Mathovore, tout pour reussir en maths : cours et exercices corriges
Aller au contenu
Vous êtes ici : Accueil » Corrigés des exercices de maths en L1 » Limites et continuité : corrigé des exercices de maths en L1.

Limites et continuité : corrigé des exercices de maths en L1.

    Limites et continuité : corrigé des exercices de maths en L1

    Ce corrigé continuité L1 rédige chaque solution comme on l’attend en partiel. Les preuves de limite explicitent toujours le choix de delta en fonction d’epsilon. De plus, chaque théorème est cité par son nom, avec la vérification de ses hypothèses : continuité, intervalle, segment, monotonie stricte.

    Soyez vigilant sur trois points. D’abord, le théorème des valeurs intermédiaires donne l’existence, pas l’unicité. Ensuite, les bornes atteintes exigent un segment, fermé et borné. Enfin, pour nier la continuité uniforme, il faut exhiber deux suites dont l’écart tend vers 0 alors que l’écart des images reste minoré.

    Des figures accompagnent plusieurs corrections. Elles montrent la courbe étudiée, les racines localisées ou le point fixe obtenu. Ainsi, vous pouvez contrôler visuellement chaque résultat.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths en L1 sur limites et continuité.

    Corrigé de l’exercice 1 : Limites par epsilon-delta

    1. Pour tout réel \(x\), on a \(|(3x-1) – 5| = |3x – 6| = 3|x-2|\). Soit \(\varepsilon > 0\). On pose \(\delta = \varepsilon / 3\). Alors, si \(|x – 2| \leq\, \delta\), on obtient \(|(3x-1) – 5| \leq\, 3\delta = \varepsilon\). Donc \(\lim_{x \to 2} (3x-1) = 5\), avec \(\delta = \varepsilon/3\).
    2. On factorise : \(|x^2 – 9| = |x-3|\,|x+3|\). D’abord, on se restreint à \(|x – 3| \leq\, 1\). Dans ce cas, \(2 \leq\, x \leq\, 4\), donc \(5 \leq\, x + 3 \leq\, 7\) et \(|x^2 – 9| \leq\, 7|x-3|\). Soit \(\varepsilon > 0\) et \(\delta = \min(1, \varepsilon/7)\). Si \(|x – 3| \leq\, \delta\), les deux conditions sont remplies. Par conséquent \(|x^2 – 9| \leq\, 7\delta \leq\, \varepsilon\). Ainsi \(\lim_{x \to 3} x^2 = 9\), avec \(\delta = \min(1, \varepsilon/7)\).
    3. Pour \(x > 0\), on a \(|\frac{1}{x} – 1| = \frac{|x – 1|}{x}\). Si \(|x-1| \leq\, \frac12\), alors \(x \geq\, \frac12\), donc \(\frac{1}{x} \leq\, 2\). On obtient \(|\frac1x – 1| \leq\, 2|x-1|\). Soit \(\varepsilon > 0\) ; on pose \(\delta = \min(\frac12, \frac{\varepsilon}{2})\). Alors \(|x – 1| \leq\, \delta\) entraîne \(|\frac1x – 1| \leq\, 2\delta \leq\, \varepsilon\). Donc \(\lim_{x \to 1} \frac1x = 1\), avec \(\delta = \min(1/2, \varepsilon/2)\).

    Point de méthode : la restriction préalable (\(|x-3| \leq\, 1\) ou \(|x-1| \leq\, 1/2\)) sert à majorer le facteur parasite par une constante. C’est pourquoi \(\delta\) est un minimum de deux quantités.

    Corrigé de l’exercice 2 : Limites en l’infini et limites infinies

    1. Pour \(x > 0\), on calcule \(\frac{2x+1}{x+3} – 2 = \frac{2x + 1 – 2x – 6}{x+3} = \frac{-5}{x+3}\). Donc \(|\frac{2x+1}{x+3} – 2| = \frac{5}{x+3} < \frac{5}{x}\). Soit \(\varepsilon > 0\) et \(A = 5/\varepsilon > 0\). Pour \(x \geq\, A\), on a \(\frac5x \leq\, \varepsilon\), donc l’écart est inférieur à \(\varepsilon\). Ainsi la limite vaut 2, avec le seuil \(A = 5/\varepsilon\).
    2. Soit \(M \in \mathbb{R}\) et \(A = \sqrt{|M|}\). Pour \(x \geq\, A \geq\, 0\), la croissance du carré sur \([0, +\infty[\) donne \(x^2 \geq\, A^2 = |M| \geq\, M\). Donc \(\lim_{x \to +\infty} x^2 = +\infty\).
    3. Soit \(M \in \mathbb{R}\) et \(M^{\prime} = \max(M, 1) > 0\). On pose \(\delta = 1/M^{\prime}\). Si \(0 < x \leq\, \delta\), alors \(\frac1x \geq\, \frac1\delta = M^{\prime} \geq\, M\). Ainsi \(\lim_{x \to 0^+} \frac1x = +\infty\). De même, si \(-\delta \leq\, x < 0\), alors \(\frac1x \leq\, -\frac1\delta = -M^{\prime}\). Or \(-M^{\prime} \leq\, -M\), donc \(\frac1x \leq\, -M\). Par conséquent \(\lim_{x \to 0^+} \frac1x = +\infty\) et \(\lim_{x \to 0^-} \frac1x = -\infty\).
    4. Si \(x \mapsto 1/x\) avait une limite \(L\) en 0 (finie ou infinie), ses restrictions à \(]0, +\infty[\) et à \(]-\infty, 0[\) auraient aussi la limite \(L\). Or ces restrictions ont des limites différentes, \(+\infty\) et \(-\infty\). La fonction \(1/x\) n’a donc pas de limite en 0.

