Ce corrigé variables spé rédige chaque solution comme on l’attend en devoir surveillé ou en colle. Chaque loi est donnée par son ensemble de valeurs et ses probabilités, puis vérifiée par une somme égale à 1 quand c’est utile. Les lois de sommes passent par une réunion disjointe d’événements, et celles des extrema par \(P(M \leq\, n)\) ou \(P(m > n)\).
Soyez attentif à trois points. D’abord, l’indépendance doit être justifiée avant d’écrire un produit. Ensuite, le lemme des coalitions ne s’applique qu’à des paquets disjoints. Enfin, une loi conditionnelle n’a de sens que si l’événement conditionnant est de probabilité non nulle. Des figures illustrent les lois obtenues.
Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths spé sur variables aléatoires discrètes.
Corrigé de l’exercice 1 : Une loi sur N* définie par une constante
- Les nombres \(\dfrac{c}{k(k+1)}\) doivent être positifs et de somme \(1\). D’abord, \(\dfrac{1}{k(k+1)} = \dfrac1k – \dfrac1{k+1}\). Par télescopage, \(\sum_{k=1}^{n} \dfrac{1}{k(k+1)} = 1 – \dfrac{1}{n+1}\), qui tend vers \(1\). La condition \(c \cdot 1 = 1\) donne donc \(c = 1\).
- Pour \(N \geq\, n\), \(\sum_{k=n}^{N} (\dfrac1k – \dfrac1{k+1}) = \dfrac1n – \dfrac1{N+1}\). En faisant tendre \(N\) vers \(+\infty\), on obtient \(P(X \geq\, n) = \dfrac1n\).
- L’événement \((X \text{ pair})\) est la réunion disjointe des \((X = 2j)\), pour \(j \geq\, 1\). Ainsi,
\[P(X \text{ pair}) = \sum_{j \geq\, 1} (\dfrac{1}{2j} – \dfrac{1}{2j+1}).\]
Notons \(A_N = \sum_{m=1}^{N} \dfrac{(-1)^{m+1}}{m}\). La somme partielle d’indice \(J\) vaut \(\dfrac12 – \dfrac13 + \cdots + \dfrac1{2J} – \dfrac1{2J+1} = 1 – A_{2J+1}\). Or \(A_{2J+1} \to \ln 2\). Par conséquent, \(P(X \text{ pair}) = 1 – \ln 2 \approx 0{,}307\). - L’événement \((X \geq\, n)\) a une probabilité \(\dfrac1n > 0\). Pour \(k \geq\, n\), on a \((X = k) \subset (X \geq\, n)\), donc
\[P(X = k \mid X \geq\, n) = \dfrac{P(X = k)}{P(X \geq\, n)} = \dfrac{n}{k(k+1)}.\]
Pour \(k < n\), cette probabilité est nulle. La loi conditionnelle est donnée par \(\dfrac{n}{k(k+1)}\) pour \(k \geq\, n\).
Corrigé de l’exercice 2 : Maximum et minimum de trois dés
- Chaque \(X_i\) suit la loi uniforme sur \(\{1, \ldots, 6\}\). Ensuite, \((M \leq\, k) = (X_1 \leq\, k) \cap (X_2 \leq\, k) \cap (X_3 \leq\, k)\). Par indépendance, \(P(M \leq\, k) = (\dfrac{k}{6})^3 = \dfrac{k^3}{216}\).
- Pour \(k \in \{1, \ldots, 6\}\), \(P(M = k) = P(M \leq\, k) – P(M \leq\, k – 1)\). Donc \(P(M = k) = \dfrac{k^3 – (k-1)^3}{216}\), soit \(\dfrac{1}{216}, \dfrac{7}{216}, \dfrac{19}{216}, \dfrac{37}{216}, \dfrac{61}{216}, \dfrac{91}{216}\).
- De même, \((m \geq\, k) = \bigcap_i (X_i \geq\, k)\) et \(P(X_i \geq\, k) = \dfrac{7 – k}{6}\). Ainsi, \(P(m \geq\, k) = \dfrac{(7 – k)^3}{216}\). Ensuite, \(P(m = k) = P(m \geq\, k) – P(m \geq\, k + 1)\). On obtient \(P(m = k) = \dfrac{(7-k)^3 – (6-k)^3}{216}\). C’est la loi de \(M\) retournée, puisque \(7 – m\) a la même loi que \(M\).
- Le même raisonnement donne \(P(M \leq\, k) = (\dfrac{k}{N})^n\). Par conséquent, \(P(M = k) = \dfrac{k^n – (k-1)^n}{N^n}\) pour \(1 \leq\, k \leq\, N\).
La figure ci-dessous compare les deux lois obtenues à la loi uniforme d’un seul dé. Le maximum favorise les grandes valeurs, le minimum les petites.
Point de méthode : pour un maximum, calculez \(P(M \leq\, k)\) ; pour un minimum, calculez \(P(m \geq\, k)\). Ces événements sont des intersections, que l’indépendance transforme en produits.
Corrigé de l’exercice 3 : Loi conjointe donnée par un tableau
- On somme chaque colonne : \(P(X = -1) = \dfrac{3}{10}\), \(P(X = 0) = \dfrac{3}{10}\), \(P(X = 1) = \dfrac{4}{10}\). On somme chaque ligne : \(P(Y = 0) = \dfrac{4}{10}\) et \(P(Y = 2) = \dfrac{6}{10}\). Les deux lois ont bien une somme égale à \(1\).
- On a \(P(X = -1, Y = 0) = \dfrac{1}{10}\), alors que \(P(X = -1)P(Y = 0) = \dfrac{3}{10} \times \dfrac{4}{10} = \dfrac{12}{100}\). Les variables ne sont donc pas indépendantes.
