Voici le corrigé du contrôle de maths spé sur le thème : normes, boules et normes équivalentes.
Ce corrigé détaille chaque vérification comme on l’attend en spé. Pour montrer qu’une application est une norme, l’essentiel se joue sur la séparation : une dérivée nulle, un polynôme aux racines infinies. Les inégalités entre normes usuelles reposent sur l’inégalité de Cauchy-Schwarz, et les constantes obtenues sont optimales.
Une figure superpose le carré et le losange, boules unités du plan. Les fonctions chapeaux donnent la non-équivalence des normes, puisque leur rapport tend vers l’infini. Enfin, un second graphique montre les quatre valeurs d’adhérence d’une suite du plan. Un barème précis conclut chaque exercice.
L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths spé : normes, boules et normes équivalentes.
| Exercice | Points |
| Exercice 1 : Question de cours : normes usuelles sur K^n | 3 points |
| Exercice 2 : Normes sur des espaces de fonctions et de polynômes | 4 points |
| Exercice 3 : Boules unités dans le plan | 3 points |
| Exercice 4 : Fonctions chapeaux et normes non équivalentes | 4 points |
| Exercice 5 : Problème : suites de matrices et valeurs d’adhérence | 6 points |
| Total | 20 points |
Exercice 1 : Question de cours : normes usuelles sur K^n (3 points)
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Une norme sur \(E\) est une application \(N : E \to \mathbb{R}_+\) qui vérifie, pour tous \(x, y \in E\) et tout \(\lambda \in \mathbb{K}\) :
la séparation \(N(x) = 0 \Rightarrow x = 0\) ; l’homogénéité \(N(\lambda x) = |\lambda| N(x)\) ; l’inégalité triangulaire \(N(x + y) \leq\, N(x) + N(y)\).
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Soit \(x \in \mathbb{K}^n\) et \(i\) un indice tel que \(|x_i| = \|x\|_\infty\).
D’abord, \(\|x\|_\infty^2 = |x_i|^2 \leq\, \sum_k |x_k|^2 = \|x\|_2^2\), donc \(\|x\|_\infty \leq\, \|x\|_2\).
Ensuite, \(\|x\|_1^2 = \sum_k |x_k|^2 + \sum_{k \neq l} |x_k|\,|x_l| \geq\, \|x\|_2^2\), d’où \(\|x\|_2 \leq\, \|x\|_1\).
Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz dans \(\mathbb{R}^n\) appliquée aux vecteurs \((1, \ldots, 1)\) et \((|x_1|, \ldots, |x_n|)\) :
\[\|x\|_1 = \sum_{k=1}^{n} 1 \times |x_k| \leq\, \sqrt{n} (\sum_{k=1}^{n} |x_k|^2)^{1/2} = \sqrt{n}\, \|x\|_2.\]
Enfin, \(\|x\|_2^2 = \sum_k |x_k|^2 \leq\, n \|x\|_\infty^2\), donc \(\sqrt{n}\, \|x\|_2 \leq\, \sqrt{n} \times \sqrt{n}\, \|x\|_\infty = n \|x\|_\infty\).
La chaîne d’inégalités est démontrée.
Barème : a) 1 point (0,5 point si un axiome manque) ; b) 0,5 point par inégalité, Cauchy-Schwarz devant être cité.
Exercice 2 : Normes sur des espaces de fonctions et de polynômes (4 points)
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Pour \(f \in E\), la fonction \(f^{\prime}\) est continue sur le segment \([0, 1]\), donc bornée : \(N(f)\) est un réel positif. L’homogénéité vient de \(|\lambda f(0)| = |\lambda|\,|f(0)|\) et de \(\|\lambda f^{\prime}\|_\infty = |\lambda|\, \|f^{\prime}\|_\infty\). L’inégalité triangulaire découle de \(|f(0) + g(0)| \leq\, |f(0)| + |g(0)|\) et de l’inégalité triangulaire pour \(\|\cdot\|_\infty\).