    Corrigé de l’exercice 3 : Limites à gauche et à droite

    1. Pour \(x > 1\), \(|x – 1| = x – 1\), donc \(f(x) = 1\). Pour \(x < 1\), \(|x-1| = -(x-1)\), donc \(f(x) = -1\). Ainsi, la limite à droite en 1 vaut 1 et la limite à gauche vaut \(-1\). Ces limites diffèrent, donc \(f\) n’a pas de limite en 1.
    2. Sur \([n-1, n[\), on a \(E(x) = n – 1\) ; sur \([n, n+1[\), on a \(E(x) = n\). Donc \(\lim_{x \to n^-} E(x) = n-1\) et \(\lim_{x \to n^+} E(x) = n = E(n)\). En chaque entier, \(E\) est continue à droite mais pas à gauche. En revanche, sur chaque intervalle ouvert \(]n, n+1[\), \(E\) est constante, donc continue. La partie entière est continue exactement sur \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Z}\).
    3. Par définition de la partie entière, \(\frac1x – 1 < E(\frac1x) \leq\, \frac1x\) pour tout \(x \neq 0\). Si \(x > 0\), on multiplie par \(x > 0\) sans changer le sens : \(1 – x < g(x) \leq\, 1\). Si \(x < 0\), la multiplication par \(x\) renverse les inégalités : \(1 – x > g(x) \geq\, 1\). On obtient bien les deux encadrements demandés.
    4. Quand \(x \to 0^+\), on a \(1 – x \to 1\). Par le théorème d’encadrement, \(g(x) \to 1\). De même, quand \(x \to 0^-\), \(g\) est coincée entre \(1\) et \(1 – x\), qui tendent vers 1. Les deux limites latérales valent donc 1. Comme \(g\) n’est pas définie en 0, elle admet la limite 1 en 0. Donc \(g\) se prolonge par continuité en posant \(g(0) = 1\).

    La figure ci-dessous montre la courbe de \(g\), formée de segments. Elle reste entre les droites \(y = 1\) et \(y = 1 – x\), qui se coupent au point \((0, 1)\).

    Courbe de x E(1/x) formée de segments coincés entre les droites y = 1 et y = 1 - x près de zéro

    Corrigé de l’exercice 4 : Fonctions monotones et limites latérales

    1. L’ensemble \(\{ f(x) \mid b < x < x_0 \}\) est non vide, car \(]b, x_0[\) n’est pas vide. De plus, il est majoré par \(f(x_0)\), puisque \(f\) est croissante. D’après l’axiome de la borne supérieure, \(\ell^-\) existe. Enfin, \(f(x_0)\) est un majorant, donc \(\ell^- \leq\, f(x_0)\), car la borne supérieure est le plus petit des majorants. Ainsi \(\ell^-\) existe et \(\ell^- \leq\, f(x_0)\).
    2. Soit \(\varepsilon > 0\). Le réel \(\ell^- – \varepsilon\) n’est pas un majorant, donc il existe \(x_1 \in \,]b, x_0[\) tel que \(f(x_1) > \ell^- – \varepsilon\). On pose \(\delta = x_0 – x_1 > 0\). Soit \(x \in \,]b, x_0[\) avec \(|x – x_0| \leq\, \delta\). Alors \(x \geq\, x_1\), donc \(f(x) \geq\, f(x_1) > \ell^- – \varepsilon\) par croissance. D’autre part, \(f(x) \leq\, \ell^-\) par définition de \(\ell^-\). Par conséquent \(|f(x) – \ell^-| < \varepsilon\). Donc \(\lim_{x \to x_0^-} f(x) = \ell^-\).
    3. De façon symétrique, \(\ell^+ = \inf\{ f(x) \mid x_0 < x < c\}\) existe, vérifie \(f(x_0) \leq\, \ell^+\), et \(\lim_{x \to x_0^+} f(x) = \ell^+\). En combinant avec la question 1, on obtient \(\ell^- \leq\, f(x_0) \leq\, \ell^+\).
    4. Si \(f\) est continue en \(x_0\), elle y tend vers \(f(x_0)\). Ses restrictions à gauche et à droite aussi, donc \(\ell^- = f(x_0) = \ell^+\). Réciproquement, si \(\ell^- = \ell^+\), l’encadrement de la question 3 force \(\ell^- = f(x_0) = \ell^+\). Les limites à gauche et à droite existent et valent \(f(x_0)\). D’après le cours, \(f\) tend alors vers \(f(x_0)\) en \(x_0\). Donc \(f\) est continue en \(x_0\) si et seulement si \(\ell^- = \ell^+\).
    5. La fonction \(h\) est la somme de deux fonctions croissantes, \(x \mapsto x\) et \(E\), donc elle est croissante. Soit \(n \in \mathbb{Z}\). Sur \([n-1, n[\), \(h(x) = x + n – 1\), qui tend vers \(2n – 1\) quand \(x \to n^-\). Ensuite, \(h(n) = 2n\). Enfin, sur \([n, n+1[\), \(h(x) = x + n\), qui tend vers \(2n\) quand \(x \to n^+\). Ainsi \(h(n^-) = 2n-1 \neq 2n = h(n^+)\) : \(h\) est discontinue en chaque entier. En revanche, sur \(]n, n+1[\), \(h\) est affine, donc continue. La fonction \(h\) est continue sur \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Z}\), avec un saut de 1 en chaque entier.

    Corrigé de l’exercice 5 : Absence de limite par les suites

    1. Pour \(n \geq\, 1\), on pose \(x_n = \frac{1}{2n\pi}\) et \(y_n = \frac{1}{\pi/2 + 2n\pi}\). Ces deux suites de réels non nuls tendent vers 0. De plus, \(\sin(1/x_n) = \sin(2n\pi) = 0\) et \(\sin(1/y_n) = \sin(\pi/2) = 1\). Si \(x \mapsto \sin(1/x)\) avait une limite \(\ell\) en 0, la caractérisation séquentielle donnerait \(\ell = 0\) et \(\ell = 1\). Donc \(\sin(1/x)\) n’a pas de limite en 0.
    2. Les suites \(x_n = 2n\pi\) et \(y_n = \pi + 2n\pi\) tendent vers \(+\infty\). Pourtant, \(\cos(x_n) = 1\) et \(\cos(y_n) = -1\) pour tout \(n\). Par la caractérisation séquentielle, \(\cos\) n’a pas de limite en \(+\infty\).
    3. Avec \(x_n = 2n\pi\), on a \(x_n \sin x_n = 0\) pour tout \(n\). Avec \(y_n = \pi/2 + 2n\pi\), on a \(y_n \sin y_n = y_n \to +\infty\). Une limite finie ou infinie \(L\) devrait vérifier à la fois \(L = 0\) et \(L = +\infty\). Ainsi \(x \sin x\) n’a de limite ni finie ni infinie en \(+\infty\).
    4. On pose \(u(x) = \cos(x)\,e^x\). Pour \(x_n = 2n\pi\), on obtient \(u(x_n) = e^{2n\pi} \to +\infty\). En revanche, pour \(y_n = \pi/2 + 2n\pi\), on obtient \(u(y_n) = 0\). Les deux suites d’images ont des limites différentes, donc \(u\) n’a pas de limite en \(+\infty\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Fonction indicatrice des rationnels

