Voici le corrigé du contrôle de maths spé sur le thème : ouverts, fermés, adhérence et continuité.
Ce corrigé rédige chaque argument topologique en passant par les suites, méthode la plus sûre à l’écrit. La continuité du déterminant, polynomial en les coefficients, rend le groupe linéaire ouvert. Une perturbation par un multiple de l’identité le rend dense, car le spectre est fini. Les mineurs permettent ensuite de décrire les matrices de rang borné comme une intersection de fermés.
Une figure montre l’adhérence de la partie du plan et le segment qui relie chaque point à un point intérieur. Le calcul de la norme subordonnée est mené jusqu’au vecteur qui l’atteint. Le problème conclut par la densité. Un barème détaillé suit chaque exercice.
L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths spé : ouverts, fermés, adhérence et continuité.
| Exercice | Points |
| Exercice 1 : Question de cours : fermés et continuité | 3 points |
| Exercice 2 : Parties remarquables de M_n(R) | 5 points |
| Exercice 3 : Intérieur et adhérence d’une partie du plan | 4 points |
| Exercice 4 : Applications linéaires continues et normes subordonnées | 3 points |
| Exercice 5 : Problème : prolongement d’égalités par densité | 5 points |
| Total | 20 points |
Exercice 1 : Question de cours : fermés et continuité (3 points)
-
Énoncé. Une partie \(A\) de \(E\) est fermée si et seulement si, pour toute suite \((a_k)\) d’éléments de \(A\) qui converge vers un vecteur \(\ell \in E\), on a \(\ell \in A\).
Supposons \(A\) fermée, et soit \((a_k)\) une suite de \(A\) de limite \(\ell\). Supposons par l’absurde \(\ell \notin A\). Comme \(E \setminus A\) est ouvert, il existe \(r > 0\) tel que \(B(\ell, r) \subset E \setminus A\). Or \(\|a_k – \ell\| < r\) pour \(k\) assez grand, donc \(a_k \notin A\) : c’est absurde. Ainsi \(\ell \in A\).
Réciproquement, supposons la propriété vérifiée et montrons que \(E \setminus A\) est ouvert. Soit \(x \notin A\). Supposons qu’aucune boule \(B(x, \frac{1}{k})\) ne soit incluse dans \(E \setminus A\) : on choisit alors \(a_k \in A\) avec \(\|a_k – x\| < \frac{1}{k}\). La suite \((a_k)\) de \(A\) converge vers \(x\), donc \(x \in A\) : contradiction. Une boule centrée en \(x\) est donc incluse dans \(E \setminus A\), qui est ouvert : \(A\) est fermée.
-
Soit \(x \in f^{-1}(U)\). Comme \(f(x) \in U\) et \(U\) est ouvert, il existe \(\varepsilon > 0\) tel que \(B(f(x), \varepsilon) \subset U\). Par continuité de \(f\) en \(x\), il existe \(\eta > 0\) tel que \(\|y – x\| < \eta \Rightarrow \|f(y) – f(x)\| < \varepsilon\). Pour \(y \in B(x, \eta)\), on a donc \(f(y) \in U\), soit \(y \in f^{-1}(U)\). Ainsi \(B(x, \eta) \subset f^{-1}(U)\), et \(f^{-1}(U)\) est ouvert.
Si \(G\) est un fermé de \(F\), alors \(f^{-1}(G) = E \setminus f^{-1}(F \setminus G)\) est le complémentaire d’un ouvert. L’image réciproque d’un fermé par une application continue est un fermé.
Barème : a) 0,5 point pour l’énoncé, 0,75 point par implication ; b) 0,75 point pour les ouverts, 0,25 point pour les fermés.
