Voici le corrigé du bac de maths 2024 aux centres étrangers, pour le sujet n° 2 (deuxième jour) de l’épreuve de spécialité mathématiques. Le sujet comporte quatre exercices. Le premier porte sur une urne de huit boules numérotées : dénombrement de tirages avec remise, loi uniforme, espérance et linéarité, puis comptage des tirages dont la somme dépasse 22. Le deuxième étudie la fonction \(x \mapsto \dfrac{\mathrm{e}^x}{x-1}\) : limites et asymptote, dérivée, convexité, tangente et inégalité qui en découle, puis théorème des valeurs intermédiaires. Le troisième se déroule dans un cube : vecteur normal, équation cartésienne d’un plan, représentation paramétrique, projeté orthogonal et volume d’un tétraèdre. Le dernier associe la fonction racine carrée à une suite récurrente : raisonnement par récurrence, convergence vers le nombre d’or et programme Python de seuil.
L’énoncé de cette épreuve est sur la page Bac maths 2024 aux centres étrangers : sujet n°2 corrigé : cherchez d’abord chaque exercice, puis comparez avec la correction.
Corrigé du sujet
Exercice 1 :
Dénombrement, loi uniforme et espérance
Une urne contient huit boules numérotées de 1 à 8. Un joueur tire successivement trois boules avec remise et note les numéros obtenus. On note \(X_1\), \(X_2\), \(X_3\) les numéros des trois tirages et \(S = X_1 + X_2 + X_3\).
1. Nombre de tirages possibles.
Un tirage est une liste ordonnée de 3 numéros choisis parmi 8, les répétitions étant permises (tirage avec remise) : c’est une 3-liste d’un ensemble à 8 éléments. Il y en a
\[8^3 = 512.\]
Il y a 512 tirages possibles.
2. a. Nombre de tirages sans répétition de numéro.
On compte les arrangements de 3 éléments parmi 8 : 8 choix pour le premier numéro, 7 pour le deuxième (différent du premier), 6 pour le troisième.
\[8 \times 7 \times 6 = 336.\]
Il y a 336 tirages sans répétition.
b. Nombre de tirages contenant au moins une répétition.
C’est le complémentaire de l’événement précédent parmi tous les tirages :
\[512 – 336 = 176.\]
176 tirages comportent au moins deux numéros identiques.
3. Loi de \(X_1\).
Les boules sont indiscernables au toucher, on est en situation d’équiprobabilité : chacun des 8 numéros a la même probabilité de sortir au premier tirage. Pour tout entier \(k\) compris entre 1 et 8 :
\[P(X_1 = k) = \dfrac{1}{8}.\]
\(X_1\) suit la loi uniforme sur \(\{1 ; 2 ; \dots ; 8\}\).
4. Espérance de \(X_1\).
\[E(X_1) = \dfrac{1}{8}\times 1 + \dfrac{1}{8}\times 2 + \dots + \dfrac{1}{8}\times 8 = \dfrac{1}{8}(1 + 2 + \dots + 8) = \dfrac{1}{8}\times \dfrac{8 \times 9}{2} = \dfrac{9}{2}.\]
Donc \(E(X_1) = \dfrac{9}{2} = 4{,}5\).
5. Espérance de \(S\).
Le tirage se fait avec remise : \(X_1\), \(X_2\) et \(X_3\) suivent la même loi uniforme, donc ont la même espérance \(\dfrac{9}{2}\). Par linéarité de l’espérance :
\[E(S) = E(X_1) + E(X_2) + E(X_3) = 3 \times \dfrac{9}{2} = \dfrac{27}{2}.\]
\(E(S) = \dfrac{27}{2} = 13{,}5\) : en moyenne, la somme des trois numéros vaut 13,5.
6. Probabilité que \(S = 24\).
La somme maximale est \(8 + 8 + 8 = 24\) : la seule façon d’obtenir 24 est de tirer le 8 aux trois tirages. Un seul tirage sur 512 convient :
\[P(S = 24) = \dfrac{1}{512}.\]
7. Le joueur gagne un lot lorsque la somme \(S\) est supérieure ou égale à 22.
a. Nombre de tirages gagnants.
