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Corrigé du contrôle de maths spé : groupes monogènes, ordre d’un élément et Z/nZ

    Corrigé du contrôle de maths spé : groupes monogènes, ordre d'un élément et Z/nZ

    Voici le corrigé du contrôle de maths spé sur le thème : groupes monogènes, ordre d’un élément et Z/nZ.

    Ce corrigé détaille une rédaction complète, du niveau attendu à l’écrit des concours. La question de cours repose sur un seul outil : le morphisme de Z dans le groupe, dont le noyau est un sous-groupe de Z.

    Les exercices techniques utilisent le théorème de Bézout pour les générateurs de Z/nZ, puis l’intersection de deux sous-groupes cycliques pour l’ordre d’un produit. Le problème présente la preuve de Lagrange par le produit de tous les éléments, qui exige la commutativité. Chaque exercice se termine par un barème détaillé. Comparez votre copie question par question et repérez les hypothèses que vous auriez oublié de citer.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths spé : groupes monogènes, ordre d’un élément et z/nz.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours 5 points
    Exercice 2 : Générateurs de Z/12Z et racines de l’unité 4 points
    Exercice 3 : Ordre d’un produit 4 points
    Exercice 4 : Sous-groupes de (Z, +) 3 points
    Exercice 5 : Groupes commutatifs finis et ordre premier 4 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours (5 points)

    1. Soit \(\varphi : \mathbb{Z} \to G\), \(k \mapsto a^k\). Pour tous entiers \(k\) et \(l\), on a \(a^{k+l} = a^k a^l\), donc \(\varphi\) est un morphisme de groupes de \((\mathbb{Z}, +)\) dans \(G\). Son image est \(\{a^k : k \in \mathbb{Z}\} = \langle a \rangle = G\), donc \(\varphi\) est surjectif.

      Le noyau \(\ker \varphi\) est un sous-groupe de \((\mathbb{Z}, +)\), donc il existe \(n \in \mathbb{N}\) tel que \(\ker \varphi = n\mathbb{Z}\).

      Cas \(n = 0\). Le noyau est réduit à \(\{0\}\), donc \(\varphi\) est injectif. C’est alors un isomorphisme de \(\mathbb{Z}\) sur \(G\), et \(G\) est infini.

      Cas \(n \geq\, 1\). Pour \(k \in \mathbb{Z}\), la division euclidienne donne \(k = qn + r\) avec \(0 \leq\, r \leq\, n – 1\). Comme \(a^n = e\), on obtient \(a^k = (a^n)^q a^r = a^r\). Ainsi \(G = \{e, a, \ldots, a^{n-1}\}\) est fini.

      Par contraposée, si \(G\) est infini, on est dans le premier cas : \(G\) est isomorphe à \((\mathbb{Z}, +)\).

      Si \(G\) est fini, \(\varphi\) ne peut pas être injectif (\(\mathbb{Z}\) est infini), donc \(n \geq\, 1\). Définissons \(\psi : \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} \to G\) par \(\psi(\overline{k}) = a^k\). Elle est bien définie : si \(\overline{k} = \overline{l}\), alors \(k – l \in n\mathbb{Z} = \ker \varphi\), donc \(a^k = a^l\). C’est un morphisme, car \(\psi(\overline{k} + \overline{l}) = a^{k+l} = \psi(\overline{k})\psi(\overline{l})\). Elle est surjective, comme \(\varphi\). Enfin, \(\psi(\overline{k}) = e\) signifie \(k \in n\mathbb{Z}\), soit \(\overline{k} = \overline{0}\) : \(\psi\) est injective. Par conséquent \(\psi\) est un isomorphisme, et \(G\) a \(n\) éléments. Un groupe monogène fini de cardinal \(n\) est isomorphe à \((\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}, +)\).
    2. L’application \(\varphi_x : k \mapsto x^k\) est un morphisme de \((\mathbb{Z}, +)\) dans \(G\). Son noyau est un sous-groupe de \(\mathbb{Z}\), donc de la forme \(m\mathbb{Z}\) avec \(m \in \mathbb{N}\).

      Par définition, \(d\) est le plus petit entier \(k \geq\, 1\) tel que \(x^k = e\) ; il existe, donc le noyau n’est pas réduit à \(\{0\}\) et \(m \geq\, 1\). Or le plus petit élément strictement positif de \(m\mathbb{Z}\) est \(m\). Ainsi \(m = d\), et \(\ker \varphi_x = d\mathbb{Z}\).

      En conclusion, \(x^n = e \iff n \in \ker \varphi_x = d\mathbb{Z} \iff d\) divise \(n\).

    Barème : a) 3 points : 0,5 pour le morphisme surjectif, 0,5 pour la forme du noyau, 0,5 pour le cas infini, 0,5 pour la finitude quand \(n \geq\, 1\), 1 pour l’isomorphisme \(\psi\) bien défini, injectif et surjectif ; b) 2 points : 1 pour le noyau \(m\mathbb{Z}\), 1 pour l’identification \(m = d\).