- On regroupe les cases selon la valeur de la somme :
- \(X + Y = -1\) : case \((-1, 0)\), probabilité \(\dfrac1{10}\) ;
- \(X + Y = 0\) : case \((0, 0)\), probabilité \(\dfrac2{10}\) ;
- \(X + Y = 1\) : cases \((1, 0)\) et \((-1, 2)\), probabilité \(\dfrac1{10} + \dfrac2{10} = \dfrac3{10}\) ;
- \(X + Y = 2\) : case \((0, 2)\), probabilité \(\dfrac1{10}\) ;
- \(X + Y = 3\) : case \((1, 2)\), probabilité \(\dfrac3{10}\).
Pour le produit, \(XY = 0\) dès que \(Y = 0\) ou \(X = 0\). Ainsi, \(P(XY = 0) = \dfrac4{10} + \dfrac1{10} = \dfrac12\), \(P(XY = -2) = \dfrac2{10}\) et \(P(XY = 2) = \dfrac3{10}\).
- Comme \(P(Y = 2) = \dfrac{6}{10}\), on divise la ligne \(Y = 2\) par ce nombre. On obtient \(P(X = -1 \mid Y = 2) = \dfrac13\), \(P(X = 0 \mid Y = 2) = \dfrac16\) et \(P(X = 1 \mid Y = 2) = \dfrac12\). Cette loi diffère de celle de \(X\), ce qui confirme la question 2.
Corrigé de l’exercice 4 : Une loi conjointe produit
- La famille est à termes positifs. Par sommation par paquets,
\[\sum_{i, j} \dfrac{2^i 3^j}{i!\,j!} = \sum_{i \geq\, 0} \dfrac{2^i}{i!} \sum_{j \geq\, 0} \dfrac{3^j}{j!} = e^2 e^3 = e^5.\]
Donc \(c = e^{-5}\). - Pour \(i \in \mathbb{N}\), \(P(X = i) = \sum_{j} e^{-5}\dfrac{2^i 3^j}{i!\,j!} = e^{-5}\dfrac{2^i}{i!}e^3 = e^{-2}\dfrac{2^i}{i!}\). De même, \(P(Y = j) = e^{-3}\dfrac{3^j}{j!}\). Ainsi, \(X \sim \mathcal{P}(2)\) et \(Y \sim \mathcal{P}(3)\).
- Pour tous \(i, j\), \(P(X = i)P(Y = j) = e^{-5}\dfrac{2^i 3^j}{i!\,j!} = P(X = i, Y = j)\). Les variables \(X\) et \(Y\) sont donc indépendantes.
- Pour \(n \in \mathbb{N}\), par la formule du binôme,
\[P(X + Y = n) = e^{-5}\sum_{i=0}^{n} \dfrac{2^i 3^{n-i}}{i!\,(n-i)!} = \dfrac{e^{-5}}{n!}\sum_{i=0}^{n}\binom\,{n}{i}2^i 3^{n-i} = e^{-5}\dfrac{5^n}{n!}.\]
Donc \(X + Y \sim \mathcal{P}(5)\). Ensuite, \(P(X = 0, Y = 2) = e^{-5}\dfrac{9}{2}\) et \(P(X + Y = 2) = e^{-5}\dfrac{25}{2}\). Par conséquent, \(P(X = 0 \mid X + Y = 2) = \dfrac{9}{25}\).
Corrigé de l’exercice 5 : Premier six au lancer d’un dé
- Chaque lancer est une épreuve de Bernoulli, de succès « obtenir six », de probabilité \(\dfrac16\). Les lancers sont indépendants et \(T\) est le rang du premier succès. D’après le cours, \(T \sim \mathcal{G}(1/6)\).
- D’abord, \(P(T > n) = (\dfrac56)^n\), car les \(n\) premiers lancers sont des échecs. Ensuite, \(P(T \leq\, 3) = 1 – (\dfrac56)^3 = 1 – \dfrac{125}{216} = \dfrac{91}{216} \approx 0{,}421\).
- On cherche \((\dfrac56)^n \leq\, \dfrac12\), soit \(n \ln\dfrac65 \geq\, \ln 2\), donc \(n \geq\, \dfrac{\ln 2}{\ln 1{,}2} \approx 3{,}80\). Vérifions : \((\dfrac56)^3 \approx 0{,}579\) et \((\dfrac56)^4 = \dfrac{625}{1296} \approx 0{,}482\). Le plus petit entier est \(n = 4\).
- Avec \(p = \dfrac16\) et \(q = \dfrac56\),
\[P(T \text{ pair}) = \sum_{j \geq\, 1} p\,q^{2j-1} = \dfrac{pq}{1 – q^2} = \dfrac{q}{1 + q}.\]
On obtient \(P(T \text{ pair}) = \dfrac{5/6}{11/6} = \dfrac{5}{11}\).
Corrigé de l’exercice 6 : Modes d’une loi de Poisson
- Pour \(k \geq\, 1\), \(\dfrac{p_k}{p_{k-1}} = \dfrac{e^{-\lambda}\lambda^k/k!}{e^{-\lambda}\lambda^{k-1}/(k-1)!}\), donc \(\dfrac{p_k}{p_{k-1}} = \dfrac{\lambda}{k}\).
- Ainsi, \(p_k > p_{k-1}\) si et seulement si \(k < \lambda\), et \(p_k = p_{k-1}\) si et seulement si \(k = \lambda\). La suite \((p_k)\) croît donc strictement jusqu’au plus grand entier strictement inférieur à \(\lambda\), puis décroît. Si \(\lambda \notin \mathbb{N}\), le maximum est atteint uniquement en \(k = \lfloor \lambda \rfloor\). Si \(\lambda \in \mathbb{N}^*\), on a \(p_{\lambda – 1} = p_\lambda\), et le maximum est atteint en \(\lambda – 1\) et en \(\lambda\).
- Pour \(\lambda = 3{,}5\), le mode est \(3\) et \(p_3 = e^{-3{,}5}\dfrac{3{,}5^3}{6} \approx 0{,}216\). Pour \(\lambda = 4\), les modes sont \(3\) et \(4\), avec \(p_3 = p_4 = e^{-4}\dfrac{64}{6} \approx 0{,}195\).
