Voici le corrigé complet du bac S de mathématiques 2012 au Liban, épreuve passée fin mai 2012. Le sujet comporte quatre exercices. Le premier, le plus long, étudie une fonction avec logarithme : une fonction auxiliaire et le théorème des valeurs intermédiaires, une asymptote oblique, puis une aire calculée par intégration par parties. Le deuxième est un vrai-faux justifié mêlant géométrie dans l’espace (droites coplanaires, projeté orthogonal), suites adjacentes et raisonnement par récurrence. Le troisième porte sur les probabilités conditionnelles avec deux urnes, la formule des probabilités totales et une loi binomiale. Le dernier exercice traite des nombres complexes : une rotation qui décrit un hexagone régulier pour les candidats du tronc commun, une similitude directe et une ligne polygonale en spirale pour ceux de spécialité. Chaque réponse est justifiée pas à pas.
Corrigé du sujet
Exercice 1 :
Étude de fonction, logarithme et intégrale – 6 points, commun à tous les candidats
Partie A
On étudie la fonction \(g\) définie sur \(]0\,;+\infty[\) par \(g(x)=2x^3-1+2\ln x\).
1. On demande les variations de \(g\).
\(g\) est dérivable sur \(]0\,;+\infty[\) et
\[g^{\prime}(x)=6x^2+\frac{2}{x}.\]
Pour \(x\gt 0\), on a \(6x^2\gt 0\) et \(\frac{2}{x}\gt 0\), donc \(g^{\prime}(x)\gt 0\) : \(g\) est strictement croissante sur \(]0\,;+\infty[\).
Limites : \(\lim\limits_{x\to 0^+}\ln x=-\infty\) et \(\lim\limits_{x\to 0^+}(2x^3-1)=-1\), donc \(\lim\limits_{x\to 0^+}g(x)=-\infty\) ; en \(+\infty\), \(2x^3\) et \(2\ln x\) tendent vers \(+\infty\), donc \(\lim\limits_{x\to +\infty}g(x)=+\infty\).
| \(x\) | \(0\) | \(\alpha\) | \(+\infty\) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| \(g^{\prime}(x)\) | || | \(+\) | \(+\) | ||
| \(g(x)\) | \(-\infty\) | \(\nearrow\) | \(0\) | \(\nearrow\) | \(+\infty\) |
2. Il faut montrer que l’équation \(g(x)=0\) a une unique solution \(\alpha\) et l’encadrer.
\(g\) est continue (somme de fonctions continues) et strictement croissante sur \(]0\,;+\infty[\), et elle prend ses valeurs de \(-\infty\) à \(+\infty\). Comme \(0\) est compris entre ces limites, le théorème des valeurs intermédiaires (corollaire pour une fonction strictement monotone) assure que l’équation \(g(x)=0\) admet une unique solution \(\alpha\) dans \(]0\,;+\infty[\).
À la calculatrice : \(g(0{,}86)\approx -0{,}030\lt 0\) et \(g(0{,}87)\approx 0{,}038\gt 0\). Donc \(g(0{,}86)\lt g(\alpha)\lt g(0{,}87)\) et, \(g\) étant croissante, \(0{,}86\lt \alpha\lt 0{,}87\) (en fait \(\alpha\approx 0{,}864\)).
3. Signe de \(g\) : comme \(g\) est strictement croissante et \(g(\alpha)=0\),
- si \(0\lt x\lt \alpha\), alors \(g(x)\lt g(\alpha)\), soit \(g(x)\lt 0\) ;
- si \(x\gt \alpha\), alors \(g(x)\gt 0\) ;
- \(g(\alpha)=0\).
Partie B
On considère \(f(x)=2x-\dfrac{\ln x}{x^2}\) sur \(]0\,;+\infty[\), de courbe \(\mathcal{C}\) dans un repère orthogonal.
1. Limites de \(f\) en \(0\) et en \(+\infty\).
En \(0^+\) : \(f(x)=2x-\ln x\times \dfrac{1}{x^2}\). On a \(\lim\limits_{x\to 0^+}2x=0\), \(\lim\limits_{x\to 0^+}(-\ln x)=+\infty\) et \(\lim\limits_{x\to 0^+}\dfrac{1}{x^2}=+\infty\) ; par produit puis somme, \(\lim\limits_{x\to 0^+}f(x)=+\infty\).
