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Corrigé du contrôle de maths L2 : différentiabilité, Taylor et extrema

    Corrigé du contrôle de maths L2 : différentiabilité, Taylor et extrema

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L2 sur le thème : différentiabilité, Taylor et extrema.

    Voici la correction complète du partiel de calcul différentiel de L2, rédigée comme on l’attend d’un étudiant. Chaque étude en l’origine distingue soigneusement dérivées partielles et différentielle. De plus, le changement de variables linéaire est justifié avant l’emploi de la règle de la chaîne.

    Pour les extrema, la hessienne classe les points critiques, et une figure de lignes de niveau illustre le col et le minimum. Enfin, le problème de la boîte montre pourquoi un minimum local ne suffit pas : la compacité fournit le minimum global. Le barème détaillé termine chaque exercice pour que vous puissiez évaluer votre copie.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l2 : différentiabilité, taylor et extrema.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours : différentiabilité et Taylor-Young 3 points
    Exercice 2 : Continuité, dérivées partielles et différentiabilité en l’origine 4 points
    Exercice 3 : Règle de la chaîne et équation aux dérivées partielles 4 points
    Exercice 4 : Points critiques et matrice hessienne 3,5 points
    Exercice 5 : Problème : boîte ouverte de surface minimale 5,5 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours : différentiabilité et Taylor-Young (3 points)

    1. La fonction \(f\) est différentiable en \(a\) s’il existe une application linéaire \(L : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}\) et une fonction \(\varepsilon\), définie au voisinage de \(0\), telles que \(\varepsilon(h) \to 0\) quand \(h \to 0\) et

      \[f(a+h) = f(a) + L(h) + \|h\| \, \varepsilon(h).\]

      L’application \(L\) est alors unique : c’est la différentielle \(\mathrm{d}f(a)\).

      Supposons \(f\) différentiable en \(a\). En dimension finie, toute application linéaire est continue ; il existe donc \(C \geq\, 0\) tel que \(|L(h)| \leq\, C \|h\|\). Par conséquent, \(|f(a+h) – f(a)| \leq\, C\|h\| + \|h\| \, |\varepsilon(h)|\), et ce majorant tend vers \(0\) quand \(h \to 0\). Ainsi \(f(a+h) \to f(a)\) : \(f\) est continue en \(a\).

    2. Comme \(f\) est de classe \(C^2\), la formule de Taylor-Young à l’ordre 2 en \(a\) s’écrit :

      \[f(a+h) = f(a) + \langle \nabla f(a), h \rangle + \frac{1}{2} \, {^t h \, H_f(a) \, h + \|h\|^2 \varepsilon(h), \quad \varepsilon(h) \to 0.\]

      Ici \(a\) est critique, donc \(\nabla f(a) = 0\). La fonction \(q\) est continue et strictement positive sur le cercle unité \(S\), qui est fermé et borné, donc compact. Elle y atteint donc son minimum \(m\), et \(m > 0\). Par homogénéité, \(q(h) = \|h\|^2 q(\frac{h}{\|h\|}) \geq\, m \|h\|^2\) pour tout \(h \neq 0\).

      On en déduit \(f(a+h) – f(a) \geq\, \|h\|^2 (\frac{m}{2} – |\varepsilon(h)|)\). Choisissons \(\delta > 0\) tel que \(|\varepsilon(h)| \leq\, \frac{m}{4}\) pour \(\|h\| < \delta\). Alors, pour \(0 < \|h\| < \delta\), on a \(f(a+h) – f(a) \geq\, \frac{m}{4}\|h\|^2 > 0\). Donc \(f\) admet en \(a\) un minimum local strict.

    Barème : a) 0,5 point pour la définition, 1 point pour la preuve de la continuité (continuité de L citée) ; b) 0,5 point pour la formule de Taylor-Young, 1 point pour la minoration de q par compacité du cercle et la conclusion.

    Exercice 2 : Continuité, dérivées partielles et différentiabilité en l’origine (4 points)

    1. Pour \((x,y) \neq (0,0)\), on a \(0 \leq\, \dfrac{y^2}{x^2+y^2} \leq\, 1\). Donc \(|f(x,y)| \leq\, |x| \leq\, \|(x,y)\|\). Ce majorant tend vers \(0\) quand \((x,y) \to (0,0)\). Par conséquent, \(f(x,y) \to 0 = f(0,0)\) : \(f\) est continue en \((0,0)\).

