Voici le corrigé complet du bac de maths 2024 en Amérique du Nord, sujet 1, épreuve de spécialité passée le 21 mai 2024. Le sujet comporte quatre exercices. Le premier porte sur les probabilités : arbre pondéré, formule des probabilités totales, probabilité conditionnelle, puis loi binomiale et recherche d’un nombre minimal de tentatives à l’aide du logarithme népérien. Le deuxième est un QCM de géométrie dans l’espace : représentations paramétriques de droites, droites non coplanaires et plan orthogonal à une droite. Le troisième étudie la fonction \( f(x) = x\ln(x^2) – \dfrac{1}{x} \) : tangente, limites, dérivée seconde, convexité, point d’inflexion et théorème des valeurs intermédiaires. Le dernier traite une suite d’intégrales \( I_n \) : monotonie, encadrement, limite, intégration par parties et programme Python de seuil. Chaque réponse est justifiée pas à pas.
L’énoncé de cette épreuve est sur la page Amérique du Nord : bac de maths 2024 sujet 1 corrigé en PDF. : cherchez d’abord chaque exercice, puis comparez avec la correction.
Corrigé du sujet
Exercice 1 :
Probabilités conditionnelles et loi binomiale
Partie A
1. On traduit les données de l’énoncé par un arbre pondéré. On note \( R \) l’événement « l’objet obtenu est rare » et \( E \) l’événement étudié dans l’énoncé : \( P(R) = 0{,}07 \), \( P_R(E) = 0{,}8 \) et \( P_{\overline{R}}(E) = 0{,}4 \). Les probabilités manquantes s’obtiennent par complément à 1 sur chaque nœud.
On demande ensuite \( P(R \cap E) \). Par la règle du produit le long d’un chemin :
\[ P(R \cap E) = P(R) \times P_R(E) = 0{,}07 \times 0{,}8 = 0{,}056. \]
\( P(R \cap E) = 0{,}056 \).
2. On calcule \( P(E) \). Les événements \( R \) et \( \overline{R} \) forment une partition de l’univers, donc d’après la formule des probabilités totales :
\[ P(E) = P(R \cap E) + P(\overline{R} \cap E) = 0{,}056 + P(\overline{R}) \times P_{\overline{R}}(E) = 0{,}056 + 0{,}93 \times 0{,}4 = 0{,}056 + 0{,}372. \]
\( P(E) = 0{,}428 \).
3. On cherche la probabilité que l’objet soit rare sachant que \( E \) est réalisé, c’est-à-dire \( P_E(R) \) :
\[ P_E(R) = \dfrac{P(R \cap E)}{P(E)} = \dfrac{0{,}056}{0{,}428} \approx 0{,}131. \]
\( P_E(R) \approx 0{,}131 \) à \( 10^{-3} \) près.
Partie B
1. Le joueur effectue 30 tirages identiques et indépendants ; chacun donne un objet rare (succès) avec la probabilité \( 0{,}07 \). La variable \( X \), qui compte le nombre d’objets rares obtenus, compte donc les succès d’un schéma de Bernoulli de 30 épreuves : \( X \) suit la loi binomiale \( \mathcal{B}(30\,;\,0{,}07) \). Son espérance vaut :
\[ E(X) = n \times p = 30 \times 0{,}07 = 2{,}1. \]
En moyenne, sur 30 tirages, le joueur obtient 2,1 objets rares.
2. On cherche \( P(X \lt 6) \). Comme \( X \) prend des valeurs entières, \( P(X \lt 6) = P(X \leq\, 5) \). La calculatrice (fonction de répartition binomiale) donne :
\( P(X \lt 6) = P(X \leq\, 5) \approx 0{,}984 \) au millième.
3. On cherche le plus grand entier \( k \) tel que \( P(X \geq\, k) \geq\, 0{,}5 \). On calcule \( P(X \geq\, k) = 1 – P(X \leq\, k-1) \) :
- \( P(X \geq\, 2) = 1 – P(X \leq\, 1) \approx 0{,}631 \), qui est supérieur à 0,5 ;
- \( P(X \geq\, 3) = 1 – P(X \leq\, 2) \approx 0{,}351 \), qui est inférieur à 0,5.