En \(+\infty\) : par croissances comparées, \(\lim\limits_{x\to +\infty}\dfrac{\ln x}{x^2}=0\), et \(\lim\limits_{x\to +\infty}2x=+\infty\), donc \(\lim\limits_{x\to +\infty}f(x)=+\infty\).
2. On demande de montrer que la droite \(\Delta\) d’équation \(y=2x\) est asymptote à \(\mathcal{C}\) et d’étudier leur position relative.
\[f(x)-2x=-\frac{\ln x}{x^2}\qquad\text{et}\qquad \lim_{x\to +\infty}(f(x)-2x)=0,\]
donc \(\Delta\) est asymptote oblique à \(\mathcal{C}\) en \(+\infty\).
Comme \(x^2\gt 0\), \(f(x)-2x\) a le signe de \(-\ln x\) :
- sur \(]0\,;1[\), \(\ln x\lt 0\) donc \(f(x)-2x\gt 0\) : \(\mathcal{C}\) est au-dessus de \(\Delta\) ;
- sur \(]1\,;+\infty[\), \(\ln x\gt 0\) : \(\mathcal{C}\) est en dessous de \(\Delta\) ;
- en \(x=1\), \(f(1)=2\) : \(\mathcal{C}\) et \(\Delta\) se coupent au point \(A(1\,;2)\).
3. Montrer que \(f^{\prime}(x)=\dfrac{g(x)}{x^3}\).
La dérivée de \(\dfrac{\ln x}{x^2}\) est \(\dfrac{\frac{1}{x}\times x^2-2x\ln x}{x^4}=\dfrac{x-2x\ln x}{x^4}=\dfrac{1-2\ln x}{x^3}\). Donc
\[f^{\prime}(x)=2-\frac{1-2\ln x}{x^3}=\frac{2x^3-1+2\ln x}{x^3}=\frac{g(x)}{x^3}.\]
Sur \(]0\,;+\infty[\), \(x^3\gt 0\), donc \(f^{\prime}(x)\) a le signe de \(g(x)\), étudié dans la partie A.
4. Tableau de variations de \(f\) : \(f\) est décroissante sur \(]0\,;\alpha]\) et croissante sur \([\alpha\,;+\infty[\).
| \(x\) | \(0\) | \(\alpha\) | \(+\infty\) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| \(f^{\prime}(x)\) | || | \(-\) | \(0\) | \(+\) | |
| \(f(x)\) | \(+\infty\) | \(\searrow\) | \(f(\alpha)\) | \(\nearrow\) | \(+\infty\) |
Le minimum de \(f\) vaut \(f(\alpha)\approx 1{,}92\).
5. Tracé de \(\Delta\) et de \(\mathcal{C}\) :
Partie C
Pour un entier \(n\geq\, 1\), on note \(D\) le domaine compris entre \(\mathcal{C}\), \(\Delta\) et les droites d’équations \(x=1\) et \(x=n\). L’unité d’aire vaut \(2\ \text{cm}^2\).
1. Justifier que l’aire de \(D\), en \(\text{cm}^2\), est \(I_n=2\displaystyle\int_1^n\frac{\ln x}{x^2}\,\mathrm{d}x\).
D’après la partie B, sur \([1\,;n]\) la droite \(\Delta\) est au-dessus de \(\mathcal{C}\). L’aire de \(D\) en unités d’aire est donc
\[\int_1^n(2x-f(x))\mathrm{d}x=\int_1^n\frac{\ln x}{x^2}\,\mathrm{d}x,\]
et, comme une unité d’aire vaut \(2\ \text{cm}^2\), l’aire en \(\text{cm}^2\) est bien \(I_n=2\displaystyle\int_1^n\frac{\ln x}{x^2}\,\mathrm{d}x\).
2. a) Calcul de \(\displaystyle\int_1^n\frac{\ln x}{x^2}\,\mathrm{d}x\) par une intégration par parties.
