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Corrigé du contrôle de maths L2 : espaces probabilisés et conditionnement

    Corrigé du contrôle de maths L2 : espaces probabilisés et conditionnement

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L2 sur le thème : espaces probabilisés et conditionnement.

    Voici la correction détaillée du partiel de probabilités de L2. Chaque calcul cite le théorème employé : σ-additivité, continuité croissante ou décroissante, probabilités composées, probabilités totales avec un système complet explicite. Les arbres pondérés du test de dépistage et de la chaîne d’urnes sont dessinés.

    Le corrigé insiste sur deux pièges classiques. D’une part, il ne faut pas confondre \(P_M(T)\) et \(P_T(M)\). D’autre part, l’indépendance conditionnelle n’entraîne pas l’indépendance. Enfin, la suite des urnes est résolue comme une suite arithmético-géométrique. Le barème détaillé termine chaque exercice.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l2 : espaces probabilisés et conditionnement.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours : tribus, continuité monotone et Bayes 4 points
    Exercice 2 : Lancers infinis et lemme de Borel-Cantelli 4 points
    Exercice 3 : Test de dépistage et formule de Bayes 4 points
    Exercice 4 : Indépendance deux à deux et mutuelle 3 points
    Exercice 5 : Problème : une chaîne d’urnes 5 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours : tribus, continuité monotone et Bayes (4 points)

    1. Une tribu sur \(\Omega\) est une partie \(\mathcal{A}\) de \(\mathcal{P}(\Omega)\) qui contient \(\Omega\), qui est stable par passage au complémentaire, et stable par réunion dénombrable : si \(A_n \in \mathcal{A}\) pour tout \(n\), alors \(\bigcup_n A_n \in \mathcal{A}\).

      Une probabilité sur \((\Omega, \mathcal{A})\) est une application \(P : \mathcal{A} \to [0,1]\) telle que \(P(\Omega) = 1\) et qui est \(\sigma\)-additive : pour toute suite \((A_n)\) d’événements deux à deux incompatibles, \(P(\bigcup_n A_n) = \sum_n P(A_n)\).

    2. Énoncé : si \((A_n)\) est croissante pour l’inclusion, alors \(P(\bigcup_{n} A_n) = \lim\limits_{n \to +\infty} P(A_n)\).

      Démonstration. Posons \(C_0 = A_0\) et \(C_n = A_n \setminus A_{n-1}\) pour \(n \geq\, 1\). Ces événements sont deux à deux incompatibles. De plus, par croissance, \(\bigcup_{k \leq\, n} C_k = A_n\) et \(\bigcup_{k} C_k = \bigcup_{k} A_k\).

      La \(\sigma\)-additivité donne alors \(P(\bigcup_k A_k) = \sum_{k=0}^{+\infty} P(C_k)\). Cette série converge et sa somme est la limite de ses sommes partielles. Or, par additivité finie, \(\sum_{k=0}^{n} P(C_k) = P(A_n)\). D’où le résultat.

    3. Formule des probabilités totales : pour tout événement \(B\),

      \[P(B) = \sum_{i \in I} P(A_i) \, P_{A_i}(B).\]

      En effet, les \(B \cap A_i\) sont deux à deux incompatibles, de réunion \(B\), et \(P(B \cap A_i) = P(A_i) P_{A_i}(B)\).

      Formule de Bayes. Par définition, \(P_B(A_j) = \dfrac{P(A_j \cap B)}{P(B)}\). Le numérateur vaut \(P(A_j) P_{A_j}(B)\), et le dénominateur se développe par la formule précédente. Ainsi :

      \[P_B(A_j) = \frac{P(A_j) \, P_{A_j}(B)}{\sum_{i \in I} P(A_i) \, P_{A_i}(B)}.\]

    Barème : a) 0,5 point par définition ; b) 0,5 point pour l’énoncé, 1 point pour la démonstration (découpage en événements disjoints, σ-additivité) ; c) 0,5 point pour les probabilités totales, 1 point pour Bayes démontrée.

