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Relations de comparaison : corrigé des exercices de maths sup.

    Relations de comparaison : corrigé des exercices de maths sup

    Ce corrigé comparaison sup rédige les 21 exercices comme on l’attend en devoir surveillé. Chaque équivalent est justifié par une règle précise : produit, quotient, puissance fixe ou substitution. Devant une différence, on factorise d’abord ; devant une puissance variable, on passe par l’exponentielle et on détermine l’exposant à o(1) près.

    Les théorèmes utilisés sont toujours cités par leur nom : encadrement, lemme de Cesàro, valeurs intermédiaires. Soyez vigilant sur trois points : ne jamais écrire un équivalent à zéro, ne jamais composer un équivalent par exp ou ln sans vérifier les hypothèses, et préciser la précision du o à chaque réinjection. Des figures illustrent les encadrements, la toile d’araignée d’une suite récurrente et les développements obtenus.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths sup sur relations de comparaison.

    Corrigé de l’exercice 1 : Limites par équivalents usuels

    1. En \(0\), par substitution dans les équivalents usuels, \(\ln(1 + 3x) \sim 3x\) et \(\sin(2x) \sim 2x\). Le quotient d’équivalents est permis, donc \(\dfrac{\ln(1+3x)}{\sin(2x)} \sim \dfrac{3x}{2x} = \dfrac{3}{2}\). La limite vaut \(\frac{3}{2}\).
    2. Comme \(x^2 \to 0\), on a \(e^{x^2} – 1 \sim x^2\). De plus, \(1 – \cos x \sim \dfrac{x^2}{2}\). Ainsi, le quotient est équivalent à \(\dfrac{x^2}{x^2/2} = 2\). La limite vaut \(2\).
    3. Posons \(u = \frac{1}{x}\), qui tend vers \(0\) quand \(x \to +\infty\). Par substitution, \(1 – \cos\frac{1}{x} \sim \dfrac{1}{2x^2}\). Donc \(x^2(1 – \cos\frac{1}{x}) \sim \dfrac{1}{2}\). La limite vaut \(\frac{1}{2}\).
    4. On écrit \(2^{1/n} – 1 = e^{(\ln 2)/n} – 1\). Or \(\frac{\ln 2}{n} \to 0\), donc \(e^{(\ln 2)/n} – 1 \sim \dfrac{\ln 2}{n}\). Par conséquent, \(n(2^{1/n} – 1) \sim \ln 2\). La limite vaut \(\ln 2\).
    5. Avec \(\alpha = \frac{1}{2}\), on a \(\sqrt{1+x} – 1 = (1+x)^{1/2} – 1 \sim \dfrac{x}{2}\). De plus, \(\tan x \sim x\). Le quotient est donc équivalent à \(\dfrac{x/2}{x}\). La limite vaut \(\frac{1}{2}\).

    Point de méthode : chaque expression est un produit ou un quotient ; on remplace chaque facteur par son équivalent, jamais un morceau d’une somme.

    Corrigé de l’exercice 2 : Croissances comparées écrites avec o

    1. On forme à chaque fois le quotient.
      1. \(\dfrac{(\ln x)^3}{\sqrt{x}} = \dfrac{(\ln x)^3}{x^{1/2}} \to 0\) par croissances comparées, avec \(\beta = 3\) et \(\alpha = \frac{1}{2}\). Donc \((\ln x)^3 = o(\sqrt{x})\).
      2. \(\dfrac{x^5 e^{-x}}{1/x^2} = \dfrac{x^7}{e^{x}} \to 0\) en \(+\infty\). Donc \(x^5 e^{-x} = o(1/x^2)\).
      3. \(\dfrac{\ln x}{1/\sqrt{x}} = \sqrt{x}\,\ln x \to 0\) en \(0^{+}\). Donc \(\ln x = o(1/\sqrt{x})\).
      4. Posons \(t = \frac{1}{x}\), qui tend vers \(+\infty\) quand \(x \to 0^{+}\). Alors \(\dfrac{e^{-1/x}}{x^{10}} = \dfrac{t^{10}}{e^{t}} \to 0\). Donc \(e^{-1/x} = o(x^{10})\) en \(0^{+}\).
    2. Comparons les fonctions deux à deux, par quotients successifs.
      • \(\dfrac{f_1}{f_3} = \dfrac{1}{(\ln x)^4} \to 0\), donc \(f_1 = o(f_3)\).
      • \(\dfrac{f_3}{f_2} = \dfrac{(\ln x)^5}{x^{1/2}} \to 0\), donc \(f_3 = o(f_2)\).
      • \(\dfrac{f_2}{f_5} = \dfrac{\ln x}{x^{1/2}} \to 0\), donc \(f_2 = o(f_5)\).
      • Enfin, \(\dfrac{f_5}{f_4} = \dfrac{x^2}{e^{\sqrt{x}} \ln x}\). Avec \(t = \sqrt{x}\), on a \(\dfrac{x^2}{e^{\sqrt{x}}} = \dfrac{t^4}{e^{t}} \to 0\), et \(\frac{1}{\ln x} \to 0\). Donc \(f_5 = o(f_4)\).

      Le classement est \(f_1, f_3, f_2, f_5, f_4\), soit \(x\ln x \ll x(\ln x)^5 \ll x^{3/2} \ll \frac{x^2}{\ln x} \ll e^{\sqrt{x}}\).

    Corrigé de l’exercice 3 : Équivalents de polynômes et de fractions rationnelles

    1. En \(+\infty\), le numérateur est équivalent à \(3x^4\) et le dénominateur à \(x^2\). Par quotient, \(f(x) \sim 3x^2\). En \(0\), le numérateur tend vers \(2\), donc il est équivalent à \(2\), et le dénominateur est équivalent à \(5x\). Ainsi \(f(x) \sim \dfrac{2}{5x}\) en \(0\). Par conservation de la limite : \(f \to +\infty\) en \(+\infty\), \(f \to +\infty\) en \(0^{+}\) et \(f \to -\infty\) en \(0^{-}\).
    2. En \(0\), le monôme non nul de plus bas degré est \(x\), donc \(g(x) \sim x\). En \(+\infty\), \(g(x) \sim x^3\). En \(1\), la règle des monômes ne s’applique pas. On factorise : \(g(x) = x(x^2 – 2x + 1) = x(x-1)^2\). Comme \(x \to 1\), on obtient \(g(x) \sim (x-1)^2\) en \(1\).
    3. La règle du monôme de plus bas degré ne vaut qu’en \(0\) ; en \(1\), numérateur et dénominateur tendent tous deux vers \(0\), et il faut les factoriser par \(x – 1\). On a \(x^2 – 1 = (x-1)(x+1)\) et \(x^3 – 1 = (x-1)(x^2 + x + 1)\). Donc, pour \(x \neq 1\), \(h(x) = \dfrac{x+1}{x^2 + x + 1}\). Par continuité, \(h(x) \to \frac{2}{3}\) en \(1\).