    Exercice 2 : Générateurs de Z/12Z et racines de l’unité (4 points)

    1. Le sous-groupe engendré par \(\overline{k}\) est \(\{u\overline{k} : u \in \mathbb{Z}\}\). Comme \(\overline{1}\) engendre \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\), on a : \(\overline{k}\) engendre \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\) si et seulement si \(\overline{1} \in \langle \overline{k} \rangle\).

      Cela équivaut à l’existence de \(u \in \mathbb{Z}\) tel que \(uk \equiv 1 \pmod n\), donc à l’existence d’entiers \(u\) et \(v\) tels que \(uk + vn = 1\). D’après le théorème de Bézout, \(\overline{k}\) engendre \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\) si et seulement si \(k \wedge n = 1\).
    2. Les entiers de \(\{0, \ldots, 11\}\) premiers avec 12 sont 1, 5, 7 et 11. Les générateurs de \(\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\) sont \(\overline{1}\), \(\overline{5}\), \(\overline{7}\) et \(\overline{11}\).

      L’ordre de \(\overline{8}\) est le plus petit \(m \geq\, 1\) tel que 12 divise \(8m\), soit 3 divise \(2m\), c’est-à-dire 3 divise \(m\) : \(\overline{8}\) est d’ordre 3 (\(3 \times 8 = 24\)). De même, 12 divise \(9m\) équivaut à 4 divise \(3m\), soit 4 divise \(m\) : \(\overline{9}\) est d’ordre 4 (\(4 \times 9 = 36\)). On retrouve la formule \(\dfrac{12}{k \wedge 12}\).
    3. Posons \(\omega = e^{2i\pi/n}\). On sait que \(\mathbb{U}_n = \{\omega^k : 0 \leq\, k \leq\, n-1\}\), donc \(\mathbb{U}_n = \langle \omega \rangle\) est monogène, fini de cardinal \(n\) : il est cyclique. D’après l’exercice 1, il est isomorphe à \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\), par l’isomorphisme \(\psi : \overline{k} \mapsto \omega^k\).

      Un isomorphisme envoie les générateurs sur les générateurs. Ainsi les générateurs de \(\mathbb{U}_n\) sont les \(e^{2ik\pi/n}\) avec \(k \wedge n = 1\). Pour \(n = 12\), on prend \(k \in \{1, 5, 7, 11\}\) : les générateurs de \(\mathbb{U}_{12}\) sont \(e^{i\pi/6}\), \(e^{5i\pi/6}\), \(e^{7i\pi/6}\) et \(e^{11i\pi/6}\).

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour la traduction \(\overline{1} \in \langle \overline{k} \rangle\), 1 pour l’équivalence avec Bézout ; b) 1 point : 0,5 pour les générateurs, 0,5 pour les deux ordres ; c) 1,5 point : 0,5 pour le caractère cyclique, 0,5 pour l’isomorphisme, 0,5 pour la liste.

    Exercice 3 : Ordre d’un produit (4 points)

    1. Comme \(x\) et \(y\) commutent, \((xy)^{ab} = x^{ab}y^{ab} = (x^a)^b (y^b)^a = e\). Donc \((xy)^{ab} = e\).
    2. Soit \(z \in \langle x \rangle \cap \langle y \rangle\). Il existe \(k\) tel que \(z = x^k\), donc \(z^a = (x^a)^k = e\). De même, \(z^b = e\). D’après l’exercice 1 b), l’ordre \(\delta\) de \(z\) divise \(a\) et \(b\). Il divise donc \(a \wedge b = 1\), d’où \(\delta = 1\) et \(z = e\). Ainsi \(\langle x \rangle \cap \langle y \rangle = \{e\}\).
    3. Notons \(m\) l’ordre de \(xy\), fini d’après a). Comme \(x\) et \(y\) commutent, \((xy)^m = e\) s’écrit \(x^m = y^{-m}\). Cet élément appartient à \(\langle x \rangle \cap \langle y \rangle\), donc il vaut \(e\) d’après b).

      Ainsi \(x^m = e\) et \(y^m = e\), donc \(a\) divise \(m\) et \(b\) divise \(m\). Comme \(a \wedge b = 1\), le produit \(ab\) divise \(m\). Par ailleurs \(m\) divise \(ab\) d’après a) et l’exercice 1 b). L’ordre de \(xy\) est donc \(ab\).
    4. Dans \(\mathbb{C}^*\), commutatif, \(i\) est d’ordre 4 et \(e^{2i\pi/3}\) est d’ordre 3. Comme \(4 \wedge 3 = 1\), \(i\,e^{2i\pi/3}\) est d’ordre 12. En effet, \(i\,e^{2i\pi/3} = e^{7i\pi/6} = e^{2i\pi \times 7/12}\), avec \(7 \wedge 12 = 1\).

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1,5 point : 0,5 pour \(z^a = z^b = e\), 1 pour la conclusion par le PGCD ; c) 1,5 point : 0,5 pour \(x^m = y^{-m}\), 0,5 pour \(ab\) divise \(m\), 0,5 pour la conclusion ; d) 0,5 point.

