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Intégrale de Lebesgue : corrigé des exercices de maths en L3.

    Intégrale de Lebesgue : corrigé des exercices de maths en L3

    Sommaire

    Ce corrigé Lebesgue L3 rédige chaque solution comme sur une copie de partiel. Chaque interversion commence par le nom du théorème, puis la vérification de ses hypothèses : mesurabilité, positivité ou domination, convergence presque partout. Les calculs intermédiaires sont détaillés.

    Soyez attentif à trois points. D’abord, une fonction dominante ne doit jamais dépendre de n. Ensuite, pour une intégrale à paramètre sur un intervalle ouvert, on domine localement, sur chaque segment. Enfin, une intégrale semi-convergente n’est pas une intégrale de Lebesgue.

    Des figures illustrent les solutions : fonction dominante, fonctions solutions, arches de sin x / x ou approximations de Gamma. Des points de méthode résument les réflexes à retenir.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths en L3 sur intégrale de Lebesgue.

    Corrigé de l’exercice 1 : Intégrale d’une fonction étagée positive

    1. On découpe \(\mathbb{R}\) selon les intervalles en jeu. Pour \(x \in [0, 1[\) irrationnel, seul le premier terme compte : \(f(x) = 2\). Pour \(x \in [0, 1[\) rationnel, \(f(x) = 2 + 3 = 5\). En \(x = 1\), qui est rationnel, les trois termes interviennent : \(f(1) = 6\). Ensuite, \(f(x) = 3\) sur \(]1, 3]\) et \(f(x) = 1\) sur \(]3, 5]\). Enfin, \(f\) est nulle ailleurs. Écriture canonique :
      \[f = 2 \cdot \mathbf{1}_{[0, 1[ \setminus \mathbb{Q}} + 5 \cdot \mathbf{1}_{[0, 1[ \cap \mathbb{Q}} + 6 \cdot \mathbf{1}_{\{1\}} + 3 \cdot \mathbf{1}_{]1, 3]} + \mathbf{1}_{]3, 5]}.\]
    2. Les ensembles \([0, 1[ \cap \mathbb{Q}\) et \(\{1\}\) sont dénombrables, donc de mesure nulle. Par conséquent, \(\lambda([0, 1[ \setminus \mathbb{Q}) = 1\). L’écriture canonique donne
      \[\int f \, d\lambda = 2 \times 1 + 5 \times 0 + 6 \times 0 + 3 \times 2 + 1 \times 2 = 10.\]
      Par linéarité, on trouve aussi \(2 \times 3 + 1 \times 4 + 3 \times 0 = 10\). Les deux calculs donnent \(\int f \, d\lambda = 10\).
    3. On a \(f \mathbf{1}_{[2, +\infty[} = 3 \cdot \mathbf{1}_{[2, 3]} + \mathbf{1}_{]3, 5]}\). Donc \(\int_{[2, +\infty[} f \, d\lambda = 3 \times 1 + 1 \times 2 = 5\).

    Corrigé de l’exercice 2 : Fonction de Dirichlet et intégrale de Riemann

    1. Soit \(\varphi\) une fonction en escalier telle que \(\varphi \leq\, D\), constante égale à \(c\) sur un intervalle ouvert \(]\alpha, \beta[\) de sa subdivision. Cet intervalle contient un irrationnel \(x\), donc \(c \leq\, D(x) = 0\). Ainsi \(\int_0^1 \varphi \leq\, 0\). De même, toute fonction en escalier \(\psi \geq\, D\) vaut au moins \(1\) sur chaque intervalle ouvert, car ceux-ci contiennent des rationnels. Donc \(\int_0^1 \psi \geq\, 1\). L’écart entre les deux intégrales ne tend jamais vers \(0\). La fonction \(D\) n’est pas Riemann-intégrable.
    2. La fonction \(D\) est l’indicatrice du borélien \(\mathbb{Q} \cap [0, 1]\), donc elle est étagée. Or cet ensemble est dénombrable : \(\lambda(\mathbb{Q} \cap [0, 1]) = \sum_{q} \lambda(\{q\}) = 0\). Donc \(\int_{[0, 1]} D \, d\lambda = 0\).
    3. La fonction \(g\) coïncide avec \(x \mapsto x\) hors de \(\mathbb{Q}\), donc presque partout. Elle est mesurable, car \(g = x \mathbf{1}_{[0,1] \setminus \mathbb{Q}} + x^2 \mathbf{1}_{\mathbb{Q} \cap [0,1]}\). De plus, \(0 \leq\, g \leq\, 1\). Ensuite, deux fonctions égales presque partout ont la même intégrale. Ainsi \(g \in \mathcal{L}^1\) et \(\int_{[0, 1]} g \, d\lambda = \int_0^1 x \, dx = \frac{1}{2}\).
    4. Posons \(x_k = \frac{k}{n}\). Sur \([x_{k-1}, x_k]\), on a \(x^2 \leq\, x\). Par densité des irrationnels, le sup de \(g\) vaut \(x_k\). De même, l’inf vaut \(x_{k-1}^2\), atteint en \(x_{k-1}\), qui est rationnel. D’où
      \[U_n = \sum_{k=1}^{n} \frac{k}{n} \cdot \frac{1}{n} = \frac{n+1}{2n} \to \frac{1}{2}, \qquad L_n = \sum_{k=1}^{n} \frac{(k-1)^2}{n^3} = \frac{(n-1)(2n-1)}{6n^2} \to \frac{1}{3}.\]
      Plus généralement, le raisonnement de la question 1 montre que toute fonction en escalier \(\psi \geq\, g\) vérifie \(\int \psi \geq\, \frac{1}{2}\). De même, toute \(\varphi \leq\, g\) vérifie \(\int \varphi \leq\, \frac{1}{3}\). Donc \(g\) n’est pas Riemann-intégrable, bien qu’elle soit Lebesgue-intégrable.

    Corrigé de l’exercice 3 : Approximation de l’identité par des fonctions étagées

    1. Pour \(x \in [\frac{k}{2^n}, \frac{k+1}{2^n}[\), on a \(\lfloor 2^n x \rfloor = k\). Par conséquent,
      \[\varphi_n = \sum_{k=0}^{2^n – 1} \frac{k}{2^n} \mathbf{1}_{[k 2^{-n}, (k+1) 2^{-n}[} + \mathbf{1}_{\{1\}}.\]
    2. Pour tout réel \(y\), \(2 \lfloor y \rfloor\) est un entier inférieur à \(2y\), donc \(2 \lfloor y \rfloor \leq\, \lfloor 2y \rfloor\). Avec \(y = 2^n x\), on obtient \(\varphi_n(x) \leq\, \varphi_{n+1}(x)\). Ensuite, \(\lfloor y \rfloor \leq\, y < \lfloor y \rfloor + 1\) donne \(\varphi_n(x) \leq\, x < \varphi_n(x) + 2^{-n}\). Donc \(\varphi_n \leq\, \varphi_{n+1} \leq\, f\) et \(0 \leq\, f – \varphi_n \leq\, 2^{-n}\).
    3. Le point \(\{1\}\) est de mesure nulle. Ainsi
      \[\int \varphi_n \, d\lambda = \sum_{k=0}^{2^n – 1} \frac{k}{2^n} \cdot \frac{1}{2^n} = \frac{1}{4^n} \cdot \frac{(2^n – 1) 2^n}{2} = \frac{1}{2}(1 – \frac{1}{2^n}).\]
      On trouve \(\int \varphi_n \, d\lambda = \frac{1 – 2^{-n}}{2}\).
    4. La suite \((\varphi_n)\) est croissante, positive, et converge simplement vers \(f\). Le théorème de convergence monotone donne donc \(\int f \, d\lambda = \lim \int \varphi_n\). Ainsi \(\int_{[0, 1]} x \, d\lambda(x) = \frac{1}{2}\).