Séparation : si \(N(f) = 0\), alors \(f(0) = 0\) et \(f^{\prime} = 0\) sur \([0, 1]\). La fonction \(f\) est donc constante sur l’intervalle \([0, 1]\), égale à \(f(0) = 0\). Ainsi \(N\) est une norme sur \(E\).
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Soit \(x \in [0, 1]\). Comme \(f\) est de classe \(\mathcal{C}^1\), \(f(x) = f(0) + \int_0^x f^{\prime}(t)\, dt\). Alors :
\[|f(x)| \leq\, |f(0)| + \int_0^x |f^{\prime}(t)|\, dt \leq\, |f(0)| + x \|f^{\prime}\|_\infty \leq\, N(f).\]
En passant à la borne supérieure sur \(x\), \(\|f\|_\infty \leq\, N(f)\).
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Pour \(n \geq\, 1\), \(\|g_n\|_\infty = 1\), et \(g_n^{\prime}(x) = n x^{n-1}\) donne \(\|g_n^{\prime}\|_\infty = n\), donc \(N(g_n) = 0 + n = n\). S’il existait \(\beta > 0\) tel que \(N \leq\, \beta \|\cdot\|_\infty\), on aurait \(n \leq\, \beta\) pour tout \(n\), ce qui est absurde. Les normes \(N\) et \(\|\cdot\|_\infty\) ne sont donc pas équivalentes.
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Une fonction polynomiale est continue sur le segment \([0, 1]\), donc bornée : la borne supérieure existe. L’homogénéité et l’inégalité triangulaire se démontrent comme pour la norme de la convergence uniforme. Pour la séparation, si \(\sup_{[0, 1]} |P| = 0\), alors \(P\) s’annule en tout point de \([0, 1]\). Il possède donc une infinité de racines. Par conséquent \(P = 0\), et l’application est une norme sur \(\mathbb{R}[X]\).
Barème : a) 0,5 point pour homogénéité et inégalité triangulaire, 0,5 point pour la séparation ; b) 1 point ; c) 0,5 point pour les calculs, 0,5 point pour la conclusion ; d) 0,5 point pour l’existence, 0,5 point pour la séparation.
Exercice 3 : Boules unités dans le plan (3 points)
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La condition \(\max(|x|, |y|) \leq\, 1\) équivaut à \(-1 \leq\, x \leq\, 1\) et \(-1 \leq\, y \leq\, 1\) : \(B_\infty\) est le carré plein de sommets \((\pm 1, \pm 1)\). Dans le quadrant \(x \geq\, 0\), \(y \geq\, 0\), la condition \(|x| + |y| \leq\, 1\) s’écrit \(x + y \leq\, 1\), et les symétries par rapport aux axes donnent le reste : \(B_1\) est le losange plein de sommets \((\pm 1, 0)\) et \((0, \pm 1)\).
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Pour \(u = (x, y)\), on a \(\max(|x|, |y|) \leq\, |x| + |y| \leq\, 2 \max(|x|, |y|)\). L’égalité a lieu à gauche pour \(u = (1, 0)\) et à droite pour \(u = (1, 1)\) : les constantes sont optimales.
Si \(\|u\|_\infty \leq\, \frac{1}{2}\), alors \(\|u\|_1 \leq\, 2 \times \frac{1}{2} = 1\). Si \(\|u\|_1 \leq\, 1\), alors \(\|u\|_\infty \leq\, \|u\|_1 \leq\, 1\). Donc \(B_\infty(0, \frac{1}{2}) \subset B_1 \subset B_\infty\), ce que montre la figure.
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Soient \(u, v \in B_f(a, r)\) et \(t \in [0, 1]\). Comme \((1 – t) u + t v – a = (1 – t)(u – a) + t (v – a)\), l’inégalité triangulaire et l’homogénéité donnent :
\[\|(1 – t) u + t v – a\| \leq\, (1 – t)\|u – a\| + t \|v – a\| \leq\, (1 – t) r + t r = r.\]
Le point \((1 – t) u + t v\) appartient à la boule : celle-ci est convexe.