Comme \( k \mapsto P(X \geq\, k) \) est décroissante, l’entier cherché est \( k = 2 \). Interprétation : le joueur a au moins une chance sur deux d’obtenir au moins 2 objets rares en 30 tirages, mais moins d’une chance sur deux d’en obtenir 3 ou plus.
4. On cherche le nombre minimal \( N \) de tirages pour que la probabilité d’obtenir au moins un objet rare soit supérieure ou égale à 0,95. Notons \( Y \) le nombre d’objets rares obtenus en \( N \) tirages : \( Y \) suit la loi binomiale \( \mathcal{B}(N\,;\,0{,}07) \).
L’événement « au moins un objet rare » est le contraire de « aucun objet rare », donc :
\[ P(Y \geq\, 1) = 1 – P(Y = 0) = 1 – 0{,}93^N. \]
On résout \( 1 – 0{,}93^N \geq\, 0{,}95 \) :
\[ 1 – 0{,}93^N \geq\, 0{,}95 \iff 0{,}93^N \leq\, 0{,}05 \iff \ln(0{,}93^N) \leq\, \ln(0{,}05) \iff N\ln(0{,}93) \leq\, \ln(0{,}05), \]
la deuxième équivalence venant de la stricte croissance de \( \ln \) sur \( ]0\,;+\infty[ \). Comme \( 0 \lt 0{,}93 \lt 1 \), on a \( \ln(0{,}93) \lt 0 \) : en divisant par ce nombre négatif, on change le sens de l’inégalité :
\[ N \geq\, \dfrac{\ln(0{,}05)}{\ln(0{,}93)} \approx 41{,}28. \]
Vérification : \( 1 – 0{,}93^{41} \approx 0{,}949 \) et \( 1 – 0{,}93^{42} \approx 0{,}953 \). Il faut donc au moins 42 tirages pour que la probabilité d’obtenir au moins un objet rare atteigne 0,95.
Exercice 2 :
QCM de géométrie dans l’espace
1. On cherche une représentation paramétrique de la droite \( (AB) \) avec \( A(1\,;0\,;3) \) et \( B(4\,;1\,;0) \). Un vecteur directeur est :
\[ \vec{AB}\begin{pmatrix} 4-1 \\ 1-0 \\ 0-3 \end{pmatrix} \text{ soit } \vec{AB}\begin{pmatrix} 3 \\ 1 \\ -3 \end{pmatrix}. \]
La droite \( (AB) \) passe par \( A \) et est dirigée par \( \vec{AB} \) ; une représentation paramétrique est :
\[ \begin{cases} x = 1 + 3t \\ y = t \\ z = 3 – 3t \end{cases} \quad t \in \mathbb{R}. \]
Contrôle : \( t = 0 \) donne \( A \) et \( t = 1 \) donne \( B \). On peut aussi raisonner par élimination : les propositions a, b et d ont pour vecteurs directeurs \( \begin{pmatrix} 1 \\ 0 \\ 3 \end{pmatrix} \), \( \begin{pmatrix} 4 \\ 1 \\ 0 \end{pmatrix} \) et \( \begin{pmatrix} 1 \\ 0 \\ -3 \end{pmatrix} \), aucun n’étant colinéaire à \( \vec{AB} \). Réponse c.
2. On cherche lequel des points proposés appartient à la droite \( (d) \) de représentation paramétrique \( x = 3 + 4t \), \( y = 6t \), \( z = 4 – 2t \).
Les points \( M \), \( N \) et \( P \) ont tous pour ordonnée 6. Or \( y = 6t = 6 \) impose \( t = 1 \), qui donne le point \( (7\,;6\,;2) \) : il ne correspond à aucun de ces trois points. Il reste le point \( R(-3\,;-9\,;7) \). Vérifions :
\[ 3 + 4t = -3 \iff t = -\dfrac{3}{2}, \qquad 6t = -9 \iff t = -\dfrac{3}{2}, \qquad 4 – 2t = 7 \iff t = -\dfrac{3}{2}. \]
Les trois équations donnent la même valeur du paramètre, donc \( R \in (d) \). Réponse d.