On pose \(u(x)=\ln x\), \(u^{\prime}(x)=\dfrac{1}{x}\), \(v^{\prime}(x)=\dfrac{1}{x^2}\), \(v(x)=-\dfrac{1}{x}\). Les fonctions \(u\) et \(v\) sont dérivables à dérivées continues sur \([1\,;n]\), donc
\[\int_1^n\frac{\ln x}{x^2}\,\mathrm{d}x=[-\frac{\ln x}{x}]_1^n-\int_1^n(-\frac{1}{x^2})\mathrm{d}x=[-\frac{\ln x}{x}-\frac{1}{x}]_1^n=-\frac{\ln n}{n}-\frac{1}{n}+1.\]
Ainsi \(\displaystyle\int_1^n\frac{\ln x}{x^2}\,\mathrm{d}x=\frac{n-1-\ln n}{n}\).
b) On en déduit
\[I_n=2\times \frac{n-1-\ln n}{n}=2-\frac{2}{n}-\frac{2\ln n}{n}.\]
3. Limite de \(I_n\) : \(\lim\limits_{n\to +\infty}\dfrac{2}{n}=0\) et, par croissances comparées, \(\lim\limits_{n\to +\infty}\dfrac{\ln n}{n}=0\). Donc \(\lim\limits_{n\to +\infty}I_n=2\) : l’aire du domaine s’approche de \(2\ \text{cm}^2\) quand \(n\) devient grand.
Exercice 2 :
Vrai ou faux justifié – 4 points, commun à tous les candidats
Pour chaque affirmation, il faut dire si elle est vraie ou fausse et le justifier.
1. Droites \(D_1 : \begin{cases}x=4+t\\ y=6+2t\\ z=4-t\end{cases}\) (\(t\in\mathbb{R}\)) et \(D_2 : \begin{cases}x=8+5t^{\prime}\\ y=2-2t^{\prime}\\ z=6+t^{\prime}\end{cases}\) (\(t^{\prime}\in\mathbb{R}\)). Affirmation : « les droites \(D_1\) et \(D_2\) sont coplanaires ».
Cherchons un point commun :
\[\begin{cases}4+t=8+5t^{\prime}\\ 6+2t=2-2t^{\prime}\\ 4-t=6+t^{\prime}\end{cases}\iff\begin{cases}t-5t^{\prime}=4\\ t+t^{\prime}=-2\\ t+t^{\prime}=-2\end{cases}\iff\begin{cases}t=-1\\ t^{\prime}=-1.\end{cases}\]
(De la 2e équation : \(t+t^{\prime}=-2\) ; en soustrayant à la 1re : \(-6t^{\prime}=6\).) Avec \(t=-1\) dans \(D_1\) on obtient \((3\,;4\,;5)\), et avec \(t^{\prime}=-1\) dans \(D_2\) aussi \((3\,;4\,;5)\). Les deux droites sont sécantes en \(M(3\,;4\,;5)\) : deux droites sécantes sont contenues dans un même plan. Affirmation vraie.
2. \(A(12\,;7\,;-13)\), \(B(3\,;1\,;2)\) et le plan \(P : 3x+2y-5z=1\). Affirmation : « \(B\) est le projeté orthogonal de \(A\) sur \(P\) ».
- \(B\in P\) car \(3\times 3+2\times 1-5\times 2=9+2-10=1\).
- \(\vec{n}(3\,;2\,;-5)\) est normal à \(P\) et \(\vec{AB}(-9\,;-6\,;15)=-3\,\vec{n}\) : la droite \((AB)\) est orthogonale à \(P\).
\(B\) est donc le point de \(P\) tel que \((AB)\perp P\) : affirmation vraie.
3. \(u_n=\dfrac{n+1}{n+2}\) et \(v_n=2+\dfrac{1}{n+2}\). Affirmation : « ces suites sont adjacentes ».
\[u_n-v_n=\frac{n+1}{n+2}-2-\frac{1}{n+2}=\frac{n}{n+2}-2=\frac{1}{1+\frac{2}{n}}-2\quad(n\geq\, 1),\]
donc \(\lim\limits_{n\to +\infty}(u_n-v_n)=1-2=-1\neq 0\). Deux suites adjacentes ont une différence qui tend vers \(0\) : affirmation fausse.