    1. Pour \(n \geq\, 1\), on pose \(r_n = \frac{E(na)}{n}\), qui est rationnel. Par définition de la partie entière, \(na – 1 < E(na) \leq\, na\), donc \(a – \frac1n < r_n \leq\, a\). Par encadrement, \(r_n \to a\). Ensuite, on pose \(s_n = r_n + \frac{\sqrt2}{n}\). Si \(s_n\) était rationnel, \(\sqrt2 = n(s_n – r_n)\) le serait aussi, ce qui est faux. Donc \(s_n\) est irrationnel. Enfin, \(|s_n – a| \leq\, \frac{1 + \sqrt2}{n} \to 0\). Les suites \((r_n)\) rationnelle et \((s_n)\) irrationnelle convergent vers \(a\).
    2. On a \(\mathbb{1}_{\mathbb{Q}}(r_n) = 1\) et \(\mathbb{1}_{\mathbb{Q}}(s_n) = 0\) pour tout \(n\). Si la fonction était continue en \(a\), les deux suites d’images tendraient vers \(\mathbb{1}_{\mathbb{Q}}(a)\) par caractérisation séquentielle. On aurait alors \(1 = 0\). Donc \(\mathbb{1}_{\mathbb{Q}}\) n’est continue en aucun point.
    3. Pour tout réel \(x\), on a \(|g(x)| \leq\, |x|\). Par encadrement, \(g(x) \to 0 = g(0)\) quand \(x \to 0\) : \(g\) est continue en 0. Soit maintenant \(a \neq 0\). D’une part, \(g(r_n) = r_n \to a\). D’autre part, \(g(s_n) = 0 \to 0\). Comme \(a \neq 0\), ces limites diffèrent. Par conséquent \(g\) est continue en 0 et discontinue en tout \(a \neq 0\).
    4. On pose \(u(x) = (x-1)(x-2)\,\mathbb{1}_{\mathbb{Q}}(x)\). D’abord, \(|u(x)| \leq\, |x – 1|\,|x – 2|\), qui tend vers 0 en 1 et en 2. Comme \(u(1) = u(2) = 0\), \(u\) est continue en 1 et en 2. Ensuite, si \(a \notin \{1, 2\}\), on a \(u(r_n) = (r_n – 1)(r_n – 2) \to (a-1)(a-2) \neq 0\), tandis que \(u(s_n) = 0\). La fonction \(u\) est continue en 1 et en 2 exactement.

    Corrigé de l’exercice 7 : Opérations et composition de limites

    1. Pour \(x \geq\, -1\), \(x \neq 0\), on multiplie par la quantité conjuguée :
      \[\frac{\sqrt{1+x} – 1}{x} = \frac{(1 + x) – 1}{x(\sqrt{1+x} + 1)} = \frac{1}{\sqrt{1+x} + 1}.\]
      La racine carrée est continue en 1, donc \(\sqrt{1+x} \to 1\). Par quotient, la limite vaut \(\frac12\).
    2. Pour \(x > 0\), on a \(\sqrt{x^2 + x} = x\sqrt{1 + 1/x}\). En multipliant par la quantité conjuguée :
      \[\sqrt{x^2 + x} – x = \frac{x}{\sqrt{x^2+x} + x} = \frac{1}{\sqrt{1 + 1/x} + 1}.\]
      Or \(1/x \to 0\) et la racine est continue en 1. Par composition puis quotient, la limite vaut \(\frac12\).
    3. Pour \(x \neq 0\), \(\frac{\sin(3x)}{x} = 3 \cdot \frac{\sin(3x)}{3x}\). Quand \(x \to 0\), \(u = 3x\) tend vers 0 en restant non nul. Par composition, \(\frac{\sin u}{u} \to 1\). Donc la limite vaut 3.
    4. Pour \(x > 0\), on pose \(u = 1/x\), qui tend vers \(0^+\). Alors \(x \sin(1/x) = \frac{\sin u}{u}\). Par composition, la limite vaut 1.
    5. Pour \(x > 1\), on divise numérateur et dénominateur par \(x\) : \(\frac{x + \cos x}{x – \sin x} = \frac{1 + \frac{\cos x}{x}}{1 – \frac{\sin x}{x}}\). Or \(|\frac{\cos x}{x}| \leq\, \frac1x\) et \(|\frac{\sin x}{x}| \leq\, \frac1x\). Par encadrement, ces deux quotients tendent vers 0. Ensuite, le dénominateur tend vers \(1 \neq 0\). Par quotient, la limite vaut 1.

    Corrigé de l’exercice 8 : Prolongements par continuité

    1. On factorise : \(x^2 – 3x + 2 = (x-1)(x-2)\). Donc, pour \(x \neq 2\), \(k(x) = x – 1\), qui tend vers 1 en 2. La fonction \(k\) se prolonge par continuité en posant \(k(2) = 1\).
    2. Pour \(x \neq 0\), \(|f(x)| \leq\, |x|\), car \(|\sin| \leq\, 1\). Par encadrement, \(f(x) \to 0\). On prolonge donc \(f\) par \(f(0) = 0\). Sur \(\mathbb{R}^*\), \(f\) est continue comme produit et composée de fonctions continues. En 0, elle l’est par construction. Le prolongement, avec \(f(0) = 0\), est continu sur \(\mathbb{R}\).
    3. Pour \(x \neq 0\), on utilise l’identité \(1 – \cos x = 2 \sin^2(x/2)\) :
      \[g(x) = \frac{2\sin^2(x/2)}{x^2} = \frac12 ( \frac{\sin(x/2)}{x/2} )^2.\]
      Quand \(x \to 0\), \(u = x/2\) tend vers 0 sans s’annuler, donc \(\frac{\sin u}{u} \to 1\). Par produit, \(g\) tend vers \(\frac12\) et se prolonge par \(g(0) = \frac12\).
    4. Pour \(x > 0\), \(h(x) = \frac{\sin x}{x} \to 1\). Pour \(x < 0\), \(h(x) = -\frac{\sin x}{x} \to -1\). Les limites à gauche et à droite en 0 diffèrent, donc \(h\) n’a pas de limite en 0. La fonction \(h\) n’est pas prolongeable par continuité en 0.

