Mathovore, tout pour reussir en maths : cours et exercices corriges
Aller au contenu
Vous êtes ici : Accueil » Corrigés des contrôles de maths en L1 » Corrigé du contrôle de maths L1 : familles libres, bases et dimension

Corrigé du contrôle de maths L1 : familles libres, bases et dimension

    Corrigé du contrôle de maths L1 : familles libres, bases et dimension

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L1 sur le thème : familles libres, bases et dimension.

    Cette correction détaille la démonstration du lemme d’échange par récurrence sur le nombre de générateurs, puis ses conséquences sur l’invariance de la dimension. Pour chaque famille, la liberté est établie par la résolution d’un système ou par un argument de limite en l’infini.

    Vous y trouverez aussi le rang d’une famille liée, une base complétée grâce au théorème de la base incomplète et le calcul de la dimension d’une somme par la formule de Grassmann. Le problème montre comment les polynômes de Lagrange donnent directement les coordonnées. Chaque exercice se termine par un barème détaillé.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l1 : familles libres, bases et dimension.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours : lemme d’échange et dimension 3 points
    Exercice 2 : Familles de vecteurs de R3 4 points
    Exercice 3 : Liberté de familles de fonctions 4 points
    Exercice 4 : Sous-espaces de R4 et formule de Grassmann 4 points
    Exercice 5 : Problème : bases de R2[X] et interpolation de Lagrange 5 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours : lemme d’échange et dimension (3 points)

    1. Lemme d’échange. Si \(E\) est engendré par une famille de \(n\) vecteurs \((e_1, \ldots, e_n)\), alors toute famille de \(n + 1\) vecteurs de \(E\) est liée. Par conséquent, toute famille libre de \(E\) a au plus \(n\) éléments.
    2. Pour \(n \in \mathbb{N}\), notons \(\mathcal{H}(n)\) : « dans tout espace vectoriel, \(n + 1\) vecteurs appartenant à \(\operatorname{Vect}(e_1, \ldots, e_n)\) forment une famille liée ».

      Initialisation. Pour \(n = 0\), \(\operatorname{Vect}(\varnothing) = \{0\}\) : le seul vecteur considéré est nul, et une famille contenant le vecteur nul est liée.

      Hérédité. Supposons \(\mathcal{H}(n)\) vraie. Soit \(v_1, \ldots, v_{n+2}\) dans \(\operatorname{Vect}(e_1, \ldots, e_{n+1})\). On écrit \(v_i = w_i + a_i\, e_{n+1}\), avec \(w_i \in \operatorname{Vect}(e_1, \ldots, e_n)\) et \(a_i \in \mathbb{K}\).

      Premier cas : tous les \(a_i\) sont nuls. Alors \(v_1, \ldots, v_{n+1}\) sont dans \(\operatorname{Vect}(e_1, \ldots, e_n)\), donc liés par \(\mathcal{H}(n)\), et la famille entière est liée.

      Second cas : un des \(a_i\) est non nul, disons \(a_{n+2} \neq 0\) quitte à renuméroter. Pour \(1 \leq\, i \leq\, n + 1\), posons \(v_i^{\prime} = v_i – \dfrac{a_i}{a_{n+2}}\, v_{n+2}\). La composante sur \(e_{n+1}\) disparaît, donc ces \(n + 1\) vecteurs sont dans \(\operatorname{Vect}(e_1, \ldots, e_n)\). Par \(\mathcal{H}(n)\), il existe des scalaires \(\lambda_1, \ldots, \lambda_{n+1}\) non tous nuls tels que \(\displaystyle\sum_{i=1}^{n+1} \lambda_i v_i^{\prime} = 0\). Cette égalité s’écrit \[\sum_{i=1}^{n+1} \lambda_i v_i – (\sum_{i=1}^{n+1} \frac{\lambda_i a_i}{a_{n+2}}) v_{n+2} = 0,\] qui est une relation non triviale entre \(v_1, \ldots, v_{n+2}\). Donc \(\mathcal{H}(n+1)\) est vraie, et le lemme est démontré par récurrence.
    3. Soit \(\mathcal{B}\) une base de \(E\) à \(n\) éléments ; elle engendre \(E\). Une famille extraite d’une famille libre est libre. Donc, par le lemme, une famille libre de \(E\) ne peut pas contenir \(n + 1\) vecteurs : toute base \(\mathcal{B}^{\prime}\) de \(E\) est finie, avec \(p \leq\, n\) éléments. En échangeant les rôles, puisque \(\mathcal{B}^{\prime}\) engendre \(E\) et que \(\mathcal{B}\) est libre, on obtient \(n \leq\, p\). Ainsi \(p = n\) : toutes les bases ont le même cardinal, appelé dimension de \(E\).

