Voici le corrigé du contrôle de maths de L2 sur le thème : groupes, sous-groupes et morphismes.
Ce corrigé rédige le partiel sur les groupes comme on l’attend d’un étudiant de deuxième année. La preuve du théorème de Lagrange est donnée en entier, relation d’équivalence comprise.
Le treillis des sous-groupes de Z/12Z est dessiné, puis la permutation de S_7 est décomposée en cycles à supports disjoints, ce qui donne son ordre, sa signature et ses puissances. Pour les morphismes, le corrigé insiste sur la bonne définition sur un quotient, point souvent oublié. Chaque exercice se termine par un barème détaillé, afin que vous puissiez noter votre copie avec précision.
L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l2 : groupes, sous-groupes et morphismes.
| Exercice | Points |
| Exercice 1 : Question de cours : le théorème de Lagrange | 4 points |
| Exercice 2 : Le groupe cyclique Z/12Z | 4 points |
| Exercice 3 : Une permutation de S_7 | 4 points |
| Exercice 4 : Un morphisme vers le cercle unité | 3 points |
| Exercice 5 : Problème : groupes d’ordre 4 et morphismes | 5 points |
| Total | 20 points |
Exercice 1 : Question de cours : le théorème de Lagrange (4 points)
- La relation est réflexive : \(x^{-1}x = e \in H\). Elle est symétrique : si \(x^{-1}y \in H\), alors son inverse \(y^{-1}x\) appartient aussi à \(H\), car \(H\) est un sous-groupe. Elle est transitive : si \(x^{-1}y \in H\) et \(y^{-1}z \in H\), alors \(x^{-1}z = (x^{-1}y)(y^{-1}z) \in H\). C’est donc une relation d’équivalence. Enfin, \(y \sim x\) équivaut à \(x^{-1}y = h \in H\), c’est-à-dire \(y = xh\). La classe de \(x\) est donc \(xH\).
- L’application \(\lambda_x : H \to xH\), \(h \mapsto xh\), est surjective par définition de \(xH\). Elle est injective : si \(xh = xh^{\prime}\), on multiplie à gauche par \(x^{-1}\) et on obtient \(h = h^{\prime}\). Donc \(\lambda_x\) est une bijection et \(|xH| = |H|\).
- Théorème de Lagrange : si \(G\) est un groupe fini et \(H\) un sous-groupe de \(G\), alors \(|H|\) divise \(|G|\).
Démonstration. Les classes d’équivalence de \(\sim\) forment une partition de \(G\). Notons \(x_1H, \ldots, x_rH\) ces classes, deux à deux distinctes. D’après b, chacune a \(|H|\) éléments. Donc \(|G| = r\,|H|\), et \(|H|\) divise \(|G|\). L’entier \(r\) est l’indice de \(H\) dans \(G\).
- Soit \(x \in G\) d’ordre \(m\). Le sous-groupe engendré \(\langle x \rangle = \{e, x, \ldots, x^{m-1}\}\) a exactement \(m\) éléments. D’après Lagrange, \(m\) divise \(|G|\).
Si \(|G| = p\) est premier, on choisit \(x \neq e\). Son ordre divise \(p\) et n’est pas \(1\), donc il vaut \(p\). Alors \(\langle x \rangle\) a \(p\) éléments, donc \(\langle x \rangle = G\) : \(G\) est cyclique, engendré par n’importe quel élément différent du neutre.
Barème : a) 0,75 point pour les trois propriétés, 0,25 point pour la classe ; b) 1 point ; c) 0,25 point pour l’énoncé, 0,75 point pour la preuve par partition ; d) 0,5 point pour l’ordre, 0,5 point pour le groupe d’ordre premier.
