Mathovore, tout pour reussir en maths : cours et exercices corriges
Aller au contenu
Vous êtes ici : Accueil » Corrigés des contrôles de maths sup » Corrigé du contrôle de maths sup : suites récurrentes et points fixes

Corrigé du contrôle de maths sup : suites récurrentes et points fixes

    Corrigé du contrôle de maths sup : suites récurrentes et points fixes

    Voici le corrigé du contrôle de maths sup sur le thème : suites récurrentes et points fixes.

    Ce corrigé présente une rédaction complète du devoir sur les suites récurrentes. Chaque étape est justifiée : récurrences écrites, équation caractéristique résolue puis vérifiée sur les premiers termes, théorème de la limite monotone cité.

    Le problème est corrigé pas à pas, avec la figure en escalier qui visualise la convergence vers 2. La dernière partie montre pourquoi la méthode de Newton double le nombre de décimales exactes à chaque itération. Un barème détaillé suit chaque exercice pour évaluer votre copie.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths sup : suites récurrentes et points fixes.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Points fixes et monotonie 3 points
    Exercice 2 : Récurrences linéaires d’ordre 2 5 points
    Exercice 3 : Suite arithmético-géométrique 3 points
    Exercice 4 : Problème – étude d’une suite récurrente et méthode de Newton 9 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Points fixes et monotonie (3 points)

    1. Comme \(u_0 \in I\) et \(f(I) \subset I\), une récurrence immédiate montre que \(u_n \in I\) pour tout \(n\). L’intervalle \(I\) est fermé : ses bornes finies sont atteintes, et le passage à la limite dans les inégalités larges qui les encadrent donne \(\ell \in I\).

      D’une part, \((u_{n+1})\) est extraite de \((u_n)\), donc elle converge vers \(\ell\). D’autre part, \(f\) est continue en \(\ell \in I\), donc \(f(u_n) \to f(\ell)\). Or \(u_{n+1} = f(u_n)\). Par unicité de la limite, \(f(\ell) = \ell\) : la limite est un point fixe de \(f\).

    2. Cas croissant. Supposons \(u_0 \leq\, u_1\). Montrons par récurrence que \(u_n \leq\, u_{n+1}\). C’est vrai au rang \(0\). Si \(u_n \leq\, u_{n+1}\), alors, comme \(f\) est croissante, \(f(u_n) \leq\, f(u_{n+1})\), soit \(u_{n+1} \leq\, u_{n+2}\). La suite est donc croissante. Le cas \(u_0 \geq\, u_1\) donne de même une suite décroissante. Dans les deux cas, \((u_n)\) est monotone.

      Cas décroissant. La composée \(g = f \circ f\) de deux fonctions décroissantes est croissante, et \(I\) est stable par \(g\). Or \(u_{2n+2} = g(u_{2n})\) et \(u_{2n+3} = g(u_{2n+1})\). D’après le cas précédent appliqué à \(g\), les suites \((u_{2n})\) et \((u_{2n+1})\) sont monotones.

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 point pour la stabilité et le passage à la limite, 0,5 point pour la continuité, 0,5 point pour l’unicité de la limite ; b) 1,5 point : 1 point pour la récurrence du cas croissant, 0,5 point pour le passage par f∘f.

    Erreur fréquente : oublier la continuité de \(f\) en \(\ell\), sans laquelle la limite n’est pas forcément un point fixe.

    Exercice 2 : Récurrences linéaires d’ordre 2 (5 points)

    1. L’équation caractéristique est \(r^2 – 5r + 6 = 0\), soit \((r – 2)(r – 3) = 0\). Elle a deux racines réelles distinctes, donc il existe \(\lambda, \mu\) réels tels que \(u_n = \lambda 2^n + \mu 3^n\).

      Les conditions initiales donnent \(\lambda + \mu = 1\) et \(2\lambda + 3\mu = 4\). Ainsi \(\mu = 4 – 2 = 2\) et \(\lambda = -1\).

      Donc \(u_n = 2 \times 3^n – 2^n\). Vérification : \(u_2 = 5 \times 4 – 6 = 14\) et \(2 \times 9 – 4 = 14\).

    2. L’équation caractéristique \(r^2 – 4r + 4 = (r – 2)^2 = 0\) a une racine double \(r = 2\). Donc \(v_n = (\lambda + \mu n) 2^n\).

      Ensuite \(v_0 = \lambda = 0\), puis \(v_1 = 2\mu = 1\), donc \(\mu = \dfrac{1}{2}\).

      Donc \(v_n = n \, 2^{n-1}\). Vérification : \(v_2 = 4\) et \(v_3 = 4 \times 4 – 4 \times 1 = 12 = 3 \times 2^2\).

    3. L’équation caractéristique \(r^2 – 2r + 4 = 0\) a pour discriminant \(\Delta = 4 – 16 = -12 < 0\). Ses racines sont \(1 \pm i\sqrt{3} = 2e^{\pm i\pi/3}\). Les solutions réelles s’écrivent :

      \[w_n = 2^n ( A\cos\frac{n\pi}{3} + B\sin\frac{n\pi}{3} ).\]

      D’abord \(w_0 = A = 1\). Ensuite \(w_1 = 2(\dfrac{1}{2} + B\dfrac{\sqrt{3}}{2}) = 1 + B\sqrt{3} = 1\), donc \(B = 0\).