Si l’un des numéros vaut au plus 5, alors \(S \leq\, 5 + 8 + 8 = 21\) : c’est perdu. Chaque numéro vaut donc 6, 7 ou 8. Si un numéro vaut 6, les deux autres doivent faire au moins 16, donc valoir 8 tous les deux. On liste ainsi les tirages selon la somme :
- \(S = 24\) : 8-8-8, soit 1 tirage ;
- \(S = 23\) : deux 8 et un 7 : 8-8-7, 8-7-8, 7-8-8, soit 3 tirages ;
- \(S = 22\) : deux 8 et un 6 (8-8-6, 8-6-8, 6-8-8) ou un 8 et deux 7 (8-7-7, 7-8-7, 7-7-8), soit 6 tirages.
Il y a au total \(1 + 3 + 6 = 10\) : 10 tirages permettent de gagner un lot.
b. Probabilité de gagner un lot.
Les 512 tirages étant équiprobables :
\[P(S \geq\, 22) = \dfrac{10}{512} = \dfrac{5}{256} \approx 0{,}020.\]
La probabilité de gagner un lot est \(\dfrac{5}{256}\), soit environ 2 %.
Exercice 2 :
Fonction exponentielle, convexité et valeurs intermédiaires
On étudie la fonction \(f\) définie sur \(]-\infty ; 1[\) par \(f(x) = \dfrac{\mathrm{e}^x}{x-1}\), de courbe représentative \(\mathcal{C}\).
1. a. Limite de \(f\) en \(1\) (à gauche).
On a \(\displaystyle\lim_{x \to 1^-} \mathrm{e}^x = \mathrm{e}\), avec \(\mathrm{e} \gt 0\), et \(\displaystyle\lim_{x \to 1^-} (x – 1) = 0^-\) car \(x – 1 \lt 0\) sur l’intervalle. Par quotient :
\[\lim_{x \to 1^-} f(x) = -\infty.\]
b. Interprétation graphique : la droite d’équation \(x = 1\) est asymptote verticale à la courbe \(\mathcal{C}\).
2. Limite de \(f\) en \(-\infty\).
On a \(\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \mathrm{e}^x = 0\) et \(\displaystyle\lim_{x \to -\infty} (x – 1) = -\infty\). Par quotient :
\[\lim_{x \to -\infty} f(x) = 0.\]
La courbe \(\mathcal{C}\) admet donc l’axe des abscisses (droite \(y = 0\)) comme asymptote horizontale en \(-\infty\).
3. a. Calcul de la dérivée.
\(f\) est dérivable sur \(]-\infty ; 1[\) comme quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s’annule pas. Avec \(u(x) = \mathrm{e}^x\) et \(v(x) = x – 1\), on a \(u^{\prime}(x) = \mathrm{e}^x\) et \(v^{\prime}(x) = 1\), donc pour tout \(x \lt 1\) :
\[f^{\prime}(x) = \dfrac{\mathrm{e}^x (x-1) – \mathrm{e}^x \times 1}{(x-1)^2} = \dfrac{\mathrm{e}^x (x – 1 – 1)}{(x-1)^2} = \dfrac{\mathrm{e}^x (x-2)}{(x-1)^2}.\]
b. Variations de \(f\).
Pour tout réel \(x \lt 1\) :
- \(\mathrm{e}^x \gt 0\) ;
- \((x-1)^2 \gt 0\) ;
- \(x – 2 \lt 1 – 2 = -1\), donc \(x – 2 \lt 0\).
Ainsi \(f^{\prime}(x) \lt 0\) pour tout \(x \lt 1\) : \(f\) est strictement décroissante sur \(]-\infty ; 1[\). Avec les limites des questions 1 et 2 :
| \(x\) | \(-\infty\) | \(1\) | |
|---|---|---|---|
| \(f^{\prime}(x)\) | \(-\) | || | |
| \(f\) | \(0\) | décroissante (↘) | \(-\infty\) || |
4. a. Convexité. On admet que, pour tout \(x \lt 1\), \(f^{\prime\prime}(x) = \dfrac{\mathrm{e}^x (x^2 – 4x + 5)}{(x-1)^3}\).