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1,5 point : 0,25 pour l’initialisation, 0,25 pour le premier cas, 1 point pour le second cas (élimination de \(e_{n+1}\) et relation non triviale) ; c) 1 point : 0,5 pour la finitude, 0,5 pour l’égalité des cardinaux.

    Exercice 2 : Familles de vecteurs de R3 (4 points)

    1. On calcule \(u_1 – u_2 = (-1, 1, 2) = -u_3\). Ainsi \[u_1 – u_2 + u_3 = (1 – 2 + 1,\; 2 – 1 – 1,\; 1 + 1 – 2) = (0, 0, 0).\] La famille \((u_1, u_2, u_3)\) est liée, avec la relation \(u_1 – u_2 + u_3 = 0\).
    2. Soit \(a, b, c\) réels tels que \(a\,u_1 + b\,u_2 + c\,u_4 = 0\). Coordonnée par coordonnée, cela donne le système \[a + 2b + c = 0, \qquad 2a + b = 0, \qquad a – b + c = 0.\] La deuxième équation donne \(b = -2a\). La première devient \(a – 4a + c = 0\), donc \(c = 3a\). La troisième s’écrit alors \(a + 2a + 3a = 6a = 0\), donc \(a = 0\), puis \(b = c = 0\). La famille \((u_1, u_2, u_4)\) est libre.
    3. C’est une famille libre de \(3\) vecteurs dans \(\mathbb{R}^3\), qui est de dimension \(3\). C’est donc une base de \(\mathbb{R}^3\). On cherche \(a, b, c\) tels que \(a\,u_1 + b\,u_2 + c\,u_4 = (1, 3, 4)\) : \[a + 2b + c = 1, \qquad 2a + b = 3, \qquad a – b + c = 4.\] En soustrayant la troisième équation de la première, on obtient \(3b = -3\), donc \(b = -1\). Puis \(2a = 3 + 1\), donc \(a = 2\), et enfin \(c = 4 – 2 – 1 = 1\). Vérification : \(2\,u_1 – u_2 + u_4 = (2 – 2 + 1,\; 4 – 1 + 0,\; 2 + 1 + 1) = (1, 3, 4)\). Les coordonnées de \(v\) sont \((2, -1, 1)\).
    4. Les vecteurs \(u_1\) et \(u_2\) ne sont pas colinéaires (leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles, puisque \(\frac{2}{1} \neq \frac{1}{2}\)), donc \((u_1, u_2)\) est libre. De plus \(u_3 = u_2 – u_1 \in \operatorname{Vect}(u_1, u_2)\). Le rang de \((u_1, u_2, u_3)\) vaut \(2\), et \((u_1, u_2)\) est une base de \(\operatorname{Vect}(u_1, u_2, u_3)\).

    Barème : a) 1 point (relation 0,5, vérification 0,5) ; b) 1,5 point : 0,5 pour le système, 1 point pour la résolution ; c) 1 point : 0,5 pour l’argument de dimension, 0,5 pour les coordonnées ; d) 0,5 point.

    Exercice 3 : Liberté de familles de fonctions (4 points)

    1. Soit \(a, b, c\) réels tels que, pour tout réel \(x\), \(a\,e^{x} + b\,e^{2x} + c\,e^{3x} = 0\). En divisant par \(e^{3x} \neq 0\) : \[a\,e^{-2x} + b\,e^{-x} + c = 0 \quad \text{pour tout } x.\] Quand \(x\) tend vers \(+\infty\), le membre de gauche tend vers \(c\), donc \(c = 0\). Il reste \(a\,e^{x} + b\,e^{2x} = 0\). En divisant par \(e^{2x}\), on obtient \(a\,e^{-x} + b = 0\), et la limite en \(+\infty\) donne \(b = 0\). Enfin \(a\,e^{x} = 0\) impose \(a = 0\). La famille \((f_1, f_2, f_3)\) est libre.
    2. Soit \(a, b, c\) réels tels que \(a \cos x + b \sin x + c\, x \cos x = 0\) pour tout réel \(x\). On évalue en trois points bien choisis. En \(x = 0\) : \(a = 0\). En \(x = \pi\) : \(-a – c\pi = 0\), donc \(c = 0\). En \(x = \dfrac{\pi}{2}\) : \(b = 0\). La famille \((\cos, \sin, h)\) est libre.
    3. D’après la formule d’addition, pour tout réel \(x\), \[g(x) = \cos x \cos\frac{\pi}{3} – \sin x \sin\frac{\pi}{3} = \frac{1}{2}\cos x – \frac{\sqrt{3}}{2}\sin x.\] Ainsi \(g – \dfrac{1}{2}\cos + \dfrac{\sqrt{3}}{2}\sin = 0\), relation dont les coefficients ne sont pas tous nuls. La famille \((\cos, \sin, g)\) est liée.

