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Corrigé du contrôle de maths L3 : extensions de corps et corps finis

    Corrigé du contrôle de maths L3 : extensions de corps et corps finis

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L3 sur le thème : extensions de corps et corps finis.

    Voici la correction complète du partiel de L3 sur les extensions et les corps finis. Les degrés sont tous obtenus par la base télescopique et par des arguments de divisibilité, sans théorie de Galois.

    Vous y trouverez la preuve que √2 + √3 a pour polynôme minimal X⁴ − 10X² + 1, le degré 6 du corps de décomposition de X³ − 2, les tables complètes de F4 et les puissances d’un générateur de F8. La démonstration de la cyclicité passe par la fonction indicatrice d’Euler. Enfin, le problème conclut à l’impossibilité de la duplication du cube et de la trisection de l’angle de 60°.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l3 : extensions de corps et corps finis.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours : la base télescopique 3 points
    Exercice 2 : Degré de Q(√2, √3) et polynôme minimal de √2 + √3 5 points
    Exercice 3 : Corps de décomposition de X³ − 2 3 points
    Exercice 4 : Corps finis F4 et F8, cyclicité du groupe multiplicatif 5 points
    Exercice 5 : Problème : la duplication du cube et la trisection 4 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours : la base télescopique (3 points)

    1. Théorème de la base télescopique. La famille \((e_i\,f_j)_{i, j}\) est une base de \(M\) sur \(K\). En particulier, \([M : K] = [M : L]\,[L : K]\).

      Famille génératrice. Soit \(x \in M\). On écrit d’abord \(x = \sum_{j} \lambda_j\,f_j\) avec \(\lambda_j \in L\). Ensuite, chaque \(\lambda_j\) s’écrit \(\lambda_j = \sum_{i} \mu_{ij}\,e_i\) avec \(\mu_{ij} \in K\). Donc \(x = \sum_{i, j} \mu_{ij}\,e_i\,f_j\).

      Famille libre. Supposons \(\sum_{i, j} \mu_{ij}\,e_i\,f_j = 0\) avec \(\mu_{ij} \in K\). On regroupe : \(\sum_{j} ( \sum_{i} \mu_{ij}\,e_i ) f_j = 0\), où les coefficients entre parenthèses sont dans \(L\). Comme \((f_j)\) est libre sur \(L\), chaque \(\sum_{i} \mu_{ij}\,e_i\) est nul. Puis, comme \((e_i)\) est libre sur \(K\), tous les \(\mu_{ij}\) sont nuls.

      Ainsi \([M : K] = n\,m\).

    2. D’après a), \(M\) est de dimension finie \(N = n\,m\) sur \(K\). La famille \(1, \alpha, \ldots, \alpha^{N}\) compte \(N + 1\) vecteurs, donc elle est liée. Il existe ainsi un polynôme non nul de \(K[X]\) qui annule \(\alpha\) : \(\alpha\) est algébrique sur \(K\).

      Son degré est \([K(\alpha) : K]\). On applique a) à \(K \subset K(\alpha) \subset M\) : \([M : K] = [M : K(\alpha)]\,[K(\alpha) : K]\). Donc le degré de \(\alpha\) divise \([M : K]\).

    Barème : a) 0,5 point pour l’énoncé, 0,75 point pour le caractère générateur, 0,75 point pour la liberté ; b) 0,5 point pour le caractère algébrique, 0,5 point pour la divisibilité.

    Exercice 2 : Degré de Q(√2, √3) et polynôme minimal de √2 + √3 (5 points)

    1. Supposons \(\sqrt{3} = a + b\sqrt{2}\) avec \(a, b \in \mathbb{Q}\). En élevant au carré, on obtient \(3 = a^2 + 2b^2 + 2ab\sqrt{2}\). Comme \(\sqrt{2}\) est irrationnel, on a \(a\,b = 0\).