    Corrigé de l’exercice 4 : Comparer des suites avec o et O

    1. On étudie chaque fois le quotient.
      1. \(\dfrac{n^2 + 3n}{n^2} = 1 + \dfrac{3}{n} \to 1\). Le quotient est borné, donc c’est un \(O\). C’est même un équivalent : \(n^2 + 3n \sim n^2\), mais pas un \(o\).
      2. \(\dfrac{(-1)^n n}{n} = (-1)^n\) est borné. En revanche, cette suite n’a pas de limite. On a \((-1)^n n = O(n)\), sans \(o\) ni équivalent.
      3. \(\dfrac{n^2 \sin(1/n)}{n} = \dfrac{\sin(1/n)}{1/n} \to 1\), car \(\sin u \sim u\) en \(0\). Donc \(n^2 \sin\frac{1}{n} \sim n\).
      4. \(\dfrac{1}{n+1} – \dfrac{1}{n} = -\dfrac{1}{n(n+1)}\), et son quotient par \(\frac{1}{n^2}\) vaut \(-\frac{n}{n+1} \to -1\). C’est un \(O(1/n^2)\), et même \(-\frac{1}{n^2}\) en équivalent.
    2. On compare les suites voisines. D’abord, \(\dfrac{(\ln n)^{100}}{\sqrt{n}\ln n} = \dfrac{(\ln n)^{99}}{n^{1/2}} \to 0\). Ensuite, \(\dfrac{\sqrt{n}\ln n}{n^{10}} = \dfrac{\ln n}{n^{19/2}} \to 0\). Puis \(n^{10} = o(1{,}1^n)\), car \(1{,}1 > 1\). Enfin, \(1{,}1^n = o(n!)\) et \(n! = o(n^n)\) d’après le cours. L’ordre est \((\ln n)^{100}\), \(\sqrt{n}\ln n\), \(n^{10}\), \(1{,}1^n\), \(n!\), \(n^n\).

    Corrigé de l’exercice 5 : Vrai ou faux sur les règles de calcul

    1. Vrai. En effet, \(\dfrac{u_n^2}{v_n^2} = (\dfrac{u_n}{v_n})^2 \to 1^2 = 1\). La puissance est fixe, donc la règle s’applique.
    2. Vrai, grâce à la positivité. Posons \(a_n = \frac{u_n}{v_n}\) et \(b_n = \frac{w_n}{t_n}\), qui tendent vers \(1\). Alors \(\dfrac{u_n + w_n}{v_n + t_n} = \dfrac{a_n v_n + b_n t_n}{v_n + t_n}\) est une moyenne pondérée de \(a_n\) et \(b_n\), à poids positifs. Elle est donc comprise entre \(\min(a_n, b_n)\) et \(\max(a_n, b_n)\), qui tendent vers \(1\). Par encadrement, le quotient tend vers \(1\). Attention : sans hypothèse de signe, c’est faux, comme le montre l’exemple du cours avec \(n^2 + n\) et \(-n^2\).
    3. Faux. Prenons \(u_n = n + 1\) et \(v_n = n\). Alors \(u_n \sim v_n\), mais \(\dfrac{e^{u_n}}{e^{v_n}} = e \neq 1\).
    4. Faux. Avec \(u_n = n^2 + n\) et \(v_n = n^2\), on a \(u_n \sim v_n\), mais \(u_n – v_n = n \to +\infty\).
    5. Vrai. C’est la transitivité : \(\dfrac{u_n}{w_n} = \dfrac{u_n}{v_n}\cdot\dfrac{v_n}{w_n}\), produit d’une suite qui tend vers \(0\) et d’une suite bornée. Il tend donc vers \(0\).
    6. Vrai. En effet, \(\dfrac{u_n + v_n}{v_n} = 1 + \dfrac{u_n}{v_n} \to 1\).
    7. Faux. Avec \(u_n = \frac{1}{n}\) et \(v_n = \frac{1}{n^2}\), on a \(u_n – v_n \to 0\), mais \(\dfrac{u_n}{v_n} = n \to +\infty\).

    Point de méthode : pour réfuter une règle, on cherche un contre-exemple parmi les suites les plus simples : \(n\), \(n+1\), \(n^2\), \(\frac{1}{n}\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Différences, factoriser avant d’utiliser les équivalents

    1. La première erreur consiste à soustraire deux équivalents, ce qui est interdit. La seconde consiste à écrire « \(\sim 0\) », ce qui signifierait que la différence est nulle à partir d’un certain rang. Or \(\sqrt{n+1} – \sqrt{n} > 0\) pour tout \(n\), donc la conclusion est fausse.
    2. On multiplie par la quantité conjuguée : \(\sqrt{n+1} – \sqrt{n} = \dfrac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}}\). Ensuite, \(\sqrt{n+1} + \sqrt{n} = \sqrt{n}(\sqrt{1 + \frac{1}{n}} + 1) \sim 2\sqrt{n}\). Par quotient, \(\sqrt{n+1} – \sqrt{n} \sim \dfrac{1}{2\sqrt{n}}\).
    3. On factorise dans le logarithme : \(\ln(n+1) – \ln n = \ln(1 + \frac{1}{n})\). Or \(\frac{1}{n} \to 0\), donc \(\ln(n+1) – \ln n \sim \dfrac{1}{n}\).
    4. On factorise par \(e^{1/(n+1)}\) : \(e^{1/n} – e^{1/(n+1)} = e^{1/(n+1)}(e^{\delta_n} – 1)\), avec \(\delta_n = \dfrac{1}{n} – \dfrac{1}{n+1} = \dfrac{1}{n(n+1)}\). D’abord, \(e^{1/(n+1)} \to 1\). Ensuite, \(\delta_n \to 0\), donc \(e^{\delta_n} – 1 \sim \delta_n \sim \dfrac{1}{n^2}\). Par produit, \(e^{1/n} – e^{1/(n+1)} \sim \dfrac{1}{n^2}\).
    5. Pour \(x > 0\), \(\sqrt{x^2 + x} – x = x(\sqrt{1 + \frac{1}{x}} – 1)\). Par substitution, \(\sqrt{1 + \frac{1}{x}} – 1 \sim \dfrac{1}{2x}\). Donc l’expression est équivalente à \(x \cdot \frac{1}{2x} = \frac{1}{2}\). La limite vaut \(\frac{1}{2}\).