    Erreur fréquente : évaluer en un seul point et conclure. Une égalité entre fonctions doit être exploitée en plusieurs points, par des limites ou par dérivation.

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 par coefficient correctement annulé ; b) 1,5 point : 0,5 par évaluation ; c) 1 point : 0,5 pour la formule d’addition, 0,5 pour la conclusion.

    Exercice 4 : Sous-espaces de R4 et formule de Grassmann (4 points)

    1. Un vecteur de \(F\) vérifie \(x_1 = -x_2 – x_3 – x_4\). Ainsi \[(x_1, x_2, x_3, x_4) = x_2\,(-1, 1, 0, 0) + x_3\,(-1, 0, 1, 0) + x_4\,(-1, 0, 0, 1).\] Les trois vecteurs \(\varepsilon_1 = (-1, 1, 0, 0)\), \(\varepsilon_2 = (-1, 0, 1, 0)\) et \(\varepsilon_3 = (-1, 0, 0, 1)\) engendrent donc \(F\). Ils sont libres : une combinaison nulle \(\alpha\,\varepsilon_1 + \beta\,\varepsilon_2 + \gamma\,\varepsilon_3\) a pour trois dernières coordonnées \(\alpha, \beta, \gamma\), qui sont donc nulles. \((\varepsilon_1, \varepsilon_2, \varepsilon_3)\) est une base de \(F\), et \(\dim F = 3\).
    2. Les vecteurs de \(G\) sont les \((a, a, b, b) = a\,(1, 1, 0, 0) + b\,(0, 0, 1, 1)\). Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires. \(\big((1, 1, 0, 0), (0, 0, 1, 1)\big)\) est une base de \(G\), et \(\dim G = 2\).
    3. Un vecteur \((a, a, b, b)\) de \(G\) appartient à \(F\) si et seulement si \(2a + 2b = 0\), soit \(b = -a\). Donc \(F \cap G = \{(a, a, -a, -a) \,:\, a \in \mathbb{R}\}\). \(F \cap G = \operatorname{Vect}\big((1, 1, -1, -1)\big)\) est une droite : \(\dim(F \cap G) = 1\).
    4. La formule de Grassmann donne \[\dim(F + G) = \dim F + \dim G – \dim(F \cap G) = 3 + 2 – 1 = 4.\] Comme \(F \cap G \neq \{0\}\), la somme n’est pas directe. Enfin, \(F + G\) est un sous-espace de \(\mathbb{R}^4\) de dimension \(4 = \dim \mathbb{R}^4\). Donc \(F + G = \mathbb{R}^4\).
    5. Les vecteurs \(e = (1, 1, -1, -1)\), \((1, -1, 0, 0)\) et \((0, 0, 1, -1)\) sont dans \(F\), car la somme de leurs coordonnées est nulle. Montrons qu’ils sont libres. Si \(a\,e + b\,(1, -1, 0, 0) + c\,(0, 0, 1, -1) = 0\), les deux premières coordonnées donnent \(a + b = 0\) et \(a – b = 0\), donc \(a = b = 0\), puis \(c = 0\). On a trois vecteurs libres dans \(F\), de dimension \(3\). La famille \(\big((1, 1, -1, -1), (1, -1, 0, 0), (0, 0, 1, -1)\big)\) est une base de \(F\) qui complète celle de \(F \cap G\).

    Barème : a) 1 point (0,5 pour la famille génératrice, 0,5 pour la liberté et la dimension) ; b) 0,5 point ; c) 1 point : 0,5 pour l’équation, 0,5 pour la base ; d) 1 point : 0,5 pour Grassmann, 0,5 pour les deux conclusions ; e) 0,5 point.