3. On étudie la position relative de \( (d) \) et de \( (d^{\prime}) \) : \( x = -2 + 3k \), \( y = -1 – 2k \), \( z = 1 + k \), \( k \in \mathbb{R} \).
Un vecteur directeur de \( (d) \) est \( \vec{u}\begin{pmatrix} 4 \\ 6 \\ -2 \end{pmatrix} \) et un vecteur directeur de \( (d^{\prime}) \) est \( \vec{v}\begin{pmatrix} 3 \\ -2 \\ 1 \end{pmatrix} \). Leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles (\( \frac{4}{3} \neq \frac{6}{-2} \)), donc les droites ne sont ni parallèles ni confondues.
Cherchons un éventuel point commun, c’est-à-dire des réels \( t \) et \( k \) tels que :
\[ \begin{cases} 3 + 4t = -2 + 3k \\ 6t = -1 – 2k \\ 4 – 2t = 1 + k \end{cases} \iff \begin{cases} 3 + 4t = -2 + 3(3 – 2t) \\ 6t = -1 – 2(3 – 2t) \\ k = 3 – 2t \end{cases} \iff \begin{cases} 10t = 4 \\ 2t = -7 \\ k = 3 – 2t \end{cases} \iff \begin{cases} t = \frac{2}{5} \\ t = -\frac{7}{2} \\ k = 3 – 2t \end{cases} \]
Les deux premières lignes sont incompatibles : le système n’a pas de solution, les droites ne sont pas sécantes. Non parallèles et non sécantes, \( (d) \) et \( (d^{\prime}) \) sont non coplanaires. Réponse b.
4. On cherche une équation du plan \( (P) \) passant par le point \( I \) et orthogonal à la droite \( (d) \).
En remplaçant \( x \), \( y \) et \( z \) par les coordonnées de \( I \), on constate que \( I \) n’appartient pas aux plans des propositions c et d : il ne reste que les propositions a et b.
Le plan \( (P) \), orthogonal à \( (d) \), a pour vecteur normal un vecteur directeur de \( (d) \), par exemple \( \vec{u}\begin{pmatrix} 4 \\ 6 \\ -2 \end{pmatrix} \). Le plan de la proposition a a pour vecteur normal \( \begin{pmatrix} 2 \\ 3 \\ -1 \end{pmatrix} \), et \( \vec{u} = 2\begin{pmatrix} 2 \\ 3 \\ -1 \end{pmatrix} \) : ces vecteurs sont colinéaires. Le plan de la proposition b a pour vecteur normal \( \begin{pmatrix} -1 \\ 1 \\ -4 \end{pmatrix} \), qui n’est pas colinéaire à \( \vec{u} \). Réponse a.
Exercice 3 :
Fonction logarithme, convexité et théorème des valeurs intermédiaires
La fonction étudiée est définie sur \( ]0\,;+\infty[ \) par \( f(x) = x\ln(x^2) – \dfrac{1}{x} \). Comme \( x \gt 0 \), on peut aussi écrire \( \ln(x^2) = 2\ln(x) \), soit \( f(x) = 2x\ln(x) – \dfrac{1}{x} \).
Partie A : lectures graphiques
1. On lit \( f^{\prime}(1) \) et l’équation de la tangente \( (T) \) au point \( A \) d’abscisse 1. Cette tangente est la droite \( (AB) \) avec \( A(1\,;-1) \) et \( B(0\,;-4) \). Son coefficient directeur vaut :
\[ f^{\prime}(1) = \dfrac{y_A – y_B}{x_A – x_B} = \dfrac{-1 – (-4)}{1 – 0} = 3. \]
Le point \( B \), situé sur l’axe des ordonnées, donne l’ordonnée à l’origine \( -4 \). \( f^{\prime}(1) = 3 \) et \( (T) : y = 3x – 4 \).