    Exercice 2 : Lancers infinis et lemme de Borel-Cantelli (4 points)

    1. L’événement \(A_n\) est l’intersection des événements « le lancer \(k\) donne pile », pour \(1 \leq\, k \leq\, n\). Ces événements sont indépendants, de probabilité \(\frac{1}{2}\). Donc \(P(A_n) = \dfrac{1}{2^n}\).

    2. L’événement « on n’obtient que des piles » est \(A = \bigcap_{n \geq\, 1} A_n\). La suite \((A_n)\) est décroissante : si les \(n+1\) premiers lancers donnent pile, les \(n\) premiers aussi.

      Par continuité décroissante de \(P\), \(P(A) = \lim\limits_{n \to +\infty} \frac{1}{2^n}\). Donc \(P(A) = 0\).

    3. L’événement « on obtient au moins une fois face » est le contraire de \(A\). Sa probabilité vaut donc \(1 – 0 = 1\) : c’est un événement presque sûr.

    4. Pour tout \(n\), on a \(L \subset \bigcup_{k \geq\, n} E_k\). Par croissance et sous-additivité dénombrable de \(P\) :

      \[0 \leq\, P(L) \leq\, P(\bigcup_{k \geq\, n} E_k) \leq\, \sum_{k=n}^{+\infty} P(E_k).\]

      Le majorant est le reste d’une série convergente : il tend vers \(0\) quand \(n \to +\infty\). Donc \(P(L) = 0\).

      Application. L’événement \(E_n\) porte sur les \(n+1\) lancers numéros \(n\) à \(2n\), indépendants. Ainsi \(P(E_n) = \frac{1}{2^{n+1}}\), terme général d’une série géométrique convergente. Le lemme donne \(P(L) = 0\).

      Interprétation : presque sûrement, seuls un nombre fini d’événements \(E_n\) se réalisent. Autrement dit, il existe presque sûrement un rang \(n_0\) tel que, pour tout \(n \geq\, n_0\), l’un au moins des lancers numéros \(n\) à \(2n\) donne face.

    Barème : a) 0,5 point ; b) 0,5 point pour l’écriture de A, 0,5 point pour la continuité décroissante citée ; c) 0,5 point ; d) 1 point pour la démonstration du lemme, 0,5 point pour le calcul de P(E_n) et la convergence, 0,5 point pour l’interprétation.

    Exercice 3 : Test de dépistage et formule de Bayes (4 points)

    1. L’énoncé donne \(P(M) = 0{,}02\), \(P_M(T) = 0{,}95\) et \(P_{\overline{M}}(\overline{T}) = 0{,}90\), donc \(P_{\overline{M}}(T) = 0{,}10\).

      Arbre pondéré : M puis T, avec les probabilités 0,02 et 0,98, puis 0,95, 0,05, 0,10 et 0,90

      Le couple \((M, \overline{M})\) est un système complet. D’après la formule des probabilités totales :

      \[P(T) = 0{,}02 \times 0{,}95 + 0{,}98 \times 0{,}10 = 0{,}019 + 0{,}098.\]

      Donc \(P(T) = 0{,}117\).

    2. Par la formule de Bayes, \(P_T(M) = \dfrac{P(M \cap T)}{P(T)} = \dfrac{0{,}019}{0{,}117} = \dfrac{19}{117}\).

      Or \(\frac{19}{117} < \frac{1}{6}\) équivaut à \(114 < 117\), ce qui est vrai. Ainsi \(P_T(M) = \frac{19}{117} < \frac{1}{6}\) : un test positif isolé laisse moins d’une chance sur six d’être malade.