4. \(u_0=1\) et \(u_{n+1}=\dfrac{1}{3}u_n+2\). Affirmation : « la suite est majorée par 3 ».
Montrons par récurrence la propriété \(\mathcal{P}(n)\) : « \(u_n\leq\, 3\) ».
- Initialisation : \(u_0=1\leq\, 3\), \(\mathcal{P}(0)\) est vraie.
- Hérédité : supposons \(u_n\leq\, 3\) pour un entier \(n\). Alors \(\dfrac{1}{3}u_n\leq\, 1\), puis \(u_{n+1}=\dfrac{1}{3}u_n+2\leq\, 3\) : \(\mathcal{P}(n+1)\) est vraie.
- Conclusion : pour tout entier naturel \(n\), \(u_n\leq\, 3\).
Affirmation vraie.
Exercice 3 :
Probabilités conditionnelles et loi binomiale – 5 points, commun à tous les candidats
L’urne \(U_1\) contient 4 jetons numérotés de 1 à 4, l’urne \(U_2\) contient 4 boules blanches et 6 boules noires. On tire un jeton de \(U_1\), puis on tire simultanément dans \(U_2\) autant de boules que le numéro du jeton. \(J_k\) : « le jeton porte le numéro \(k\) » ; \(B\) : « toutes les boules tirées sont blanches ».
1. Probabilités \(P_{J_k}(B)\). Sachant \(J_k\), on tire \(k\) boules simultanément parmi 10 : il y a \(\binom\,{10}{k}\) tirages équiprobables, dont \(\binom\,{4}{k}\) ne comportent que des blanches.
\[P_{J_1}(B)=\frac{\binom\,{4}{1}}{\binom\,{10}{1}}=\frac{4}{10}=\frac{2}{5},\qquad P_{J_2}(B)=\frac{\binom\,{4}{2}}{\binom\,{10}{2}}=\frac{6}{45}=\frac{2}{15},\]
\[P_{J_3}(B)=\frac{\binom\,{4}{3}}{\binom\,{10}{3}}=\frac{4}{120}=\frac{1}{30},\qquad P_{J_4}(B)=\frac{\binom\,{4}{4}}{\binom\,{10}{4}}=\frac{1}{210}.\]
2. Calcul de \(P(B)\). Les événements \(J_1,J_2,J_3,J_4\) forment une partition de l’univers, chacun de probabilité \(\frac{1}{4}\). Par la formule des probabilités totales :
\[P(B)=\frac{1}{4}(\frac{2}{5}+\frac{2}{15}+\frac{1}{30}+\frac{1}{210})=\frac{1}{4}\times \frac{84+28+7+1}{210}=\frac{1}{4}\times \frac{120}{210}=\frac{1}{7}.\]
\(P(B)=\dfrac{1}{7}\).
3. On sait que toutes les boules tirées sont blanches ; probabilité que le jeton porte le numéro 3 :
\[P_B(J_3)=\frac{P(J_3\cap B)}{P(B)}=\frac{\frac{1}{4}\times \frac{1}{30}}{\frac{1}{7}}=\frac{1}{120}\times 7=\frac{7}{120}.\]
\(P_B(J_3)=\dfrac{7}{120}\).
4. a) On joue 10 parties indépendantes ; \(N\) compte les parties où toutes les boules tirées sont blanches. Chaque partie est une épreuve de Bernoulli de succès \(B\), de probabilité \(p=\frac{1}{7}\), répétée 10 fois de façon indépendante : \(N\) suit la loi binomiale \(\mathcal{B}(10\,;\frac{1}{7})\).
b) Probabilité d’obtenir exactement 3 succès :
\[P(N=3)=\binom\,{10}{3}(\frac{1}{7})^3(\frac{6}{7})^7=120\times \frac{6^7}{7^{10}}\approx 0{,}12.\]
Exercice 4 (candidats n’ayant pas suivi l’enseignement de spécialité) :
Nombres complexes et rotation – 5 points
Le plan complexe est muni d’un repère orthonormal direct \((O\,;\vec{u},\vec{v})\).