2. Graphiquement, la courbe est sous ses tangentes sur \( ]0\,;1] \) et au-dessus sur \( [1\,;+\infty[ \) : \( f \) semble concave sur \( ]0\,;1] \) et convexe sur \( [1\,;+\infty[ \), et le point \( A \) semble être un point d’inflexion de \( \mathcal{C}_f \).
Partie B : étude de la fonction
1. On détermine les limites de \( f \) aux bornes de son ensemble de définition.
En \( +\infty \) : \( \lim\limits_{x \to +\infty} x^2 = +\infty \) et \( \lim\limits_{X \to +\infty} \ln(X) = +\infty \), donc par composition \( \lim\limits_{x \to +\infty} \ln(x^2) = +\infty \). Par produit avec \( x \to +\infty \), \( x\ln(x^2) \to +\infty \) ; de plus \( \dfrac{1}{x} \to 0 \). Par somme :
\[ \lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty. \]
En \( 0^+ \) : \( x\ln(x^2) = 2x\ln(x) \), et par croissances comparées \( \lim\limits_{x \to 0^+} x\ln(x) = 0 \). D’autre part \( \lim\limits_{x \to 0^+} (-\dfrac{1}{x}) = -\infty \). Par somme :
\[ \lim_{x \to 0^+} f(x) = -\infty. \]
2. a) On calcule \( f^{\prime}(x) \). Pour \( x \gt 0 \), on dérive le produit \( x \times \ln(x^2) \), avec \( (\ln(x^2))^{\prime} = \dfrac{2x}{x^2} = \dfrac{2}{x} \), et \( (-\dfrac{1}{x})^{\prime} = \dfrac{1}{x^2} \) :
\[ f^{\prime}(x) = 1 \times \ln(x^2) + x \times \dfrac{2}{x} + \dfrac{1}{x^2} = \ln(x^2) + 2 + \dfrac{1}{x^2}. \]
2. b) On calcule \( f^{\prime\prime}(x) \). Pour \( x \gt 0 \) :
\[ f^{\prime\prime}(x) = \dfrac{2}{x} – \dfrac{2}{x^3} = \dfrac{2x^2 – 2}{x^3} = \dfrac{2(x^2 – 1)}{x^3} = \dfrac{2(x+1)(x-1)}{x^3}. \]
3. a) On étudie la convexité de \( f \). Pour \( x \gt 0 \), \( x + 1 \gt 0 \) et \( x^3 \gt 0 \) : \( f^{\prime\prime}(x) \) est du signe de \( x – 1 \), négatif sur \( ]0\,;1] \) et positif sur \( [1\,;+\infty[ \).
\( f \) est concave sur \( ]0\,;1] \) et convexe sur \( [1\,;+\infty[ \) ; \( f^{\prime\prime} \) s’annule en changeant de signe en 1, donc le point \( A(1\,;-1) \) est bien le point d’inflexion de \( \mathcal{C}_f \), ce qui confirme les conjectures de la partie A.
3. b) On en déduit les variations de \( f^{\prime} \), puis le sens de variation de \( f \). Le signe de \( f^{\prime\prime} \) donne le tableau suivant, avec \( f^{\prime}(1) = \ln(1) + 2 + 1 = 3 \) :
| \( x \) | \( 0 \) | \( 1 \) | \( +\infty \) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| \( f^{\prime\prime}(x) \) | \( – \) | \( 0 \) | \( + \) | ||
| \( f^{\prime} \) | décroissante | \( 3 \) (minimum) | croissante |
Le minimum de \( f^{\prime} \) sur \( ]0\,;+\infty[ \) vaut 3 : pour tout \( x \gt 0 \), \( f^{\prime}(x) \geq\, 3 \gt 0 \). La fonction \( f \) est donc strictement croissante sur \( ]0\,;+\infty[ \).
4. a) On montre que l’équation \( f(x) = 0 \) admet une unique solution \( \alpha \) sur \( ]0\,;+\infty[ \).
La fonction \( f \) est continue (car dérivable) et strictement croissante sur \( ]0\,;+\infty[ \), avec \( \lim\limits_{x \to 0^+} f(x) = -\infty \) et \( \lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = +\infty \). Comme \( 0 \in \, ]-\infty\,;+\infty[ \), d’après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l’équation \( f(x) = 0 \) admet une unique solution \( \alpha \) dans \( ]0\,;+\infty[ \).