    Erreur fréquente : sans l’hypothèse \(a \wedge b = 1\), le résultat est faux : \(x\) et \(x^{-1}\) ont le même ordre, mais leur produit vaut \(e\).

    Exercice 4 : Sous-groupes de (Z, +) (3 points)

    1. Si \(H = \{0\}\), alors \(H = 0\mathbb{Z}\). Sinon, \(H\) contient un entier non nul \(h\), ainsi que son opposé : \(H \cap \mathbb{N}^*\) est une partie non vide de \(\mathbb{N}\). Elle admet donc un plus petit élément \(n\).

      Comme \(H\) est un sous-groupe contenant \(n\), il contient \(n\mathbb{Z}\). Réciproquement, soit \(h \in H\) ; écrivons \(h = qn + r\) avec \(0 \leq\, r \leq\, n – 1\). Alors \(r = h – qn \in H\). Par minimalité de \(n\), on a \(r = 0\), donc \(h \in n\mathbb{Z}\). Ainsi \(H = n\mathbb{Z}\).
    2. L’ensemble \(a\mathbb{Z} + b\mathbb{Z}\) contient \(0\) ; il est stable par somme et par passage à l’opposé, car \((au + bv) – (au^{\prime} + bv^{\prime}) = a(u – u^{\prime}) + b(v – v^{\prime})\). C’est donc un sous-groupe de \(\mathbb{Z}\), égal à \(d\mathbb{Z}\) avec \(d \in \mathbb{N}\), et \(d \neq 0\) car \(a\) ou \(b\) est non nul.

      D’abord, \(a\) et \(b\) sont dans \(d\mathbb{Z}\), donc \(d\) est un diviseur commun de \(a\) et \(b\). Ensuite, \(d\) s’écrit \(au + bv\) : tout diviseur commun de \(a\) et \(b\) divise donc \(d\). Ainsi \(d = a \wedge b\). Comme \(12 \wedge 18 = 6\), \(12\mathbb{Z} + 18\mathbb{Z} = 6\mathbb{Z}\).
    3. Un entier appartient à \(12\mathbb{Z} \cap 18\mathbb{Z}\) si et seulement si c’est un multiple commun de 12 et 18, donc un multiple de leur PPCM, qui vaut \(\dfrac{12 \times 18}{6} = 36\). Donc \(m = 36\).

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour l’existence du minimum, 1 pour la division euclidienne ; b) 1 point : 0,5 pour la structure de sous-groupe, 0,5 pour \(d = a \wedge b\) et l’application ; c) 0,5 point.

    Exercice 5 : Groupes commutatifs finis et ordre premier (4 points)

    1. L’application \(g \mapsto x^{-1}g\) vérifie \(x^{-1}(xg) = g\) et \(x(x^{-1}g) = g\). C’est donc une réciproque de \(\tau_x\). Ainsi \(\tau_x\) est une bijection de \(G\) sur \(G\).
    2. Comme \(\tau_x\) est une bijection de \(G\) et que \(G\) est commutatif, le produit des \(xg\) est le produit de tous les éléments de \(G\) dans un autre ordre :
      \[\prod_{g \in G} (xg) = \prod_{h \in G} h = P.\]
      D’autre part, la commutativité permet de regrouper les \(n\) facteurs \(x\) :
      \[\prod_{g \in G} (xg) = x^n \prod_{g \in G} g = x^n P.\]
      Donc \(x^n P = P\). En multipliant par \(P^{-1}\), on obtient \(x^n = e\).
    3. Soit \(x \in G\), d’ordre \(d\). D’après b), \(x^n = e\), donc, par l’exercice 1 b), \(d\) divise \(n = \operatorname{card} G\).
    4. Soit \(x \neq e\) dans \(G\). Son ordre \(d\) divise \(p\) et \(d \neq 1\), donc \(d = p\). Alors \(\langle x \rangle\) contient les \(p\) éléments distincts \(e, x, \ldots, x^{p-1}\) : c’est \(G\) tout entier. Ainsi \(G\) est monogène fini. \(G\) est cyclique, engendré par tout \(x \neq e\), et isomorphe à \(\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}\) d’après l’exercice 1 a).
    5. Soit \(x\) d’ordre 2 et \(y\) d’ordre 3. Ils commutent et \(2 \wedge 3 = 1\), donc \(xy\) est d’ordre 6 d’après l’exercice 3. Alors \(\langle xy \rangle\) a 6 éléments : c’est \(G\). Le groupe est cyclique, isomorphe à \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\).

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1,5 point : 0,5 pour le changement d’indice par la bijection, 0,5 pour le regroupement des \(x\), 0,5 pour la simplification par \(P\) ; c) 0,5 point ; d) 1 point : 0,5 pour l’ordre \(p\), 0,5 pour la conclusion ; e) 0,5 point.

    Erreur fréquente : citer le théorème de Lagrange général pour la question c) alors que l’énoncé demande de le déduire de b). Il faut utiliser le résultat démontré.

    Revenir à l’énoncé du contrôle

    Après le corrigé du contrôle : groupes monogènes, ordre d’un élément et Z/nZ

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Groupes » en maths spé puis entraînez-vous avec les exercices corrigés groupes.

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