Exercice 2 : Parties remarquables de M_n(R) (5 points)
-
Chaque application coordonnée \(M \mapsto m_{ij}\) est linéaire et vérifie \(|m_{ij}| \leq\, \|M\|\) : elle est 1-lipschitzienne, donc continue. D’après la formule :
\[\det M = \sum_{\sigma \in \mathfrak{S}_n} \varepsilon(\sigma) \prod_{j=1}^{n} m_{\sigma(j) j},\]
le déterminant est une somme de produits d’applications coordonnées. Les sommes et produits de fonctions continues à valeurs réelles sont continus : \(\det\) est continue. Enfin, \(GL_n(\mathbb{R}) = \det^{-1}(\mathbb{R}^*)\), où \(\mathbb{R}^*\) est un ouvert de \(\mathbb{R}\). Par image réciproque d’un ouvert, \(GL_n(\mathbb{R})\) est ouvert.
-
La matrice \(A – \frac{1}{p} I_n\) est non inversible si et seulement si \(\frac{1}{p}\) est valeur propre de \(A\). Or \(A\) possède au plus \(n\) valeurs propres réelles, racines de \(\chi_A\). Il existe donc \(p_0\) tel que, pour \(p \geq\, p_0\), \(\frac{1}{p}\) n’est pas valeur propre (on prend \(p_0\) plus grand que les inverses des valeurs propres strictement positives). Pour \(p \geq\, p_0\), \(A_p = A – \frac{1}{p} I_n\) est inversible.
De plus, \(\|A_p – A\| = \frac{1}{p} \to 0\). Toute matrice est donc limite d’une suite de matrices inversibles. Par caractérisation séquentielle de l’adhérence, \(GL_n(\mathbb{R})\) est dense dans \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).
-
Pour \(I, J\) parties de \(\{1, \ldots, n\}\) à \(r + 1\) éléments (possible car \(r + 1 \leq\, n\)), on note \(\delta_{I, J}(M)\) le déterminant de la matrice extraite de \(M\) sur les lignes \(I\) et les colonnes \(J\). Comme en a), \(\delta_{I, J}\) est une somme de produits de coordonnées, donc continue.
D’après le résultat admis, \(\operatorname{rg} M \leq\, r\) si et seulement si aucune matrice carrée extraite de taille \(r + 1\) n’est inversible, c’est-à-dire si et seulement si tous les \(\delta_{I, J}(M)\) sont nuls. Donc :
\[\mathcal{R}_r = \bigcap_{I, J} \delta_{I, J}^{-1}(\{0\}).\]
Chaque \(\delta_{I, J}^{-1}(\{0\})\) est fermé, comme image réciproque du fermé \(\{0\}\) par une application continue. Une intersection de fermés est fermée : \(\mathcal{R}_r\) est fermé.
Barème : a) 1 point pour la continuité du déterminant, 0,5 point pour l’ouvert ; b) 1 point pour l’inversibilité (spectre fini), 0,5 point pour la densité ; c) 0,5 point pour la continuité des mineurs, 1 point pour la traduction du rang, 0,5 point pour la conclusion.
Erreur fréquente : écrire que \(\mathcal{R}_r\) est fermé « car c’est le complémentaire de \(GL_n(\mathbb{R})\) » : ce n’est vrai que pour \(r = n – 1\).
Exercice 3 : Intérieur et adhérence d’une partie du plan (4 points)
-
Les applications \(f : (x, y) \mapsto x^2 + y^2\) et \(g : (x, y) \mapsto y\) sont continues sur \(\mathbb{R}^2\) (polynomiales en les coordonnées). On a :
\[D = f^{-1}(]-\infty, 1[) \cap g^{-1}(]0, +\infty[).\]
Chaque ensemble est l’image réciproque d’un ouvert de \(\mathbb{R}\) par une application continue. L’intersection de deux ouverts étant ouverte, \(D\) est ouvert.
-
D’abord, \(D\) est un ouvert inclus dans \(A\), donc \(D \subset \mathring{A}\). Ensuite, soit \(s = (x, 0) \in S\) et \(r > 0\). Le point \((x, -\frac{r}{2})\) appartient à \(B(s, r)\) mais pas à \(A\), car son ordonnée est strictement négative. Aucune boule centrée en \(s\) n’est donc incluse dans \(A\), et \(s \notin \mathring{A}\).