Pour tout \(x \lt 1\) : \(\mathrm{e}^x \gt 0\) et \(x – 1 \lt 0\), donc \((x-1)^3 \lt 0\).
Le trinôme \(x^2 – 4x + 5\) a pour discriminant \(\Delta = (-4)^2 – 4 \times 1 \times 5 = -4 \lt 0\) : il ne s’annule jamais et garde le signe de son coefficient dominant \(1\), il est donc strictement positif sur \(\mathbb{R}\). (On peut aussi écrire \(x^2 – 4x + 5 = (x-2)^2 + 1 \gt 0\).)
Par conséquent \(f^{\prime\prime}(x) \lt 0\) sur \(]-\infty ; 1[\) : \(f\) est concave sur \(]-\infty ; 1[\).
b. Équation de la tangente \(T\) à \(\mathcal{C}\) au point d’abscisse 0.
\(f(0) = \dfrac{\mathrm{e}^0}{0 – 1} = -1\) et \(f^{\prime}(0) = \dfrac{\mathrm{e}^0 \times (0 – 2)}{(0-1)^2} = -2\). La tangente a pour équation \(y = f^{\prime}(0)(x – 0) + f(0)\), soit :
\[T : y = -2x – 1.\]
c. Montrer que, pour tout \(x \lt 1\), \(\mathrm{e}^x \geq\, (-2x – 1)(x – 1)\).
La fonction \(f\) étant concave sur \(]-\infty ; 1[\), sa courbe est située en dessous de chacune de ses tangentes, en particulier de \(T\). Pour tout \(x \lt 1\) :
\[\dfrac{\mathrm{e}^x}{x – 1} \leq\, -2x – 1.\]
On multiplie les deux membres par \(x – 1\), qui est strictement négatif : le sens de l’inégalité change.
\[\mathrm{e}^x \geq\, (-2x – 1)(x – 1).\]
5. a. Montrer que l’équation \(f(x) = -2\) admet une unique solution \(\alpha\) sur \(]-\infty ; 1[\).
Sur \(]-\infty ; 1[\), la fonction \(f\) est :
- continue, car dérivable ;
- strictement décroissante (question 3.b) ;
- de limite \(0\) en \(-\infty\) et \(-\infty\) en \(1\) : elle prend donc toutes les valeurs de \(]-\infty ; 0[\).
Comme \(-2 \in \,]-\infty ; 0[\), d’après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l’équation \(f(x) = -2\) admet une unique solution \(\alpha\) sur \(]-\infty ; 1[\).
b. Encadrement de \(\alpha\) d’amplitude \(10^{-2}\).
À la calculatrice : \(f(0{,}31) \approx -1{,}976\), donc \(f(0{,}31) \gt -2\) ; et \(f(0{,}32) \approx -2{,}025\), donc \(f(0{,}32) \lt -2\).
Ainsi \(f(0{,}31) \gt f(\alpha) \gt f(0{,}32)\) et, \(f\) étant strictement décroissante :
\[0{,}31 \lt \alpha \lt 0{,}32.\]
(Plus précisément, \(\alpha \approx 0{,}315\).)
Exercice 3 :
Géométrie dans l’espace : plan, droite orthogonale et volume
On considère un cube \(ABCDEFGH\) d’arête 1, muni du repère orthonormé \((A ; \vec{AB}, \vec{AD}, \vec{AE})\). \(I\) est le milieu de \([AB]\) et \(J\) le milieu de \([CG]\).