    Corrigé de l’exercice 9 : Signe au voisinage d’un point

    1. On applique la définition de la continuité en \(a\) avec \(\varepsilon = \frac{f(a)}{2} > 0\). Il existe \(\delta > 0\) tel que, pour \(|x – a| \leq\, \delta\), \(|f(x) – f(a)| \leq\, \frac{f(a)}{2}\). En particulier, \(f(x) \geq\, f(a) – \frac{f(a)}{2} = \frac{f(a)}{2}\). Ainsi \(f \geq\, f(a)/2 > 0\) sur \([a – \delta, a + \delta]\).
    2. La fonction \(h = |f – g|\) est continue sur \(\mathbb{R}\), comme composée de \(f – g\) et de la valeur absolue. Supposons qu’il existe \(a\) avec \(h(a) > 0\). D’après la question 1, \(h \geq\, h(a)/2 > 0\) sur un intervalle \([a – \delta, a + \delta]\). Or cet intervalle contient un rationnel \(r\), par densité de \(\mathbb{Q}\) dans \(\mathbb{R}\). On aurait donc \(h(r) > 0\), alors que \(h(r) = 0\). C’est absurde. Donc \(h = 0\), c’est-à-dire \(f = g\).
    3. Soit \(a \in \mathbb{R}\) et \(r_n = E(na)/n\), suite de rationnels qui converge vers \(a\) (voir l’exercice 6). Pour tout \(n\), \(f(r_n) = g(r_n)\). Par continuité en \(a\) et caractérisation séquentielle, \(f(r_n) \to f(a)\) et \(g(r_n) \to g(a)\). Par unicité de la limite, \(f(a) = g(a)\) pour tout \(a\).

    Corrigé de l’exercice 10 : Équation fonctionnelle de Cauchy

    1. Avec \(x = y = 0\), on obtient \(f(0) = 2f(0)\), donc \(f(0) = 0\). Ensuite, avec \(y = -x\), on a \(f(x) + f(-x) = f(0) = 0\), d’où \(f(-x) = -f(x)\). Enfin, on raisonne par récurrence sur \(n\). Le cas \(n = 0\) est \(f(0) = 0\). Si \(f(nx) = nf(x)\), alors \(f((n+1)x) = f(nx) + f(x) = (n+1) f(x)\). Donc \(f(0) = 0\), \(f\) est impaire et \(f(nx) = n f(x)\) pour tout \(n \in \mathbb{N}\).
    2. Soit \(q \in \mathbb{N}^*\). La question 1 appliquée à \(x = 1/q\) et \(n = q\) donne \(q f(1/q) = f(1) = a\), donc \(f(1/q) = a/q\). Soit alors \(r = p/q\), avec \(p \in \mathbb{Z}\). Si \(p \geq\, 0\), \(f(p/q) = p f(1/q) = ap/q\). Si \(p < 0\), l’imparité donne \(f(p/q) = -f(-p/q) = -a(-p)/q = ap/q\). Ainsi \(f(r) = ar\) pour tout \(r \in \mathbb{Q}\).
    3. Soit \(x \in \mathbb{R}\) et \((r_n)\) une suite de rationnels de limite \(x\). D’une part, \(f(r_n) = a r_n \to ax\). D’autre part, \(f\) est continue en \(x\), donc \(f(r_n) \to f(x)\). Par unicité de la limite, \(f(x) = ax\). Réciproquement, \(x \mapsto ax\) est continue et vérifie \(a(x + y) = ax + ay\). Les solutions sont exactement les fonctions linéaires \(x \mapsto ax\), \(a \in \mathbb{R}\).

    Point de méthode : on détermine d’abord la fonction sur une partie dense (ici \(\mathbb{Q}\)), puis la continuité étend l’égalité à tout \(\mathbb{R}\) grâce à la caractérisation séquentielle.

    Corrigé de l’exercice 11 : Existence de racines par le TVI

    1. On calcule \(P(-2) = -32 + 6 + 1 = -25\), \(P(-1) = -1 + 3 + 1 = 3\), \(P(0) = 1\), \(P(1) = 1 – 3 + 1 = -1\) et \(P(2) = 32 – 6 + 1 = 27\). La fonction polynôme \(P\) est continue sur \(\mathbb{R}\). Elle change de signe sur \([-2, -1]\), sur \([0, 1]\) et sur \([1, 2]\). D’après le théorème des valeurs intermédiaires, elle s’annule dans chacun des intervalles ouverts \(]-2, -1[\), \(]0, 1[\) et \(]1, 2[\). Ces intervalles sont disjoints, donc les trois racines sont distinctes. Le polynôme \(P\) a au moins trois racines réelles, dans \(]-2,-1[\), \(]0, 1[\) et \(]1, 2[\).

    La figure ci-dessous confirme cette localisation. On y lit trois racines, proches de \(-1{,}39\), \(0{,}33\) et \(1{,}21\).

    Courbe du polynôme x^5 - 3x + 1 avec ses trois racines réelles et les valeurs en -1, 0 et 1

    1. Soit \(Q(x) = \sum_{k=0}^{n} c_k x^k\), avec \(n\) impair et \(c_n \neq 0\). Quitte à remplacer \(Q\) par \(-Q\), qui a les mêmes racines, on suppose \(c_n > 0\). Pour \(x \neq 0\), on écrit
      \[Q(x) = c_n x^n ( 1 + \sum_{k=0}^{n-1} \frac{c_k}{c_n} x^{k-n} ).\]
      La parenthèse tend vers 1 en \(\pm\infty\), car \(k – n < 0\). Comme \(n\) est impair, \(x^n \to +\infty\) en \(+\infty\) et \(x^n \to -\infty\) en \(-\infty\). Il existe donc \(A > 0\) tel que \(Q(-A) < 0 < Q(A)\). Le théorème des valeurs intermédiaires sur \([-A, A]\) conclut. Tout polynôme réel de degré impair a au moins une racine réelle.
    2. La fonction \(f : x \mapsto x^3 + x – 1\) est continue et strictement croissante sur \(\mathbb{R}\), comme somme des fonctions strictement croissantes \(x \mapsto x^3\) et \(x \mapsto x – 1\). Ses limites sont \(-\infty\) en \(-\infty\) et \(+\infty\) en \(+\infty\). Par le théorème de la bijection continue, \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\). Donc 0 a un unique antécédent \(c\). Enfin, \(f(0) = -1 < 0 < 1 = f(1)\), donc \(c \in \,]0, 1[\). L’équation \(x^3 + x – 1 = 0\) a une unique solution réelle, située dans \(]0, 1[\).

    Corrigé de l’exercice 12 : Théorème du point fixe sur un segment

    1. On pose \(g(x) = f(x) – x\), continue sur \([0, 1]\). Comme \(f\) est à valeurs dans \([0, 1]\), on a \(g(0) = f(0) \geq\, 0\) et \(g(1) = f(1) – 1 \leq\, 0\). D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe \(c \in [0, 1]\) tel que \(g(c) = 0\). Donc \(f(c) = c\) : \(f\) admet un point fixe.
    2. Comme \([0, 1] \subset [0, \pi]\), le cosinus est décroissant sur \([0, 1]\). Donc \(\cos([0, 1]) = [\cos 1, 1]\). Or \(0 < 1 < \pi/2\), donc \(\cos 1 > 0\). Ainsi \(\cos\) envoie \([0, 1]\) dans \([0, 1]\), et la question 1 fournit une solution de \(\cos x = x\). Pour l’unicité, \(h : x \mapsto \cos x – x\) est strictement décroissante sur \([0, 1]\), comme somme d’une fonction décroissante et d’une fonction strictement décroissante. Elle s’annule donc au plus une fois. L’équation \(\cos x = x\) a une unique solution \(\alpha\) dans \([0, 1]\), avec \(\alpha \approx 0{,}739\).