1. Un triangle
a) Avec \(a=2\), \(b=3+\mathrm{i}\sqrt{3}\) et \(c=2\mathrm{i}\sqrt{3}\), on demande une mesure de l’angle \(\widehat{ABC}\).
\[\frac{a-b}{c-b}=\frac{-1-\mathrm{i}\sqrt{3}}{-3+\mathrm{i}\sqrt{3}}=\frac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{3-\mathrm{i}\sqrt{3}}=\frac{(1+\mathrm{i}\sqrt{3})(3+\mathrm{i}\sqrt{3})}{9+3}=\frac{4\mathrm{i}\sqrt{3}}{12}=\frac{\sqrt{3}}{3}\,\mathrm{i}.\]
C’est un imaginaire pur de partie imaginaire positive, donc \((\vec{BC},\vec{BA})=\arg(\dfrac{a-b}{c-b})=\dfrac{\pi}{2}+2k\pi\), \(k\in\mathbb{Z}\). L’angle \(\widehat{ABC}\) est droit : \(\widehat{ABC}=\dfrac{\pi}{2}\).
b) Le triangle \(ABC\) est rectangle en \(B\) ; le centre \(\Omega\) de son cercle circonscrit est donc le milieu de l’hypoténuse \([AC]\) :
\[\omega=\frac{a+c}{2}=\frac{2+2\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}=1+\mathrm{i}\sqrt{3}.\]
2. Une transformation du plan
On pose \(z_0=0\) et \(z_{n+1}=\dfrac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}z_n+2\) ; \(A_n\) est le point d’affixe \(z_n\).
a) Affixes de \(A_1\) à \(A_4\) :
- \(z_1=0+2=2=a\) ;
- \(z_2=\dfrac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}\times 2+2=3+\mathrm{i}\sqrt{3}=b\) ;
- \(z_3=\dfrac{(1+\mathrm{i}\sqrt{3})(3+\mathrm{i}\sqrt{3})}{2}+2=\dfrac{4\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}+2=2+2\mathrm{i}\sqrt{3}\) ;
- \(z_4=\dfrac{(1+\mathrm{i}\sqrt{3})(2+2\mathrm{i}\sqrt{3})}{2}+2=(1+\mathrm{i}\sqrt{3})^2+2=-2+2\mathrm{i}\sqrt{3}+2=2\mathrm{i}\sqrt{3}=c\).
On constate que \(A_1=A\), \(A_2=B\) et \(A_4=C\).
b) Longueurs :
\[A_1A_2=|b-a|=|1+\mathrm{i}\sqrt{3}|=\sqrt{1+3}=2,\qquad A_2A_3=|-1+\mathrm{i}\sqrt{3}|=2,\qquad A_3A_4=|-2|=2.\]
Les trois segments mesurent 2.
c) Montrer que \(z_{n+1}-\omega=\dfrac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}(z_n-\omega)\). On développe le membre de droite :
\[\frac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}(z_n-\omega)=\frac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}z_n-\frac{(1+\mathrm{i}\sqrt{3})^2}{2}=\frac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}z_n-\frac{-2+2\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}=\frac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}z_n+1-\mathrm{i}\sqrt{3}.\]
Et \(z_{n+1}-\omega=\dfrac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}z_n+2-1-\mathrm{i}\sqrt{3}=\dfrac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}z_n+1-\mathrm{i}\sqrt{3}\) : l’égalité est démontrée.
d) Transformation qui envoie \(A_n\) sur \(A_{n+1}\) : \(\dfrac{1+\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}=\dfrac{1}{2}+\mathrm{i}\dfrac{\sqrt{3}}{2}=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi/3}\), donc
\[z_{n+1}-\omega=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi/3}(z_n-\omega).\]
\(A_{n+1}\) est l’image de \(A_n\) par la rotation de centre \(\Omega\) et d’angle \(\dfrac{\pi}{3}\).
e) Justifier que \(A_{n+6}=A_n\) et déterminer l’affixe de \(A_{2012}\).