1. Coordonnées de \(I\) et \(J\).
\(A(0 ; 0 ; 0)\), \(B(1 ; 0 ; 0)\), \(C(1 ; 1 ; 0)\) et \(G(1 ; 1 ; 1)\). En prenant les milieux :
\[I(0{,}5 ; 0 ; 0) \qquad J(1 ; 1 ; 0{,}5).\]
2. Montrer que \(\vec{EJ}\) est normal au plan \((FHI)\).
On a \(E(0 ; 0 ; 1)\), \(F(1 ; 0 ; 1)\) et \(H(0 ; 1 ; 1)\). D’où :
\[\vec{EJ}\begin{pmatrix}1\\1\\-0{,}5\end{pmatrix} \qquad \vec{FH}\begin{pmatrix}-1\\1\\0\end{pmatrix} \qquad \vec{FI}\begin{pmatrix}-0{,}5\\0\\-1\end{pmatrix}.\]
Les vecteurs \(\vec{FH}\) et \(\vec{FI}\) ne sont pas colinéaires : la troisième coordonnée de \(\vec{FH}\) est nulle alors que celle de \(\vec{FI}\) ne l’est pas. Ils dirigent donc le plan \((FHI)\). Calculons les produits scalaires :
\[\vec{EJ}\cdot\vec{FH} = 1 \times (-1) + 1 \times 1 + (-0{,}5) \times 0 = 0,\]
\[\vec{EJ}\cdot\vec{FI} = 1 \times (-0{,}5) + 1 \times 0 + (-0{,}5) \times (-1) = 0.\]
\(\vec{EJ}\) est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan \((FHI)\) : c’est un vecteur normal au plan \((FHI)\).
3. Équation cartésienne du plan \((FHI)\).
Un vecteur normal étant \(\vec{EJ}(1 ; 1 ; -0{,}5)\), le plan a une équation de la forme \(x + y – 0{,}5z + d = 0\). Le point \(F(1 ; 0 ; 1)\) appartient au plan :
\[1 + 0 – 0{,}5 + d = 0 \iff d = -0{,}5.\]
D’où \(x + y – 0{,}5z – 0{,}5 = 0\) et, en multipliant par \(-2\) :
\[(FHI) : -2x – 2y + z + 1 = 0.\]
Vérification avec \(H(0 ; 1 ; 1)\) : \(0 – 2 + 1 + 1 = 0\) ; avec \(I(0{,}5 ; 0 ; 0)\) : \(-1 – 0 + 0 + 1 = 0\).
4. Représentation paramétrique de la droite \((EJ)\).
La droite passe par \(E(0 ; 0 ; 1)\) et est dirigée par \(\vec{EJ}(1 ; 1 ; -0{,}5)\) :
\[(EJ) : \begin{cases} x = t \\ y = t \\ z = 1 – 0{,}5t \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}.\]
5. a. Coordonnées du point \(K\), projeté orthogonal de \(E\) sur le plan \((FHI)\).
La droite \((EJ)\) passe par \(E\) et est orthogonale au plan \((FHI)\) : \(K\) est donc le point d’intersection de \((EJ)\) et de \((FHI)\). On remplace \(x\), \(y\), \(z\) dans l’équation du plan :
\[-2t – 2t + (1 – 0{,}5t) + 1 = 0 \iff -4{,}5t + 2 = 0 \iff t = \dfrac{2}{4{,}5} = \dfrac{4}{9}.\]
Alors \(x = y = \dfrac{4}{9}\) et \(z = 1 – 0{,}5 \times \dfrac{4}{9} = 1 – \dfrac{2}{9} = \dfrac{7}{9}\).
\(K(\dfrac{4}{9} ; \dfrac{4}{9} ; \dfrac{7}{9})\).
b. Volume du tétraèdre \(EFHI\).
On prend pour base le triangle \(EFI\), situé dans la face \(ABFE\) (tous ses points ont une deuxième coordonnée nulle). Sa base \([EF]\) mesure 1 et la hauteur issue de \(I\) est la distance de \(I\) à la droite \((EF)\), égale à l’arête \(AE = 1\). Son aire est donc :
\[\mathcal{A}_{EFI} = \dfrac{EF \times AE}{2} = \dfrac{1 \times 1}{2} = \dfrac{1}{2}.\]
La hauteur du tétraèdre issue de \(H\) est la distance de \(H\) au plan \((ABF)\) : comme \((HE)\) est perpendiculaire à la face \(ABFE\), c’est \(HE = 1\). Donc :
\[V = \dfrac{\mathcal{A}_{EFI} \times HE}{3} = \dfrac{\frac{1}{2} \times 1}{3} = \dfrac{1}{6}.\]
Le volume du tétraèdre \(EFHI\) est \(\dfrac{1}{6}\) unité de volume.
c. En déduire l’aire du triangle \(FHI\).