Ainsi \(\mathring{A} = D\).
-
Posons \(H = \{(x, y) : x^2 + y^2 \leq\, 1,\ y \geq\, 0\}\) et \(F = H \cup ([1, 2] \times \{0\})\). L’ensemble \(H\) est fermé, comme intersection des images réciproques \(f^{-1}(]-\infty, 1])\) et \(g^{-1}([0, +\infty[)\). Le segment \([1, 2] \times \{0\}\) est fermé : c’est l’intersection de l’image réciproque de \([1, 2]\) par \((x, y) \mapsto x\) et de \(g^{-1}(\{0\})\). Donc \(F\) est fermé. De plus, \(A \subset F\), car \([0, 1] \times \{0\} \subset H\). L’adhérence étant le plus petit fermé contenant \(A\), on obtient \(\overline{A} \subset F\).
Réciproquement, les points de \([1, 2] \times \{0\}\) sont dans \(A\). Soit \(q \in H\) ; pour \(k \geq\, 1\), on pose \(p_k = (1 – \frac{1}{k}) q + \frac{1}{k} c\), avec \(c = (0, \frac{1}{2})\). Son ordonnée vaut \((1 – \frac{1}{k}) y_q + \frac{1}{2k} > 0\), et l’inégalité triangulaire donne :
\[\|p_k\| \leq\, (1 – \frac{1}{k}) \|q\| + \frac{1}{k} \|c\| \leq\, 1 – \frac{1}{k} + \frac{1}{2k} = 1 – \frac{1}{2k} < 1.\]
Donc \(p_k \in D \subset A\), et \(p_k \to q\) : ainsi \(q \in \overline{A}\).
Conclusion : \(\overline{A} = \{(x, y) : x^2 + y^2 \leq\, 1,\ y \geq\, 0\} \cup ([1, 2] \times \{0\})\).
Barème : a) 1 point ; b) 0,5 point pour l’inclusion de \(D\), 1 point pour les points de \(S\) ; c) 0,75 point pour l’inclusion dans \(F\) fermé, 0,75 point pour l’inclusion réciproque par les suites.
Exercice 4 : Applications linéaires continues et normes subordonnées (3 points)
-
Notons \(S = \max_i \sum_j |a_{ij}|\). Pour tout \(x\) et tout \(i\) :
\[|(Ax)_i| = |\sum_{j=1}^{n} a_{ij} x_j| \leq\, \sum_{j=1}^{n} |a_{ij}|\, \|x\|_\infty \leq\, S \|x\|_\infty.\]
Donc \(\|u(x)\|_\infty \leq\, S \|x\|_\infty\). D’après le critère de continuité des applications linéaires, \(u\) est continue et \(||| u ||| \leq\, S\).
Soit \(i_0\) un indice réalisant le maximum, et \(x_j = 1\) si \(a_{i_0 j} \geq\, 0\), \(x_j = -1\) sinon. Alors \(\|x\|_\infty = 1\) et \((Ax)_{i_0} = \sum_j |a_{i_0 j}| = S\), donc \(\|u(x)\|_\infty \geq\, S\). Ainsi \(||| u ||| = S\).
-
Les sommes des lignes valent \(1 + 2 = 3\) et \(3 + 1 = 4\), donc \(||| u ||| = 4\). La deuxième ligne n’a que des coefficients positifs : on prend \(x = (1, 1)\), et \(Ax = (-1, 4)\) vérifie bien \(\|Ax\|_\infty = 4\).
-
La forme \(\varphi\) est linéaire, et \(|\varphi(f)| \leq\, |f(1)| + |f(0)| \leq\, 2 \|f\|_\infty\) : elle est continue, avec \(||| \varphi ||| \leq\, 2\). Pour \(f_0 : t \mapsto 2t – 1\), on a \(\|f_0\|_\infty = 1\) et \(\varphi(f_0) = 1 – (-1) = 2\). Donc \(||| \varphi ||| = 2\).