    3. Par indépendance conditionnelle, \(P_M(T_1 \cap T_2) = 0{,}95^2 = 0{,}9025\) et \(P_{\overline{M}}(T_1 \cap T_2) = 0{,}1^2 = 0{,}01\). Donc :

      \[P(M \cap T_1 \cap T_2) = 0{,}02 \times 0{,}9025 = 0{,}01805, \qquad P(\overline{M} \cap T_1 \cap T_2) = 0{,}98 \times 0{,}01 = 0{,}0098.\]

      Par les probabilités totales, \(P(T_1 \cap T_2) = 0{,}02785\). Ensuite, la formule de Bayes donne :

      \[P_{T_1 \cap T_2}(M) = \frac{0{,}01805}{0{,}02785} = \frac{1805}{2785} = \frac{361}{557}.\]

      Comme \(2 \times 361 = 722 > 557\), cette probabilité vaut \(\frac{361}{557}\), environ \(0{,}65\), et dépasse \(\frac{1}{2}\).

    4. Les deux tests ont la même loi, donc \(P(T_2) = P(T_1) = 0{,}117\). Or \(P(T_1)P(T_2) = 0{,}013689\), alors que \(P(T_1 \cap T_2) = 0{,}02785\). Les événements \(T_1\) et \(T_2\) ne sont donc pas indépendants, bien qu’ils le soient conditionnellement à \(M\) et à \(\overline{M}\).

    Erreur fréquente : confondre \(P_M(T) = 0{,}95\) et \(P_T(M)\). La faible prévalence rend \(P_T(M)\) beaucoup plus petite.

    Barème : a) 0,5 point pour l’arbre, 0,5 point pour P(T) ; b) 0,5 point pour Bayes, 0,5 point pour la comparaison ; c) 0,5 point pour les probabilités conditionnelles, 0,5 point pour P(T₁ ∩ T₂), 0,5 point pour le résultat et la comparaison ; d) 0,5 point.

    Exercice 4 : Indépendance deux à deux et mutuelle (3 points)

    1. On prend \(\Omega = \{1, 2, \ldots, 6\}^2\), la tribu \(\mathcal{P}(\Omega)\) et la probabilité uniforme. Chacun des \(36\) résultats a la probabilité \(\frac{1}{36}\).

    2. L’événement \(A\) contient \(3 \times 6 = 18\) couples, donc \(P(A) = \frac{1}{2}\) ; de même \(P(B) = \frac{1}{2}\). La somme est paire si et seulement si les deux dés ont la même parité : \(C\) contient \(9 + 9 = 18\) couples, donc \(P(C) = \frac{1}{2}\).

      Ensuite, \(A \cap B\) contient \(9\) couples, donc \(P(A \cap B) = \frac{1}{4} = P(A)P(B)\). De plus, \(A \cap C\) signifie « les deux dés sont pairs », donc \(A \cap C = A \cap B\) et \(P(A \cap C) = \frac{1}{4} = P(A)P(C)\). De même, \(P(B \cap C) = \frac{1}{4} = P(B)P(C)\). Les trois événements sont indépendants deux à deux.

    3. On a \(A \cap B \cap C = A \cap B\), donc \(P(A \cap B \cap C) = \frac{1}{4}\), alors que \(P(A)P(B)P(C) = \frac{1}{8}\). Les événements ne sont donc pas mutuellement indépendants.

    4. Les événements \(E \cap F\) et \(E \cap \overline{F}\) sont incompatibles, de réunion \(E\). Donc \(P(E \cap \overline{F}) = P(E) – P(E \cap F)\). Par indépendance, \(P(E \cap F) = P(E)P(F)\). Par conséquent :

      \[P(E \cap \overline{F}) = P(E)(1 – P(F)) = P(E) P(\overline{F}).\]

      Ainsi \(E\) et \(\overline{F}\) sont indépendants.

    Barème : a) 0,5 point ; b) 0,5 point pour les trois probabilités, 0,5 point pour les trois égalités ; c) 0,5 point ; d) 0,5 point pour la décomposition de E, 0,5 point pour la conclusion.

    Exercice 5 : Problème : une chaîne d’urnes (5 points)

    1. Si la première boule est blanche, \(U_2\) contient alors trois blanches et trois noires : \(P_{B_1}(B_2) = \frac{3}{6} = \frac{1}{2}\). Si elle est noire, \(U_2\) contient deux blanches et quatre noires : \(P_{N_1}(B_2) = \frac{2}{6} = \frac{1}{3}\).