4. b) On donne une valeur approchée de \( \alpha \), puis on établit la relation \( \alpha^2 = \exp(\dfrac{1}{\alpha^2}) \).
Par balayage à la calculatrice : \( f(1{,}32) \lt 0 \) et \( f(1{,}33) \gt 0 \), donc \( \alpha \approx 1{,}33 \) à \( 10^{-2} \) près (plus précisément \( \alpha \approx 1{,}328 \)).
Par définition, \( f(\alpha) = 0 \), c’est-à-dire :
\[ \alpha\ln(\alpha^2) – \dfrac{1}{\alpha} = 0 \iff \alpha\ln(\alpha^2) = \dfrac{1}{\alpha} \iff \ln(\alpha^2) = \dfrac{1}{\alpha^2}, \]
en divisant par \( \alpha \gt 0 \). En appliquant la fonction exponentielle, réciproque de \( \ln \) :
\[ \alpha^2 = \exp(\dfrac{1}{\alpha^2}). \]
Exercice 4 :
Suite d’intégrales et intégration par parties
Pour tout entier naturel \( n \), on pose \( I_n = \displaystyle\int_0^{\pi} e^{-nx}\sin(x)\,\mathrm{d}x \) et \( J_n = \displaystyle\int_0^{\pi} e^{-nx}\cos(x)\,\mathrm{d}x \).
1. On calcule \( I_0 = \displaystyle\int_0^{\pi} \sin(x)\,\mathrm{d}x \). Une primitive de \( \sin \) est \( -\cos \), donc :
\[ I_0 = \big[-\cos(x)\big]_0^{\pi} = -\cos(\pi) + \cos(0) = 1 + 1 = 2. \]
\( I_0 = 2 \).
2. a) On montre que \( I_n \geq\, 0 \). Pour tout \( x \in [0\,;\pi] \), \( e^{-nx} \gt 0 \) et \( \sin(x) \geq\, 0 \) (il s’annule en 0 et en \( \pi \)). Ainsi \( e^{-nx}\sin(x) \geq\, 0 \) sur \( [0\,;\pi] \) et, par positivité de l’intégrale (avec \( 0 \lt \pi \)), \( I_n \geq\, 0 \).
2. b) On montre que la suite \( (I_n) \) est décroissante. Pour tout \( x \in [0\,;\pi] \) :
\[ e^{-(n+1)x}\sin(x) – e^{-nx}\sin(x) = e^{-nx}\sin(x)(e^{-x} – 1). \]
Pour \( x \geq\, 0 \), \( e^{-x} \leq\, 1 \) donc \( e^{-x} – 1 \leq\, 0 \), alors que \( e^{-nx}\sin(x) \geq\, 0 \) : la différence est négative ou nulle. Par linéarité et positivité de l’intégrale :
\[ I_{n+1} – I_n = \int_0^{\pi} (e^{-(n+1)x}\sin(x) – e^{-nx}\sin(x))\mathrm{d}x \leq\, 0. \]
La suite \( (I_n) \) est décroissante.
2. c) La suite \( (I_n) \) est décroissante (question 2.b) et minorée par 0 (question 2.a). D’après le théorème de convergence monotone, la suite \( (I_n) \) converge.