Par récurrence immédiate, \(z_{n+6}-\omega=(\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi/3})^6(z_n-\omega)=\mathrm{e}^{2\mathrm{i}\pi}(z_n-\omega)=z_n-\omega\). Donc \(z_{n+6}=z_n\) : \(A_{n+6}=A_n\) (six rotations d’angle \(\frac{\pi}{3}\) font un tour complet).
Comme \(2012=6\times 335+2\), on obtient \(A_{2012}=A_2=B\) : l’affixe de \(A_{2012}\) est \(3+\mathrm{i}\sqrt{3}\).
3. On demande la longueur du segment \([A_nA_{n+1}]\) pour tout \(n\).
La rotation conserve les distances au centre : \(\Omega A_{n+1}=\Omega A_n=\dots=\Omega A_0=|0-\omega|=|1+\mathrm{i}\sqrt{3}|=2\). Le triangle \(\Omega A_nA_{n+1}\) est donc isocèle en \(\Omega\) avec un angle au sommet de \(\frac{\pi}{3}\) : il est équilatéral. Par conséquent
\[A_nA_{n+1}=\Omega A_n=2\quad\text{pour tout entier naturel } n.\]
Exercice 4 (candidats ayant suivi l’enseignement de spécialité) :
Similitude directe et suite de points – 5 points
On pose \(z_0=0\) et \(z_{n+1}=\dfrac{1+\mathrm{i}}{2}z_n+1\) ; \(A_n\) est le point d’affixe \(z_n\).
1. Affixes de \(A_1\), \(A_2\), \(A_3\) :
\[z_1=1,\qquad z_2=\frac{1+\mathrm{i}}{2}+1=\frac{3+\mathrm{i}}{2},\qquad z_3=\frac{(1+\mathrm{i})(3+\mathrm{i})}{4}+1=\frac{2+4\mathrm{i}}{4}+1=\frac{3+2\mathrm{i}}{2}.\]
2. a) Montrer que \(A_{n+1}\) est l’image de \(A_n\) par une similitude directe \(s\) dont on précisera les éléments.
L’écriture complexe \(z\mapsto az+b\) avec \(a=\dfrac{1+\mathrm{i}}{2}\neq 0\) et \(b=1\) est celle d’une similitude directe \(s\), et \(A_{n+1}=s(A_n)\).
- Rapport : \(k=|a|=\dfrac{\sqrt{1+1}}{2}=\dfrac{\sqrt{2}}{2}\).
- Angle : \(a=\dfrac{\sqrt{2}}{2}(\dfrac{\sqrt{2}}{2}+\mathrm{i}\dfrac{\sqrt{2}}{2})=\dfrac{\sqrt{2}}{2}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi/4}\), donc \(\theta=\dfrac{\pi}{4}\) (à \(2\pi\) près).
- Centre : le point fixe \(\omega\) vérifie \(\omega=\dfrac{1+\mathrm{i}}{2}\omega+1\iff\omega\,\dfrac{1-\mathrm{i}}{2}=1\iff\omega=\dfrac{2}{1-\mathrm{i}}=\dfrac{2(1+\mathrm{i})}{2}=1+\mathrm{i}\).
\(s\) est la similitude directe de centre \(\Omega(1+\mathrm{i})\), de rapport \(\frac{\sqrt{2}}{2}\) et d’angle \(\frac{\pi}{4}\), et \(z_{n+1}-\omega=a(z_n-\omega)\).
b) Montrer que le triangle \(\Omega A_nA_{n+1}\) est isocèle rectangle.
Partons de \(z_{n+1}-\omega=a(z_n-\omega)\). Alors \(z_n-z_{n+1}=(z_n-\omega)-a(z_n-\omega)=(1-a)(z_n-\omega)\) et \(\omega-z_{n+1}=-a(z_n-\omega)\). Pour \(z_n\neq\omega\) (ce qui est le cas, car \(z_0\neq\omega\) et \(s\) est bijective de point fixe \(\Omega\)) :
\[\frac{z_n-z_{n+1}}{\omega-z_{n+1}}=\frac{1-a}{-a}=-\frac{1-\mathrm{i}}{1+\mathrm{i}}=-\frac{(1-\mathrm{i})^2}{2}=-\frac{-2\mathrm{i}}{2}=\mathrm{i}.\]
Ce quotient a pour module \(1\) et pour argument \(\frac{\pi}{2}\) : \(A_{n+1}A_n=A_{n+1}\Omega\) et \((\vec{A_{n+1}\Omega},\vec{A_{n+1}A_n})=\frac{\pi}{2}\). Le triangle \(\Omega A_nA_{n+1}\) est rectangle isocèle en \(A_{n+1}\).