    2. Pour \(t \neq 0\), \(f(t,0) = 0\), donc \(\dfrac{f(t,0) – f(0,0)}{t} = 0\). De même, \(f(0,t) = 0\). Ainsi \(\dfrac{\partial f}{\partial x}(0,0) = 0\) et \(\dfrac{\partial f}{\partial y}(0,0) = 0\).

    3. Raisonnons par l’absurde. Si \(f\) était différentiable en \((0,0)\), sa différentielle aurait pour matrice le gradient, c’est-à-dire \((0 \;\; 0)\). On aurait donc \(\dfrac{f(h)}{\|h\|} \to 0\) quand \(h \to 0\).

      Or, pour \(h = (t,t)\) avec \(t > 0\) : \(f(t,t) = \dfrac{t^3}{2t^2} = \dfrac{t}{2}\) et \(\|h\| = \sqrt{2}\, t\). Le quotient vaut donc \(\dfrac{1}{2\sqrt{2}}\), qui ne tend pas vers \(0\). C’est une contradiction : \(f\) n’est pas différentiable en \((0,0)\).

    4. D’abord, \((x^2 – y^2)^2 \geq\, 0\) donne \(4x^2y^2 \leq\, (x^2+y^2)^2\). Pour \(h = (x,y) \neq 0\), on a donc

      \[|g(x,y)| \leq\, \frac{(x^2+y^2)^2}{4(x^2+y^2)} = \frac{\|h\|^2}{4}.\]

      Ainsi \(g(h) = g(0,0) + 0 + \|h\| \varepsilon(h)\) avec \(|\varepsilon(h)| \leq\, \frac{\|h\|}{4} \to 0\). Donc \(g\) est différentiable en \((0,0)\) et \(\mathrm{d}g(0,0)\) est l’application nulle.

    Erreur fréquente : conclure à la différentiabilité de \(f\) parce que ses dérivées partielles existent en \((0,0)\). L’exemple de \(f\) montre que cela ne suffit pas.

    Barème : a) 1 point (0,5 pour la majoration, 0,5 pour la conclusion) ; b) 1 point (0,5 par dérivée partielle) ; c) 0,5 point pour identifier la seule différentielle possible, 0,5 point pour le chemin (t, t) ; d) 0,5 point pour la majoration, 0,5 point pour la conclusion avec la différentielle nulle.

    Exercice 3 : Règle de la chaîne et équation aux dérivées partielles (4 points)

    1. L’application \(\varphi\) est linéaire, de matrice \(\begin{pmatrix} 1 1 \\ 1 -1 \end{pmatrix}\), de déterminant \(-2 \neq 0\). Elle est donc bijective. Résolvons \(u = x+y\), \(v = x-y\) : on obtient \(x = \frac{u+v}{2}\) et \(y = \frac{u-v}{2}\).

      Ainsi \(\varphi^{-1}(u,v) = (\frac{u+v}{2}, \frac{u-v}{2})\). Les applications \(\varphi\) et \(\varphi^{-1}\) sont linéaires, donc de classe \(C^1\) (et même \(C^\infty\)).

    2. La fonction \(g = f \circ \varphi^{-1}\) est de classe \(C^1\) comme composée de fonctions \(C^1\). De plus, \(f = g \circ \varphi\). La règle de la chaîne donne, en notant \((u,v) = \varphi(x,y)\) :

      \[\frac{\partial f}{\partial x}(x,y) = \frac{\partial g}{\partial u}(u,v) \times 1 + \frac{\partial g}{\partial v}(u,v) \times 1, \qquad \frac{\partial f}{\partial y}(x,y) = \frac{\partial g}{\partial u}(u,v) – \frac{\partial g}{\partial v}(u,v).\]

      Par différence, \(\dfrac{\partial f}{\partial x} – \dfrac{\partial f}{\partial y} = 2 \dfrac{\partial g}{\partial v}(x+y, x-y)\). Comme \(\varphi\) est surjective, \((E)\) équivaut à :

      \[\text{pour tout } (u,v) \in \mathbb{R}^2, \quad \frac{\partial g}{\partial v}(u,v) = u.\]

    3. Posons \(k(u,v) = g(u,v) – uv\). Alors \(\dfrac{\partial k}{\partial v} = 0\) sur \(\mathbb{R}^2\). À \(u\) fixé, la fonction \(v \mapsto k(u,v)\) est dérivable sur l’intervalle \(\mathbb{R}\), de dérivée nulle : elle est donc constante. Ainsi \(k(u,v) = k(u,0) = h(u)\), où \(h(u) = g(u,0)\) définit une fonction de classe \(C^1\).