    Point de méthode : devant une différence, on la transforme en produit (quantité conjuguée, factorisation, propriétés de \(\ln\) et \(\exp\)) avant d’utiliser les équivalents.

    Corrigé de l’exercice 7 : Signe et limite par équivalents

    1. En \(0\), \(1 – \cos x \sim \frac{x^2}{2}\), \(e^x – 1 \sim x\) et \(\ln(1 + x^2) \sim x^2\). Par produit et quotient, \(f(x) \sim \dfrac{(x^2/2) \cdot x}{x^2} = \dfrac{x}{2}\). Par conservation de la limite, \(f(x) \to 0\). Par conservation du signe, \(f\) a le signe de \(\frac{x}{2}\) au voisinage de \(0\). Ainsi \(f(x) \sim \frac{x}{2}\), \(f \to 0\), \(f > 0\) à droite de \(0\) et \(f < 0\) à gauche.
    2. On a \(e^{2x} – 1 \sim 2x\) et \(\sqrt{1+x} – 1 \sim \frac{x}{2}\). Donc le quotient est équivalent à \(\dfrac{2x}{x/2} = 4\). La limite vaut \(4\).
    3. Au numérateur, \(3n \ln n = o(n^2)\) et \(1 = o(n^2)\), donc \(n^2 – 3n\ln n + 1 = n^2 + o(n^2) \sim n^2\). Au dénominateur, \(n^3 – 100 n^2 \sim n^3\). Par quotient, \(u_n \sim \dfrac{1}{n}\). Donc \(u_n \to 0\) et, par conservation du signe, \(u_n > 0\) à partir d’un certain rang.
    4. On écrit \(v_n = \ln(1 + h_n)\) avec \(h_n = \cos\frac{1}{n} – 1\). Comme \(h_n \to 0\), on a \(\ln(1 + h_n) \sim h_n\). Or \(h_n \sim -\dfrac{1}{2n^2}\). Donc \(v_n \sim -\dfrac{1}{2n^2}\), et \(v_n < 0\) à partir d’un certain rang, avec \(n^2 v_n \to -\frac{1}{2}\). En réalité, \(0 < \cos\frac{1}{n} < 1\) pour tout \(n \geq\, 1\), donc \(v_n < 0\) pour tout \(n \geq\, 1\).

    Corrigé de l’exercice 8 : Domination et symbole O

    1. Pour \(x > 0\), \(\dfrac{f(x)}{x} = 2 + \sin x \in [1, 3]\). Ce quotient est borné, donc \(f(x) = O(x)\). De plus, \(\dfrac{x}{f(x)} = \dfrac{1}{2 + \sin x} \in [\frac{1}{3}, 1]\), donc \(x = O(f(x))\). Cependant, \(2 + \sin x\) n’a pas de limite en \(+\infty\) : il vaut \(3\) aux points \(\frac{\pi}{2} + 2k\pi\) et \(1\) aux points \(-\frac{\pi}{2} + 2k\pi\). Donc \(f\) et \(x\) se dominent mutuellement sans être équivalentes.
    2. Pour tout \(x \neq 0\), \(|\sin\frac{1}{x}| \leq\, 1\), donc \(\sin\frac{1}{x} = O(1)\). En revanche, posons \(x_k = \dfrac{1}{\frac{\pi}{2} + 2k\pi}\). Alors \(x_k \to 0\) et \(\sin\frac{1}{x_k} = 1\) pour tout \(k\). La fonction ne tend donc pas vers \(0\) : ce n’est pas un \(o(1)\).
    3. Par hypothèse, il existe \(M > 0\) et un voisinage de \(a\) sur lequel \(|f| \leq\, M|g|\). Or \(M|g| \to 0\). Par encadrement, \(f \to 0\) en \(a\).
    4. Il existe \(M\) tel que \(|u_n| \leq\, \frac{M}{n^2}\) à partir d’un certain rang. Donc \(|n u_n| \leq\, \frac{M}{n} \to 0\). Ainsi \(n u_n \to 0\). En revanche, l’hypothèse \(u_n = O(1/n)\) ne suffit pas : avec \(u_n = \frac{1}{n}\), on a \(n u_n = 1\) pour tout \(n\).

    Corrigé de l’exercice 9 : Équivalent de ln(n!) par encadrement

    1. Soit \(k \geq\, 2\). Pour \(t \in [k-1, k]\), la croissance de \(\ln\) donne \(\ln t \leq\, \ln k\). En intégrant sur un intervalle de longueur \(1\), on obtient \(\int_{k-1}^{k} \ln t\,dt \leq\, \ln k\). De même, pour \(t \in [k, k+1]\), \(\ln k \leq\, \ln t\), d’où \(\ln k \leq\, \int_{k}^{k+1} \ln t\,dt\). L’encadrement est démontré. La figure ci-dessous montre les rectangles de hauteur \(\ln k\) posés sur \([k-1, k]\), au-dessus de la courbe.

    Rectangles de hauteur ln k posés sur les intervalles [k-1, k] au-dessus de la courbe du logarithme

    1. On somme pour \(k\) de \(2\) à \(n\), en remarquant que \(\ln(n!) = \sum_{k=2}^{n} \ln k\). À gauche, la relation de Chasles donne \(\int_1^n \ln t\,dt = [t\ln t – t]_1^n = n\ln n – n + 1\). À droite, on obtient \(\int_2^{n+1} \ln t\,dt\), qui est inférieur à \(\int_1^{n+1} \ln t\,dt\) car \(\ln \geq\, 0\) sur \([1, 2]\). Or \(\int_1^{n+1} \ln t\,dt = (n+1)\ln(n+1) – (n+1) + 1\). Donc \(n\ln n – n + 1 \leq\, \ln(n!) \leq\, (n+1)\ln(n+1) – n\).
    2. Divisons par \(n\ln n > 0\). La borne inférieure devient \(1 – \dfrac{1}{\ln n} + \dfrac{1}{n\ln n} \to 1\). Pour la borne supérieure, \(\dfrac{(n+1)\ln(n+1)}{n\ln n} = \dfrac{n+1}{n}\cdot\dfrac{\ln(n+1)}{\ln n}\). Or \(\ln(n+1) = \ln n + \ln(1 + \frac{1}{n})\), donc \(\frac{\ln(n+1)}{\ln n} \to 1\). De plus, \(\frac{n}{n\ln n} \to 0\). La borne supérieure divisée par \(n \ln n\) tend donc aussi vers \(1\). Par encadrement, \(\ln(n!) \sim n\ln n\).
    3. Non. En effet, \(\dfrac{n!}{n^n} \leq\, \dfrac{1}{n} \to 0\), donc \(n! = o(n^n)\). Pourtant, \(\ln(n^n) = n\ln n \sim \ln(n!)\). Des logarithmes équivalents ne donnent pas des suites équivalentes : on ne compose pas un équivalent par l’exponentielle.