Exercice 2 : Le groupe cyclique Z/12Z (4 points)
- Posons \(g = k \wedge 12\), \(k = gk^{\prime}\) et \(12 = g n^{\prime}\), avec \(k^{\prime} \wedge n^{\prime} = 1\). Pour \(m \geq\, 1\), on a \(m\overline{k} = \overline{0}\) si et seulement si \(12 \mid mk\), c’est-à-dire \(n^{\prime} \mid mk^{\prime}\). D’après le lemme de Gauss, cela équivaut à \(n^{\prime} \mid m\). Le plus petit tel \(m\) est donc \(n^{\prime}\) : l’ordre de \(\overline{k}\) est \(\dfrac{12}{k \wedge 12}\). On obtient le tableau suivant.
\(k\) 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 ordre 1 12 6 4 3 12 2 12 3 4 6 12 - Un générateur est un élément d’ordre \(12\). Ce sont donc les classes \(\overline{1}, \overline{5}, \overline{7}, \overline{11}\), c’est-à-dire les \(k\) premiers avec \(12\) : il y en a \(\varphi(12) = 4\).
- Soit \(H\) un sous-groupe et \(\pi : \mathbb{Z} \to \mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\) la projection, qui est un morphisme surjectif. L’image réciproque \(\pi^{-1}(H)\) est un sous-groupe de \(\mathbb{Z}\) contenant \(12\mathbb{Z}\). Or les sous-groupes de \(\mathbb{Z}\) sont de la forme \(d\mathbb{Z}\), donc \(\pi^{-1}(H) = d\mathbb{Z}\) avec \(d \geq\, 1\). Comme \(12 \in d\mathbb{Z}\), l’entier \(d\) divise \(12\). Par surjectivité de \(\pi\), \(H = \pi(d\mathbb{Z}) = \langle \overline{d} \rangle\), d’ordre \(12/d\).
Les diviseurs de \(12\) sont \(1, 2, 3, 4, 6, 12\). On obtient donc exactement six sous-groupes :
\(\langle \overline{1} \rangle = \mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\) (ordre 12), \(\langle \overline{2} \rangle = \{\overline{0}, \overline{2}, \overline{4}, \overline{6}, \overline{8}, \overline{10}\}\) (ordre 6), \(\langle \overline{3} \rangle = \{\overline{0}, \overline{3}, \overline{6}, \overline{9}\}\) (ordre 4),
\(\langle \overline{4} \rangle = \{\overline{0}, \overline{4}, \overline{8}\}\) (ordre 3), \(\langle \overline{6} \rangle = \{\overline{0}, \overline{6}\}\) (ordre 2) et \(\{\overline{0}\}\) (ordre 1).
De plus, \(\langle \overline{d} \rangle \subset \langle \overline{d^{\prime}} \rangle\) si et seulement si \(d^{\prime}\) divise \(d\). Le schéma ci-dessous résume ces inclusions.
- Si \(x \equiv x^{\prime} \pmod{12}\), alors \(3x – 3x^{\prime} = 3(x – x^{\prime})\) est multiple de \(12\). Donc \(f\) est bien définie. Ensuite, \(f(\overline{x} + \overline{y}) = \overline{3x + 3y} = f(\overline{x}) + f(\overline{y})\), donc \(f\) est un morphisme.
Par ailleurs, \(3x \equiv 0 \pmod{12}\) équivaut à \(4 \mid x\). Donc \(\ker f = \{\overline{0}, \overline{4}, \overline{8}\}\) et \(\operatorname{Im} f = \{\overline{0}, \overline{3}, \overline{6}, \overline{9}\} = \langle \overline{3} \rangle\). On vérifie \(3 \times 4 = 12\).
Barème : a) 0,5 point pour la formule, 0,5 point pour le tableau ; b) 0,5 point ; c) 1 point pour la preuve, 0,5 point pour la liste et les inclusions ; d) 0,5 point pour la bonne définition et le morphisme, 0,5 point pour noyau et image.
Exercice 3 : Une permutation de S_7 (4 points)
- On suit les orbites. D’abord \(1 \mapsto 3 \mapsto 5 \mapsto 1\). Ensuite \(2 \mapsto 7 \mapsto 4 \mapsto 6 \mapsto 2\). Tous les éléments de \(\{1, \ldots, 7\}\) sont atteints, donc \(\sigma = (1\;3\;5)(2\;7\;4\;6)\), produit d’un 3-cycle et d’un 4-cycle à supports disjoints.