    Corrigé de l’exercice 4 : Une limite par convergence monotone

    1. Si \(x = 0\), la suite est constante. Soit \(x > 0\) et \(g(y) = y \ln(1 + \frac{x}{y})\). En posant \(u = \frac{x}{y}\), on obtient
      \[g^{\prime}(y) = \ln(1 + \frac{x}{y}) – \frac{x/y}{1 + x/y} = \ln(1 + u) – \frac{u}{1 + u}.\]
      Posons \(h(u) = \ln(1 + u) – \frac{u}{1+u}\). Alors \(h(0) = 0\) et \(h^{\prime}(u) = \frac{1}{1 + u} – \frac{1}{(1 + u)^2} = \frac{u}{(1 + u)^2} \geq\, 0\). Donc \(h \geq\, 0\), et \(g\) est croissante. Par conséquent, \(n \mapsto e^{g(n)} = (1 + \frac{x}{n})^n\) est croissante. La suite est croissante.
    2. L’inégalité de concavité \(\ln(1 + u) \leq\, u\) donne \(n \ln(1 + \frac{x}{n}) \leq\, x\). Donc \((1 + \frac{x}{n})^n \leq\, e^x\).
    3. On pose \(f_n(x) = (1 + \frac{x}{n})^n e^{-2x} \mathbf{1}_{[0, n]}(x)\) sur \([0, +\infty[\). Ces fonctions sont continues par morceaux, donc mesurables, et positives. De plus, \(\mathbf{1}_{[0, n]} \leq\, \mathbf{1}_{[0, n+1]}\), et la question 1 montre que \((f_n)\) est croissante. Enfin, \(f_n(x) \to e^x e^{-2x} = e^{-x}\). Le théorème de convergence monotone donne
      \[\lim I_n = \int_0^{+\infty} e^{-x} \, dx = 1.\]
      Ainsi \(\lim_{n \to +\infty} I_n = 1\).

    Point de méthode : la question 2 fournit aussi la domination \(f_n \leq\, e^{-x}\). La convergence dominée marche donc également, mais la monotonie évite de chercher une fonction dominante.

    Corrigé de l’exercice 5 : Série de fonctions positives et zêta de 2

    1. Pour \(x > 0\), on a \(0 < e^{-x} < 1\). La série géométrique donne
      \[\frac{x}{e^x – 1} = \frac{x e^{-x}}{1 – e^{-x}} = \sum_{n=1}^{+\infty} x e^{-nx}.\]
      Chaque terme \(x e^{-nx}\) est positif et continu sur \(]0, +\infty[\).
    2. Pour des fonctions mesurables positives, le corollaire du théorème de convergence monotone permet d’intervertir somme et intégrale sans autre condition. Ensuite, une intégration par parties donne \(\int_0^{+\infty} x e^{-nx} \, dx = \frac{1}{n^2}\). Par conséquent,
      \[\int_0^{+\infty} \frac{x}{e^x – 1} \, dx = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{n^2} = \frac{\pi^2}{6}.\]
      L’intégrale vaut \(\frac{\pi^2}{6}\).
    3. De même, \(\frac{x^2}{e^x – 1} = \sum_{n \geq\, 1} x^2 e^{-nx}\), avec des termes positifs. Avec le changement de variable \(u = nx\), on obtient \(\int_0^{+\infty} x^2 e^{-nx} \, dx = \frac{1}{n^3} \int_0^{+\infty} u^2 e^{-u} \, du = \frac{\Gamma(3)}{n^3} = \frac{2}{n^3}\). Donc \(\int_0^{+\infty} \frac{x^2}{e^x – 1} \, dx = 2 \sum_{n \geq\, 1} \frac{1}{n^3} \approx 2{,}404\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Le rêve du bachelier

    1. Le changement de variable \(x = e^{-u}\) est une bijection \(C^1\) décroissante de \(]0, +\infty[\) sur \(]0, 1[\), avec \(dx = -e^{-u} du\). Les fonctions sont positives, ce qui justifie le calcul dans \([0, +\infty]\) :
      \[\int_0^1 x^n (-\ln x)^n \, dx = \int_0^{+\infty} e^{-nu} u^n e^{-u} \, du = \int_0^{+\infty} u^n e^{-(n+1)u} \, du.\]
      Ensuite, on pose \(v = (n+1) u\) : l’intégrale vaut \(\frac{1}{(n+1)^{n+1}} \int_0^{+\infty} v^n e^{-v} \, dv\). Donc \(\int_0^1 x^n (-\ln x)^n \, dx = \frac{n!}{(n+1)^{n+1}}\).
    2. Pour \(x \in ]0, 1[\), on a \(x^{-x} = e^{-x \ln x} = \sum_{n \geq\, 0} \frac{(-x \ln x)^n}{n!}\). Or \(-x \ln x \geq\, 0\) sur \(]0, 1[\), donc tous les termes sont positifs. D’après le corollaire de Beppo Levi, on intègre terme à terme :
      \[\int_0^1 x^{-x} \, dx = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{1}{n!} \cdot \frac{n!}{(n+1)^{n+1}} = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{1}{(n+1)^{n+1}}.\]
      Avec \(k = n + 1\), on obtient \(\int_0^1 x^{-x} \, dx = \sum_{k \geq\, 1} k^{-k}\).
    3. Pour \(k \geq\, 6\), on a \(k^{-k} \leq\, 6^{-k}\). Donc le reste vérifie \(R_5 = \sum_{k \geq\, 6} k^{-k} \leq\, \frac{6^{-6}}{1 – 1/6} \approx 2{,}6 \times 10^{-5}\). Ensuite, \(S_5 = 1 + 0{,}25 + 0{,}037037 + 0{,}003906 + 0{,}00032 = 1{,}291263\). La valeur exacte est donc comprise entre \(1{,}291263\) et \(1{,}291289\). L’intégrale vaut environ \(1{,}2913\) à \(10^{-4}\) près.