On calcule d’abord \(EK\) : \(\vec{EK}(\dfrac{4}{9} ; \dfrac{4}{9} ; -\dfrac{2}{9})\), donc
\[EK = \sqrt{(\dfrac{4}{9})^2 + (\dfrac{4}{9})^2 + (-\dfrac{2}{9})^2} = \sqrt{\dfrac{16 + 16 + 4}{81}} = \sqrt{\dfrac{36}{81}} = \dfrac{6}{9} = \dfrac{2}{3}.\]
Puisque \(K\) est le projeté orthogonal de \(E\) sur \((FHI)\), \(EK\) est la hauteur du tétraèdre \(EFHI\) issue de \(E\), relative à la base \(FHI\). En notant \(\mathcal{B}\) l’aire du triangle \(FHI\) :
\[V = \dfrac{\mathcal{B} \times EK}{3} \iff \dfrac{1}{6} = \dfrac{\mathcal{B} \times \frac{2}{3}}{3} \iff \mathcal{B} \times \dfrac{2}{3} = \dfrac{1}{2} \iff \mathcal{B} = \dfrac{3}{4}.\]
L’aire du triangle \(FHI\) est \(\dfrac{3}{4}\) unité d’aire.
Exercice 4 :
Fonction racine carrée, suite récurrente et nombre d’or
Partie A
On considère la fonction \(f\) définie sur \([0 ; +\infty[\) par \(f(x) = \sqrt{x + 1}\).
1. Sens de variation de \(f\).
\(f\) est dérivable sur \([0 ; +\infty[\) (car \(x + 1 \gt 0\)) et, pour tout \(x \geq\, 0\), avec la formule \((\sqrt{u})^{\prime} = \dfrac{u^{\prime}}{2\sqrt{u}}\) :
\[f^{\prime}(x) = \dfrac{1}{2\sqrt{x+1}} \gt 0.\]
\(f\) est strictement croissante sur \([0 ; +\infty[\).
2. Montrer que, pour tout \(x \geq\, 0\), \(f(x) – x = \dfrac{-x^2 + x + 1}{\sqrt{x+1} + x}\).
Pour \(x \geq\, 0\), on a \(\sqrt{x+1} + x \gt 0\) ; on multiplie par la quantité conjuguée :
\[f(x) – x = (\sqrt{x+1} – x)\times \dfrac{\sqrt{x+1} + x}{\sqrt{x+1} + x} = \dfrac{(\sqrt{x+1})^2 – x^2}{\sqrt{x+1} + x} = \dfrac{-x^2 + x + 1}{\sqrt{x+1} + x}.\]
3. Résoudre \(f(x) = x\) sur \([0 ; +\infty[\).
D’après la question précédente, et puisque le dénominateur \(\sqrt{x+1} + x\) est strictement positif :
\[f(x) = x \iff f(x) – x = 0 \iff -x^2 + x + 1 = 0.\]
Le discriminant vaut \(\Delta = 1^2 – 4 \times (-1) \times 1 = 5 \gt 0\). Les deux racines sont :
\[x_1 = \dfrac{-1 – \sqrt{5}}{-2} = \dfrac{1 + \sqrt{5}}{2} \gt 0 \qquad x_2 = \dfrac{-1 + \sqrt{5}}{-2} = \dfrac{1 – \sqrt{5}}{2} \lt 0.\]
Seule \(x_1\) appartient à \([0 ; +\infty[\). L’équation \(f(x) = x\) admet donc une unique solution \(\ell = \dfrac{1 + \sqrt{5}}{2}\) sur \([0 ; +\infty[\) : c’est le nombre d’or, \(\ell \approx 1{,}618\).