- Les deux cycles commutent car leurs supports sont disjoints. L’ordre de \(\sigma\) est donc le ppcm des longueurs : \(\operatorname{ppcm}(3, 4) = 12\). Un cycle de longueur \(\ell\) a pour signature \((-1)^{\ell – 1}\), et la signature est un morphisme. Donc \(\varepsilon(\sigma) = (-1)^2 \times (-1)^3\), soit \(\varepsilon(\sigma) = -1\) : \(\sigma\) est impaire.
- Posons \(c_1 = (1\;3\;5)\) et \(c_2 = (2\;7\;4\;6)\). Comme ils commutent, \(\sigma^{2026} = c_1^{2026} c_2^{2026}\). Or \(2026 = 3 \times 675 + 1\), donc \(c_1^{2026} = c_1\). De même, \(2026 = 4 \times 506 + 2\), donc \(c_2^{2026} = c_2^2\). Enfin \(c_2^2\) envoie \(2\) sur \(4\), \(4\) sur \(2\), \(7\) sur \(6\) et \(6\) sur \(7\). Ainsi \(\sigma^{2026} = (1\;3\;5)(2\;4)(6\;7)\).
- L’ordre d’une permutation est le ppcm des longueurs de ses cycles disjoints, dont la somme vaut au plus \(7\). On passe en revue les partitions de \(7\) : \(7\) donne \(7\) ; \(6 + 1\) donne \(6\) ; \(5 + 2\) donne \(10\) ; \(4 + 3\) donne \(12\) ; \(4 + 2 + 1\) donne \(4\) ; \(3 + 2 + 2\) donne \(6\) ; les autres donnent au plus \(6\). Le plus grand ordre est 12, atteint par exemple par \(\sigma\).
Erreur fréquente : additionner les longueurs des cycles au lieu de prendre leur ppcm pour obtenir l’ordre.
Barème : a) 1 point ; b) 0,5 point pour l’ordre, 0,5 point pour la signature ; c) 0,5 point pour la réduction des exposants, 0,5 point pour le résultat ; d) 0,5 point pour la méthode, 0,5 point pour la valeur 12.
Exercice 4 : Un morphisme vers le cercle unité (3 points)
- Pour \(s, t \in \mathbb{R}\), \(\varphi(s + t) = e^{2i\pi(s + t)} = e^{2i\pi s} e^{2i\pi t} = \varphi(s)\varphi(t)\). Donc \(\varphi\) est un morphisme de \((\mathbb{R}, +)\) dans \((\mathbb{C}^{*}, \times )\).
- On a \(\varphi(t) = 1\) si et seulement si \(2\pi t \in 2\pi\mathbb{Z}\), donc \(\ker \varphi = \mathbb{Z}\). Ensuite, \(|\varphi(t)| = 1\), donc \(\operatorname{Im} \varphi \subset \mathbb{U}\). Réciproquement, tout \(z \in \mathbb{U}\) s’écrit \(e^{i\theta}\), et alors \(z = \varphi(\frac{\theta}{2\pi})\). Donc \(\operatorname{Im} \varphi = \mathbb{U}\).
- Notons \(e\) et \(e^{\prime}\) les neutres. Si \(f\) est injectif, alors \(x \in \ker f\) donne \(f(x) = e^{\prime} = f(e)\), donc \(x = e\). Réciproquement, supposons \(\ker f = \{e\}\). Si \(f(x) = f(y)\), alors \(f(x^{-1}y) = f(x)^{-1}f(y) = e^{\prime}\), donc \(x^{-1}y = e\) et \(x = y\). \(f\) est injectif si et seulement si \(\ker f = \{e\}\).