    Corrigé de l’exercice 7 : Cas d’inégalité stricte dans le lemme de Fatou

    1. Soit \(x \in ]0, 1]\). Dès que \(n > \frac{1}{x}\), on a \(x \notin ]0, 1/n]\), donc \(f_n(x) = 0\). En \(0\), \(f_n(0) = 0\). Ainsi \(\liminf f_n = 0\). Par ailleurs, \(\int f_n = n \cdot \frac{1}{n} = 1\). On obtient \(0 < 1\) : l’inégalité de Fatou est stricte.
    2. Pour \(x\) fixé, \(f_n(x) = 0\) dès que \(n > x\). Donc \(\liminf f_n = 0\), alors que \(\int f_n = 1\). Ici encore \(0 < 1\).
    3. Si \(x \in [0, 1]\), la suite \((f_n(x))\) vaut alternativement \(1\) et \(0\). Il en est de même si \(x \in ]1, 2]\). Donc \(\liminf f_n = 0\) sur \([0, 2]\), tandis que \(\int f_n = 1\) pour tout \(n\). Même conclusion : \(\int \liminf f_n = 0 < 1 = \liminf \int f_n\). Ici, la limite simple n’existe même pas.
    4. Pour \(x\) fixé, \(k_n(x) = 0\) dès que \(n > x\), donc \(\liminf k_n = 0\) et \(\int \liminf k_n = 0\). Or \(\int k_n = -1\) pour tout \(n\). L’inégalité \(0 \leq\, -1\) est fausse. Le lemme de Fatou échoue, car l’hypothèse de positivité des \(k_n\) manque.

    Corrigé de l’exercice 8 : Une suite sans domination intégrable

    1. On a \(f_n(0) = 0\). Pour \(x > 0\), les croissances comparées donnent \(n^2 e^{-nx} \to 0\). La suite \((f_n)\) converge simplement vers \(0\) sur \([0, 1]\).
    2. Avec \(u = nx\), puis une intégration par parties :
      \[\int_0^1 n^2 x e^{-nx} \, dx = \int_0^n u e^{-u} \, du = [-(u + 1) e^{-u}]_0^n = 1 – (n + 1) e^{-n}.\]
      Donc \(\int_0^1 f_n \to 1\).
    3. Le lemme de Fatou donne ici \(\int \liminf f_n = 0 \leq\, 1 = \liminf \int f_n\) : l’inégalité est stricte. En revanche, si le théorème de convergence dominée s’appliquait, la limite des intégrales vaudrait \(\int 0 = 0\). Donc aucune fonction intégrable ne domine la suite \((f_n)\).
    4. Soit \(x \in ]0, 1]\) et \(k = \lfloor 1/x \rfloor \geq\, 1\). Alors \(k \leq\, \frac{1}{x} < k + 1\), donc \(kx \leq\, 1\) et \(x > \frac{1}{k+1}\). Par conséquent,
      \[f_k(x) = k^2 x e^{-kx} \geq\, \frac{k^2}{k+1} e^{-1} \geq\, \frac{k}{2e},\]
      car \(k + 1 \leq\, 2k\). Enfin, \(k > \frac{1}{x} – 1\). Ainsi \(\sup_n f_n(x) \geq\, \frac{1}{2e}(\frac{1}{x} – 1)\), qui n’est pas intégrable au voisinage de \(0\). La meilleure majoration possible, \(\sup_n f_n\), n’est donc pas intégrable. On retrouve le résultat de la question 3.

    Corrigé de l’exercice 9 : Convergence dominée avec un sinus

    1. On pose \(f_n(x) = \frac{n \sin(x/n)}{x (1 + x^2)}\) sur \(]0, +\infty[\). Cette fonction est continue, donc mesurable. De plus, l’inégalité \(|\sin u| \leq\, |u|\) donne
      \[|f_n(x)| \leq\, \frac{n \cdot x/n}{x (1 + x^2)} = \frac{1}{1 + x^2}.\]
      La fonction \(g(x) = \frac{1}{1 + x^2}\) est intégrable sur \(]0, +\infty[\), d’intégrale \(\frac{\pi}{2}\). Donc \(f_n\) est intégrable et \(I_n\) est bien définie.
    2. Pour \(x > 0\) fixé, \(\sin(x/n) \sim x/n\), donc \(f_n(x) \to \frac{1}{1 + x^2}\). La majoration de la question 1 est indépendante de \(n\). Le théorème de convergence dominée s’applique :
      \[\lim_{n \to +\infty} I_n = \int_0^{+\infty} \frac{dx}{1 + x^2} = \frac{\pi}{2}.\]
      La limite vaut \(\frac{\pi}{2}\). Comme le montre la figure ci-dessous, les \(f_n\) restent toutes sous la fonction dominante, qui est aussi leur limite.

      Fonctions n sin(x/n) divisé par x(1+x²) pour n = 1, 2, 4, toutes sous la courbe 1/(1+x²) qui est leur limite

    3. La fonction \(h_n(x) = \frac{\arctan(nx)}{1 + x^2}\) est continue et vérifie \(|h_n(x)| \leq\, \frac{\pi/2}{1 + x^2}\), intégrable. Pour \(x > 0\), \(\arctan(nx) \to \frac{\pi}{2}\) ; en \(0\), la suite est nulle, mais \(\{0\}\) est négligeable. Par convergence dominée, la limite vaut \(\frac{\pi}{2} \cdot \frac{\pi}{2} = \frac{\pi^2}{4}\).

    Corrigé de l’exercice 10 : Limite de l’intégrale de 1/(1+x^n)

    1. La fonction \(x \mapsto \frac{1}{1 + x^n}\) est continue et positive. Elle est majorée par \(1\) sur \([0, 1]\) et par \(\frac{1}{x^n} \leq\, \frac{1}{x^2}\) sur \([1, +\infty[\), puisque \(n \geq\, 2\). Donc \(I_n\) et \(J_n\) sont finies.
    2. Posons \(f_n(x) = \frac{1}{1 + x^n}\). Si \(0 \leq\, x < 1\), \(x^n \to 0\), donc \(f_n(x) \to 1\). Si \(x > 1\), \(f_n(x) \to 0\). Le point \(x = 1\) est négligeable. Ensuite, pour tout \(n \geq\, 2\), on a la domination \(0 \leq\, f_n \leq\, g\), avec \(g = \mathbf{1}_{[0, 1]} + \frac{1}{x^2} \mathbf{1}_{]1, +\infty[}\), intégrable. Par convergence dominée, \(I_n \to \int_0^1 1 \, dx\). Ainsi \(\lim I_n = 1\).
    3. Le changement de variable \(x = u^{1/n}\), avec \(dx = \frac{1}{n} u^{1/n – 1} du\), donne
      \[n J_n = \int_1^{+\infty} \frac{u^{1/n – 1}}{1 + u} \, du.\]
      Pour \(u \geq\, 1\) et \(n \geq\, 2\), on a \(u^{1/n – 1} \leq\, u^{-1/2}\). Or \(\frac{u^{-1/2}}{1 + u} \leq\, u^{-3/2}\) est intégrable sur \([1, +\infty[\). De plus, \(u^{1/n – 1} \to u^{-1}\). Par convergence dominée,
      \[n J_n \to \int_1^{+\infty} \frac{du}{u (1 + u)} = [\ln \frac{u}{1 + u}]_1^{+\infty} = 0 – \ln \frac{1}{2} = \ln 2.\]
      Donc \(J_n \sim \frac{\ln 2}{n}\).