    Comme le montre la figure ci-dessous, la courbe du cosinus reste dans le carré \([0, 1]^2\). Elle croise donc la diagonale \(y = x\), en un seul point.

    Courbe du cosinus dans le carré unité coupant la diagonale y = x au point fixe alpha proche de 0,739

    1. La fonction \(f : x \mapsto x/2\) est continue de \(]0, 1[\) dans \(]0, 1[\). Cependant, \(f(x) = x\) équivaut à \(x = 0\), qui n’appartient pas à \(]0, 1[\). Le résultat tombe en défaut sans les extrémités du segment.

    Corrigé de l’exercice 13 : Théorème des cordes horizontales

    1. On calcule directement : \(g(0) + g(1/2) = f(1/2) – f(0) + f(1) – f(1/2) = f(1) – f(0)\). Donc \(g(0) + g(1/2) = 0\).
    2. La fonction \(g\) est continue sur \([0, 1/2]\), par composition et différence. D’après la question 1, \(g(0)\) et \(g(1/2)\) sont opposés. Ils sont donc nuls tous les deux, ou de signes contraires. Dans les deux cas, le théorème des valeurs intermédiaires fournit \(c \in [0, 1/2]\) avec \(g(c) = 0\). Ainsi \(f(c + 1/2) = f(c)\).
    3. Les points \(k/n\), pour \(0 \leq\, k \leq\, n-1\), appartiennent à \([0, 1 – 1/n]\). La somme est télescopique :
      \[\sum_{k=0}^{n-1} g_n(\frac{k}{n}) = \sum_{k=0}^{n-1} [ f(\frac{k+1}{n}) – f(\frac{k}{n}) ] = f(1) – f(0) = 0.\]
      Si tous les termes étaient strictement positifs, la somme le serait aussi ; de même s’ils étaient tous strictement négatifs. Donc soit un terme est nul, soit il existe \(i\) et \(j\) avec \(g_n(i/n) < 0 < g_n(j/n)\). Dans le second cas, on applique le théorème des valeurs intermédiaires à \(g_n\), continue, entre \(i/n\) et \(j/n\). Il existe \(c \in [0, 1 – 1/n]\) tel que \(f(c + 1/n) = f(c)\).
    4. Notons \(d(t)\) la distance parcourue à l’instant \(t\), en heures, avec \(d(0) = 0\) et \(d(1) = 30\). On pose \(f(t) = d(t) – 30t\), continue sur \([0, 1]\), avec \(f(0) = f(1) = 0\). Pour \(n = 6\), la question 3 donne \(c\) tel que \(f(c + 1/6) = f(c)\). Autrement dit, \(d(c + 1/6) – d(c) = 30/6 = 5\). Entre les instants \(c\) et \(c + 1/6\) heure, soit 10 minutes, le cycliste parcourt exactement 5 km.

    Corrigé de l’exercice 14 : Méthode de dichotomie

    1. Pour \(n = 0\), on a \(f(0) f(1) = (-1) \times 1 \leq\, 0\) et \(b_0 – a_0 = 1\). Supposons la propriété vraie au rang \(n\). Premier cas : \(f(a_n) f(m_n) \leq\, 0\). Alors \([a_{n+1}, b_{n+1}] = [a_n, m_n]\) et \(f(a_{n+1}) f(b_{n+1}) \leq\, 0\). Second cas : \(f(a_n) f(m_n) > 0\). Alors \(f(a_n)\) et \(f(m_n)\) sont non nuls, de même signe, et \([a_{n+1}, b_{n+1}] = [m_n, b_n]\). On écrit
      \[f(m_n) f(b_n) = \frac{f(m_n)}{f(a_n)} \, f(a_n) f(b_n) \leq\, 0,\]
      car le quotient est strictement positif. Dans les deux cas, la longueur est divisée par 2. Donc \(f(a_n) f(b_n) \leq\, 0\) et \(b_n – a_n = 2^{-n}\) pour tout \(n\).
    2. Dans les deux cas, \(a_{n+1} \geq\, a_n\) et \(b_{n+1} \leq\, b_n\), car \(a_n \leq\, m_n \leq\, b_n\). De plus, \(b_n – a_n = 2^{-n} \to 0\). Les suites \((a_n)\) et \((b_n)\) sont adjacentes ; elles convergent vers une même limite \(c \in [0, 1]\).
    3. La fonction \(f\) est continue en \(c\). Par caractérisation séquentielle, \(f(a_n) \to f(c)\) et \(f(b_n) \to f(c)\). En passant à la limite dans \(f(a_n) f(b_n) \leq\, 0\), on obtient \(f(c)^2 \leq\, 0\). Donc \(f(c) = 0\).
    4. On a \(m_0 = 0{,}5\) et \(f(0{,}5) = 0{,}125 + 0{,}5 – 1 = -0{,}375\). Comme \(f(0) f(0{,}5) > 0\), on obtient \([a_1, b_1] = [0{,}5 ; 1]\). Ensuite, \(f(0{,}75) = 0{,}421875 + 0{,}75 – 1 = 0{,}171875\). Or \(f(0{,}5) f(0{,}75) < 0\), donc \([a_2, b_2] = [0{,}5 ; 0{,}75]\). Enfin, \(f(0{,}625) = 0{,}244140625 + 0{,}625 – 1 = -0{,}130859375\). Comme \(f(0{,}5) f(0{,}625) > 0\), on a \([a_3, b_3] = [0{,}625 ; 0{,}75]\). Pour la précision, \(0 \leq\, c – a_n \leq\, 2^{-n}\). Or \(2^{-10} = 1/1024 < 10^{-3}\), alors que \(2^{-9} = 1/512 > 10^{-3}\). Dix étapes suffisent : \(a_{10}\) approche \(c \approx 0{,}682\) à \(10^{-3}\) près.

    La figure ci-dessous représente les quatre premiers intervalles emboîtés. Chacun contient la racine et mesure la moitié du précédent.