Corrigé de l’exercice 7 : Parité d’une variable de Poisson
- L’événement \((X \text{ pair})\) est la réunion disjointe des \((X = 2k)\). Donc
\[P(X \text{ pair}) = e^{-\lambda}\sum_{k \geq\, 0}\dfrac{\lambda^{2k}}{(2k)!} = e^{-\lambda}\operatorname{ch}\lambda = \dfrac{1 + e^{-2\lambda}}{2}.\]
La variable \(Y = (-1)^X\) prend les valeurs \(1\) et \(-1\). Ainsi, \(P(Y = 1) = \dfrac{1 + e^{-2\lambda}}{2}\) et \(P(Y = -1) = \dfrac{1 – e^{-2\lambda}}{2}\). - L’événement \((X \text{ pair})\) est de probabilité non nulle. Pour \(k \in \mathbb{N}\), \((X = 2k) \subset (X \text{ pair})\), donc
\[P(X = 2k \mid X \text{ pair}) = \dfrac{e^{-\lambda}\lambda^{2k}/(2k)!}{e^{-\lambda}\operatorname{ch}\lambda} = \dfrac{\lambda^{2k}}{(2k)!\,\operatorname{ch}\lambda}.\]
Les valeurs impaires ont une probabilité conditionnelle nulle. - La variable \(W\) prend les valeurs \(0\), \(1\) et \(2\). D’abord, \(P(W = 0) = e^{-\lambda}\) et \(P(W = 1) = \lambda e^{-\lambda}\). Ensuite, \((W = 2) = (X \geq\, 2)\). Donc \(P(W = 2) = 1 – e^{-\lambda}(1 + \lambda)\).
- Pour \(\lambda = 1\), \(P(X \text{ pair}) = \dfrac{1 + e^{-2}}{2} \approx 0{,}568\).
Corrigé de l’exercice 8 : Absence de mémoire de la loi géométrique
- D’après le cours, \(P(X > m) = q^m\) pour tout \(m \in \mathbb{N}\). Comme \((X > n + k) \subset (X > n)\),
\[P(X > n + k \mid X > n) = \dfrac{P(X > n + k)}{P(X > n)} = \dfrac{q^{n+k}}{q^n} = q^k.\]
C’est bien \(P(X > k)\). - Sachant \((X > n)\), la variable \(X – n\) prend ses valeurs dans \(\mathbb{N}^*\). Pour \(k \geq\, 1\),
\[P(X – n = k \mid X > n) = \dfrac{P(X = n + k)}{q^n} = \dfrac{p\,q^{n+k-1}}{q^n} = p\,q^{k-1}.\]
La loi conditionnelle de \(X – n\) sachant \((X > n)\) est donc \(\mathcal{G}(p)\). - Posons \(u_n = P(Z > n)\). On a \(u_0 = 1\), car \(Z \geq\, 1\). L’hypothèse s’écrit \(u_{n+k} = u_n u_k\). Avec \(k = 1\), la suite \((u_n)\) est géométrique de raison \(u_1\), donc \(u_n = u_1^n\). D’une part, \(u_1 > 0\) par hypothèse. D’autre part, les événements \((Z > n)\) décroissent et leur intersection est vide, car \(Z\) est à valeurs finies. Par continuité décroissante, \(u_n \to 0\), donc \(u_1 < 1\). Posons \(q = u_1\). Alors \(P(Z = n) = u_{n-1} – u_n = q^{n-1}(1 – q)\). Ainsi, \(Z \sim \mathcal{G}(1 – q)\).
- Soit \(L\) la durée de vie. Par la question 1, \(P(L > 40 \mid L > 30) = P(L > 10) = 0{,}98^{10}\). Cette probabilité vaut environ \(0{,}817\). L’âge du composant n’intervient pas.
Corrigé de l’exercice 9 : Partie entière supérieure d’une variable géométrique
- La variable \(Y\) prend ses valeurs dans \(\mathbb{N}^*\). Pour \(k \geq\, 1\), \((Y = k) = (X = 2k – 1) \cup (X = 2k)\), réunion disjointe. Donc
\[P(Y = k) = p\,q^{2k-2} + p\,q^{2k-1} = p(1 + q)(q^2)^{k-1} = (1 – q^2)(q^2)^{k-1},\]
car \(p(1 + q) = (1 – q)(1 + q)\). Ainsi, \(Y \sim \mathcal{G}(1 – q^2)\). - Si \(X = 2k – 1\), alors \(R = 1\) ; si \(X = 2k\), alors \(R = 0\). Donc \(R\) vaut \(1\) exactement quand \(X\) est impair, et
\[P(R = 1) = \sum_{k \geq\, 1} p\,q^{2k-2} = \dfrac{p}{1 – q^2} = \dfrac{1}{1 + q}.\]
La variable \(R\) suit la loi \(\mathcal{B}(\dfrac{1}{1 + q})\). - Pour \(k \geq\, 1\), \(P(Y = k, R = 1) = P(X = 2k – 1) = p\,q^{2k-2}\). Or \(P(Y = k)P(R = 1) = (1 – q^2)q^{2k-2} \cdot \dfrac{1}{1 + q} = p\,q^{2k-2}\). De même, \(P(Y = k, R = 0) = p\,q^{2k-1}\) et \(P(Y = k)P(R = 0) = (1 – q^2)q^{2k-2}\cdot\dfrac{q}{1 + q} = p\,q^{2k-1}\). La loi conjointe se factorise : \(Y\) et \(R\) sont indépendantes.