    Corrigé de l’exercice 11 : Concentration de la masse au bord

    1. Pour \(x \in [0, 1[\), \(n x^{n-1} \to 0\) par croissances comparées. La limite simple est nulle sur \([0, 1[\), alors que \(f_n(1) = \frac{n}{2} \to +\infty\).
    2. On intègre par parties avec \(u(x) = \frac{1}{1 + x}\) et \(v(x) = x^n\), toutes deux de classe \(C^1\) sur \([0, 1]\) :
      \[I_n = [\frac{x^n}{1 + x}]_0^1 + \int_0^1 \frac{x^n}{(1 + x)^2} \, dx = \frac{1}{2} + \int_0^1 \frac{x^n}{(1 + x)^2} \, dx.\]
      La formule est démontrée.
    3. La suite \(\frac{x^n}{(1 + x)^2}\) tend vers \(0\) sur \([0, 1[\) et elle est majorée par \(1\), intégrable sur \([0, 1]\). Par convergence dominée, l’intégrale tend vers \(0\). Donc \(\lim I_n = \frac{1}{2}\).
    4. Supposons qu’une telle \(g\) existe. Alors la convergence dominée s’appliquerait à \((f_n)\), qui tend vers \(0\) presque partout. On aurait \(I_n \to 0\), ce qui contredit la question 3. Aucune domination intégrable n’est possible.

    Point de méthode : quand la masse se concentre en un point, la convergence dominée échoue. Une intégration par parties transfère alors la concentration dans un terme de bord explicite.

    Corrigé de l’exercice 12 : Intégration terme à terme de séries alternées

    1. On sépare les termes pairs : \(\sum_{n \geq\, 1} \frac{1}{(2n)^2} = \frac{1}{4} \cdot \frac{\pi^2}{6}\). Ces séries convergent absolument, donc
      \[\sum_{n=1}^{+\infty} \frac{(-1)^{n+1}}{n^2} = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{n^2} – 2 \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{(2n)^2} = \frac{\pi^2}{6} – \frac{\pi^2}{12}.\]
      La somme vaut \(\frac{\pi^2}{12}\).
    2. Pour \(x \in ]0, 1[\), on a \(\frac{\ln(1 + x)}{x} = \sum_{n \geq\, 1} u_n(x)\), avec \(u_n(x) = \frac{(-1)^{n+1} x^{n-1}}{n}\). Les termes changent de signe : on utilise donc le théorème d’intégration terme à terme de la partie V. Les \(u_n\) sont continues et
      \[\sum_{n \geq\, 1} \int_0^1 |u_n(x)| \, dx = \sum_{n \geq\, 1} \frac{1}{n^2} < +\infty.\]
      L’hypothèse est donc vérifiée, et \(\int_0^1 u_n = \frac{(-1)^{n+1}}{n^2}\). D’après la question 1, \(\int_0^1 \frac{\ln(1 + x)}{x} \, dx = \frac{\pi^2}{12}\).
    3. On a \(\sin(x) e^{-nx} = \operatorname{Im}(e^{(i – n)x})\), et \(|e^{(i-n)x}| = e^{-nx}\) est intégrable. Donc
      \[\int_0^{+\infty} e^{(i – n)x} \, dx = \frac{1}{n – i} = \frac{n + i}{n^2 + 1}.\]
      En prenant la partie imaginaire, \(\int_0^{+\infty} \sin(x) e^{-nx} \, dx = \frac{1}{n^2 + 1}\).
    4. Pour \(x > 0\), \(\frac{\sin x}{e^x – 1} = \sum_{n \geq\, 1} \sin(x) e^{-nx}\). Ensuite, \(|\sin x| \leq\, x\) donne
      \[\int_0^{+\infty} |\sin(x)| e^{-nx} \, dx \leq\, \int_0^{+\infty} x e^{-nx} \, dx = \frac{1}{n^2},\]
      terme général d’une série convergente. Le théorème d’intégration terme à terme s’applique. Avec la question 3, on obtient \(\int_0^{+\infty} \frac{\sin x}{e^x – 1} \, dx = \sum_{n \geq\, 1} \frac{1}{n^2 + 1} \approx 1{,}0767\).

    Corrigé de l’exercice 13 : Intégrale de sin x / x et espace L¹

    1. La fonction \(f\) se prolonge par continuité en \(0\) par \(f(0) = 1\). Il suffit donc d’étudier \(\int_1^{+\infty}\). Pour \(X > 1\), une intégration par parties donne
      \[\int_1^X \frac{\sin x}{x} \, dx = [-\frac{\cos x}{x}]_1^X – \int_1^X \frac{\cos x}{x^2} \, dx.\]
      Le crochet tend vers \(\cos 1\). De plus, \(|\frac{\cos x}{x^2}| \leq\, \frac{1}{x^2}\), donc la dernière intégrale converge absolument. L’intégrale impropre \(\int_0^{+\infty} \frac{\sin x}{x} \, dx\) converge.
    2. Sur \([(k-1)\pi, k\pi]\), on a \(\frac{1}{x} \geq\, \frac{1}{k\pi}\). Or \(\int_{(k-1)\pi}^{k\pi} |\sin x| \, dx = 2\). Donc chaque arche contribue au moins \(\frac{2}{k\pi}\). En sommant sur \(k\), \(\int_0^{n\pi} \frac{|\sin x|}{x} \, dx \geq\, \frac{2}{\pi} \sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k}\). La figure ci-dessous représente ces arches et leurs minorants en pointillés.

      Arches de la fonction valeur absolue de sin x sur x et arches minorantes de sin x sur k pi sur chaque intervalle

    3. La fonction \(|f|\) est positive. D’après la partie VI du cours, son intégrale de Lebesgue est la limite de \(\int_0^{n\pi} |f|\). Or la série harmonique diverge. Donc \(\int |f| \, d\lambda = +\infty\) et \(f \notin \mathcal{L}^1(]0, +\infty[)\).
    4. On a \(f^+ + f^- = |f|\) et \(f^+ – f^- = f\). Pour \(X > 0\), notons \(A(X) = \int_0^X f^+\) et \(B(X) = \int_0^X f^-\). La question 1 montre que \(A(X) – B(X)\) a une limite finie. En revanche, \(A(X) + B(X) \to +\infty\) d’après la question 3. Par conséquent, \(A(X)\) et \(B(X)\) tendent toutes deux vers \(+\infty\). Par convergence monotone, \(\int f^+ \, d\lambda = \int f^- \, d\lambda = +\infty\). La différence \(\int f^+ – \int f^-\) est de la forme \(\infty – \infty\), donc l’intégrale de Lebesgue de \(f\) n’est pas définie.