      Si \(b = 0\), alors \(\sqrt{3} = a\) serait rationnel : c’est faux. Si \(a = 0\), alors \(b^2 = \frac{3}{2}\), donc \(\sqrt{6} = |2b|\) serait rationnel : c’est faux aussi. Donc \(\sqrt{3} \notin \mathbb{Q}(\sqrt{2})\).

    2. Le polynôme \(X^2 – 2\) est de degré 2 sans racine rationnelle, donc irréductible. Ainsi \([\mathbb{Q}(\sqrt{2}) : \mathbb{Q}] = 2\), avec la base \((1, \sqrt{2})\).

      De même, \(X^2 – 3\) n’a pas de racine dans \(\mathbb{Q}(\sqrt{2})\) d’après a). Il y est donc irréductible, et \([L : \mathbb{Q}(\sqrt{2})] = 2\), avec la base \((1, \sqrt{3})\).

      Par le théorème de la base télescopique, \([L : \mathbb{Q}] = 4\), avec la base \((1, \sqrt{2}, \sqrt{3}, \sqrt{6})\).

    3. On calcule \(\alpha^2 = 2 + 2\sqrt{6} + 3 = 5 + 2\sqrt{6}\). Donc \((\alpha^2 – 5)^2 = 24\), soit \(\alpha^4 – 10\alpha^2 + 25 = 24\). Le polynôme \(P = X^4 – 10X^2 + 1\) convient.
    4. On développe :
      \[\alpha^3 = 2\sqrt{2} + 3 \times 2 \times \sqrt{3} + 3 \times \sqrt{2} \times 3 + 3\sqrt{3} = 11\sqrt{2} + 9\sqrt{3}.\]

      Ainsi \(\alpha^3 – 9\alpha = 2\sqrt{2}\) et \(11\alpha – \alpha^3 = 2\sqrt{3}\). Donc \(\sqrt{2} = \dfrac{\alpha^3 – 9\alpha}{2}\) et \(\sqrt{3} = \dfrac{11\alpha – \alpha^3}{2}\) appartiennent à \(\mathbb{Q}(\alpha)\).

      On en déduit \(L \subset \mathbb{Q}(\alpha)\). L’inclusion inverse est claire, donc \(\mathbb{Q}(\alpha) = L\). Le degré de \(\alpha\) vaut alors 4. Le polynôme minimal divise \(P\), il est unitaire et de même degré. Le polynôme minimal de \(\alpha\) est \(X^4 – 10X^2 + 1\).

    Barème : a) 1 point ; b) 0,5 point pour chaque degré intermédiaire, 0,5 point pour la base ; c) 1 point ; d) 0,5 point pour α³, 0,5 point pour l’égalité des corps, 0,5 point pour le polynôme minimal.

    Erreur fréquente : affirmer que \(P\) est le polynôme minimal sans avoir prouvé qu’il est irréductible ou que \(\alpha\) est de degré 4.

    Exercice 3 : Corps de décomposition de X³ − 2 (3 points)

    1. Le critère d’Eisenstein s’applique avec \(p = 2\) : 2 divise 0, 0 et \(-2\), ne divise pas 1, et 4 ne divise pas 2. Donc \(X^3 – 2\) est irréductible sur \(\mathbb{Q}\). Ses racines sont \(\sqrt[3]{2}\), \(j\sqrt[3]{2}\) et \(j^2\sqrt[3]{2}\), car \(j^3 = 1\).
    2. Le corps \(K\) est engendré par les trois racines. Il contient \(\sqrt[3]{2}\) et \(j = \dfrac{j\sqrt[3]{2}}{\sqrt[3]{2}}\), donc \(\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2}, j) \subset K\). Inversement, les trois racines sont dans \(\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2}, j)\). Donc \(K = \mathbb{Q}(\sqrt[3]{2}, j)\).