Corrigé de l’exercice 10 : Approximation de la loi binomiale par la loi de Poisson
- Fixons \(k\) et prenons \(n \geq\, k\). On écrit
\[P(X_n = k) = \dfrac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{n^k}\cdot\dfrac{(n p_n)^k}{k!}\cdot(1 – p_n)^{n-k}.\]
Le premier facteur est un produit de \(k\) termes \(\dfrac{n – i}{n}\) qui tendent vers \(1\). Le deuxième tend vers \(\dfrac{\lambda^k}{k!}\). Pour le troisième, \(p_n \sim \dfrac{\lambda}{n} \to 0\), donc \(\ln(1 – p_n) \sim -p_n\). Ainsi, \((n – k)\ln(1 – p_n) \sim -n p_n \to -\lambda\). Par continuité de l’exponentielle, \((1 – p_n)^{n-k} \to e^{-\lambda}\). Finalement, \(P(X_n = k) \to e^{-\lambda}\dfrac{\lambda^k}{k!}\). - La variable \(D\) compte les succès dans 400 épreuves de Bernoulli indépendantes de paramètre \(0{,}005\). Donc \(D \sim \mathcal{B}(400\,;\,0{,}005)\), approchée par \(\mathcal{P}(2)\), car \(400 \times 0{,}005 = 2\).
- Avec la loi exacte, \(P(D = 0) = 0{,}995^{400} \approx 0{,}1347\). Ensuite, \(P(D = 1) = 400 \times 0{,}005 \times 0{,}995^{399} \approx 0{,}2707\) et \(P(D = 2) = \binom\,{400}{2}0{,}005^2 \times 0{,}995^{398} \approx 0{,}2713\). Ainsi, \(P(D \leq\, 2) \approx 0{,}6767\). Avec la loi de Poisson, \(P(D = 0) \approx e^{-2} \approx 0{,}1353\) et \(P(D \leq\, 2) \approx 5e^{-2} \approx 0{,}6767\). Les deux calculs coïncident à \(10^{-3}\) près.
Comme le montre la figure ci-dessous, les deux diagrammes sont presque indiscernables.
Corrigé de l’exercice 11 : Somme de deux variables de Poisson indépendantes
- La variable \(S\) est à valeurs dans \(\mathbb{N}\). Pour \(n \in \mathbb{N}\), \((S = n)\) est la réunion disjointe des \((X = k, Y = n – k)\), pour \(0 \leq\, k \leq\, n\). Par indépendance et par la formule du binôme,
\[P(S = n) = \sum_{k=0}^{n} e^{-\lambda}\dfrac{\lambda^k}{k!}e^{-\mu}\dfrac{\mu^{n-k}}{(n-k)!} = e^{-(\lambda+\mu)}\dfrac{(\lambda + \mu)^n}{n!}.\]
Donc \(S \sim \mathcal{P}(\lambda + \mu)\). - Soit \(0 \leq\, k \leq\, n\). Comme \(P(S = n) > 0\),
\[P(X = k \mid S = n) = \dfrac{P(X = k)P(Y = n – k)}{P(S = n)} = \binom\,{n}{k}(\dfrac{\lambda}{\lambda + \mu})^k(\dfrac{\mu}{\lambda + \mu})^{n-k}.\]
La loi conditionnelle de \(X\) sachant \((S = n)\) est \(\mathcal{B}(n, \dfrac{\lambda}{\lambda + \mu})\). - Ici \(S \sim \mathcal{P}(5)\), donc \(P(S = 4) = e^{-5}\dfrac{5^4}{24} \approx 0{,}175\). Ensuite, la loi de \(X\) sachant \((S = 4)\) est \(\mathcal{B}(4\,;\,3/5)\). Ainsi, \(P(X = 3 \mid S = 4) = 4(\dfrac35)^3\dfrac25 = \dfrac{216}{625} \approx 0{,}346\).
Corrigé de l’exercice 12 : Sommes binomiales et loi hypergéométrique
- La somme \(X + Y\) prend ses valeurs dans \(\{0, \ldots, n + m\}\). Pour \(k\) dans cet ensemble, avec la convention \(\binom\,{a}{b} = 0\) hors de \(0 \leq\, b \leq\, a\),
\[P(X + Y = k) = \sum_{i=0}^{k}\binom\,{n}{i}p^i q^{n-i}\binom\,{m}{k-i}p^{k-i}q^{m-k+i} = p^k q^{n+m-k}\sum_{i=0}^{k}\binom\,{n}{i}\binom\,{m}{k-i}.\]
La formule de Vandermonde donne \(\sum_i \binom\,{n}{i}\binom\,{m}{k-i} = \binom\,{n+m}{k}\). Donc \(X + Y \sim \mathcal{B}(n + m, p)\). - Soit \(B_1, \ldots, B_{n+m}\) des variables indépendantes de loi \(\mathcal{B}(p)\). Posons \(X^{\prime} = B_1 + \cdots + B_n\) et \(Y^{\prime} = B_{n+1} + \cdots + B_{n+m}\). D’après le cours, \(X^{\prime} \sim \mathcal{B}(n, p)\) et \(Y^{\prime} \sim \mathcal{B}(m, p)\). Par le lemme des coalitions, \(X^{\prime}\) et \(Y^{\prime}\) sont indépendantes. Le couple \((X^{\prime}, Y^{\prime})\) a donc la même loi conjointe que \((X, Y)\), et \(X + Y\) a la loi de \(X^{\prime} + Y^{\prime} = \sum B_i\). On retrouve \(X + Y \sim \mathcal{B}(n + m, p)\).
- Pour \(\max(0, k – m) \leq\, i \leq\, \min(n, k)\),
\[P(X = i \mid X + Y = k) = \dfrac{\binom\,{n}{i}p^i q^{n-i}\binom\,{m}{k-i}p^{k-i}q^{m-k+i}}{\binom\,{n+m}{k}p^k q^{n+m-k}} = \dfrac{\binom\,{n}{i}\binom\,{m}{k-i}}{\binom\,{n+m}{k}}.\]
C’est la loi hypergéométrique, qui ne dépend pas de \(p\) : c’est la loi du nombre de boules blanches quand on tire \(k\) boules sans remise dans une urne de \(n\) blanches et \(m\) noires.