    Corrigé de l’exercice 14 : Continuité absolue de l’intégrale

    1. Les fonctions \(g_n\) sont mesurables, positives, et croissent vers \(|f|\). Par convergence monotone, \(\int g_n \to \int |f|\). Comme \(\int |f| < +\infty\), on peut soustraire. Donc \(\int (|f| – g_n) \, d\lambda = \int |f| – \int g_n \to 0\).
    2. Soit \(\varepsilon > 0\). D’après la question 1, il existe \(N \geq\, 1\) tel que \(\int (|f| – g_N) < \frac{\varepsilon}{2}\). Posons \(\delta = \frac{\varepsilon}{2N}\). Si \(\lambda(A) < \delta\), alors
      \[\int_A |f| = \int_A (|f| – g_N) + \int_A g_N \leq\, \int_{\mathbb{R}} (|f| – g_N) + N \lambda(A) < \frac{\varepsilon}{2} + \frac{\varepsilon}{2}.\]
      Ainsi \(\int_A |f| \, d\lambda < \varepsilon\).
    3. Soit \(x < y\). Dans tous les cas de signe, on a \(F(y) – F(x) = \int_{]x, y]} f \, d\lambda\), d’où \(|F(y) – F(x)| \leq\, \int_{[x, y]} |f|\). Si \(y – x < \delta\), la question 2 donne \(|F(y) – F(x)| < \varepsilon\). Or \(\delta\) ne dépend ni de \(x\) ni de \(y\). Donc \(F\) est uniformément continue sur \(\mathbb{R}\).
    4. Pour tout \(\delta \in ]0, 1]\), l’ensemble \(A = ]0, \delta[\) vérifie \(\lambda(A) = \delta\). Pourtant \(\int_A \frac{dx}{x} = +\infty\). La conclusion tombe en défaut, car \(\frac{1}{x}\) n’est pas intégrable sur \(]0, 1]\).

    Point de méthode : tronquer \(|f|\) en \(\min(|f|, n)\) ramène un problème sur une fonction intégrable à un problème sur une fonction bornée. La convergence monotone contrôle l’erreur.

    Corrigé de l’exercice 15 : Lemme de Scheffé

    1. Si \(f \geq\, f_n\), alors \((f – f_n)^+ = f – f_n \leq\, f\), car \(f_n \geq\, 0\). Sinon, \((f – f_n)^+ = 0 \leq\, f\). De plus, \(a \mapsto a^+\) est continue, et \(f – f_n \to 0\) presque partout. Donc \(0 \leq\, (f – f_n)^+ \leq\, f\) et \((f – f_n)^+ \to 0\) presque partout.
    2. La fonction \(f\) est intégrable et ne dépend pas de \(n\) : c’est une fonction dominante. Par convergence dominée, \(\int (f – f_n)^+ \, d\mu \to 0\).
    3. Si \(a \geq\, 0\), \(2a^+ – a = a = |a|\). Si \(a < 0\), \(2a^+ – a = -a = |a|\). Avec \(a = f – f_n\), on obtient
      \[\int |f_n – f| \, d\mu = 2 \int (f – f_n)^+ \, d\mu – \int f \, d\mu + \int f_n \, d\mu.\]
      Le premier terme tend vers \(0\) et la différence des deux autres aussi, par hypothèse. Donc \(\int |f_n – f| \, d\mu \to 0\).
    4. Sur \(\mathbb{R}\), prenons \(f_n = \mathbf{1}_{[0, 1]} + \mathbf{1}_{[n, n+1]}\) et \(f = \mathbf{1}_{[0, 1]}\). On a \(f_n \to f\) partout. Cependant, \(\int f_n = 2\) ne tend pas vers \(\int f = 1\). Et \(\int |f_n – f| = 1\) ne tend pas vers \(0\) : l’hypothèse est indispensable.
    5. Pour \(x \in ]0, 1]\), \(x^{1/n} = e^{(\ln x)/n} \to 1\), donc \(f_n(x) \to 1\). Ensuite, \(\int_0^1 f_n = (1 + \frac{1}{n}) \cdot \frac{1}{1 + 1/n} = 1 = \int_0^1 1\). Les \(f_n\) sont positives et intégrables. Le lemme de Scheffé donne \(\int_0^1 |f_n(x) – 1| \, dx \to 0\).

    Corrigé de l’exercice 16 : Transformée de Fourier d’une fonction intégrable

    1. Posons \(h(\xi, x) = f(x) e^{-ix\xi}\). Pour tout \(\xi\), \(x \mapsto h(\xi, x)\) est mesurable et \(|h(\xi, x)| = |f(x)|\). Donc \(\widehat{f}(\xi)\) est définie et \(|\widehat{f}(\xi)| \leq\, \|f\|_1\). Ensuite, pour tout \(x\), \(\xi \mapsto h(\xi, x)\) est continue, et la domination \(|h| \leq\, |f|\) ne dépend pas de \(\xi\). Le théorème de continuité sous l’intégrale montre que \(\widehat{f}\) est continue et bornée par \(\|f\|_1\).
    2. Pour tout \(x\), \(\xi \mapsto h(\xi, x)\) est dérivable, et \(\frac{\partial h}{\partial \xi}(\xi, x) = -ix f(x) e^{-ix\xi}\). Or \(|\frac{\partial h}{\partial \xi}| = |x f(x)|\), intégrable et indépendant de \(\xi\). Le théorème de dérivation s’applique. La continuité de la dérivée découle ensuite de la question 1 appliquée à \(x f(x)\). Donc \(\widehat{f}\) est \(C^1\) et \(\widehat{f}^{\prime}(\xi) = -i \int_{\mathbb{R}} x f(x) e^{-ix\xi} \, dx\).
    3. Pour \(f = \mathbf{1}_{[-1, 1]}\) et \(\xi \neq 0\) :
      \[\widehat{f}(\xi) = \int_{-1}^{1} e^{-ix\xi} \, dx = \frac{e^{i\xi} – e^{-i\xi}}{i\xi} = \frac{2 \sin \xi}{\xi},\]
      et \(\widehat{f}(0) = 2\). Pour \(f(x) = e^{-|x|}\), on découpe en deux :
      \[\widehat{f}(\xi) = \int_0^{+\infty} e^{-(1 + i\xi)x} \, dx + \int_0^{+\infty} e^{-(1 – i\xi)x} \, dx = \frac{1}{1 + i\xi} + \frac{1}{1 – i\xi}.\]
      On obtient \(\widehat{\mathbf{1}_{[-1,1]}}(\xi) = \frac{2 \sin \xi}{\xi}\) et \(\widehat{f}(\xi) = \frac{2}{1 + \xi^2}\).
    4. La fonction \(x e^{-|x|}\) est intégrable et impaire, donc \(\widehat{f}^{\prime}(0) = -i \int_{\mathbb{R}} x e^{-|x|} \, dx = 0\). D’autre part, la dérivée de \(\frac{2}{1 + \xi^2}\) vaut \(\frac{-4\xi}{(1 + \xi^2)^2}\), nulle en \(0\). Les deux calculs concordent.