    Corrigé de l’exercice 10 : Sommes de puissances d’entiers

    1. La fonction \(t \mapsto t^{\alpha}\) est croissante sur \([0, +\infty[\) car \(\alpha > 0\). Pour \(k \geq\, 1\), on a donc \(\int_{k-1}^{k} t^{\alpha}\,dt \leq\, k^{\alpha} \leq\, \int_{k}^{k+1} t^{\alpha}\,dt\). En sommant de \(k = 1\) à \(n\), on trouve
      \[\int_0^n t^{\alpha}\,dt \leq\, S_n \leq\, \int_1^{n+1} t^{\alpha}\,dt \leq\, \int_0^{n+1} t^{\alpha}\,dt.\]
      Ces intégrales valent \(\frac{n^{\alpha+1}}{\alpha+1}\) et \(\frac{(n+1)^{\alpha+1}}{\alpha+1}\). Ensuite, \((n+1)^{\alpha+1} \sim n^{\alpha+1}\), car \((1 + \frac{1}{n})^{\alpha+1} \to 1\). Par encadrement, \(S_n \sim \dfrac{n^{\alpha+1}}{\alpha+1}\).
    2. Pour \(\alpha = 2\), on sait que \(\sum_{k=1}^{n} k^2 = \dfrac{n(n+1)(2n+1)}{6}\). Par produit d’équivalents, cette somme est équivalente à \(\dfrac{n \cdot n \cdot 2n}{6} = \dfrac{n^3}{3}\). C’est bien \(\frac{n^{\alpha+1}}{\alpha+1}\) pour \(\alpha = 2\).
    3. Cette fois, \(t \mapsto \frac{1}{\sqrt{t}}\) est décroissante sur \(]0, +\infty[\). Pour \(k \geq\, 1\), \(\frac{1}{\sqrt{k}} \geq\, \int_k^{k+1} \frac{dt}{\sqrt{t}}\), et la somme donne \(T_n \geq\, \int_1^{n+1} \frac{dt}{\sqrt{t}} = 2\sqrt{n+1} – 2\). Pour \(k \geq\, 2\), \(\frac{1}{\sqrt{k}} \leq\, \int_{k-1}^{k} \frac{dt}{\sqrt{t}}\). En isolant le terme \(k = 1\), on obtient \(T_n \leq\, 1 + \int_1^n \frac{dt}{\sqrt{t}} = 2\sqrt{n} – 1\). Enfin, les deux bornes divisées par \(2\sqrt{n}\) tendent vers \(1\). Donc \(T_n \sim 2\sqrt{n}\).

    Corrigé de l’exercice 11 : Logarithme d’un équivalent

    1. Au voisinage de \(a\), on écrit \(\ln f = \ln g + \ln\dfrac{f}{g}\). Comme \(\frac{f}{g} \to 1\), on a \(\ln\frac{f}{g} \to 0\) par continuité de \(\ln\) en \(1\). Ensuite, \(\ln g\) tend vers \(\ln \ell\) si \(\ell \in \, ]0, +\infty[\), vers \(-\infty\) si \(\ell = 0\) et vers \(+\infty\) si \(\ell = +\infty\). Dans tous les cas, cette limite est non nulle car \(\ell \neq 1\). Donc \(\ln g\) ne s’annule pas au voisinage de \(a\), et
      \[\frac{\ln f}{\ln g} = 1 + \frac{\ln(f/g)}{\ln g} \to 1 + 0 = 1.\]
      Ainsi \(\ln f \sim \ln g\).
    2. D’abord, \(n^2 + n + 1 \sim n^2 \to +\infty\), donc \(\ln(n^2 + n + 1) \sim \ln(n^2) = 2\ln n\). Ensuite, \(\sin x \sim x \to 0\) en \(0^{+}\), donc \(\ln(\sin x) \sim \ln x\). Enfin, \(x + \sqrt{x^2+1} = x(1 + \sqrt{1 + \frac{1}{x^2}}) \sim 2x \to +\infty\). Donc \(\ln(x + \sqrt{x^2+1}) \sim \ln(2x) = \ln 2 + \ln x \sim \ln x\). Les équivalents sont \(2\ln n\), \(\ln x\) et \(\ln x\).
    3. Prenons \(f_n = 1 + \frac{1}{n}\) et \(g_n = 1 + \frac{2}{n}\), qui tendent vers \(1\). Leur quotient tend vers \(1\), donc \(f_n \sim g_n\). Pourtant, \(\ln f_n \sim \frac{1}{n}\) et \(\ln g_n \sim \frac{2}{n}\). Le quotient \(\frac{\ln f_n}{\ln g_n}\) tend vers \(\frac{1}{2}\), et non vers \(1\).