Corrigé de l’exercice 13 : Minimum et maximum de deux lois géométriques
- On a \((\min(X, Y) > n) = (X > n) \cap (Y > n)\). Par indépendance, \(P(\min(X, Y) > n) = q^n s^n = (qs)^n\). Avec \(0 < qs < 1\), on obtient \(P(\min(X, Y) = n) = (qs)^{n-1} – (qs)^n = (1 – qs)(qs)^{n-1}\). Ainsi, \(\min(X, Y) \sim \mathcal{G}(1 – qs)\).
- De même, \(P(\max(X, Y) \leq\, n) = (1 – q^n)(1 – s^n)\). Pour \(n \geq\, 1\), \(P(\max(X, Y) = n) = (1 – q^n)(1 – s^n) – (1 – q^{n-1})(1 – s^{n-1})\).
- L’événement \((X = Y)\) est la réunion disjointe des \((X = k, Y = k)\). Donc
\[P(X = Y) = \sum_{k \geq\, 1} p\,q^{k-1}\,r\,s^{k-1} = \dfrac{pr}{1 – qs}.\]
Ensuite, \(P(X < Y) = \sum_{k \geq\, 1} P(X = k)P(Y > k) = \sum_{k \geq\, 1} p\,q^{k-1}s^k\). Ainsi, \(P(X = Y) = \dfrac{pr}{1 – qs}\) et \(P(X < Y) = \dfrac{ps}{1 – qs}\). - Pour \(p = r = \dfrac12\), \(1 – qs = \dfrac34\). Donc \(P(X = Y) = \dfrac{1/4}{3/4} = \dfrac13\) et \(P(X < Y) = \dfrac13\). Par symétrie, ou par complémentaire, \(P(X = Y) = P(X < Y) = P(X > Y) = \dfrac13\).
Corrigé de l’exercice 14 : Somme de deux lois géométriques de paramètres distincts
- Notons \(q = 1 – p\) et \(s = 1 – r\), avec \(q \neq s\). La somme prend ses valeurs dans \(\{2, 3, \ldots\}\). Pour \(n \geq\, 2\), par indépendance,
\[P(X + Y = n) = \sum_{k=1}^{n-1} p\,q^{k-1}\,r\,s^{n-k-1} = pr\sum_{j=0}^{n-2} q^j s^{n-2-j}.\]
Or \(\sum_{j=0}^{n-2} q^j s^{n-2-j} = \dfrac{s^{n-1} – q^{n-1}}{s – q}\), et \(s – q = p – r\). On obtient bien \(P(X + Y = n) = \dfrac{pr}{p – r}\big(s^{n-1} – q^{n-1}\big)\). - Par sommes géométriques,
\[\sum_{n \geq\, 2}\big(s^{n-1} – q^{n-1}\big) = \dfrac{s}{1 – s} – \dfrac{q}{1 – q} = \dfrac{s}{r} – \dfrac{q}{p} = \dfrac{ps – qr}{pr}.\]
De plus, \(ps – qr = p – pr – r + pr = p – r\). La somme vaut donc \(\dfrac{pr}{p – r}\cdot\dfrac{p – r}{pr} = 1\). - Posons \(f(x) = (1 – x)^{n-1}\). Alors \(\dfrac{s^{n-1} – q^{n-1}}{p – r} = -\dfrac{f(r) – f(p)}{r – p}\), qui tend vers \(-f^{\prime}(p) = (n – 1)(1 – p)^{n-2}\) quand \(r \to p\). La limite de la formule est donc \((n – 1)p^2 q^{n-2}\). Vérifions directement : si \(r = p\), chaque terme de la somme de la question 1 vaut \(p^2 q^{n-2}\), et il y a \(n – 1\) termes. Ainsi, pour \(X, Y\) indépendantes de loi \(\mathcal{G}(p)\), \(P(X + Y = n) = (n – 1)p^2 q^{n-2}\).
La figure ci-dessous représente cette loi pour \(p = 0{,}5\) et \(r = 0{,}2\). Pour \(n\) grand, le terme en \((1 – r)^{n-1}\) domine, car \(1 – r > 1 – p\).
Corrigé de l’exercice 15 : Loi conjointe sur N² et somme décalée
- La famille est positive. Par sommation par paquets,
\[\sum_{i, j}\dfrac{i + j}{i!\,j!} = \sum_{i, j}\dfrac{i}{i!\,j!} + \sum_{i, j}\dfrac{j}{i!\,j!} = 2(\sum_{i \geq\, 1}\dfrac{1}{(i-1)!})(\sum_{j \geq\, 0}\dfrac{1}{j!}) = 2e^2.\]
Donc \(c = \dfrac{1}{2e^2}\). - Pour \(i \in \mathbb{N}\), \(\sum_{j}\dfrac{i + j}{j!} = i\,e + e\), car \(\sum_{j} \dfrac{j}{j!} = e\). Donc
\[P(X = i) = \dfrac{1}{2e^2}\cdot\dfrac{(i + 1)e}{i!} = \dfrac{i + 1}{2e\,i!}.\]
On vérifie que \(\sum_i \dfrac{i + 1}{i!} = 2e\). Par symétrie des rôles, \(Y\) a la même loi : \(P(Y = j) = \dfrac{j + 1}{2e\,j!}\). - On a \(P(X = 0, Y = 0) = 0\), alors que \(P(X = 0)P(Y = 0) = \dfrac{1}{4e^2} \neq 0\). Les variables ne sont pas indépendantes.
- Pour \(n \in \mathbb{N}\), on somme sur la diagonale \(i + j = n\) :
\[P(S = n) = \dfrac{n}{2e^2}\sum_{i=0}^{n}\dfrac{1}{i!\,(n-i)!} = \dfrac{n}{2e^2}\cdot\dfrac{2^n}{n!}.\]
Ainsi \(P(S = 0) = 0\) et, pour \(n \geq\, 1\), \(P(S = n) = e^{-2}\dfrac{2^{n-1}}{(n-1)!}\). En posant \(m = n – 1\), \(P(S – 1 = m) = e^{-2}\dfrac{2^m}{m!}\). Donc \(S – 1 \sim \mathcal{P}(2)\).