    Corrigé de l’exercice 17 : Régularité de la fonction Gamma

    1. La fonction \(t \mapsto t^{x-1} e^{-t}\) est continue et positive sur \(]0, +\infty[\). En \(0\), elle est équivalente à \(t^{x-1}\), intégrable sur \(]0, 1]\) si et seulement si \(x – 1 > -1\). Au voisinage de \(+\infty\), elle est négligeable devant \(\frac{1}{t^2}\), donc toujours intégrable. Elle est intégrable si et seulement si \(x > 0\).
    2. Posons \(h(x, t) = t^{x-1} e^{-t} = e^{(x-1)\ln t} e^{-t}\). Pour \(t\) fixé, \(h\) est \(C^{\infty}\) en \(x\), avec \(\frac{\partial^k h}{\partial x^k}(x, t) = (\ln t)^k t^{x-1} e^{-t}\). Fixons \(0 < a < b\). Pour \(x \in [a, b]\), on a \(t^{x-1} \leq\, t^{a-1}\) si \(t \leq\, 1\), et \(t^{x-1} \leq\, t^{b-1}\) si \(t \geq\, 1\). D’où
      \[|\frac{\partial^k h}{\partial x^k}(x, t)| \leq\, g_k(t) = |\ln t|^k (t^{a-1} + t^{b-1}) e^{-t}.\]
      En \(0\), \(|\ln t|^k t^{a-1} = o(t^{a/2 – 1})\), intégrable car \(a/2 > 0\). En \(+\infty\), \(g_k(t) = o(1/t^2)\). Donc \(g_k\) est intégrable. Le théorème de dérivation, appliqué \(k\) fois sur chaque \([a, b]\), donne le résultat. \(\Gamma\) est \(C^{\infty}\) sur \(]0, +\infty[\) et \(\Gamma^{(k)}(x) = \int_0^{+\infty} (\ln t)^k t^{x-1} e^{-t} \, dt\).
    3. Pour \(0 < \varepsilon < A\), on intègre par parties :
      \[\int_{\varepsilon}^{A} t^x e^{-t} \, dt = [-t^x e^{-t}]_{\varepsilon}^{A} + x \int_{\varepsilon}^{A} t^{x-1} e^{-t} \, dt.\]
      Le crochet tend vers \(0\) quand \(\varepsilon \to 0\) et \(A \to +\infty\), car \(x > 0\). Donc \(\Gamma(x + 1) = x \Gamma(x)\). Enfin, \(\Gamma(1) = \int_0^{+\infty} e^{-t} \, dt = 1\), et une récurrence donne la suite. Ainsi \(\Gamma(n + 1) = n!\).
    4. On a \(\Gamma^{\prime\prime}(x) = \int_0^{+\infty} (\ln t)^2 t^{x-1} e^{-t} \, dt > 0\), car l’intégrande est positive et non nulle presque partout. Donc \(\Gamma\) est convexe. Ensuite, \(\Gamma(x) = \frac{\Gamma(x + 1)}{x}\), et \(\Gamma\) est continue en \(1\) avec \(\Gamma(1) = 1\). Par conséquent, \(\Gamma(x) \sim \frac{1}{x}\) quand \(x \to 0^+\).

    Point de méthode : sur un intervalle ouvert, on ne cherche pas une domination globale. On domine sur chaque segment \([a, b]\), puis on conclut car la dérivabilité est une propriété locale.

    Corrigé de l’exercice 18 : Une équation différentielle vérifiée par une intégrale

    1. Posons \(h(x, t) = \frac{e^{-xt}}{1 + t^2}\) pour \(x \geq\, 0\) et \(t \geq\, 0\). Pour tout \(t\), \(x \mapsto h(x, t)\) est continue. De plus, \(0 \leq\, h(x, t) \leq\, \frac{1}{1 + t^2}\), intégrable et indépendant de \(x\). Le théorème de continuité s’applique. \(F\) est définie et continue sur \([0, +\infty[\), et \(F(0) = \int_0^{+\infty} \frac{dt}{1 + t^2} = \frac{\pi}{2}\).
    2. Pour \(x > 0\), on a \(0 \leq\, h(x, t) \leq\, e^{-xt}\), d’où \(0 \leq\, F(x) \leq\, \int_0^{+\infty} e^{-xt} \, dt = \frac{1}{x}\). Par encadrement, \(\lim_{x \to +\infty} F(x) = 0\).
    3. Pour \(k \in \{1, 2\}\), on a \(\frac{\partial^k h}{\partial x^k}(x, t) = \frac{(-t)^k e^{-xt}}{1 + t^2}\). Fixons \(a > 0\). Pour \(x \geq\, a\),
      \[|\frac{\partial^k h}{\partial x^k}(x, t)| \leq\, \frac{t^k e^{-at}}{1 + t^2} \leq\, t^k e^{-at},\]
      qui est intégrable sur \([0, +\infty[\). Le théorème de dérivation s’applique deux fois sur \([a, +\infty[\), pour tout \(a > 0\). Donc \(F\) est \(C^2\) sur \(]0, +\infty[\), avec \(F^{\prime\prime}(x) = \int_0^{+\infty} \frac{t^2 e^{-xt}}{1 + t^2} \, dt\). Par linéarité,
      \[F^{\prime\prime}(x) + F(x) = \int_0^{+\infty} \frac{(t^2 + 1) e^{-xt}}{1 + t^2} \, dt = \int_0^{+\infty} e^{-xt} \, dt.\]
      Ainsi \(F^{\prime\prime}(x) + F(x) = \frac{1}{x}\) pour tout \(x > 0\).
    4. On a \(-F^{\prime}(x) = \int_0^{+\infty} \frac{t e^{-xt}}{1 + t^2} \, dt\). Soit \((x_n)\) une suite décroissante vers \(0\). Les fonctions \(t \mapsto \frac{t e^{-x_n t}}{1 + t^2}\) sont positives et croissent vers \(\frac{t}{1 + t^2}\), qui n’est pas intégrable sur \([0, +\infty[\), car elle est équivalente à \(\frac{1}{t}\). Par convergence monotone, \(-F^{\prime}(x_n) \to +\infty\). Ensuite, pour \(x > 0\), le théorème des accroissements finis donne \(c_x \in ]0, x[\) tel que \(\frac{F(x) – F(0)}{x} = F^{\prime}(c_x)\), grâce à la continuité de \(F\) en \(0\). Ce quotient tend donc vers \(-\infty\). Ainsi \(F^{\prime}(x) \to -\infty\) quand \(x \to 0^+\), et \(F\) n’est pas dérivable à droite en \(0\).