    Corrigé de l’exercice 12 : Limites de puissances, les pièges de la composition

    1. Au voisinage de \(0\), \(\cos x > 0\) et \((\cos x)^{1/x^2} = \exp(\dfrac{\ln(\cos x)}{x^2})\). Posons \(h = \cos x – 1 \to 0\). Alors \(\ln(\cos x) = \ln(1 + h) \sim h \sim -\dfrac{x^2}{2}\). L’exposant est donc équivalent à \(-\frac{1}{2}\), et il tend vers \(-\frac{1}{2}\). Par continuité de \(\exp\), la limite vaut \(e^{-1/2}\).
    2. Pour \(x > 1\), posons \(q(x) = \dfrac{\ln(x+1)}{\ln x} = 1 + u(x)\), avec \(u(x) = \dfrac{\ln(1 + \frac{1}{x})}{\ln x}\). On a \(u(x) \sim \dfrac{1}{x\ln x} \to 0\). Donc \(\ln q(x) = \ln(1 + u(x)) \sim u(x) \sim \dfrac{1}{x\ln x}\). L’exposant \(x\ln x \cdot \ln q(x)\) tend ainsi vers \(1\). La limite vaut \(e\).
    3. D’après le développement admis, \(n\sin\frac{1}{n} = n(\frac{1}{n} – \frac{1}{6n^3} + o(\frac{1}{n^3})) = 1 – \frac{1}{6n^2} + o(\frac{1}{n^2})\). Posons \(k_n = n\sin\frac{1}{n} – 1\), qui est équivalent à \(-\frac{1}{6n^2}\) et tend vers \(0\). Alors \(n^2 \ln(n\sin\frac{1}{n}) = n^2\ln(1 + k_n) \sim n^2 k_n \sim -\frac{1}{6}\). La limite vaut \(e^{-1/6}\).
    4. Avec \(u = \frac{1}{x}\), on obtient \(x^2\ln(1 + \frac{1}{x}) = x^2(\frac{1}{x} – \frac{1}{2x^2} + o(\frac{1}{x^2})) = x – \frac{1}{2} + o(1)\). Cette quantité est bien équivalente à \(x\). Cependant, \((1 + \frac{1}{x})^{x^2} e^{-x} = \exp(-\frac{1}{2} + o(1)) \to e^{-1/2}\). La limite vaut \(e^{-1/2} \neq 1\) : on n’a donc pas \((1 + \frac{1}{x})^{x^2} \sim e^{x}\). C’est l’exemple type d’une composition interdite par \(\exp\).

    Point de méthode : pour composer par l’exponentielle, il faut connaître l’exposant à \(o(1)\) près, et non seulement à un équivalent près.

    Corrigé de l’exercice 13 : Formule de Stirling et coefficients binomiaux

    1. D’après la formule de Stirling, \(n! \sim \sqrt{2\pi n}\,\dfrac{n^n}{e^n}\), donc \(\dfrac{n!\,e^n}{n^n} \sim \sqrt{2\pi n}\). En passant à l’inverse, ce qui est permis, \(\dfrac{n^n}{n!\,e^n} \sim \dfrac{1}{\sqrt{2\pi n}}\).
    2. On a \(\binom\,{3n}{n} = \dfrac{(3n)!}{n!\,(2n)!}\). La formule de Stirling donne
      \[(3n)! \sim \sqrt{6\pi n}\,\frac{(3n)^{3n}}{e^{3n}}, \quad n! \sim \sqrt{2\pi n}\,\frac{n^n}{e^n}, \quad (2n)! \sim \sqrt{4\pi n}\,\frac{(2n)^{2n}}{e^{2n}}.\]
      Les puissances de \(e\) se simplifient, ainsi que \(n^{3n}\). Il reste \(\dfrac{3^{3n}}{2^{2n}} = (\dfrac{27}{4})^n\) et le facteur \(\dfrac{\sqrt{6\pi n}}{\sqrt{2\pi n}\sqrt{4\pi n}} = \dfrac{\sqrt{3}}{\sqrt{4\pi n}} = \dfrac{\sqrt{3}}{2\sqrt{\pi n}}\). Donc \(\binom\,{3n}{n} \sim \dfrac{\sqrt{3}}{2\sqrt{\pi n}}(\dfrac{27}{4})^n\).
    3. Les \(4^n\) suites de résultats sont équiprobables, et \(\binom\,{2n}{n}\) d’entre elles comportent exactement \(n\) piles. Donc \(p_n = \dbinom{2n}{n}4^{-n}\). D’après le cours, \(\binom\,{2n}{n} \sim \frac{4^n}{\sqrt{\pi n}}\). Ainsi \(p_n \sim \dfrac{1}{\sqrt{\pi n}}\), et \(p_n \to 0\). La figure ci-dessous compare \(p_n\) à cet équivalent.

    Probabilité d obtenir autant de piles que de faces en 2n lancers, comparée à 1 sur racine de pi n

    1. Par produit, \(\sqrt{n}\,p_n \sim \dfrac{\sqrt{n}}{\sqrt{\pi n}} = \dfrac{1}{\sqrt{\pi}}\). La limite vaut \(\frac{1}{\sqrt{\pi}} \approx 0{,}564\). Autrement dit, l’égalité parfaite entre piles et faces devient rare, mais seulement comme \(1/\sqrt{n}\).

    Corrigé de l’exercice 14 : Formule de Stirling et racine n-ième de n!

    1. La règle \(f^{\alpha} \sim g^{\alpha}\) suppose un exposant \(\alpha\) fixe. Ici, l’exposant \(\frac{1}{n}\) dépend de \(n\), et une telle règle est fausse en général : \(1 + \frac{1}{n} \sim 1\), mais \((1 + \frac{1}{n})^n \to e\). Il faut donc un argument. Écrivons \(n! = \sqrt{2\pi n}(\frac{n}{e})^n(1 + \varepsilon_n)\), avec \(\varepsilon_n \to 0\). Alors
      \[(n!)^{1/n} = \frac{n}{e}\,\exp(\frac{\ln(2\pi n)}{2n})\exp(\frac{\ln(1 + \varepsilon_n)}{n}).\]
      Par croissances comparées, \(\frac{\ln(2\pi n)}{2n} \to 0\). De plus, \(\ln(1 + \varepsilon_n) \to 0\), donc le second exposant tend vers \(0\). Les deux exponentielles tendent vers \(1\), d’où \((n!)^{1/n} \sim \dfrac{n}{e}\).
    2. D’abord, \(((2n)!)^{1/n} = (((2n)!)^{1/(2n)})^2\). La question précédente, appliquée au rang \(2n\), donne \(((2n)!)^{1/(2n)} \sim \frac{2n}{e}\). En élevant au carré, \(((2n)!)^{1/n} \sim \frac{4n^2}{e^2}\). Ensuite, par quotient, \((\dfrac{(2n)!}{n!})^{1/n} \sim \dfrac{4n^2/e^2}{n/e} = \dfrac{4n}{e}\). La limite demandée vaut \(\frac{4}{e}\).
    3. On compare les logarithmes. D’après le cours, \(\ln(n!) = n\ln n – n + \frac{1}{2}\ln(2\pi n) + o(1)\). Donc \(\ln(n!) – \frac{n}{2}\ln n = \frac{n}{2}\ln n – n + \frac{1}{2}\ln(2\pi n) + o(1)\). Or \(n = o(n\ln n)\), donc cette différence est équivalente à \(\frac{n}{2}\ln n\) et tend vers \(+\infty\). Par conséquent, \(\dfrac{n^{n/2}}{n!} = \exp(\frac{n}{2}\ln n – \ln(n!)) \to 0\). Ainsi \(n^{n/2} = o(n!)\).