Corrigé de l’exercice 16 : Indépendance deux à deux et indépendance mutuelle
- La variable \(Z\) vaut \(1\) si \(X \neq Y\) et \(0\) sinon. Par indépendance, \(P(Z = 1) = P(X = 0, Y = 1) + P(X = 1, Y = 0) = \dfrac14 + \dfrac14\). Donc \(Z \sim \mathcal{B}(1/2)\).
- Pour \(a, c \in \{0, 1\}\), l’événement \((X = a, Z = c)\) équivaut à \((X = a, Y = b)\), où \(b\) est l’unique valeur telle que \(|a – b| = c\). Par indépendance, sa probabilité vaut \(\dfrac14 = P(X = a)P(Z = c)\). Donc \(X\) et \(Z\) sont indépendantes ; par symétrie, \(Y\) et \(Z\) aussi. De plus, \(X\) et \(Y\) sont indépendantes par hypothèse.
- L’événement \((X = 0, Y = 0, Z = 1)\) est vide, car \(X = Y\) impose \(Z = 0\). Sa probabilité est nulle, alors que \(P(X = 0)P(Y = 0)P(Z = 1) = \dfrac18\). Les trois variables ne sont donc pas mutuellement indépendantes. En effet, \(Z\) est déterminée par \(X\) et \(Y\).
- Les applications \(f : x \mapsto x^2\) et \(g : x \mapsto e^x\) sont définies sur \(\mathbb{Z}\). D’après le cours, si \(U\) et \(V\) sont indépendantes, \(f(U)\) et \(g(V)\) le sont aussi. En détail, pour \(a\) et \(b\) dans les images, \(P(U^2 = a, e^V = b) = P(U \in f^{-1}(\{a\}), V = \ln b) = P(U^2 = a)P(e^V = b)\). Donc \(U^2\) et \(e^V\) sont indépendantes.
Corrigé de l’exercice 17 : Lemme des coalitions et parité d’une somme
- Les paquets \(\{X_1, X_2\}\) et \(\{X_3, X_4\}\) sont disjoints. Par le lemme des coalitions, \(X_1X_2\) et \(X_3 + X_4\) sont indépendantes. Ensuite, \(X_1X_2\) vaut \(0\) ou \(1\), et \(P(X_1X_2 = 1) = P(X_1 = 1)P(X_2 = 1) = p^2\). Donc \(X_1X_2 \sim \mathcal{B}(p^2)\) et \(X_3 + X_4 \sim \mathcal{B}(2, p)\).
- Les paquets \(\{X_1, X_2\}\) et \(\{X_2, X_3\}\) ne sont pas disjoints, et le lemme ne s’applique pas. De fait, \((U = 0, V = 2)\) exige \(X_2 = 0\) et \(X_2 = 1\) : cet événement est vide. Or \(P(U = 0)P(V = 2) = q^2p^2 \neq 0\). Les variables \(U\) et \(V\) ne sont pas indépendantes.
- Pour \(k \geq\, 1\), on a la réunion disjointe
\[(S_k \text{ pair}) = \big(S_{k-1} \text{ pair},\ X_k = 0\big) \cup \big(S_{k-1} \text{ impair},\ X_k = 1\big).\]
Par le lemme des coalitions, \(S_{k-1}\) est indépendante de \(X_k\). Donc \(e_k = q\,e_{k-1} + p(1 – e_{k-1})\). Ainsi, \(e_k = p + (1 – 2p)e_{k-1}\). Pour \(k = 1\), la formule reste vraie avec \(S_0 = 0\). - Le point fixe de \(x \mapsto p + (1 – 2p)x\) est \(\dfrac12\). Donc \(e_k – \dfrac12 = (1 – 2p)(e_{k-1} – \dfrac12)\), et \(e_n – \dfrac12 = (1 – 2p)^n(1 – \dfrac12)\). Par conséquent, \(e_n = \dfrac{1 + (1 – 2p)^n}{2}\). Comme \(0 < p < 1\), on a \(|1 – 2p| < 1\). Donc \(e_n \to \dfrac12\).
Corrigé de l’exercice 18 : Rangs des deux premiers succès
- Le théorème d’existence du cours fournit un espace probabilisé portant une suite i.i.d. de loi \(\mathcal{B}(p)\). Ensuite, \((T_1 = +\infty) = \bigcap_n (X_1 = \cdots = X_n = 0)\), intersection décroissante. Par continuité décroissante, \(P(T_1 = +\infty) = \lim q^n = 0\). Pour \(T_2\), on calculera sa loi à la question 3 et l’on vérifiera que la somme vaut \(1\). Ainsi, \(T_1\) et \(T_2\) sont finies presque sûrement.
- Soit \(1 \leq\, i < j\). L’événement \((T_1 = i, T_2 = j)\) signifie : échecs aux rangs \(1\) à \(i – 1\) et \(i + 1\) à \(j – 1\), succès aux rangs \(i\) et \(j\). Il fait intervenir \(j\) variables indépendantes, dont deux succès. Donc \(P(T_1 = i, T_2 = j) = p^2q^{j-2}\) pour \(1 \leq\, i < j\), et \(0\) sinon.
- Pour \(j \geq\, 2\), on somme sur \(i \in \{1, \ldots, j – 1\}\) : \(P(T_2 = j) = (j – 1)p^2q^{j-2}\). Par dérivation de la série géométrique, \(\sum_{j \geq\, 2}(j – 1)q^{j-2} = \dfrac{1}{(1 – q)^2} = \dfrac{1}{p^2}\). La somme des probabilités vaut donc \(1\), et \(T_2\) est finie presque sûrement.