      Réciproquement, pour toute \(h\) de classe \(C^1\), la fonction \(g(u,v) = uv + h(u)\) vérifie \(\frac{\partial g}{\partial v} = u\). En revenant à \(f\), on obtient \(f(x,y) = (x+y)(x-y) + h(x+y)\).

      Les solutions de \((E)\) sont les fonctions \(f(x,y) = x^2 – y^2 + h(x+y)\), où \(h\) décrit l’ensemble des fonctions de classe \(C^1\) de \(\mathbb{R}\) dans \(\mathbb{R}\).

      Vérification : \(\frac{\partial f}{\partial x} = 2x + h^{\prime}(x+y)\) et \(\frac{\partial f}{\partial y} = -2y + h^{\prime}(x+y)\), dont la différence vaut bien \(2x + 2y\).

    4. La condition donne \(x^2 + h(x) = 0\) pour tout \(x\), donc \(h(x) = -x^2\). Alors \(f(x,y) = x^2 – y^2 – (x+y)^2\). La solution cherchée est \(f(x,y) = -2xy – 2y^2\).

    Barème : a) 0,5 point pour la bijectivité, 0,5 point pour la réciproque et la régularité ; b) 1 point pour la règle de la chaîne, 0,5 point pour l’équation en g (surjectivité citée) ; c) 0,5 point pour l’intégration à u fixé, 0,5 point pour la réciproque et la forme finale ; d) 0,5 point.

    Exercice 4 : Points critiques et matrice hessienne (3,5 points)

    1. La fonction \(f\) est polynomiale, donc de classe \(C^2\) sur l’ouvert \(\mathbb{R}^2\). Ses dérivées partielles sont \(\frac{\partial f}{\partial x} = 3x^2 – 3y\) et \(\frac{\partial f}{\partial y} = 3y^2 – 3x\).

      Un point critique vérifie \(y = x^2\) et \(x = y^2\). Donc \(x = x^4\), soit \(x(x^3 – 1) = 0\), d’où \(x = 0\) ou \(x = 1\). Les points critiques sont \((0,0)\) et \((1,1)\).

    2. On a \(r = \frac{\partial^2 f}{\partial x^2} = 6x\), \(s = \frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y} = -3\) et \(t = \frac{\partial^2 f}{\partial y^2} = 6y\).

      En \((0,0)\) : \(rt – s^2 = 0 – 9 = -9 < 0\). Le point \((0,0)\) est un point col : ce n’est pas un extremum local.

      En \((1,1)\) : \(rt – s^2 = 36 – 9 = 27 > 0\) et \(r = 6 > 0\). La fonction \(f\) admet donc en \((1,1)\) un minimum local strict, égal à \(f(1,1) = -1\).

    3. En développant, \(f(1+h, 1+k) = 1 + 3h + 3h^2 + h^3 + 1 + 3k + 3k^2 + k^3 – 3(1 + h + k + hk)\). Après simplification :

      \[f(1+h,1+k) = -1 + 3h^2 – 3hk + 3k^2 + h^3 + k^3.\]

      La formule de Taylor-Young donne la partie d’ordre 2 : \(\frac{1}{2}(r h^2 + 2s hk + t k^2) = 3h^2 – 3hk + 3k^2\). Le reste \(h^3 + k^3\) est bien négligeable devant \(h^2 + k^2\). Les deux écritures coïncident. De plus, \(3h^2 – 3hk + 3k^2 = 3(h – \frac{k}{2})^2 + \frac{9}{4}k^2\) est définie positive.

    4. On a \(f(x,0) = x^3\), qui tend vers \(+\infty\) en \(+\infty\) et vers \(-\infty\) en \(-\infty\). Donc \(f\) n’est ni majorée ni minorée : elle n’a aucun extremum global.

    Lignes de niveau de x cube plus y cube moins 3xy, avec le col en (0,0) et le minimum local en (1,1)

    Barème : a) 0,5 point pour le système, 0,5 point pour sa résolution ; b) 0,5 point pour r, s, t, 0,5 point par point critique ; c) 0,5 point ; d) 0,5 point avec une restriction explicite.