    Corrigé de l’exercice 15 : Une suite récurrente qui tend vers 0

    1. Posons \(\varphi(x) = x – x^2 = x(1 – x)\). Pour \(x \in \, ]0, 1[\), les deux facteurs sont strictement positifs, et \(\varphi(x) \leq\, \frac{1}{4}\), maximum atteint en \(\frac{1}{2}\). Donc \(\varphi\) envoie \(]0,1[\) dans \(]0, \frac{1}{4}] \subset \, ]0, 1[\). Par récurrence, \(u_n \in \, ]0,1[\) pour tout \(n\). Ensuite, \(u_{n+1} – u_n = -u_n^2 < 0\) : la suite est décroissante. Elle est minorée par \(0\), donc elle converge vers un réel \(\ell \in [0, 1[\). Par continuité de \(\varphi\), \(\ell = \ell – \ell^2\), donc \(\ell^2 = 0\). Ainsi \(u_n \to 0\). La figure ci-dessous montre l’escalier construit sur la parabole, qui se rapproche de l’origine.

    Escalier de la suite u n+1 = u n - u n au carré sur la parabole, avec la droite y = x, convergeant vers 0

    1. Comme \(u_n \neq 0\) et \(1 – u_n \neq 0\), on calcule
      \[\frac{1}{u_{n+1}} – \frac{1}{u_n} = \frac{1}{u_n(1 – u_n)} – \frac{1}{u_n} = \frac{1 – (1 – u_n)}{u_n(1 – u_n)} = \frac{1}{1 – u_n}.\]
      Comme \(0 < 1 – u_n < 1\), ce terme est strictement supérieur à \(1\). En sommant de \(0\) à \(n – 1\), on obtient \(\frac{1}{u_n} > \frac{1}{u_0} + n > n\). Donc \(u_n < \frac{1}{n}\) pour tout \(n \geq\, 1\).
    2. Posons \(a_n = \frac{1}{u_n}\). D’après la question 2, \(a_{n+1} – a_n = \frac{1}{1 – u_n} \to 1\), car \(u_n \to 0\). Le lemme de Cesàro donne \(\frac{a_n}{n} \to 1\), c’est-à-dire \(\frac{1}{n u_n} \to 1\). Par passage à l’inverse, \(u_n \sim \dfrac{1}{n}\).

    Point de méthode : pour \(u_{n+1} = u_n – a u_n^{p} + \cdots\), on cherche un exposant \(\beta\) tel que \(u_{n+1}^{-\beta} – u_n^{-\beta}\) ait une limite non nulle ; ici \(p = 2\) et \(\beta = 1\).

    Corrigé de l’exercice 16 : Racine d’une équation à paramètre

    1. La fonction \(f_n\) est dérivable, avec \(f_n^{\prime}(x) = 5x^4 + n > 0\). Elle est donc strictement croissante et continue sur \([0, +\infty[\). De plus, \(f_n(0) = -1 < 0\) et \(f_n(\frac{1}{n}) = \frac{1}{n^5} > 0\). Par le théorème des valeurs intermédiaires, \(f_n\) s’annule sur \(]0, \frac{1}{n}[\). Par stricte monotonie, ce zéro est unique sur \([0, +\infty[\). Ainsi \(x_n\) existe, est unique et vérifie \(0 < x_n < \frac{1}{n}\).
    2. Par encadrement, \(x_n \to 0\), donc \(x_n^5 \to 0\). L’équation s’écrit \(n x_n = 1 – x_n^5\), qui tend vers \(1\). Donc \(n x_n \to 1\), c’est-à-dire \(x_n \sim \frac{1}{n}\).
    3. On réinjecte. D’une part, \(x_n = \dfrac{1}{n} – \dfrac{x_n^5}{n}\). D’autre part, \(x_n^5 \sim \frac{1}{n^5}\), car la puissance \(5\) est fixe. Donc \(x_n^5 = \frac{1}{n^5} + o(\frac{1}{n^5})\), puis \(\frac{x_n^5}{n} = \frac{1}{n^6} + o(\frac{1}{n^6})\). Ainsi \(x_n = \dfrac{1}{n} – \dfrac{1}{n^6} + o(\dfrac{1}{n^6})\).
    4. On réinjecte une nouvelle fois. On a \(x_n = \frac{1}{n}(1 + h_n)\) avec \(h_n = -\frac{1}{n^5} + o(\frac{1}{n^5})\). Or \((1 + h)^5 – 1 \sim 5h\) en \(0\), donc \((1 + h_n)^5 = 1 + 5h_n + o(h_n) = 1 – \frac{5}{n^5} + o(\frac{1}{n^5})\). Par conséquent, \(x_n^5 = \frac{1}{n^5} – \frac{5}{n^{10}} + o(\frac{1}{n^{10}})\). En divisant par \(n\) et en reportant dans \(x_n = \frac{1}{n} – \frac{x_n^5}{n}\), on obtient \(x_n = \dfrac{1}{n} – \dfrac{1}{n^6} + \dfrac{5}{n^{11}} + o(\dfrac{1}{n^{11}})\).

    Point de méthode : chaque réinjection dans l’équation \(x_n = \frac{1 – x_n^5}{n}\) fournit un terme de plus ; on vérifie à chaque étape la précision du \(o\).