      D’abord, \([\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2}) : \mathbb{Q}] = 3\), car \(X^3 – 2\) est irréductible. Ensuite, \(j\) est racine de \(X^2 + X + 1\), mais \(j \notin \mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})\), car ce corps est contenu dans \(\mathbb{R}\). Le degré de \(j\) sur \(\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})\) est donc 2.

      Par la base télescopique, \([K : \mathbb{Q}] = 3 \times 2 = 6\).

    3. Le corps \(\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})\) est inclus dans \(\mathbb{R}\), alors que \(j\sqrt[3]{2}\) n’est pas réel. Les deux corps sont donc distincts, bien qu’ils soient tous deux de degré 3 sur \(\mathbb{Q}\).

    Barème : a) 0,5 point pour l’irréductibilité, 0,5 point pour les racines ; b) 0,5 point pour l’égalité des corps, 1 point pour le degré 6 ; c) 0,5 point.

    Exercice 4 : Corps finis F4 et F8, cyclicité du groupe multiplicatif (5 points)

    1. Le polynôme \(X^2 + X + 1\) vaut 1 en 0 et en 1. De degré 2 sans racine, il est irréductible sur \(\mathbb{F}_2\). Le quotient est donc un corps à \(2^2 = 4\) éléments : \(\mathbb{F}_4 = \{0, 1, \omega, \omega + 1\}\), avec \(\omega^2 = \omega + 1\) (en caractéristique 2).

      Table d’addition :

      \(+\) \(0\) \(1\) \(\omega\) \(\omega + 1\)
      \(0\) \(0\) \(1\) \(\omega\) \(\omega + 1\)
      \(1\) \(1\) \(0\) \(\omega + 1\) \(\omega\)
      \(\omega\) \(\omega\) \(\omega + 1\) \(0\) \(1\)
      \(\omega + 1\) \(\omega + 1\) \(\omega\) \(1\) \(0\)

      Table de multiplication, où \(\omega\,(\omega + 1) = \omega^2 + \omega = 1\) et \((\omega + 1)^2 = \omega^2 + 1 = \omega\) :

      \(\times \) \(1\) \(\omega\) \(\omega + 1\)
      \(1\) \(1\) \(\omega\) \(\omega + 1\)
      \(\omega\) \(\omega\) \(\omega + 1\) \(1\)
      \(\omega + 1\) \(\omega + 1\) \(1\) \(\omega\)
    2. On utilise la relation \(\beta^3 = \beta + 1\) (en caractéristique 2). On obtient successivement :

      \(\beta^0 = 1\), \(\beta^1 = \beta\), \(\beta^2 = \beta^2\), \(\beta^3 = \beta + 1\) ;

      \(\beta^4 = \beta^2 + \beta\) ;

      \(\beta^5 = \beta^3 + \beta^2 = \beta^2 + \beta + 1\) ;

      \(\beta^6 = \beta^3 + \beta^2 + \beta = \beta^2 + 1\) ;

      \(\beta^7 = \beta^3 + \beta = 1\).

      Les puissances \(\beta^0, \ldots, \beta^6\) sont les 7 éléments non nuls de \(\mathbb{F}_8\), tous distincts. Donc \(\beta\) est d’ordre 7 et engendre \(\mathbb{F}_8^{*}\). On pouvait aussi remarquer que 7 est premier et que \(\beta \neq 1\).

    3. Posons \(n = q – 1 = |F^{*}|\). Pour un diviseur \(d\) de \(n\), notons \(N(d)\) le nombre d’éléments d’ordre \(d\) dans \(F^{*}\).

      Supposons \(N(d) \geq\, 1\), et soit \(x\) d’ordre \(d\). Les \(d\) éléments \(1, x, \ldots, x^{d-1}\) sont distincts et racines de \(X^d – 1\). Or ce polynôme a au plus \(d\) racines dans le corps \(F\). Donc tout élément d’ordre \(d\) appartient à \(\langle x \rangle\), qui est cyclique d’ordre \(d\). Il en contient exactement \(\varphi(d)\). Ainsi \(N(d) \in \{0, \varphi(d)\}\).