- Si \(z^n = 1\), alors \(|z|^n = 1\), donc \(|z| = 1\) : \(\mathbb{U}_n \subset \mathbb{U}\). Ensuite \(1 \in \mathbb{U}_n\) et, si \(z, w \in \mathbb{U}_n\), \((zw^{-1})^n = 1\) : c’est un sous-groupe. Enfin, ses éléments sont les \(n\) racines distinctes \(\omega^k\), \(0 \leq\, k \leq\, n – 1\), avec \(\omega = e^{2i\pi/n}\). Donc \(\mathbb{U}_n = \langle \omega \rangle\) est cyclique d’ordre \(n\).
Barème : a) 0,5 point ; b) 0,5 point pour le noyau, 0,5 point pour l’image avec les deux inclusions ; c) 0,5 point par implication ; d) 0,5 point.
Exercice 5 : Problème : groupes d’ordre 4 et morphismes (5 points)
- L’hypothèse \(x^2 = e\) signifie \(x = x^{-1}\) pour tout \(x\). Soit \(x, y \in G\). Alors \(xy = (xy)^{-1} = y^{-1}x^{-1} = yx\). Donc \(G\) est commutatif.
- D’après le théorème de Lagrange, l’ordre de tout élément divise \(4\) : il vaut \(1\), \(2\) ou \(4\).
S’il existe un élément d’ordre \(4\), il engendre un sous-groupe à \(4\) éléments, donc égal à \(G\) : \(G\) est cyclique, isomorphe à \(\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\).
Sinon, tout \(x \neq e\) est d’ordre \(2\), et \(x^2 = e\) pour tout \(x \in G\).
Dans le premier cas, \(G = \langle g \rangle\) et \(g^i g^j = g^{i+j} = g^j g^i\). Dans le second cas, on applique a. Tout groupe d’ordre 4 est donc commutatif.
- Dans \(\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\), on a \(12 \cdot \overline{1} = \overline{0}\). Comme \(f\) est un morphisme, \(f(12 \cdot \overline{1}) = 12 f(\overline{1}) = \dot{0}\), donc \(12a \equiv 0 \pmod 8\). Cette condition équivaut à \(8 \mid 12a\), soit \(2 \mid 3a\), soit \(a\) pair : \(a \in \{0, 2, 4, 6\}\).
Réciproquement, soit \(a\) pair. On pose \(f_a(\overline{x}) = \dot{(xa)}\). C’est bien défini : si \(x – x^{\prime} = 12k\), alors \((x – x^{\prime})a = 12ak\) est multiple de \(8\), car \(12a\) l’est. C’est un morphisme, par distributivité.
Enfin, un morphisme est déterminé par l’image du générateur \(\overline{1}\), car \(f(\overline{x}) = x f(\overline{1})\). Il y a donc exactement quatre morphismes : \(f_0, f_2, f_4, f_6\).
- Si \(f\) était injectif, \(\operatorname{Im} f\) serait un sous-groupe de \(\mathbb{Z}/8\mathbb{Z}\) à \(12\) éléments. Or \(12\) ne divise pas \(8\), ce qui contredit Lagrange : aucun morphisme n’est injectif. Par ailleurs, \(\operatorname{Im} f_a = \langle \dot{a} \rangle \subset \langle \dot{2} \rangle = \{\dot{0}, \dot{2}, \dot{4}, \dot{6}\}\), qui a \(4\) éléments. Donc aucun morphisme n’est surjectif. Autre argument : \(|\operatorname{Im} f|\) divise \(12\), comme cardinal d’une image, et \(8\), par Lagrange ; il divise donc \(4\).
Barème : a) 1 point ; b) 0,5 point pour Lagrange, 0,5 point pour la dichotomie, 0,5 point pour la commutativité ; c) 0,5 point pour la condition, 0,5 point pour la bonne définition, 0,5 point pour le dénombrement ; d) 0,5 point pour l’injectivité, 0,5 point pour la surjectivité.
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Après le corrigé du contrôle : groupes, sous-groupes et morphismes
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