    Corrigé de l’exercice 17 : Les solutions de tan x = x

    1. Soit \(J_n = ]n\pi – \frac{\pi}{2}, n\pi + \frac{\pi}{2}[\) et \(g(x) = \tan x – x\) sur \(J_n\). Alors \(g^{\prime}(x) = 1 + \tan^2 x – 1 = \tan^2 x \geq\, 0\), et \(g^{\prime}\) ne s’annule qu’en \(n\pi\). La fonction \(g\) est donc strictement croissante sur \(J_n\). Elle tend vers \(-\infty\) à gauche et vers \(+\infty\) à droite de \(J_n\). Par continuité et stricte monotonie, \(g\) réalise une bijection de \(J_n\) sur \(\mathbb{R}\) : elle s’annule en un unique point \(x_n\). Enfin, \(g(n\pi) = -n\pi < 0\), donc \(x_n \in ]n\pi, n\pi + \frac{\pi}{2}[\).
    2. De \(n\pi < x_n < n\pi + \frac{\pi}{2}\), on déduit \(1 < \dfrac{x_n}{n\pi} < 1 + \dfrac{1}{2n}\). Par encadrement, \(x_n \sim n\pi\).
    3. Posons \(y_n = x_n – n\pi \in ]0, \frac{\pi}{2}[\). Par \(\pi\)-périodicité, \(\tan y_n = \tan x_n = x_n\). Comme \(y_n \in ]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}[\), on a \(y_n = \arctan(\tan y_n) = \arctan(x_n)\). Donc \(x_n = n\pi + \arctan(x_n)\). Or \(x_n \to +\infty\), donc \(\arctan(x_n) \to \frac{\pi}{2}\). Ainsi \(x_n = n\pi + \frac{\pi}{2} + o(1)\).
    4. Comme \(x_n > 0\), on a \(\arctan(x_n) = \frac{\pi}{2} – \arctan\frac{1}{x_n}\). Or \(\frac{1}{x_n} \to 0\), donc \(\arctan\frac{1}{x_n} \sim \frac{1}{x_n} \sim \frac{1}{n\pi}\), d’après la question 2. Ainsi \(\arctan\frac{1}{x_n} = \frac{1}{n\pi} + o(\frac{1}{n})\). Finalement, \(x_n = n\pi + \dfrac{\pi}{2} – \dfrac{1}{n\pi} + o(\dfrac{1}{n})\). La figure ci-dessous confirme numériquement ce développement.

    Écart x n moins n pi calculé numériquement, comparé à pi sur 2 moins 1 sur n pi

    Corrigé de l’exercice 18 : Une suite d’intégrales

    1. D’abord, \(I_0 = \int_0^1 \frac{dx}{1+x} = [\ln(1+x)]_0^1 = \ln 2\). Ensuite, l’intégrande est positive sur \([0, 1]\), donc \(I_n \geq\, 0\). De plus, \(x^{n+1} \leq\, x^n\) sur \([0, 1]\), donc \(I_{n+1} \leq\, I_n\). Enfin, \(1 + x \geq\, 1\) donne \(\frac{x^n}{1+x} \leq\, x^n\), d’où \(I_n \leq\, \int_0^1 x^n\,dx = \frac{1}{n+1}\). Par encadrement, \(I_n \to 0\).
    2. Par linéarité, \(I_n + I_{n+1} = \int_0^1 \dfrac{x^n(1 + x)}{1 + x}\,dx = \int_0^1 x^n\,dx\). Donc \(I_n + I_{n+1} = \dfrac{1}{n+1}\).
    3. Soit \(n \geq\, 1\). Comme \(I_{n+1} \leq\, I_n\), on a \(\frac{1}{n+1} = I_n + I_{n+1} \leq\, 2I_n\). De même, \(I_n \leq\, I_{n-1}\) donne \(2I_n \leq\, I_{n-1} + I_n = \frac{1}{n}\). D’où \(\dfrac{1}{2(n+1)} \leq\, I_n \leq\, \dfrac{1}{2n}\). Les deux bornes sont équivalentes à \(\frac{1}{2n}\). Par encadrement, \(I_n \sim \dfrac{1}{2n}\).
    4. L’encadrement précédent donne \(0 \leq\, \dfrac{1}{2n} – I_n \leq\, \dfrac{1}{2n} – \dfrac{1}{2(n+1)} = \dfrac{1}{2n(n+1)} \leq\, \dfrac{1}{2n^2}\). Donc \(I_n = \dfrac{1}{2n} + O(\dfrac{1}{n^2})\).

    Point de méthode : une relation entre \(I_n\) et \(I_{n+1}\), combinée à la monotonie, suffit souvent à encadrer \(I_n\) par deux quantités équivalentes.

    Corrigé de l’exercice 19 : Intégrales de Wallis et constante de Stirling

    1. On a \(W_0 = \frac{\pi}{2}\) et \(W_1 = [-\cos t]_0^{\pi/2} = 1\). Sur \(]0, \frac{\pi}{2}]\), \(\sin^n t > 0\), et la fonction est continue, donc \(W_n > 0\). Ensuite, \(0 \leq\, \sin t \leq\, 1\) donne \(\sin^{n+1} t \leq\, \sin^n t\). Par croissance de l’intégrale, \((W_n)\) est décroissante.
    2. On écrit \(W_{n+2} = \int_0^{\pi/2} \sin^{n+1} t \cdot \sin t\,dt\). On intègre par parties avec \(u = \sin^{n+1}\) et \(v = -\cos\), fonctions de classe \(C^1\). Le crochet \([-\cos t \sin^{n+1} t]_0^{\pi/2}\) est nul. Il reste \(W_{n+2} = (n+1)\int_0^{\pi/2} \sin^n t \cos^2 t\,dt\). Or \(\cos^2 = 1 – \sin^2\), donc \(W_{n+2} = (n+1)(W_n – W_{n+2})\). Ainsi \((n+2)W_{n+2} = (n+1)W_n\).
    3. Posons \(c_n = (n+1)W_{n+1}W_n\). Alors \(c_{n+1} = (n+2)W_{n+2}W_{n+1} = (n+1)W_n W_{n+1} = c_n\). La suite est donc constante. Elle vaut \(c_0 = W_1 W_0 = \frac{\pi}{2}\).
    4. Par décroissance, \(W_{n+2} \leq\, W_{n+1} \leq\, W_n\). En divisant par \(W_n > 0\), on obtient \(\frac{n+1}{n+2} \leq\, \frac{W_{n+1}}{W_n} \leq\, 1\). Par encadrement, \(W_{n+1} \sim W_n\). Ensuite, \(\frac{\pi}{2} = (n+1)W_{n+1}W_n \sim n W_n^2\). Donc \(W_n^2 \sim \frac{\pi}{2n}\), et comme \(W_n > 0\), la puissance \(\frac{1}{2}\) donne \(W_n \sim \sqrt{\dfrac{\pi}{2n}}\).
    5. La relation de la question 2 donne \(W_{2p} = \frac{2p-1}{2p}W_{2p-2}\). Par récurrence :
      \[W_{2p} = \frac{(2p-1)(2p-3)\cdots 1}{(2p)(2p-2)\cdots 2}\cdot\frac{\pi}{2} = \frac{(2p)!}{(2^p p!)^2}\cdot\frac{\pi}{2}.\]
      En effet, on multiplie numérateur et dénominateur par le produit des pairs \(2^p p!\). Ensuite, avec l’équivalent admis :
      \[\frac{(2p)!}{4^p (p!)^2} \sim \frac{C\sqrt{2p}\,(2p)^{2p}e^{-2p}}{4^p C^2 p\,p^{2p}e^{-2p}} = \frac{\sqrt{2}}{C\sqrt{p}}.\]
      Donc \(W_{2p} \sim \dfrac{\pi\sqrt{2}}{2C\sqrt{p}}\). Or la question 4 donne \(W_{2p} \sim \sqrt{\dfrac{\pi}{4p}} = \dfrac{\sqrt{\pi}}{2\sqrt{p}}\). Deux équivalents d’une même suite sont équivalents entre eux, et ici leur quotient est constant. Donc \(\dfrac{\pi\sqrt{2}}{C} = \sqrt{\pi}\). Ainsi \(C = \sqrt{2\pi}\), ce qui achève la preuve de la formule de Stirling.