    Corrigé de l’exercice 19 : Intégrale de Gauss par une intégrale à paramètre

    1. Posons \(h(x, t) = \frac{e^{-x^2 (1 + t^2)}}{1 + t^2}\) sur \(\mathbb{R} \times [0, 1]\). Cette fonction est continue, et \(\frac{\partial h}{\partial x}(x, t) = -2x e^{-x^2 (1 + t^2)}\). Fixons \(A > 0\). Pour \(|x| \leq\, A\), on a \(|\frac{\partial h}{\partial x}(x, t)| \leq\, 2A\), constante intégrable sur \([0, 1]\). Le théorème de dérivation s’applique sur \([-A, A]\) pour tout \(A\). La continuité de \(F^{\prime}\) découle de la même domination. \(F\) est \(C^1\) et \(F^{\prime}(x) = -2x \int_0^1 e^{-x^2 (1 + t^2)} \, dt\).
    2. On a \(F^{\prime}(x) = -2 e^{-x^2} \int_0^1 x e^{-x^2 t^2} \, dt\). Pour \(x \neq 0\), le changement de variable \(u = xt\) donne \(\int_0^1 x e^{-x^2 t^2} \, dt = \int_0^x e^{-u^2} \, du\). Cette égalité reste vraie pour \(x = 0\). Par ailleurs, \(G^{\prime}(x) = 2 e^{-x^2} \int_0^x e^{-u^2} \, du\). Donc \(F^{\prime} + G^{\prime} = 0\) sur \(\mathbb{R}\).
    3. La fonction \(F + G\) est donc constante sur l’intervalle \(\mathbb{R}\). Or \(G(0) = 0\) et \(F(0) = \int_0^1 \frac{dt}{1 + t^2} = \arctan 1\). Ainsi \(F + G = \frac{\pi}{4}\).
    4. Pour \(t \in [0, 1]\), on a \(e^{-x^2 (1 + t^2)} \leq\, e^{-x^2}\). Donc \(0 \leq\, F(x) \leq\, e^{-x^2} \int_0^1 \frac{dt}{1 + t^2} = \frac{\pi}{4} e^{-x^2}\). Par conséquent, \(F(x) \to 0\), puis \(G(x) \to \frac{\pi}{4}\) quand \(x \to +\infty\). Enfin, la fonction \(e^{-t^2}\) est positive : par convergence monotone, \(\int_0^{+\infty} e^{-t^2} \, dt = \lim_{x \to +\infty} \sqrt{G(x)}\). On obtient \(\int_0^{+\infty} e^{-t^2} \, dt = \frac{\sqrt{\pi}}{2}\). La figure ci-dessous montre \(F\) qui décroît, \(G\) qui croît, et leur somme constante.

      Courbes de F décroissante et G croissante sur [0, 3] dont la somme reste égale à pi sur 4

    Corrigé de l’exercice 20 : Transformée de Fourier de la gaussienne

    1. Posons \(h(x, t) = e^{-t^2} \cos(xt)\). Pour tout \(t\), \(h\) est \(C^1\) en \(x\), avec \(\frac{\partial h}{\partial x}(x, t) = -t e^{-t^2} \sin(xt)\). On a les dominations \(|h| \leq\, e^{-t^2}\) et \(|\frac{\partial h}{\partial x}| \leq\, t e^{-t^2}\), intégrables sur \([0, +\infty[\) et indépendantes de \(x\). Le théorème de dérivation montre que \(F\) est \(C^1\) sur \(\mathbb{R}\), avec \(F^{\prime}(x) = -\int_0^{+\infty} t e^{-t^2} \sin(xt) \, dt\).
    2. On intègre par parties avec \(u(t) = \sin(xt)\) et \(v(t) = \frac{1}{2} e^{-t^2}\), de sorte que \(v^{\prime}(t) = -t e^{-t^2}\). Le crochet \([\frac{1}{2} \sin(xt) e^{-t^2}]_0^{+\infty}\) est nul. Donc
      \[F^{\prime}(x) = \int_0^{+\infty} \sin(xt) \, v^{\prime}(t) \, dt = -\int_0^{+\infty} x \cos(xt) \cdot \frac{1}{2} e^{-t^2} \, dt.\]
      Ainsi \(F^{\prime}(x) = -\frac{x}{2} F(x)\).
    3. Posons \(\Phi(x) = F(x) e^{x^2/4}\). Alors \(\Phi^{\prime}(x) = (F^{\prime}(x) + \frac{x}{2} F(x)) e^{x^2/4} = 0\). Donc \(\Phi\) est constante, égale à \(\Phi(0) = F(0) = \frac{\sqrt{\pi}}{2}\). Par conséquent, \(F(x) = \frac{\sqrt{\pi}}{2} e^{-x^2/4}\).
    4. On a \(e^{-ixt} = \cos(xt) – i \sin(xt)\). La fonction \(t \mapsto e^{-t^2} \sin(xt)\) est intégrable et impaire, donc son intégrale sur \(\mathbb{R}\) est nulle. De plus, \(t \mapsto e^{-t^2} \cos(xt)\) est paire. Donc \(\int_{\mathbb{R}} e^{-t^2} e^{-ixt} \, dt = 2F(x) = \sqrt{\pi} \, e^{-x^2/4}\).

    Corrigé de l’exercice 21 : Intégrale de Dirichlet régularisée

    1. On prolonge \(\frac{\sin t}{t}\) par \(1\) en \(0\). L’inégalité \(|\sin t| \leq\, t\) donne \(|e^{-xt} \frac{\sin t}{t}| \leq\, e^{-xt}\), intégrable sur \([0, +\infty[\) pour \(x > 0\). Donc \(F(x)\) est définie et \(|F(x)| \leq\, \int_0^{+\infty} e^{-xt} \, dt = \frac{1}{x}\).
    2. Posons \(h(x, t) = e^{-xt} \frac{\sin t}{t}\). Alors \(\frac{\partial h}{\partial x}(x, t) = -e^{-xt} \sin t\), continue en \(x\). Fixons \(a > 0\). Pour \(x \geq\, a\), on a \(|\frac{\partial h}{\partial x}| \leq\, e^{-at}\), intégrable. Le théorème de dérivation s’applique sur \([a, +\infty[\), donc sur \(]0, +\infty[\). Ensuite, comme dans l’exercice 12,
      \[\int_0^{+\infty} e^{-xt} \sin t \, dt = \operatorname{Im} \int_0^{+\infty} e^{(i – x)t} \, dt = \operatorname{Im} \frac{x + i}{x^2 + 1} = \frac{1}{1 + x^2}.\]
      Donc \(F\) est \(C^1\) et \(F^{\prime}(x) = -\frac{1}{1 + x^2}\).
    3. La fonction \(F + \arctan\) a une dérivée nulle sur l’intervalle \(]0, +\infty[\). Elle est donc constante, égale à \(C\). Quand \(x \to +\infty\), \(F(x) \to 0\) d’après la question 1, et \(\arctan x \to \frac{\pi}{2}\). Donc \(C = \frac{\pi}{2}\). Ainsi \(F(x) = \frac{\pi}{2} – \arctan x\) pour tout \(x > 0\). La figure ci-dessous confronte cette formule à des valeurs numériques de \(F\) et au majorant \(\frac{1}{x}\).