    Exercice 5 : Problème : boîte ouverte de surface minimale (5,5 points)

    1. Le volume vaut \(xyz = 32\), donc \(z = \dfrac{32}{xy}\). La boîte a un fond d’aire \(xy\), deux faces d’aire \(xz\) et deux faces d’aire \(yz\). Donc

      \[S = xy + 2xz + 2yz = xy + \frac{64}{y} + \frac{64}{x}.\]

    2. Les fonctions \((x,y) \mapsto xy\), \(\frac{64}{x}\) et \(\frac{64}{y}\) sont rationnelles, à dénominateurs non nuls sur \(U\). Donc \(S\) est de classe \(C^2\) sur l’ouvert \(U\).

      On a \(\frac{\partial S}{\partial x} = y – \frac{64}{x^2}\) et \(\frac{\partial S}{\partial y} = x – \frac{64}{y^2}\). Un point critique vérifie \(x^2 y = 64\) et \(x y^2 = 64\). En divisant, \(\frac{x}{y} = 1\), donc \(x = y\), puis \(x^3 = 64\), soit \(x = 4\). Le seul point critique est \((4,4)\).

    3. On a \(r = \frac{128}{x^3}\), \(s = 1\) et \(t = \frac{128}{y^3}\). En \((4,4)\) : \(r = t = 2\) et \(s = 1\), donc

      \[H_S(4,4) = \begin{pmatrix} 2 1 \\ 1 2 \end{pmatrix}, \qquad rt – s^2 = 3 > 0, \quad r > 0.\]

      Donc \(S\) admet en \((4,4)\) un minimum local strict, égal à \(S(4,4) = 16 + 16 + 16 = 48\).

    4. Soit \((x,y) \in U\) hors de l’intérieur \(]\frac{4}{3}, 36[^2\) de \(K\). Tous les termes de \(S\) sont positifs. Trois cas se présentent.

      Si \(x \leq\, \frac{4}{3}\), alors \(S(x,y) \geq\, \frac{64}{x} \geq\, 64 \times \frac{3}{4} = 48\). De même si \(y \leq\, \frac{4}{3}\).

      Sinon, \(x > \frac{4}{3}\), \(y > \frac{4}{3}\), et l’une des coordonnées est au moins \(36\). Alors \(S(x,y) \geq\, xy \geq\, 36 \times \frac{4}{3} = 48\). Dans tous les cas, \(S(x,y) \geq\, 48\).

    5. La partie \(K\) est fermée et bornée dans \(\mathbb{R}^2\), donc compacte ; elle est incluse dans \(U\). La fonction \(S\) est continue sur \(K\). D’après le théorème des bornes atteintes, \(S\) atteint sur \(K\) un minimum \(m\) en un point \(p_0\). Comme \((4,4) \in K\), on a \(m \leq\, 48\).

      Si \(p_0\) est sur la frontière de \(K\), la question d) donne \(m \geq\, 48\), donc \(m = 48\). Si \(p_0\) est intérieur à \(K\), c’est un minimum local de \(S\) sur un ouvert : \(p_0\) est un point critique, donc \(p_0 = (4,4)\) et \(m = 48\).

      Enfin, tout point de \(U\) est soit dans \(K\) (et \(S \geq\, m = 48\)), soit hors de l’intérieur de \(K\) (et \(S \geq\, 48\) par d). Ainsi \(S\) admet sur \(U\) un minimum global égal à \(48\), atteint en \((4,4)\).

      La hauteur vaut alors \(z = \frac{32}{16} = 2\). La boîte optimale mesure \(4\text{ dm} \times 4\text{ dm}\) de base et \(2\text{ dm}\) de haut ; elle utilise \(48\text{ dm}^2\) de matière.

    Erreur fréquente : conclure au minimum global à partir du seul signe de \(rt – s^2\). La hessienne ne donne qu’une information locale ; l’argument de compacité est indispensable.

    Barème : a) 0,5 point ; b) 0,5 point pour la régularité, 1 point pour la résolution du système ; c) 0,5 point pour la hessienne, 0,5 point pour la conclusion ; d) 0,5 point par cas traité ; e) 0,5 point pour la compacité et les bornes atteintes, 0,5 point pour la discussion frontière ou intérieur, 0,5 point pour les dimensions et l’aire.

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    Après le corrigé du contrôle : différentiabilité, Taylor et extrema

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Différentielle et extrema » en L2 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés différentielle et extrema.

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