Partie B
On considère la suite \((u_n)\) définie par \(u_0 = 5\) et, pour tout entier naturel \(n\), \(u_{n+1} = f(u_n) = \sqrt{u_n + 1}\).
1. Montrer par récurrence que, pour tout entier naturel \(n\), \(1 \leq\, u_{n+1} \leq\, u_n\).
Pour tout entier naturel \(n\), on note \(P(n)\) la propriété : « \(1 \leq\, u_{n+1} \leq\, u_n\) ».
Initialisation : \(u_0 = 5\) et \(u_1 = \sqrt{5 + 1} = \sqrt{6} \approx 2{,}45\). On a bien \(1 \leq\, \sqrt{6} \leq\, 5\), donc \(P(0)\) est vraie.
Hérédité : soit \(n\) un entier naturel tel que \(P(n)\) est vraie, c’est-à-dire \(1 \leq\, u_{n+1} \leq\, u_n\). Ces trois nombres sont dans \([0 ; +\infty[\), où \(f\) est croissante (partie A), donc elle conserve l’ordre :
\[f(1) \leq\, f(u_{n+1}) \leq\, f(u_n), \quad \text{soit} \quad \sqrt{2} \leq\, u_{n+2} \leq\, u_{n+1}.\]
Comme \(1 \leq\, \sqrt{2}\), on obtient \(1 \leq\, u_{n+2} \leq\, u_{n+1}\) : \(P(n+1)\) est vraie.
Conclusion : \(P(0)\) est vraie et la propriété est héréditaire ; par récurrence, pour tout entier naturel \(n\), \(1 \leq\, u_{n+1} \leq\, u_n\).
2. Convergence de la suite.
D’après la question 1, la suite \((u_n)\) est décroissante (\(u_{n+1} \leq\, u_n\)) et minorée par 1. D’après le théorème de convergence monotone, \((u_n)\) converge.
3. Limite de la suite.
Notons \(L\) la limite de \((u_n)\). Pour tout \(n\), \(u_n \geq\, 1\), donc \(L \geq\, 1\) et \(L\) appartient à \([0 ; +\infty[\). La fonction \(f\) est continue sur \([0 ; +\infty[\) (car dérivable) et \(u_{n+1} = f(u_n)\) : par passage à la limite, \(L = f(L)\).
D’après la partie A, l’unique solution de \(f(x) = x\) sur \([0 ; +\infty[\) est \(\ell\). Donc \((u_n)\) converge vers \(\ell = \dfrac{1 + \sqrt{5}}{2}\).
4. On considère la fonction Python suivante :
from math import sqrt
def seuil(n):
u = 5
i = 0
l = (1 + sqrt(5)) / 2
while abs(u - l) >= 10**(-n):
u = sqrt(u + 1)
i = i + 1
return i
a. Valeur renvoyée par seuil(2).
La fonction calcule les termes successifs de la suite tant que l’écart \(|u_i – \ell|\) est supérieur ou égal à \(10^{-2}\). Les valeurs approchées donnent :
| \(i\) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| \(u_i\) | 5 | 2,449 | 1,857 | 1,690 | 1,640 | 1,625 |
| \(u_i – \ell\) | 3,382 | 0,831 | 0,239 | 0,072 | 0,022 | 0,0068 |
Le premier écart strictement inférieur à \(0{,}01\) est obtenu pour \(i = 5\) : seuil(2) renvoie 5.
b. Interprétation du résultat 9 renvoyé par seuil(4).
9 est le plus petit indice \(n\) pour lequel \(|u_n – \ell| \lt 10^{-4}\). Autrement dit, \(u_9\) est le premier terme de la suite qui soit une valeur approchée du nombre d’or \(\ell\) à \(10^{-4}\) près (on a \(u_9 \approx 1{,}61810\) et \(\ell \approx 1{,}61803\)) ; comme la suite est décroissante vers \(\ell\), tous les termes suivants le sont aussi.