      Par le théorème de Lagrange, l’ordre de tout élément divise \(n\). On a donc \(n = \sum_{d \mid n} N(d) \leq\, \sum_{d \mid n} \varphi(d) = n\). Toutes les inégalités sont des égalités, et en particulier \(N(n) = \varphi(n) \geq\, 1\). Donc \(F^{*}\) est cyclique.

      Dans \(\mathbb{F}_{13}^{*}\), d’ordre 12, testons 2. Les diviseurs stricts maximaux de 12 sont 4 et 6. Or \(2^4 = 16 \equiv 3\) et \(2^6 = 64 \equiv 12 \equiv -1 \pmod{13}\). Aucun ne vaut 1, donc 2 est d’ordre 12. Ainsi 2 engendre \(\mathbb{F}_{13}^{*}\).

    Barème : a) 0,5 point pour l’irréductibilité, 1 point pour les tables ; b) 1 point pour les puissances, 0,5 point pour la conclusion ; c) 1,5 point pour la démonstration (N(d) au plus φ(d), sommation), 0,5 point pour le générateur de F13*.

    Exercice 5 : Problème : la duplication du cube et la trisection (4 points)

    1. Par la base télescopique appliquée à chaque étage, \([K_m : \mathbb{Q}] = 2^m\). Comme \(\mathbb{Q} \subset \mathbb{Q}(x) \subset K_m\), le théorème de la base télescopique donne \([K_m : \mathbb{Q}] = [K_m : \mathbb{Q}(x)]\,[\mathbb{Q}(x) : \mathbb{Q}]\). Le degré \([\mathbb{Q}(x) : \mathbb{Q}]\) divise donc \(2^m\). C’est une puissance de 2.
    2. L’arête cherchée vérifie \(a^3 = 2\), donc \(a = \sqrt[3]{2}\). Son polynôme minimal est \(X^3 – 2\), irréductible d’après l’exercice 3. Ainsi \([\mathbb{Q}(a) : \mathbb{Q}] = 3\), qui n’est pas une puissance de 2. La duplication du cube est impossible à la règle et au compas.
    3. Avec \(\theta = \frac{\pi}{9}\), on a \(\cos(3\theta) = \cos(\frac{\pi}{3}) = \frac{1}{2}\). Donc \(4c^3 – 3c = \frac{1}{2}\), soit \(8c^3 – 6c = 1\). Comme \(x = 2c\), cela s’écrit \(x^3 – 3x – 1 = 0\).

      Une racine rationnelle d’un polynôme unitaire à coefficients entiers est un entier qui divise le terme constant, donc \(\pm 1\). Or \(1 – 3 – 1 = -3\) et \(-1 + 3 – 1 = 1\). Le polynôme \(X^3 – 3X – 1\), de degré 3 sans racine rationnelle, est donc irréductible sur \(\mathbb{Q}\). Ainsi \([\mathbb{Q}(x) : \mathbb{Q}] = 3\) : \(x\) n’est pas constructible, et \(c\) non plus.

      Or l’angle de \(60^\circ\) est constructible, grâce au triangle équilatéral. Si l’on savait le partager en trois, on construirait l’angle \(20^\circ = \frac{\pi}{9}\), donc son cosinus \(c\). La trisection de l’angle de \(60^\circ\) est donc impossible à la règle et au compas.

    Barème : a) 1,5 point (degré de la tour, divisibilité) ; b) 1 point ; c) 0,5 point pour l’équation, 0,5 point pour l’irréductibilité, 0,5 point pour la conclusion sur la trisection.

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    Après le corrigé du contrôle : extensions de corps et corps finis

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Corps et extensions » en L3 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés corps et extensions.

    Retrouvez tous les contrôles de maths de L3 classés par chapitre, ou choisissez un autre niveau sur la page contrôles de maths du CP au post-bac.

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