    Courbe de x^3 + x - 1 et les quatre premiers intervalles emboîtés de la dichotomie autour de la racine

    Corrigé de l’exercice 15 : Minorant strictement positif sur un segment

    1. La fonction \(f\) est continue sur le segment \([a,b]\). D’après le théorème des bornes atteintes, elle admet un minimum \(m = f(c)\), avec \(c \in [a,b]\). Comme \(f(c) > 0\), on a \(m > 0\). Donc \(f(x) \geq\, m > 0\) pour tout \(x \in [a,b]\).
    2. Sur \(]0, 1]\), la fonction \(x \mapsto x\) est continue et strictement positive. Soit \(m > 0\) ; le point \(x = \min(1, m/2)\) vérifie \(x \leq\, m/2 < m\). Aucun \(m > 0\) ne minore donc cette fonction. Sur \([0, +\infty[\), la fonction \(x \mapsto e^{-x}\) est continue et strictement positive, mais tend vers 0 en \(+\infty\). Pour tout \(m > 0\), on a \(e^{-x} < m\) dès que \(x > -\ln m\). Le résultat est faux sur \(]0, 1]\) et sur \([0, +\infty[\), qui ne sont pas des segments.
    3. La fonction \(g – f\) est continue et strictement positive sur \([a,b]\). D’après la question 1, elle est minorée par un réel \(\alpha > 0\). Ainsi \(g – f \geq\, \alpha\), c’est-à-dire \(f + \alpha \leq\, g\) sur \([a,b]\).

    Corrigé de l’exercice 16 : Minimum d’une fonction qui tend vers l’infini

    1. Comme \(f \to +\infty\) en \(+\infty\), il existe \(A_1\) tel que \(x \geq\, A_1\) entraîne \(f(x) \geq\, f(0) + 1\). De même, il existe \(A_2\) tel que \(x \leq\, -A_2\) entraîne \(f(x) \geq\, f(0) + 1\). On pose \(A = \max(A_1, A_2, 1) > 0\). Pour \(|x| > A\), on a \(f(x) \geq\, f(0) + 1 > f(0)\).
    2. La fonction \(f\) est continue sur le segment \([-A, A]\). Par le théorème des bornes atteintes, elle y admet un minimum \(m = f(c)\). Comme \(0 \in [-A, A]\), on a \(m \leq\, f(0)\). Pour \(|x| > A\), la question 1 donne \(f(x) > f(0) \geq\, m\). Finalement, \(f(x) \geq\, m\) pour tout réel \(x\). Donc \(f\) admet un minimum global sur \(\mathbb{R}\), atteint en \(c\).
    3. La fonction \(u : x \mapsto x^2 + \sin(3x)\) est continue sur \(\mathbb{R}\). De plus, \(u(x) \geq\, x^2 – 1\), qui tend vers \(+\infty\) en \(\pm\infty\). Par comparaison, \(u\) tend vers \(+\infty\) en \(\pm\infty\). La question 2 s’applique : \(u\) admet un minimum sur \(\mathbb{R}\).
    4. Non. Par exemple, \(x \mapsto x^2\) vérifie les hypothèses, mais elle n’est pas majorée sur \(\mathbb{R}\). Une telle fonction n’a pas nécessairement de maximum ; en fait, elle n’en a jamais, puisqu’elle n’est pas majorée.

    Corrigé de l’exercice 17 : Une bijection continue de R sur ]-1,1[

    1. Le numérateur \(x\) et le dénominateur \(1 + |x|\) sont continus sur \(\mathbb{R}\). De plus, \(1 + |x| \geq\, 1 > 0\). Par quotient, \(f\) est continue. Enfin, \(f(-x) = \frac{-x}{1 + |x|} = -f(x)\). La fonction \(f\) est continue et impaire.
    2. Pour \(x \geq\, 0\), \(f(x) = \frac{x}{1+x} = 1 – \frac{1}{1+x}\), strictement croissante sur \([0, +\infty[\). Pour \(x \leq\, 0\), \(f(x) = \frac{x}{1-x} = -1 + \frac{1}{1-x}\). Or \(1 – x\) est strictement décroissante et strictement positive, donc \(\frac{1}{1-x}\) est strictement croissante sur \(]-\infty, 0]\). Enfin, si \(x < 0 \leq\, y\), alors \(f(x) < 0 \leq\, f(y)\). Ainsi \(f\) est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\).
    3. En \(+\infty\), \(f(x) = 1 – \frac{1}{1+x} \to 1\). En \(-\infty\), \(f(x) = -1 + \frac{1}{1-x} \to -1\). La fonction \(f\) est continue et strictement croissante sur l’intervalle \(\mathbb{R}\). D’après le théorème de la bijection continue, \(f(\mathbb{R})\) est l’intervalle ouvert de bornes ces deux limites. Donc \(f\) réalise une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]-1, 1[\).
    4. Soit \(y \in [0, 1[\). Son antécédent \(x\) est positif, puisque \(f\) est négative sur \(]-\infty, 0[\). L’équation \(y = \frac{x}{1+x}\) donne \(y + yx = x\), donc \(x = \frac{y}{1-y}\). Soit maintenant \(y \in \,]-1, 0[\). Son antécédent est négatif et \(y = \frac{x}{1-x}\) donne \(y – yx = x\), donc \(x = \frac{y}{1+y}\). Dans les deux cas, \(x = \frac{y}{1 – |y|}\). Cette expression est continue sur \(]-1, 1[\), comme quotient de fonctions continues à dénominateur strictement positif. On a \(f^{-1}(y) = \frac{y}{1 – |y|}\) pour \(y \in \,]-1, 1[\), et \(f^{-1}\) est continue.