      Donc \(w_n = 2^n \cos\dfrac{n\pi}{3}\). Vérification : \(w_2 = 2 – 4 = -2\) et \(4\cos\dfrac{2\pi}{3} = -2\).

      Enfin, \(w_{6k} = 2^{6k} = 64^k\) tend vers \(+\infty\). La suite \((w_n)\) n’est pas bornée.

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 point pour l’équation caractéristique, 0,5 point pour la forme générale, 0,5 point pour les constantes ; b) 1,5 point, même répartition ; c) 2 points : 0,5 point pour les racines complexes, 0,5 point pour la forme réelle, 0,5 point pour les constantes, 0,5 point pour la suite extraite non bornée.

    Exercice 3 : Suite arithmético-géométrique (3 points)

    1. Le point fixe vérifie \(\ell = \dfrac{2}{3}\ell + 1\), soit \(\dfrac{\ell}{3} = 1\) : \(\ell = 3\). Posons \(b_n = a_n – 3\). Alors :

      \[b_{n+1} = \frac{2}{3}a_n + 1 – 3 = \frac{2}{3}(a_n – 3) = \frac{2}{3} b_n.\]

      La suite \((b_n)\) est géométrique de raison \(\dfrac{2}{3}\) et de premier terme \(b_0 = -3\). Donc \(a_n = 3 – 3(\dfrac{2}{3})^n\). Vérification : \(a_1 = 3 – 2 = 1\).

    2. Comme \(0 < \dfrac{2}{3} < 1\), on a \((\dfrac{2}{3})^n \to 0\). Donc \((a_n)\) converge vers \(3\).

      Ensuite, \(|a_n – 3| = 3(\dfrac{2}{3})^n\). La condition \(|a_n – 3| \leq\, 10^{-3}\) équivaut à \((\dfrac{3}{2})^n \geq\, 3000\). Par croissance de \(\ln\), elle équivaut à \(n \ln\dfrac{3}{2} \geq\, \ln 3000\), soit :

      \[n \geq\, \frac{\ln 3000}{\ln(3/2)} \approx \frac{8{,}006}{0{,}405} \approx 19{,}8.\]

      Le plus petit entier convenable est \(n = 20\).

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 point pour le point fixe, 0,5 point pour la suite géométrique auxiliaire, 0,5 point pour la formule ; b) 1,5 point : 0,5 point pour la limite, 0,5 point pour la mise en équation, 0,5 point pour le rang.

    Exercice 4 : Problème – étude d’une suite récurrente et méthode de Newton (9 points)

    Partie A : la suite de terme initial 0

    1. La fonction \(f\) est croissante sur \([0, +\infty[\) comme composée de fonctions croissantes. Pour \(x \in [0, 2]\), on a donc \(\sqrt{2} = f(0) \leq\, f(x) \leq\, f(2) = 2\). Ainsi \(f([0, 2]) \subset [\sqrt{2}, 2] \subset [0, 2]\) : l’intervalle est stable.
    2. Pour \(x \in [0, 2]\), multiplions par la quantité conjuguée, qui est strictement positive :

      \[f(x) – x = \frac{2 + x – x^2}{\sqrt{2 + x} + x} = \frac{(2 – x)(1 + x)}{\sqrt{2 + x} + x}.\]

      Le numérateur et le dénominateur sont positifs, donc \(f(x) \geq\, x\) sur \([0, 2]\). Or \(u_0 \in [0, 2]\), donc \(u_n \in [0, 2]\) pour tout \(n\) par stabilité. Par conséquent \(u_{n+1} = f(u_n) \geq\, u_n\). La suite \((u_n)\) est croissante.

    3. La suite est croissante et majorée par \(2\). Par le théorème de la limite monotone, elle converge vers un réel \(\ell \in [0, 2]\). La fonction \(f\) est continue sur le fermé \([0, 2]\), donc, d’après l’exercice 1, \(f(\ell) = \ell\). Ainsi \(\sqrt{2 + \ell} = \ell\), d’où \(\ell^2 – \ell – 2 = 0\), soit \((\ell – 2)(\ell + 1) = 0\). Comme \(\ell \geq\, 0\), la suite converge vers \(2\).
    4. On part de \(u_0 = 0\) sur l’axe des abscisses. On monte verticalement jusqu’à la courbe, au point d’ordonnée \(u_1 = \sqrt{2}\), puis on rejoint horizontalement la droite \(y = x\). On redescend alors sur l’axe au point d’abscisse \(u_1\), et ainsi de suite. On obtient un escalier qui monte vers le point \((2, 2)\).