      Fonction pi/2 moins arctan x, valeurs numériques de F en points rouges et majorant 1/x en pointillés

    4. Pour appliquer le théorème de continuité sur \([0, +\infty[\), il faudrait une fonction \(g\) intégrable telle que \(e^{-xt} \frac{|\sin t|}{t} \leq\, g(t)\) pour tout \(x \geq\, 0\). En prenant \(x = 0\), on aurait \(\frac{|\sin t|}{t} \leq\, g(t)\). Or l’exercice 13 montre que \(\frac{|\sin t|}{t}\) n’est pas intégrable. Aucune domination n’est donc possible. D’ailleurs, \(t \mapsto \frac{\sin t}{t}\) n’est même pas dans \(\mathcal{L}^1\) : \(F(0)\) n’a de sens que comme intégrale impropre. Un argument supplémentaire, par intégration par parties, montre que cette intégrale impropre vaut bien \(\lim_{x \to 0^+} F(x) = \frac{\pi}{2}\).

    Corrigé de l’exercice 22 : Problème : formule de Gauss pour la fonction Gamma

    1. Soit \(t > 0\). Si \(t > n\), alors \(f_n(t) = 0 \leq\, f_{n+1}(t)\). Si \(t = n\), alors \(f_n(t) = 0\) aussi. Supposons enfin \(t < n\). Posons \(g(y) = y \ln(1 – \frac{t}{y})\) pour \(y > t\), et \(u = \frac{t}{y} \in ]0, 1[\). Alors
      \[g^{\prime}(y) = \ln(1 – u) + \frac{u}{1 – u}.\]
      La fonction \(k(u) = \ln(1 – u) + \frac{u}{1 – u}\) vérifie \(k(0) = 0\) et \(k^{\prime}(u) = -\frac{1}{1 – u} + \frac{1}{(1 – u)^2} = \frac{u}{(1 – u)^2} \geq\, 0\). Donc \(g\) est croissante, et \((1 – \frac{t}{n})^n = e^{g(n)} \leq\, e^{g(n+1)}\). En multipliant par \(t^{x-1} > 0\), on obtient \(0 \leq\, f_n(t) \leq\, f_{n+1}(t)\). Enfin, pour \(t\) fixé et \(n > t\), \(n \ln(1 – \frac{t}{n}) \to -t\). Donc \((f_n)\) est croissante, positive, et \(f_n(t) \to t^{x-1} e^{-t}\).
    2. Les \(f_n\) sont continues par morceaux sur \(]0, +\infty[\), donc mesurables. La question 1 permet d’appliquer le théorème de convergence monotone :
      \[\int_0^n t^{x-1}(1 – \frac{t}{n})^n dt = \int_0^{+\infty} f_n(t) \, dt \to \int_0^{+\infty} t^{x-1} e^{-t} \, dt.\]
      Ainsi \(\Gamma(x) = \lim_{n \to +\infty} \int_0^n t^{x-1}(1 – \frac{t}{n})^n dt\). La figure ci-dessous illustre cette convergence croissante pour \(x = 2\).

      Fonctions t(1 - t/n) puissance n sur [0, n] pour n = 2, 4, 8, 20 croissant vers t exp(-t)

    3. Le changement de variable \(t = nu\), avec \(dt = n \, du\), donne
      \[\int_0^n t^{x-1}(1 – \frac{t}{n})^n dt = \int_0^1 n^{x-1} u^{x-1} (1 – u)^n \, n \, du.\]
      On obtient bien \(n^x J_n(x)\).
    4. Soit \(n \geq\, 1\). On intègre par parties sur \([\varepsilon, 1]\) avec \(v(u) = \frac{u^x}{x}\) et \(w(u) = (1 – u)^n\), puis on fait tendre \(\varepsilon\) vers \(0\). Le crochet \([\frac{u^x}{x}(1 – u)^n]_0^1\) est nul, car \(x > 0\) et \(n \geq\, 1\). Donc
      \[J_n(x) = \frac{n}{x} \int_0^1 u^x (1 – u)^{n-1} \, du = \frac{n}{x} J_{n-1}(x + 1).\]
      Ensuite, \(J_0(y) = \int_0^1 u^{y-1} \, du = \frac{1}{y}\). En itérant \(n\) fois la relation,
      \[J_n(x) = \frac{n}{x} \cdot \frac{n-1}{x+1} \cdots \frac{1}{x+n-1} \, J_0(x + n) = \frac{n!}{x (x+1) \cdots (x+n-1)} \cdot \frac{1}{x+n}.\]
      Ainsi \(J_n(x) = \frac{n!}{x (x+1) \cdots (x+n)}\).
    5. Les questions 2, 3 et 4 donnent directement
      \[\Gamma(x) = \lim_{n \to +\infty} n^x J_n(x) = \lim_{n \to +\infty} \frac{n^x \, n!}{x (x+1) \cdots (x+n)}.\]
      Pour \(x = 1\), le quotient vaut \(\frac{n \cdot n!}{(n+1)!} = \frac{n}{n+1} \to 1\). On retrouve \(\Gamma(1) = 1\) : la formule de Gauss est démontrée et vérifiée.
    6. Le changement de variable \(t = s^2\), avec \(dt = 2s \, ds\), donne \(\Gamma(\frac{1}{2}) = \int_0^{+\infty} t^{-1/2} e^{-t} \, dt = 2 \int_0^{+\infty} e^{-s^2} \, ds\). D’après l’exercice 19, \(\Gamma(\frac{1}{2}) = \sqrt{\pi}\). Ensuite, pour \(x = \frac{1}{2}\),
      \[x (x+1) \cdots (x+n) = \frac{1 \cdot 3 \cdot 5 \cdots (2n+1)}{2^{n+1}} = \frac{(2n+1)!}{2^{n+1} \cdot 2^n \, n!}.\]
      En effet, \(1 \cdot 3 \cdots (2n+1) = \frac{(2n+1)!}{2 \cdot 4 \cdots 2n} = \frac{(2n+1)!}{2^n \, n!}\). La formule de Gauss devient
      \[\sqrt{\pi} = \lim_{n \to +\infty} \frac{\sqrt{n} \, n! \, 2^{2n+1} \, n!}{(2n+1)!}.\]
      Donc \(\lim \frac{\sqrt{n} \, 2^{2n+1} (n!)^2}{(2n+1)!} = \sqrt{\pi}\). Numériquement, pour \(n = 200\), on trouve environ \(1{,}769\), contre \(\sqrt{\pi} \approx 1{,}772\).

    Point de méthode : pour une intégrale sur \([0, n]\), on écrit l’intégrande avec l’indicatrice \(\mathbf{1}_{]0, n]}\). La question devient alors une interversion limite-intégrale sur un domaine fixe.

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