- La variable \(D\) est à valeurs dans \(\mathbb{N}^*\). Pour \(i, d \geq\, 1\), \(P(T_1 = i, D = d) = P(T_1 = i, T_2 = i + d) = p^2q^{i+d-2}\). En sommant sur \(i\), \(P(D = d) = p\,q^{d-1}\sum_{i \geq\, 1}p\,q^{i-1} = p\,q^{d-1}\). Ainsi, \(P(T_1 = i, D = d) = p\,q^{i-1} \cdot p\,q^{d-1} = P(T_1 = i)P(D = d)\). Donc \(T_1\) et \(D\) sont indépendantes, toutes deux de loi \(\mathcal{G}(p)\). On retrouve la loi de \(T_2 = T_1 + D\) de l’exercice 14.
Corrigé de l’exercice 19 : Tri d’une loi de Poisson
- Soit \(i, j \in \mathbb{N}\) et \(n = i + j\). On a \((X = i, N – X = j) = (N = n, X = i)\). Par la formule des probabilités composées,
\[P(X = i, N – X = j) = P(N = n)\,P(X = i \mid N = n) = e^{-\lambda}\dfrac{\lambda^n}{n!}\binom\,{n}{i}p^i q^j.\]
Comme \(\dfrac{1}{n!}\binom\,{n}{i} = \dfrac{1}{i!\,j!}\) et \(\lambda^n = \lambda^i \lambda^j\), on obtient \(P(X = i, N – X = j) = e^{-\lambda p}\dfrac{(\lambda p)^i}{i!}\cdot e^{-\lambda q}\dfrac{(\lambda q)^j}{j!}\), car \(e^{-\lambda} = e^{-\lambda p}e^{-\lambda q}\). - En sommant sur \(j\), le second facteur donne \(1\). Donc \(X \sim \mathcal{P}(\lambda p)\) et, de même, \(N – X \sim \mathcal{P}(\lambda q)\).
- La loi conjointe est le produit des lois marginales : \(X\) et \(N – X\) sont indépendantes. En revanche, \(X\) et \(N\) ne le sont pas. En effet, \(P(X = 1, N = 0) = 0\), alors que \(P(X = 1)P(N = 0) > 0\).
- Pour \(\lambda = 10\) et \(p = 0{,}6\), \(X \sim \mathcal{P}(6)\). Donc \(P(X = 0) = e^{-6} \approx 0{,}0025\).
La figure ci-dessous montre les trois lois : le nombre d’œufs pondus se partage en deux variables de Poisson indépendantes.
Point de méthode : dès que l’on connaît la loi de \(N\) et la loi conditionnelle de \(X\) sachant \(N\), la formule des probabilités composées donne la loi conjointe. Il reste ensuite à sommer.
Corrigé de l’exercice 20 : Problème, caractérisation des lois géométriques
Partie A.
- C’est le cas \(r = p\) de l’exercice 14 : \(P(S = n) = (n – 1)p^2q^{n-2}\) pour \(n \geq\, 2\). En effet, chacun des \(n – 1\) couples \((k, n – k)\) a pour probabilité \(p\,q^{k-1}p\,q^{n-k-1} = p^2q^{n-2}\).
- Pour \(1 \leq\, k \leq\, n – 1\),
\[P(X = k \mid S = n) = \dfrac{P(X = k)P(Y = n – k)}{P(S = n)} = \dfrac{p^2q^{n-2}}{(n – 1)p^2q^{n-2}} = \dfrac{1}{n – 1}.\]
La loi conditionnelle est uniforme sur \(\{1, \ldots, n – 1\}\).
Partie B.
- Pour \(n \geq\, 2\), \(P(S = n) \geq\, P(X = 1, Y = n – 1) = u_1u_{n-1} > 0\). Ensuite, pour \(1 \leq\, k \leq\, n – 1\), l’hypothèse et l’indépendance donnent \(\dfrac{u_k u_{n-k}}{P(S = n)} = \dfrac{1}{n – 1}\). Donc \(u_k u_{n-k} = \dfrac{P(S = n)}{n – 1}\), quantité indépendante de \(k\).
- Soit \(k \geq\, 1\) et \(n = k + 2\). Les indices \(k\) et \(1\) sont dans \(\{1, \ldots, n – 1\}\). La question précédente donne \(u_k u_2 = u_1 u_{k+1}\). Comme \(u_1 > 0\), on a \(u_{k+1} = \dfrac{u_2}{u_1}u_k\).
- Posons \(\rho = \dfrac{u_2}{u_1} > 0\). Par récurrence, \(u_k = u_1\rho^{k-1}\). La série \(\sum u_k\) converge, avec une somme \(1\), donc \(\rho < 1\). Ensuite, \(\dfrac{u_1}{1 – \rho} = 1\) donne \(u_1 = 1 – \rho\). Ainsi, \(X \sim \mathcal{G}(1 – \rho)\).
- Prenons \(X = Y = 1\) presque sûrement. Alors \(S = 2\) presque sûrement. Le seul \(n\) tel que \(P(S = n) > 0\) est \(n = 2\), et la loi de \(X\) sachant \((S = 2)\) est la loi certaine en \(1\), c’est-à-dire la loi uniforme sur \(\{1\}\). La loi certaine en \(1\) vérifie donc l’hypothèse sans être géométrique : la positivité des \(u_k\) est indispensable.
Point de méthode : dans une caractérisation, on transforme l’hypothèse en relation fonctionnelle sur les \(u_k\), puis on choisit des indices qui donnent une récurrence simple.
Corrigé de l’exercice 21 : Problème, caractérisation des lois de Poisson
- On a \(s_n \geq\, P(X = n, Y = 0) = u_nv_0 > 0\). Pour \(0 \leq\, k \leq\, n\), par indépendance, \(P(X = k \mid S = n) = \dfrac{u_kv_{n-k}}{s_n}\). L’hypothèse donne alors \(u_kv_{n-k} = \dbinom{n}{k}p^kq^{n-k}s_n\).