      Escalier construit entre la courbe de racine de 2 plus x et la droite y = x, avec u0, u1, u2, u3 sur l'axe des abscisses

      Valeurs approchées : \(u_1 \approx 1{,}414\), \(u_2 \approx 1{,}848\), \(u_3 \approx 1{,}962\).

    5. Pour tout \(n\), la quantité conjuguée donne :

      \[|u_{n+1} – 2| = |\sqrt{2 + u_n} – 2| = \frac{|u_n – 2|}{\sqrt{2 + u_n} + 2} \leq\, \frac{1}{2}|u_n – 2|,\]

      car \(\sqrt{2 + u_n} + 2 \geq\, 2\). Par récurrence, \(|u_n – 2| \leq\, \dfrac{|u_0 – 2|}{2^n} = \dfrac{2}{2^n} = 2^{1-n}\).

      Il suffit donc que \(2^{n-1} \geq\, 10^6\). Or \(2^{20} = 1\,048\,576 \geq\, 10^6\). Pour tout \(n \geq\, 21\), \(u_n\) approche \(2\) à \(10^{-6}\) près.

    Partie B : méthode de Newton

    1. On a \(g^{\prime}(x) = 2x\), donc \(N(x) = x – \dfrac{x^2 – 3}{2x} = \dfrac{2x^2 – x^2 + 3}{2x}\). Ainsi \(N(x) = \dfrac{x^2 + 3}{2x}\).
    2. Pour \(x > 0\) :

      \[N(x) – \sqrt{3} = \frac{x^2 – 2\sqrt{3}\,x + 3}{2x} = \frac{(x – \sqrt{3})^2}{2x}.\]

      Montrons par récurrence que \(x_n \geq\, \sqrt{3}\). C’est vrai pour \(x_0 = 2\). Si \(x_n \geq\, \sqrt{3} > 0\), la formule donne \(x_{n+1} – \sqrt{3} \geq\, 0\). Donc \(x_n \geq\, \sqrt{3}\) pour tout \(n\), et la suite est bien définie.

    3. Comme \(x_n \geq\, \sqrt{3}\), on a \(2x_n \geq\, 2\sqrt{3} \geq\, 3\), car \(12 \geq\, 9\). Donc \(e_{n+1} = \dfrac{e_n^2}{2x_n} \leq\, \dfrac{e_n^2}{3}\), ce qui s’écrit \(\dfrac{e_{n+1}}{3} \leq\, (\dfrac{e_n}{3})^2\).

      Par récurrence, \(\dfrac{e_n}{3} \leq\, (\dfrac{e_0}{3})^{2^n}\). Or \(\sqrt{3} \geq\, 1{,}7\), donc \(e_0 = 2 – \sqrt{3} \leq\, 0{,}3\) et \(\dfrac{e_0}{3} \leq\, 0{,}1\). Ainsi \(0 \leq\, e_n \leq\, 3 \times 10^{-2^n}\).

      Pour \(n = 3\), \(e_3 \leq\, 3 \times 10^{-8} < 10^{-7}\). Donc \(x_3\) approche \(\sqrt{3}\) à \(10^{-7}\) près. En effet, \(x_1 = 1{,}75\), \(x_2 \approx 1{,}732\,143\) et \(x_3 \approx 1{,}732\,051\).

      Commentaire : dans la partie A, l’erreur est divisée par \(2\) à chaque étape (convergence géométrique, il faut 21 termes). Avec Newton, le nombre de décimales exactes double à chaque étape : c’est une convergence quadratique.

    Barème : 1) 1 point ; 2) 1 point : 0,5 point pour la factorisation, 0,5 point pour la monotonie ; 3) 1,5 point : 0,5 point pour la limite monotone, 0,5 point pour le point fixe, 0,5 point pour le choix de la racine ; 4) 1 point pour l’escalier correct ; 5) 1,5 point : 0,5 point par étape ; 6) 0,5 point ; 7) 1 point : 0,5 point pour l’identité, 0,5 point pour la récurrence ; 8) 1,5 point : 0,5 point pour l’inégalité, 0,5 point pour la récurrence, 0,5 point pour la conclusion et le commentaire.

    Revenir à l’énoncé du contrôle

    Après le corrigé du contrôle : suites récurrentes et points fixes

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Suites récurrentes » en maths sup puis entraînez-vous avec les exercices corrigés suites récurrentes.

    Retrouvez tous les contrôles de maths sup classés par chapitre, ou choisissez un autre niveau sur la page contrôles de maths du CP au post-bac.

    Voter... post

    Télécharger et imprimer ce document en PDF gratuitement :

    Vous avez la possibilité de télécharger puis d'imprimer gratuitement ce document «corrigé du contrôle de maths sup : suites récurrentes et points fixes» au format PDF.


    Applications Mathovore

    Les applications Mathovore gratuites

    Des applis pour réviser et s’entraîner en maths en jouant, du CP à la Terminale, sur Android et iPhone.

    Découvrir

    Inscription gratuite à Mathovore.  Mathovore c'est 14 122 542 cours et exercices de maths téléchargés en PDF.

    Télécharger les manuels scolaires de maths Mathovore en PDF, du CP à la Terminale