3. a) On montre que \( I_n \leq\, \displaystyle\int_0^{\pi} e^{-nx}\,\mathrm{d}x \). Pour tout réel \( x \), \( \sin(x) \leq\, 1 \) ; en multipliant par \( e^{-nx} \gt 0 \), on obtient \( e^{-nx}\sin(x) \leq\, e^{-nx} \) sur \( [0\,;\pi] \). En intégrant cette inégalité (croissance de l’intégrale) :
\[ I_n \leq\, \int_0^{\pi} e^{-nx}\,\mathrm{d}x. \]
3. b) Pour \( n \geq\, 1 \), une primitive de \( x \mapsto e^{-nx} \) est \( x \mapsto -\dfrac{e^{-nx}}{n} \). Ainsi :
\[ \int_0^{\pi} e^{-nx}\,\mathrm{d}x = [-\dfrac{e^{-nx}}{n}]_0^{\pi} = -\dfrac{e^{-n\pi}}{n} + \dfrac{1}{n} = \dfrac{1 – e^{-n\pi}}{n}. \]
3. c) On en déduit la limite de \( (I_n) \). Pour tout entier \( n \geq\, 1 \) :
\[ 0 \leq\, I_n \leq\, \dfrac{1 – e^{-n\pi}}{n}. \]
Comme \( \lim\limits_{n \to +\infty} e^{-n\pi} = 0 \), le numérateur tend vers 1 et le dénominateur vers \( +\infty \) : \( \lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1 – e^{-n\pi}}{n} = 0 \). D’après le théorème des gendarmes, \( \lim\limits_{n \to +\infty} I_n = 0 \).
4. a) On établit deux relations par intégration par parties.
Première intégration par parties. On pose \( u(x) = e^{-nx} \), \( u^{\prime}(x) = -ne^{-nx} \), \( v(x) = -\cos(x) \), \( v^{\prime}(x) = \sin(x) \), fonctions dérivables à dérivées continues sur \( [0\,;\pi] \) :
\[ I_n = \Big[-e^{-nx}\cos(x)\Big]_0^{\pi} – \int_0^{\pi} (-ne^{-nx})(-\cos(x))\mathrm{d}x = (e^{-n\pi} + 1) – n\int_0^{\pi} e^{-nx}\cos(x)\,\mathrm{d}x, \]
car \( -e^{-n\pi}\cos(\pi) = e^{-n\pi} \) et \( e^{0}\cos(0) = 1 \). Donc \( I_n = 1 + e^{-n\pi} – nJ_n \).
Seconde intégration par parties (pour \( n \geq\, 1 \)). On pose \( w(x) = \sin(x) \), \( w^{\prime}(x) = \cos(x) \), \( p(x) = -\dfrac{e^{-nx}}{n} \), \( p^{\prime}(x) = e^{-nx} \) :
\[ I_n = [-\dfrac{e^{-nx}}{n}\sin(x)]_0^{\pi} – \int_0^{\pi} (-\dfrac{e^{-nx}}{n})\cos(x)\,\mathrm{d}x = 0 – 0 + \dfrac{1}{n}\int_0^{\pi} e^{-nx}\cos(x)\,\mathrm{d}x, \]
car \( \sin(0) = \sin(\pi) = 0 \). Donc \( I_n = \dfrac{1}{n}J_n \).
4. b) On en déduit l’expression de \( I_n \). La seconde relation donne \( J_n = nI_n \). En reportant dans la première :
\[ I_n = 1 + e^{-n\pi} – n \times nI_n \iff I_n + n^2 I_n = 1 + e^{-n\pi} \iff (1 + n^2)I_n = 1 + e^{-n\pi}. \]
\[ I_n = \dfrac{1 + e^{-n\pi}}{1 + n^2}. \]
On remarque que cette formule reste vraie pour \( n = 0 \) : elle donne \( \dfrac{1+1}{1} = 2 = I_0 \).
5. On complète une fonction Python qui renvoie le plus petit entier \( n \) tel que \( I_n \lt 0{,}1 \). On part de \( n = 0 \) et \( I_0 = 2 \), et tant que \( I \geq\, 0{,}1 \), on augmente \( n \) de 1 et on recalcule \( I_n \) grâce à la formule de la question 4.b :
from math import *
def seuil():
n = 0
I = 2
while I >= 0.1:
n = n + 1
I = (1 + exp(-n*pi)) / (n*n + 1)
return n
À titre de contrôle : \( I_3 = \dfrac{1 + e^{-3\pi}}{10} \approx 0{,}100008 \), encore supérieur à 0,1, et \( I_4 = \dfrac{1 + e^{-4\pi}}{17} \approx 0{,}0588 \). La fonction renvoie donc 4.







