tels que \(N_k = N_{k+1}\) est donc une partie non vide de \(\mathbb{N}\) : elle admet un plus petit élément \(r\), et \(r \leq\, n\). Pour \(k < r\), \(N_k \subsetneq N_{k+1}\), donc \(d_0 < d_1 < \cdots < d_r\).
    4. On a \(N_m = E\). D’après b) appliqué avec \(p = r\), \(N_k = N_r\) pour tout \(k \geq\, r\). Si \(m \geq\, r\), alors \(N_r = N_m = E\). Si \(m < r\), alors \(E = N_m \subset N_r\) par a), donc \(N_r = E\). Dans les deux cas \(N_r = E\). Puisque \(n \geq\, r\), \(N_n = N_r = E\). Donc \(u^n = 0\).
    5. \(D^k(P) = P^{(k)}\), et \(P^{(k)} = 0\) si et seulement si \(\deg P \leq\, k – 1\). \(\operatorname{Ker} D^k = \mathbb{R}_{k-1}[X]\) pour \(1 \leq\, k \leq\, n + 1\). En particulier \(D^{n+1} = 0\) et \(D^{n}(X^n) = n! \neq 0\) : l’indice de nilpotence de \(D\) est \(n + 1 = \dim \mathbb{R}_n[X]\). Ici \(d_k = k\) croît strictement jusqu’à \(k = n + 1\). La majoration « \(u^{\dim E} = 0\) » est donc atteinte : on ne peut pas l’améliorer en général.

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1,5 point (1 pour \(N_{p+1} = N_{p+2}\), 0,5 pour la récurrence) ; c) 1 point (0,5 pour l’argument de dimension, 0,5 pour l’existence de \(r\) et la stricte croissance) ; d) 0,5 point ; e) 1 point (0,5 pour les noyaux, 0,5 pour l’indice et la conclusion).

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    Après le corrigé du contrôle : applications linéaires et théorème du rang

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Applications linéaires » en maths sup puis entraînez-vous avec les exercices corrigés applications linéaires.

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