3. a) Montrer que \(\Omega A_n=(\dfrac{\sqrt{2}}{2})^{n-1}\).
Puisque \(|z_{n+1}-\omega|=|a|\,|z_n-\omega|\), on a \(\Omega A_{n+1}=\frac{\sqrt{2}}{2}\,\Omega A_n\) : la suite \((\Omega A_n)\) est géométrique de raison \(\frac{\sqrt{2}}{2}\) et de premier terme \(\Omega A_0=|\omega|=|1+\mathrm{i}|=\sqrt{2}\). Donc
\[\Omega A_n=\sqrt{2}(\frac{\sqrt{2}}{2})^n=\frac{2}{\sqrt{2}}(\frac{\sqrt{2}}{2})^n=(\frac{\sqrt{2}}{2})^{-1}(\frac{\sqrt{2}}{2})^n=(\frac{\sqrt{2}}{2})^{n-1}.\]
b) À partir de quel rang les points \(A_n\) sont-ils dans le disque de centre \(\Omega\) et de rayon \(0{,}001\) ?
\[(\frac{\sqrt{2}}{2})^{n-1}\leq\, 0{,}001\iff (n-1)\ln(\frac{\sqrt{2}}{2})\leq\,\ln(0{,}001)\iff n-1\geq\,\frac{\ln(0{,}001)}{\ln(\frac{\sqrt{2}}{2})}\approx 19{,}93.\]
L’inégalité change de sens car \(\ln(\frac{\sqrt{2}}{2})\lt 0\). On obtient \(n\geq\, 20{,}93\) environ : les points \(A_n\) sont dans le disque à partir de \(n=21\).
4. On note \(a_n=A_nA_{n+1}\) et \(L_n=\displaystyle\sum_{k=0}^{n}a_k\), longueur de la ligne polygonale \(A_0A_1\dots A_{n+1}\). On demande \(L_n\) puis sa limite.
Le triangle \(\Omega A_nA_{n+1}\) est isocèle en \(A_{n+1}\), donc \(a_n=A_nA_{n+1}=\Omega A_{n+1}=(\frac{\sqrt{2}}{2})^n\). \(L_n\) est la somme des \(n+1\) premiers termes d’une suite géométrique de raison \(q=\frac{\sqrt{2}}{2}\neq 1\) et de premier terme \(1\) :
\[L_n=\frac{1-(\frac{\sqrt{2}}{2})^{n+1}}{1-\frac{\sqrt{2}}{2}}.\]
Comme \(0\lt\frac{\sqrt{2}}{2}\lt 1\), \(\lim\limits_{n\to +\infty}(\frac{\sqrt{2}}{2})^{n+1}=0\), donc
\[\lim_{n\to +\infty}L_n=\frac{1}{1-\frac{\sqrt{2}}{2}}=\frac{2}{2-\sqrt{2}}=\frac{2(2+\sqrt{2})}{4-2}=2+\sqrt{2}.\]
La longueur totale de la ligne polygonale tend vers \(2+\sqrt{2}\approx 3{,}41\).
5. Montrer que \(A_n\), \(\Omega\) et \(A_{n+4}\) sont alignés.
En appliquant quatre fois \(s\) : \(z_{n+4}-\omega=a^4(z_n-\omega)\) avec \(a^4=(\frac{\sqrt{2}}{2})^4\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi}=-\frac{1}{4}\). Ainsi \(\vec{\Omega A_{n+4}}=-\frac{1}{4}\,\vec{\Omega A_n}\) : les vecteurs sont colinéaires (de sens contraires, angle \(\pi\)), donc \(A_n\), \(\Omega\) et \(A_{n+4}\) sont alignés, \(\Omega\) étant situé entre les deux points.