    Corrigé de l’exercice 20 : Série harmonique et constante d’Euler

    1. Calculons les variations. D’une part, \(v_{n+1} – v_n = \frac{1}{n+1} – \ln(1 + \frac{1}{n})\). Avec \(x = \frac{1}{n}\), on a \(\frac{x}{1+x} = \frac{1}{n+1}\), et l’inégalité rappelée donne \(v_{n+1} – v_n \leq\, 0\). D’autre part, \(w_{n+1} – w_n = \frac{1}{n+1} – \ln(1 + \frac{1}{n+1}) \geq\, 0\), par l’inégalité \(\ln(1 + x) \leq\, x\). Enfin, \(v_n – w_n = \ln(1 + \frac{1}{n}) \to 0\). Les suites \((v_n)\) décroissante et \((w_n)\) croissante sont adjacentes : elles convergent vers une même limite \(\gamma\).
    2. Comme \(v_n \to \gamma\), on a \(v_n = \gamma + o(1)\), c’est-à-dire \(H_n = \ln n + \gamma + o(1)\). De plus, par monotonie, \(w_1 \leq\, \gamma \leq\, v_1\). Or \(w_1 = 1 – \ln 2\) et \(v_1 = 1\). Donc \(1 – \ln 2 \leq\, \gamma \leq\, 1\). On retrouve au passage \(H_n \sim \ln n\).
    3. La suite \((v_n)\) décroît vers \(\gamma\), donc \(v_n – \gamma \geq\, 0\). La suite \((w_n)\) croît vers \(\gamma\), donc \(\gamma \geq\, w_n\). Ainsi \(0 \leq\, v_n – \gamma \leq\, v_n – w_n = \ln(1 + \frac{1}{n}) \leq\, \frac{1}{n}\). Donc \(H_n = \ln n + \gamma + O(\frac{1}{n})\).
    4. On a \(\sum_{k=n+1}^{2n} \frac{1}{k} = H_{2n} – H_n\). D’après la question 2, appliquée aux rangs \(2n\) et \(n\) :
      \[H_{2n} – H_n = \ln(2n) + \gamma – \ln n – \gamma + o(1) = \ln 2 + o(1).\]
      La limite vaut \(\ln 2\). Remarquez que l’équivalent \(H_n \sim \ln n\) seul ne suffisait pas : il aurait fallu soustraire deux équivalents.

    Corrigé de l’exercice 21 : Problème, itérées du sinus

    1. La fonction \(\sin\) envoie \(]0, \frac{\pi}{2}]\) dans \(]0, 1] \subset ]0, \frac{\pi}{2}]\). Par récurrence, \(u_n \in ]0, \frac{\pi}{2}]\) pour tout \(n\). Ensuite, on sait que \(\sin x < x\) pour tout \(x > 0\), donc \(u_{n+1} < u_n\). La suite est décroissante et minorée par \(0\) : elle converge vers un réel \(\ell \in [0, \frac{\pi}{2}]\). Par continuité de \(\sin\), \(\sin \ell = \ell\), ce qui impose \(\ell = 0\). Donc \((u_n)\) décroît vers \(0\).
    2. D’après le développement admis, \(\sin x = x(1 + \eta(x))\) avec \(\eta(x) = -\frac{x^2}{6} + o(x^2)\). Donc \(\sin^2 x = x^2(1 + 2\eta(x) + \eta(x)^2)\). Or \(\eta(x)^2 = O(x^4) = o(x^2)\). Ainsi \(\sin^2 x = x^2(1 – \frac{x^2}{3} + o(x^2)) = x^2 – \frac{x^4}{3} + o(x^4)\). Ensuite :
      \[\frac{1}{\sin^2 x} – \frac{1}{x^2} = \frac{x^2 – \sin^2 x}{x^2\sin^2 x}.\]
      Le numérateur vaut \(\frac{x^4}{3} + o(x^4) \sim \frac{x^4}{3}\), et le dénominateur est équivalent à \(x^4\). Par quotient, la limite vaut \(\frac{1}{3}\).
    3. Comme \(u_n \to 0\) avec \(u_n \neq 0\), la substitution donne \(\dfrac{1}{u_{n+1}^2} – \dfrac{1}{u_n^2} = \dfrac{1}{\sin^2 u_n} – \dfrac{1}{u_n^2} \to \dfrac{1}{3}\). Posons \(a_n = \frac{1}{u_n^2}\). Le lemme de Cesàro donne \(\frac{a_n}{n} \to \frac{1}{3}\), soit \(n u_n^2 \to 3\). Donc \(u_n^2 \sim \frac{3}{n}\). Comme \(u_n > 0\), la puissance fixe \(\frac{1}{2}\) donne \(u_n \sim \sqrt{\dfrac{3}{n}}\). La figure ci-dessous, tracée avec \(u_0 = 1\), montre les points \(u_n\) qui rejoignent la courbe de \(\sqrt{3/n}\).

    Termes de la suite des sinus itérés partant de 1, comparés à la courbe racine de 3 sur n

    1. D’une part, \(n^{1/3}u_n \sim \sqrt{3}\,n^{1/3 – 1/2} = \sqrt{3}\,n^{-1/6} \to 0\). Donc \(u_n = o(n^{-1/3})\). D’autre part, \(n u_n \sim \sqrt{3n} \to +\infty\). Ainsi \(\frac{1}{n} = o(u_n)\) : la suite tend vers \(0\) beaucoup plus lentement que \(\frac{1}{n}\). Ce résultat servira dans le chapitre sur les séries, par exemple pour étudier la nature de \(\sum u_n\).

    Point de méthode : ici \(\sin x = x – \frac{x^3}{6} + \cdots\), donc \(p = 3\) ; l’exposant à choisir est \(\beta = p – 1 = 2\), ce qui explique le passage par \(\frac{1}{u_n^2}\).

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