Barème : a) 0,5 point par boule, avec la justification ; b) 0,5 point pour l’encadrement et l’optimalité, 0,5 point pour les inclusions ; c) 1 point.
Exercice 4 : Fonctions chapeaux et normes non équivalentes (4 points)
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Pour tout \(t \in [0, 1]\), \(|f(t)| \leq\, \|f\|_\infty\). Par croissance de l’intégrale, \(\|f\|_1 \leq\, \int_0^1 \|f\|_\infty\, dt = \|f\|_\infty\). Donc \(\|f\|_1 \leq\, \|f\|_\infty\).
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Sur \([0, \frac{2}{n}]\), \(f_n\) est continue comme composée de fonctions continues. En \(x = \frac{2}{n}\), la première formule donne \(1 – n \times \frac{1}{n} = 0\), valeur de la seconde : les deux expressions se raccordent, donc \(f_n\) est continue sur \([0, 1]\) (et \(\frac{2}{n} \leq\, 1\) car \(n \geq\, 2\)).
La fonction \(f_n\) est affine croissante de \(0\) à \(1\) sur \([0, \frac{1}{n}]\), affine décroissante de \(1\) à \(0\) sur \([\frac{1}{n}, \frac{2}{n}]\), puis nulle. Elle est positive et atteint son maximum \(1\) en \(\frac{1}{n}\) : \(\|f_n\|_\infty = 1\). L’intégrale est l’aire d’un triangle de base \(\frac{2}{n}\) et de hauteur \(1\) : \(\|f_n\|_1 = \frac{1}{2} \times \frac{2}{n} \times 1 = \frac{1}{n}\).
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Supposons qu’il existe \(\alpha > 0\) tel que \(\|f\|_\infty \leq\, \alpha \|f\|_1\) pour tout \(f \in F\). Avec \(f = f_n\), on obtient \(1 \leq\, \frac{\alpha}{n}\), soit \(n \leq\, \alpha\) pour tout \(n \geq\, 2\) : c’est absurde.
Il n’existe pas de telle constante : les deux normes ne sont pas équivalentes, bien que \(\|\cdot\|_1\) soit dominée par \(\|\cdot\|_\infty\).
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Comme \(\|f_n – 0\|_1 = \frac{1}{n} \to 0\), \((f_n)\) converge vers la fonction nulle dans \((F, \|\cdot\|_1)\).
Supposons que \((f_n)\) converge vers \(g\) pour \(\|\cdot\|_\infty\). Pour tout \(x\), \(|f_n(x) – g(x)| \leq\, \|f_n – g\|_\infty\), donc \(f_n(x) \to g(x)\). Or \(f_n(0) = 0\), et pour \(x > 0\), \(f_n(x) = 0\) dès que \(n > \frac{2}{x}\). Ainsi \(g = 0\), puis \(\|f_n – g\|_\infty = 1\) ne tend pas vers \(0\) : contradiction. La suite ne converge pas dans \((F, \|\cdot\|_\infty)\).
Barème : a) 0,5 point ; b) 0,5 point pour la continuité, 0,5 point pour chaque norme ; c) 1 point ; d) 0,5 point pour chaque espace.
Erreur fréquente : conclure à la non-équivalence à partir de la seule inégalité \(\|f\|_1 \leq\, \|f\|_\infty\) ; c’est l’absence d’inégalité dans l’autre sens qu’il faut prouver.
Exercice 5 : Problème : suites de matrices et valeurs d’adhérence (6 points)
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Pour tous \(i, j\), on a \(|(M_k)_{ij} – L_{ij}| \leq\, N(M_k – L)\). Si \(N(M_k – L) \to 0\), chaque coefficient converge donc vers celui de \(L\).
Réciproquement, si les quatre suites de coefficients convergent, alors \(N(M_k – L) = \max_{i, j} |(M_k)_{ij} – L_{ij}|\) est le maximum de quatre suites de limite nulle : il tend vers \(0\). La convergence pour \(N\) équivaut à la convergence coefficient par coefficient.