- Prenons \(n = k + 1\). Avec l’indice \(k + 1\), on obtient \(u_{k+1}v_0 = p^{k+1}s_{k+1}\). Avec l’indice \(k\), on obtient \(u_kv_1 = (k + 1)p^kq\,s_{k+1}\). Toutes ces quantités sont non nulles. En divisant,
\[\dfrac{u_{k+1}v_0}{u_kv_1} = \dfrac{p}{(k + 1)q}.\]
Donc \(u_{k+1} = \dfrac{\alpha}{k + 1}u_k\), avec \(\alpha = \dfrac{p\,v_1}{q\,v_0}\). - Par récurrence, \(u_k = u_0\dfrac{\alpha^k}{k!}\). La condition \(\sum_k u_k = 1\) donne \(u_0e^{\alpha} = 1\). Ainsi, \(u_k = e^{-\alpha}\dfrac{\alpha^k}{k!}\) et \(X \sim \mathcal{P}(\alpha)\).
- Toujours avec \(n = k + 1\), l’indice \(0\) donne \(u_0v_{k+1} = q^{k+1}s_{k+1}\) et l’indice \(1\) donne \(u_1v_k = (k + 1)p\,q^k s_{k+1}\). Donc \(\dfrac{u_0v_{k+1}}{u_1v_k} = \dfrac{q}{(k + 1)p}\), c’est-à-dire \(v_{k+1} = \dfrac{\beta}{k + 1}v_k\). Comme à la question 3, \(Y \sim \mathcal{P}(\beta)\), avec \(\beta = \dfrac{q\,u_1}{p\,u_0}\). Or \(\dfrac{u_1}{u_0} = \alpha\). Donc \(\beta = \dfrac{q}{p}\alpha\).
- D’après l’exercice 11, la loi de \(X\) sachant \((S = n)\) est \(\mathcal{B}(n, \dfrac{\alpha}{\alpha + \beta})\). Or \(\dfrac{\alpha}{\alpha + \beta} = \dfrac{\alpha}{\alpha(1 + q/p)} = \dfrac{p}{p + q} = p\). On retrouve bien le paramètre \(p\) de l’hypothèse.
Corrigé de l’exercice 22 : Temps d’attente de deux piles consécutifs
- Notons \(B_i\) l’événement « les lancers \(2i – 1\) et \(2i\) donnent tous deux pile ». Les \(B_i\) portent sur des paquets disjoints de lancers. Par le lemme des coalitions, ils sont indépendants, et \(P(B_i) = \dfrac14\). Si \(T > 2k\), aucun des \(B_1, \ldots, B_k\) n’est réalisé. Donc \(P(T > 2k) \leq\, P\big(\overline{B_1} \cap \cdots \cap \overline{B_k}\big) = (\dfrac34)^k\). Enfin, \((T = +\infty) \subset (T > 2k)\) pour tout \(k\). Donc \(P(T = +\infty) = 0\).
- D’abord, \(a_1 = 2\) (mots \(P\) et \(F\)) et \(a_2 = 3\) (mots \(PF\), \(FP\), \(FF\)). Soit \(m \geq\, 2\). Un mot admissible de longueur \(m\) finit par \(F\) ou par \(P\). S’il finit par \(F\), son préfixe de longueur \(m – 1\) est un mot admissible quelconque : \(a_{m-1}\) choix. S’il finit par \(P\), la lettre précédente est \(F\) et le préfixe de longueur \(m – 2\) est admissible : \(a_{m-2}\) choix. Donc \(a_m = a_{m-1} + a_{m-2}\). C’est la suite de Fibonacci décalée : \(a_m = F_{m+2}\).
- L’événement \((T = 2)\) est « pile, pile », de probabilité \(\dfrac14\). Soit \(n \geq\, 3\). On a \(T = n\) si et seulement si : les lancers \(n – 1\) et \(n\) sont des piles, le lancer \(n – 2\) est face, et les \(n – 3\) premiers lancers ne contiennent pas deux piles consécutifs. En effet, un pile en \(n – 2\) donnerait un double pile dès le rang \(n – 1\). Réciproquement, ces conditions excluent tout double pile avant le rang \(n\). Chaque suite de \(n\) résultats a pour probabilité \(2^{-n}\), et il y a \(a_{n-3}\) suites convenables. Donc \(P(T = n) = \dfrac{a_{n-3}}{2^n}\) pour \(n \geq\, 3\).
- Pour \(n \geq\, 5\), la relation \(a_{n-3} = a_{n-4} + a_{n-5}\) donne \(p_n = \dfrac{a_{n-4}}{2^n} + \dfrac{a_{n-5}}{2^n} = \dfrac12p_{n-1} + \dfrac14p_{n-2}\). Pour \(n = 4\), on vérifie à la main : \(p_4 = \dfrac{2}{16} = \dfrac18\) et \(\dfrac12p_3 + \dfrac14p_2 = \dfrac1{16} + \dfrac1{16} = \dfrac18\). Notons \(\Sigma = \sum_{n \geq\, 2}p_n\), qui est finie et vaut au plus \(1\). En sommant la relation pour \(n \geq\, 4\),
\[\Sigma – p_2 – p_3 = \dfrac12(\Sigma – p_2) + \dfrac14\Sigma.\]
Avec \(p_2 = \dfrac14\) et \(p_3 = \dfrac18\), on obtient \(\dfrac14\Sigma = \dfrac14 + \dfrac18 – \dfrac18 = \dfrac14\). Donc \(\Sigma = 1\), ce qui confirme la question 1. - On a \(p_2 = \dfrac14\), \(p_3 = \dfrac18\), \(p_4 = \dfrac18\) et \(p_5 = \dfrac{a_2}{32} = \dfrac{3}{32}\). Donc \(P(T \leq\, 5) = \dfrac{8 + 4 + 4 + 3}{32} = \dfrac{19}{32}\).
La figure ci-dessous confronte la loi obtenue aux fréquences observées sur 100 000 simulations. L’accord est excellent, et l’on retrouve \(p_n = \dfrac{F_{n-1}}{2^n}\).
Point de méthode : pour montrer qu’un temps d’attente est fini presque sûrement, découpez les épreuves en blocs indépendants de même loi, puis majorez par une suite géométrique.
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- À maîtriser avant : Ensembles dénombrables et espaces probabilisés
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