    Exercice 5 : Problème : bases de R2[X] et interpolation de Lagrange (5 points)

    1. Les polynômes \(1\), \(X – 1\) et \((X – 1)^2\) sont de degrés respectifs \(0\), \(1\) et \(2\). Une famille de polynômes non nuls de degrés deux à deux distincts est libre (on regarde le terme de plus haut degré d’une combinaison nulle). C’est donc une famille libre de \(3\) vecteurs dans \(\mathbb{R}_2[X]\), de dimension \(3\) : c’est une base. Pour \(P = X^2 + X + 1\), on écrit \(X = (X – 1) + 1\), d’où \(X^2 = (X – 1)^2 + 2(X – 1) + 1\). Alors \[P = (X – 1)^2 + 2(X – 1) + 1 + (X – 1) + 1 + 1 = (X – 1)^2 + 3(X – 1) + 3.\] Les coordonnées de \(P\) dans cette base sont \((3, 3, 1)\). Contrôle : \(P(1) = 3\) et \(P^{\prime}(1) = 2 + 1 = 3\).
    2. On calcule : \(L_0(0) = \dfrac{(-1)(-2)}{2} = 1\), \(L_0(1) = 0\), \(L_0(2) = 0\). Ensuite \(L_1(0) = 0\), \(L_1(1) = -1 \times (-1) = 1\), \(L_1(2) = 0\). Enfin \(L_2(0) = 0\), \(L_2(1) = 0\), \(L_2(2) = \dfrac{2 \times 1}{2} = 1\). Ainsi \(L_i(j) = 1\) si \(i = j\) et \(L_i(j) = 0\) sinon.
    3. Soit \(a_0, a_1, a_2\) réels tels que \(a_0 L_0 + a_1 L_1 + a_2 L_2 = 0\). En évaluant en \(j \in \{0, 1, 2\}\), la question b) donne \(a_j = 0\). La famille est donc libre. Elle compte \(3\) éléments dans un espace de dimension \(3\). Donc \((L_0, L_1, L_2)\) est une base de \(\mathbb{R}_2[X]\).
    4. Soit \(Q \in \mathbb{R}_2[X]\). Comme \((L_0, L_1, L_2)\) est une base, il existe des réels \(c_0, c_1, c_2\) tels que \(Q = c_0 L_0 + c_1 L_1 + c_2 L_2\). En évaluant en \(j\), la question b) donne \(Q(j) = c_j\). Donc \(Q = Q(0)\,L_0 + Q(1)\,L_1 + Q(2)\,L_2\) : les coordonnées de \(Q\) dans la base de Lagrange sont ses valeurs en \(0\), \(1\), \(2\).
    5. D’après d), l’unique polynôme cherché est \(Q = L_0 + 3L_1 + 7L_2\). En développant \(L_0 = \dfrac{X^2 – 3X + 2}{2}\), \(L_1 = -X^2 + 2X\) et \(L_2 = \dfrac{X^2 – X}{2}\) : \[Q = (\frac{1}{2} – 3 + \frac{7}{2}) X^2 + (-\frac{3}{2} + 6 – \frac{7}{2}) X + 1 = X^2 + X + 1.\] On retrouve \(Q = P = X^2 + X + 1\), qui vérifie bien \(P(0) = 1\), \(P(1) = 3\) et \(P(2) = 7\).

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour la liberté, 0,25 pour l’argument de dimension, 0,75 pour les coordonnées ; b) 1 point ; c) 1 point ; d) 1 point : 0,5 pour l’existence des coordonnées, 0,5 pour l’évaluation ; e) 0,5 point.

    Revenir à l’énoncé du contrôle

    Après le corrigé du contrôle : familles libres, bases et dimension

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Bases et dimension » en L1 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés bases et dimension.

    Retrouvez tous les contrôles de maths de L1 classés par chapitre, ou choisissez un autre niveau sur la page contrôles de maths du CP au post-bac.

    Voter... post

    Télécharger et imprimer ce document en PDF gratuitement :

    Vous avez la possibilité de télécharger puis d'imprimer gratuitement ce document «corrigé du contrôle de maths L1 : familles libres, bases et dimension» au format PDF.

    Contrôle de maths en L1 : Familles libres, bases et dimension corrigé en PDF

    Applications Mathovore

    Les applications Mathovore gratuites

    Des applis pour réviser et s’entraîner en maths en jouant, du CP à la Terminale, sur Android et iPhone.

    Découvrir

    Inscription gratuite à Mathovore.  Mathovore c'est 14 122 542 cours et exercices de maths téléchargés en PDF.

    Télécharger les manuels scolaires de maths Mathovore en PDF, du CP à la Terminale