      Arbre pondéré des deux premiers tirages : B1 et N1 de probabilité un demi, puis B2 et N2 avec 3/6, 3/6, 2/6, 4/6

      Par la formule des probabilités totales avec le système complet \((B_1, N_1)\) :

      \[p_2 = \frac{1}{2} \times \frac{1}{2} + \frac{1}{2} \times \frac{1}{3} = \frac{1}{4} + \frac{1}{6}.\]

      Donc \(p_2 = \dfrac{5}{12}\).

    2. Soit \(n \geq\, 1\). Sachant \(B_n\), l’urne \(U_{n+1}\) contient trois blanches sur six boules ; sachant \(N_n\), elle en contient deux sur six. Ainsi \(P_{B_n}(B_{n+1}) = \frac{1}{2}\) et \(P_{N_n}(B_{n+1}) = \frac{1}{3}\). Si \(p_n \in ]0,1[\), le couple \((B_n, N_n)\) est un système complet d’événements de probabilités non nulles. Alors :

      \[p_{n+1} = \frac{1}{2} p_n + \frac{1}{3}(1 – p_n) = \frac{1}{3} + \frac{1}{6} p_n.\]

      Or \(p_1 = \frac{1}{2}\), et la relation montre par récurrence que \(p_n \in ]0,1[\) pour tout \(n\). La relation est donc établie pour tout \(n \geq\, 1\).

    3. La suite est arithmético-géométrique. Son point fixe vérifie \(\ell = \frac{1}{3} + \frac{\ell}{6}\), soit \(\ell = \frac{2}{5}\). Posons \(q_n = p_n – \frac{2}{5}\). Alors \(q_{n+1} = \frac{1}{6} q_n\), donc \((q_n)\) est géométrique de raison \(\frac{1}{6}\), avec \(q_1 = \frac{1}{2} – \frac{2}{5} = \frac{1}{10}\).

      \[p_n = \frac{2}{5} + \frac{1}{10} (\frac{1}{6})^{n-1}.\]

      Comme \(|\frac{1}{6}| < 1\), la suite \((p_n)\) converge vers \(\dfrac{2}{5}\). On vérifie que \(p_2 = \frac{2}{5} + \frac{1}{60} = \frac{25}{60} = \frac{5}{12}\).

    4. Par la formule de Bayes :

      \[P_{B_2}(B_1) = \frac{P(B_1) \, P_{B_1}(B_2)}{p_2} = \frac{\frac{1}{4}}{\frac{5}{12}} = \frac{3}{5}.\]

      La probabilité cherchée vaut \(\dfrac{3}{5}\).

    5. D’après l’hypothèse de l’énoncé, \(P_{B_1 \cap \cdots \cap B_k}(B_{k+1}) = P_{B_k}(B_{k+1}) = \frac{1}{2}\). La formule des probabilités composées donne alors :

      \[P(B_1 \cap \cdots \cap B_n) = P(B_1) \times (\frac{1}{2})^{n-1} = \frac{1}{2^n}.\]

      Les événements \(C_n = B_1 \cap \cdots \cap B_n\) forment une suite décroissante, d’intersection « toutes les boules tirées sont blanches ». Par continuité décroissante, cette probabilité vaut \(\lim \frac{1}{2^n}\). La probabilité que toutes les boules tirées soient blanches est nulle.

    Barème : a) 0,5 point pour les deux probabilités conditionnelles, 0,5 point pour p₂ ; b) 0,5 point pour les probabilités conditionnelles, 0,5 point pour la formule des probabilités totales justifiée ; c) 0,5 point pour le point fixe, 0,5 point pour la suite géométrique, 0,5 point pour la formule et la limite ; d) 0,5 point ; e) 0,5 point pour les probabilités composées, 0,5 point pour la continuité décroissante.

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    Après le corrigé du contrôle : espaces probabilisés et conditionnement

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Espaces probabilisés » en L2 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés espaces probabilisés.

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