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Un vecteur \(\ell\) est une valeur d’adhérence de \((x_k)\) s’il existe une application \(\sigma : \mathbb{N} \to \mathbb{N}\) strictement croissante telle que \(x_{\sigma(k)} \to \ell\). Si \(x_k \to \ell\), toute suite extraite converge aussi vers \(\ell\) ; par unicité de la limite, \(\ell\) est la seule valeur d’adhérence.
On calcule \(A^2 = -I_2\), donc \(A^4 = I_2\). Pour tout \(p\), \(A^{4p} = I_2\), \(A^{4p+1} = A\), \(A^{4p+2} = -I_2\) et \(A^{4p+3} = -A\). Ces quatre suites extraites sont constantes : \(I_2\), \(A\), \(-I_2\) et \(-A\) sont des valeurs d’adhérence de \((A^k)\). Elles sont distinctes, donc la suite \((A^k)\) diverge.
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Comme \(\cos\frac{\pi}{4} = \sin\frac{\pi}{4} = \frac{\sqrt{2}}{2}\), on a \(B = \frac{\sqrt{2}}{2} R_{\pi/4}\). Par récurrence, grâce à \(R_\theta R_\varphi = R_{\theta + \varphi}\), on obtient \(R_{\pi/4}^k = R_{k\pi/4}\), donc :
\[B^k = (\frac{\sqrt{2}}{2})^k R_{k\pi/4}, \qquad N(B^k) = 2^{-k/2} \max(|\cos\frac{k\pi}{4}|, |\sin\frac{k\pi}{4}|) \leq\, 2^{-k/2}.\]
Comme \(2^{-k/2} \to 0\), la suite \((B^k)\) converge vers la matrice nulle.
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Le signe de \((-1)^n\) dépend de la parité de \(n\), et \(\cos\frac{2n\pi}{3}\) ne dépend que du reste de \(n\) modulo 3. Pour \(n = 6p + r\), on obtient :
\(r\) 0 1 2 3 4 5 \((-1)^n\) \(1\) \(-1\) \(1\) \(-1\) \(1\) \(-1\) \(\cos\frac{2n\pi}{3}\) \(1\) \(-\frac{1}{2}\) \(-\frac{1}{2}\) \(1\) \(-\frac{1}{2}\) \(-\frac{1}{2}\) La première coordonnée de \(u_{6p+r}\) diffère de \(\pm 1\) de \(\frac{1}{6p + r}\), qui tend vers \(0\), et la seconde est constante. Les suites extraites \((u_{6p+r})_p\) convergent donc vers \(\ell_0 = (1, 1)\), \(\ell_1 = \ell_5 = (-1, -\frac{1}{2})\), \(\ell_2 = \ell_4 = (1, -\frac{1}{2})\) et \(\ell_3 = (-1, 1)\).
Réciproquement, soit \(\ell\) une valeur d’adhérence, limite de \((u_{\sigma(k)})\). Les six classes de restes modulo 6 recouvrent \(\mathbb{N}\), donc l’une d’elles, disons \(r\), contient \(\sigma(k)\) pour une infinité de \(k\). On en extrait une sous-suite de \((u_{\sigma(k)})\), qui converge vers \(\ell\), et qui est aussi extraite de \((u_{6p+r})_p\), donc converge vers \(\ell_r\). Par unicité de la limite, \(\ell = \ell_r\).
L’ensemble des valeurs d’adhérence est \(\{(1, 1),\ (-1, 1),\ (1, -\frac{1}{2}),\ (-1, -\frac{1}{2})\}\).
Barème : a) 0,5 point par implication ; b) 0,5 point pour la définition et l’unicité, 0,5 point pour les puissances, 0,5 point pour la conclusion ; c) 0,5 point pour l’écriture \(\rho R_\theta\), 1 point pour la majoration et la limite ; d) 1 point pour les six suites extraites, 1 point pour l’absence d’autre valeur d’adhérence.
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Après le corrigé du contrôle : normes, boules et normes équivalentes
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