    Corrigé de l’exercice 18 : Injectivité et stricte monotonie

    1. Si \(f\) n’est pas strictement croissante, il existe \(x_2 < y_2\) avec \(f(x_2) \geq\, f(y_2)\). Par injectivité, \(f(x_2) \neq f(y_2)\), donc \(f(x_2) > f(y_2)\). De même, si \(f\) n’est pas strictement décroissante, il existe \(x_1 < y_1\) avec \(f(x_1) \leq\, f(y_1)\), donc \(f(x_1) < f(y_1)\). Les quatre points demandés existent.
    2. Pour \(t \in [0, 1]\), le réel \(x(t)\) est compris entre \(x_1\) et \(x_2\). Comme \(I\) est un intervalle, \(x(t) \in I\) ; de même, \(y(t) \in I\). Ensuite,
      \[y(t) – x(t) = (1-t)(y_1 – x_1) + t(y_2 – x_2).\]
      Les deux termes sont positifs et l’un au moins est strictement positif, car \(1 – t\) et \(t\) ne sont pas nuls simultanément. Donc \(x(t) < y(t)\) pour tout \(t \in [0, 1]\).
    3. La fonction \(\varphi\) est continue sur \([0, 1]\), comme composée de fonctions affines et de \(f\). De plus, \(\varphi(0) = f(y_1) – f(x_1) > 0\) et \(\varphi(1) = f(y_2) – f(x_2) < 0\). Par le théorème des valeurs intermédiaires, il existe \(t_0\) avec \(\varphi(t_0) = 0\). Alors \(f(x(t_0)) = f(y(t_0))\), alors que \(x(t_0) \neq y(t_0)\). Cela contredit l’injectivité. Donc \(f\) est strictement monotone sur \(I\).
    4. Sur \([0, 2]\), on pose \(f(x) = x\) si \(x < 1\) et \(f(x) = 3 – x\) si \(x \geq\, 1\). Sur \([0, 1[\), \(f\) est injective, d’image \([0, 1[\). Sur \([1, 2]\), elle est injective, d’image \([1, 2]\). Ces images sont disjointes, donc \(f\) est injective. Pourtant \(f(0) = 0 < f(1) = 2\) et \(f(1) = 2 > f(2) = 1\). Cette fonction injective, discontinue en 1, n’est pas monotone.
    5. La fonction \(x \mapsto 1/x\) est continue et injective sur \(\mathbb{R}^*\). Cependant, \(f(-1) = -1 < f(1) = 1\), tandis que \(f(1) = 1 > f(2) = 1/2\). Elle n’est pas monotone sur \(\mathbb{R}^*\), qui n’est pas un intervalle.

    Corrigé de l’exercice 19 : Continuité uniforme du carré et de la racine

    1. On pose \(x_n = n + \frac1n\) et \(y_n = n\), pour \(n \geq\, 1\). Alors \(x_n – y_n = \frac1n \to 0\). Pourtant, \(x_n^2 – y_n^2 = 2 + \frac{1}{n^2} \geq\, 2\). Avec \(\varepsilon = 2\), aucun \(\delta\) ne convient : il suffit de prendre \(n\) tel que \(1/n \leq\, \delta\). Donc \(x \mapsto x^2\) n’est pas uniformément continue sur \(\mathbb{R}\).

    La figure ci-dessous explique ce phénomène. Trois intervalles de même longueur \(0{,}4\) ont des images de plus en plus longues : \(0{,}56\), puis \(2{,}16\), puis \(3{,}68\). Un même \(\delta\) ne peut donc pas convenir partout.

    Parabole y = x^2 et trois intervalles de même longueur dont les images sont de plus en plus longues

    1. Pour \(x, y \in [-R, R]\), on a \(|x^2 – y^2| = |x + y|\,|x – y| \leq\, 2R\,|x – y|\). La fonction est donc \(2R\)-lipschitzienne sur \([-R, R]\). Soit \(\varepsilon > 0\) ; le choix \(\delta = \frac{\varepsilon}{2R}\) convient. Le carré est uniformément continu sur \([-R, R]\).
    2. Soit \(0 \leq\, y \leq\, x\). On développe :
      \[(\sqrt{y} + \sqrt{x-y})^2 = y + (x – y) + 2\sqrt{y(x-y)} = x + 2\sqrt{y(x-y)} \geq\, x.\]
      Les deux membres sont positifs, donc la croissance de la racine donne \(\sqrt{y} + \sqrt{x – y} \geq\, \sqrt{x}\). Ainsi \(0 \leq\, \sqrt x – \sqrt y \leq\, \sqrt{x – y}\). Par symétrie des rôles, \(|\sqrt{x} – \sqrt{y}| \leq\, \sqrt{|x-y|}\) pour tous \(x, y \geq\, 0\).
    3. Soit \(\varepsilon > 0\) et \(\delta = \varepsilon^2\). Si \(x, y \geq\, 0\) et \(|x – y| \leq\, \delta\), alors \(|\sqrt x – \sqrt y| \leq\, \sqrt{\delta} = \varepsilon\). La racine carrée est uniformément continue sur \([0, +\infty[\).

    Corrigé de l’exercice 20 : Fonctions lipschitziennes

    1. Soit \(f\) \(k\)-lipschitzienne sur \(D\) et \(\varepsilon > 0\). Si \(k = 0\), \(f\) est constante et tout \(\delta\) convient. Sinon, on pose \(\delta = \varepsilon / k\). Pour \(|x – y| \leq\, \delta\), on a \(|f(x) – f(y)| \leq\, k\delta = \varepsilon\). Toute fonction lipschitzienne est uniformément continue.
    2. Sur \([0, \pi/2]\), la fonction \(\psi(u) = u – \sin u\) a pour dérivée \(1 – \cos u \geq\, 0\) et vérifie \(\psi(0) = 0\). Donc \(\sin u \leq\, u\), c’est-à-dire \(|\sin u| \leq\, |u|\). Si \(u > \pi/2\), alors \(|\sin u| \leq\, 1 < \pi/2 < u\). Par imparité, l’inégalité vaut aussi pour \(u < 0\). Ensuite, la formule de factorisation donne
      \[|\sin x – \sin y| = 2|\sin\frac{x-y}{2}| |\cos\frac{x+y}{2}| \leq\, 2 \cdot \frac{|x-y|}{2} = |x – y|.\]
      Le sinus est 1-lipschitzien sur \(\mathbb{R}\).
    3. Sur \(]0, 1]\), on pose \(x_n = \frac1n\) et \(y_n = \frac{1}{2n}\). Alors \(x_n – y_n = \frac{1}{2n} \to 0\), mais \(\frac{1}{y_n} – \frac{1}{x_n} = 2n – n = n \geq\, 1\). Par la caractérisation par les suites, \(1/x\) n’est pas uniformément continue sur \(]0, 1]\). En revanche, pour \(x, y \geq\, 1\), on a \(|\frac1x – \frac1y| = \frac{|x-y|}{xy} \leq\, |x – y|\). La fonction \(1/x\) n’est pas uniformément continue sur \(]0, 1]\), mais elle l’est sur \([1, +\infty[\), car 1-lipschitzienne.
    4. La racine carrée est continue sur le segment \([0, 1]\). D’après le théorème de Heine, elle y est uniformément continue (l’exercice 19 le montre aussi directement). Supposons-la \(k\)-lipschitzienne sur \([0, 1]\). Pour \(0 < x \leq\, 1\), on aurait \(\sqrt x = |\sqrt x – \sqrt 0| \leq\, kx\), donc \(\frac{1}{\sqrt x} \leq\, k\). C’est faux pour \(x < \min(1, 1/k^2)\), avec \(k > 0\). La racine est uniformément continue sur \([0, 1]\) sans y être lipschitzienne.