Barème : a) 0,75 point pour la majoration et la continuité, 0,75 point pour le vecteur qui réalise l’égalité ; b) 0,5 point ; c) 0,5 point pour la continuité, 0,5 point pour la valeur exacte.
Exercice 5 : Problème : prolongement d’égalités par densité (5 points)
-
Soit \(x \in E\). Comme \(\Delta\) est dense, \(x\) est adhérent à \(\Delta\) : par caractérisation séquentielle, il existe une suite \((d_k)\) de \(\Delta\) qui converge vers \(x\). Par continuité de \(f\) et \(g\) en \(x\), \(f(d_k) \to f(x)\) et \(g(d_k) \to g(x)\). Or \(f(d_k) = g(d_k)\) pour tout \(k\). Par unicité de la limite, \(f(x) = g(x)\), donc \(f = g\).
-
Si \(A\) est inversible, \(AB = A (BA) A^{-1}\) : les matrices \(AB\) et \(BA\) sont semblables. Pour tout \(x\), \(x I_n – AB = A (x I_n – BA) A^{-1}\), donc \(\det(x I_n – AB) = \det(x I_n – BA)\). Deux matrices semblables ont le même polynôme caractéristique : \(\chi_{AB} = \chi_{BA}\).
-
Le coefficient d’indice \((i, j)\) de \(AB\) vaut \(\sum_k a_{ik} b_{kj}\) : c’est une fonction linéaire des coefficients de \(A\). Les coefficients de \(x I_n – AB\) sont donc des fonctions affines, donc continues, de \(A\). En les reportant dans la formule du déterminant, on voit que \(A \mapsto \det(x I_n – AB)\) est une somme de produits de fonctions continues. Elle est continue, et de même pour \(A \mapsto \det(x I_n – BA)\).
-
Fixons \(B\) et \(x\). Les deux applications de c) sont continues sur \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) et coïncident sur \(GL_n(\mathbb{R})\) d’après b). Or \(GL_n(\mathbb{R})\) est dense (exercice 2). D’après a), elles sont égales : \(\chi_{AB}(x) = \chi_{BA}(x)\) pour tout réel \(x\) et toute matrice \(A\).
Le polynôme \(\chi_{AB} – \chi_{BA}\) a alors une infinité de racines. Il est nul : \(\chi_{AB} = \chi_{BA}\) pour toutes matrices \(A\) et \(B\).
-
L’application \(h : M \mapsto M^2 – M\) est continue, car chaque coefficient de \(h(M)\) est polynomial en les coefficients de \(M\). Comme \(\mathcal{P} = h^{-1}(\{0\})\), \(\mathcal{P}\) est fermé.
La matrice nulle appartient à \(\mathcal{P}\). En revanche, pour \(k \geq\, 2\), \((\frac{1}{k} I_n)^2 = \frac{1}{k^2} I_n \neq \frac{1}{k} I_n\) : la suite \((\frac{1}{k} I_n)\) converge vers \(0\) sans être dans \(\mathcal{P}\). Aucune boule centrée en \(0\) n’est donc incluse dans \(\mathcal{P}\). \(\mathcal{P}\) n’est pas ouvert.
Barème : 1 point par question ; en d), 0,5 point pour l’égalité des fonctions polynomiales et 0,5 point pour l’égalité des polynômes ; en e), 0,5 point pour chaque réponse.
Revenir à l’énoncé du contrôle
Après le corrigé du contrôle : ouverts, fermés, adhérence et continuité
Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Topologie et continuité » en maths spé puis entraînez-vous avec les exercices corrigés topologie et continuité.
Retrouvez tous les contrôles de maths spé classés par chapitre, ou choisissez un autre niveau sur la page contrôles de maths du CP au post-bac.



