    Corrigé de l’exercice 21 : Limite en l’infini et continuité uniforme

    1. Par définition de la limite, il existe \(A \geq\, 0\) tel que \(|f(x) – \ell| \leq\, \varepsilon/2\) pour tout \(x \geq\, A\). Pour \(x, y \geq\, A\), l’inégalité triangulaire donne
      \[|f(x) – f(y)| \leq\, |f(x) – \ell| + |\ell – f(y)| \leq\, \varepsilon.\]
      Le seuil \(A\) convient.
    2. Soit \(\varepsilon > 0\) et \(A\) donné par la question 1. La fonction \(f\) est continue sur le segment \([0, A+1]\). D’après le théorème de Heine, il existe \(\delta_1 > 0\) tel que \(|x – y| \leq\, \delta_1\) entraîne \(|f(x) – f(y)| \leq\, \varepsilon\) sur ce segment. On pose \(\delta = \min(\delta_1, 1)\). Soit \(x, y \geq\, 0\) avec \(|x – y| \leq\, \delta\). Si \(x\) et \(y\) sont dans \([0, A+1]\), la conclusion vient de \(\delta_1\). Sinon, l’un d’eux dépasse \(A + 1\). Comme \(|x – y| \leq\, 1\), l’autre dépasse \(A\), et la question 1 conclut. Donc \(f\) est uniformément continue sur \([0, +\infty[\).
    3. L’arctangente est continue et tend vers \(\pi/2\) en \(+\infty\). Ensuite, \(x \mapsto \frac{\sin x}{1+x}\) est continue sur \([0, +\infty[\) et vérifie \(|\frac{\sin x}{1+x}| \leq\, \frac{1}{1+x}\). Par encadrement, elle tend vers 0 en \(+\infty\). La question 2 s’applique aux deux fonctions : elles sont uniformément continues sur \([0, +\infty[\).
    4. Non. La fonction \(x \mapsto x\) est 1-lipschitzienne, donc uniformément continue sur \([0, +\infty[\), mais elle n’a pas de limite finie en \(+\infty\). Le sinus fournit un autre contre-exemple. La réciproque est fausse.

    Corrigé de l’exercice 22 : Problème : fonctions continues périodiques

    1. Par définition de la partie entière, \(k \leq\, x/T < k + 1\). En multipliant par \(T > 0\), on obtient \(kT \leq\, x < kT + T\), donc \(x – kT \in [0, T[\). Ensuite, la relation \(f(x + T) = f(x)\) donne aussi \(f(x – T) = f(x)\). Par récurrence, \(f(x + jT) = f(x)\) pour tout \(j \in \mathbb{Z}\). En particulier, \(f(x) = f(x – kT)\).
    2. La fonction \(f\) est continue sur le segment \([0, T]\). Par le théorème des bornes atteintes, il existe \(c, d \in [0, T]\) tels que \(f(c) \leq\, f(t) \leq\, f(d)\) pour tout \(t \in [0, T]\). Soit \(x\) réel. D’après la question 1, \(f(x) = f(x – kT)\) avec \(x – kT \in [0, T[\). Donc \(f(c) \leq\, f(x) \leq\, f(d)\). Ainsi \(f\) est bornée sur \(\mathbb{R}\) et y atteint son minimum en \(c\) et son maximum en \(d\).
    3. Soit \(\varepsilon > 0\). Le théorème de Heine sur \([0, 2T]\) fournit \(\delta_0 > 0\) adapté à \(\varepsilon\) sur ce segment. On pose \(\delta = \min(\delta_0, T)\). Soit \(x \leq\, y\) avec \(y – x \leq\, \delta\), et \(k = E(x/T)\). On note \(x^{\prime} = x – kT \in [0, T[\) et \(y^{\prime} = y – kT\). Alors \(x^{\prime} \leq\, y^{\prime} \leq\, x^{\prime} + T < 2T\), donc \(x^{\prime}, y^{\prime} \in [0, 2T]\). De plus, \(|x^{\prime} – y^{\prime}| = |x – y| \leq\, \delta_0\). Par périodicité, \(|f(x) – f(y)| = |f(x^{\prime}) – f(y^{\prime})| \leq\, \varepsilon\). Donc \(f\) est uniformément continue sur \(\mathbb{R}\).
    4. Soit \(x\) réel. La suite \(x_n = x + nT\) tend vers \(+\infty\). Par caractérisation séquentielle, \(f(x_n) \to \ell\). Or \(f(x_n) = f(x)\) pour tout \(n\), donc cette suite constante tend vers \(f(x)\). Par unicité de la limite, \(f(x) = \ell\). La fonction \(f\) est constante, égale à \(\ell\).
    5. Soit \(x\) réel. Pour tout \(n\), \(f(x) = f(x + nT) \geq\, -g(x + nT)\). Quand \(n \to +\infty\), \(x + nT \to +\infty\), donc \(g(x + nT) \to 0\) par caractérisation séquentielle. En passant à la limite dans l’inégalité, \(f(x) \geq\, 0\). Donc \(f \geq\, 0\) sur \(\mathbb{R}\).
    6. Première méthode : le sinus est continu et \(2\pi\)-périodique, et \(g : x \mapsto \frac{1}{1+x^2}\) est continue de limite 0 en \(+\infty\). Si \(\sin + g\) était positive, la question 5 donnerait \(\sin \geq\, 0\). Or \(\sin(3\pi/2) = -1\). Seconde méthode : en \(x = 3\pi/2\), on obtient \(-1 + \frac{1}{1 + 9\pi^2/4}\). Cette quantité est strictement négative, car la fraction est strictement inférieure à 1. La fonction \(x \mapsto \sin x + \frac{1}{1+x^2}\) n’est pas positive sur \(\mathbb{R}\).

    Point de méthode : pour une fonction périodique, on ramène toujours l’étude à une période, sur laquelle les théorèmes des segments s’appliquent. Les suites \((x + nT)\) servent ensuite à relier la périodicité au comportement en \(+\infty\).

    Revenir aux énoncés des exercices

    Pour aller plus loin en L1

    Voter... post

    Télécharger et imprimer ce document en PDF gratuitement :

    Vous avez la possibilité de télécharger puis d'imprimer gratuitement ce document «limites et continuité : corrigé des exercices de maths en L1.» au format PDF.


    Applications Mathovore

    Les applications Mathovore gratuites

    Des applis pour réviser et s’entraîner en maths en jouant, du CP à la Terminale, sur Android et iPhone.

    Découvrir

    Inscription gratuite à Mathovore.  Mathovore c'est 14 122 542 cours et exercices de maths téléchargés en PDF.

    Télécharger les manuels scolaires de maths Mathovore en PDF, du CP à la Terminale