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Corrigé du contrôle de maths L2 : produit scalaire et espaces euclidiens

    Corrigé du contrôle de maths L2 : produit scalaire et espaces euclidiens

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L2 sur le thème : produit scalaire et espaces euclidiens.

    Voici la correction complète du partiel sur les espaces euclidiens, rédigée comme on l’attend d’un étudiant de L2. La preuve de Cauchy-Schwarz passe par le signe d’un trinôme, et chaque calcul de Gram-Schmidt est vérifié par le calcul des normes.

    Les distances sont obtenues grâce au théorème de Pythagore dans une base orthonormée. Deux figures illustrent le corrigé : la meilleure approximation d’un polynôme de degré 3 et la droite des moindres carrés avec ses résidus. Le barème détaillé suit chaque exercice pour évaluer votre copie.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l2 : produit scalaire et espaces euclidiens.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours : inégalité de Cauchy-Schwarz 4 points
    Exercice 2 : Gram-Schmidt sur des polynômes 6 points
    Exercice 3 : Projection orthogonale dans R4 4 points
    Exercice 4 : Problème : droite des moindres carrés 6 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours : inégalité de Cauchy-Schwarz (4 points)

    1. Énoncé. Pour tous \(x, y\) d’un espace préhilbertien réel \(E\), on a \(|\langle x, y \rangle| \leq\, \|x\| \, \|y\|\).

      Démonstration. Si \(y = 0\), les deux membres sont nuls et l’inégalité est vraie. Supposons \(y \neq 0\). Pour tout réel \(\lambda\), la positivité du produit scalaire et sa bilinéarité donnent
      \[0 \leq\, \|x + \lambda y\|^2 = \|y\|^2 \lambda^2 + 2 \langle x, y \rangle \lambda + \|x\|^2.\]
      Le membre de droite est un trinôme du second degré en \(\lambda\), car \(\|y\|^2 > 0\). Il est positif pour tout réel \(\lambda\), donc son discriminant est négatif ou nul :
      \[\Delta = 4 \langle x, y \rangle^2 – 4 \|x\|^2 \|y\|^2 \leq\, 0.\]
      Donc \(\langle x, y \rangle^2 \leq\, \|x\|^2 \|y\|^2\), c’est-à-dire \(|\langle x, y \rangle| \leq\, \|x\| \, \|y\|\).

    2. Supposons la famille \((x, y)\) liée. Si \(y = 0\), l’égalité est claire. Sinon, \(x = \mu y\) pour un réel \(\mu\), et \(|\langle x, y \rangle| = |\mu| \, \|y\|^2 = \|x\| \, \|y\|\).

      Réciproquement, supposons l’égalité et \(y \neq 0\) (si \(y = 0\), la famille est liée). Alors \(\Delta = 0\) : le trinôme admet une racine double \(\lambda_0\). Ainsi \(\|x + \lambda_0 y\|^2 = 0\), donc \(x + \lambda_0 y = 0\) par le caractère défini du produit scalaire, et la famille est liée.

      Il y a égalité si et seulement si \(x\) et \(y\) sont colinéaires.

    Barème : a) 2,5 points : 0,5 pour l’énoncé, 0,5 pour le cas \(y = 0\), 1 pour le développement du trinôme, 0,5 pour l’argument du discriminant ; b) 1,5 point : 0,5 pour le sens direct, 1 pour la réciproque avec le caractère défini.

    Exercice 2 : Gram-Schmidt sur des polynômes (6 points)

    1. L’application \((P, Q) \mapsto \int_0^1 PQ\) est bien définie car \(PQ\) est continue sur \([0, 1]\). Elle est symétrique, car \(PQ = QP\), et linéaire par rapport à \(P\) par linéarité de l’intégrale ; elle est donc bilinéaire.

      Elle est positive : \(\langle P, P \rangle = \int_0^1 P(t)^2\, dt \geq\, 0\). Elle est définie : si \(\int_0^1 P^2 = 0\), la fonction \(P^2\) est continue, positive et d’intégrale nulle sur \([0, 1]\), donc nulle sur \([0, 1]\). Le polynôme \(P\) a alors une infinité de racines, donc \(P = 0\).

      C’est un produit scalaire sur \(E\).

    2. On rappelle que \(\langle X^i, X^j \rangle = \dfrac{1}{i + j + 1}\).

      Étape 1. On a \(\|1\|^2 = 1\), donc \(e_0 = 1\).

      Étape 2. On pose \(v_1 = X – \langle X, e_0 \rangle e_0 = X – \dfrac{1}{2}\). Alors
      \[\|v_1\|^2 = \int_0^1 (t – \frac{1}{2})^2 dt = [\frac{1}{3}(t – \frac{1}{2})^3]_0^1 = \frac{1}{12}.\]
      D’où \(e_1 = \sqrt{12}(X – \dfrac{1}{2}) = \sqrt{3}\,(2X – 1)\).

      Étape 3. On calcule \(\langle X^2, e_0 \rangle = \dfrac{1}{3}\) et \(\langle X^2, e_1 \rangle = \sqrt{3} \displaystyle \int_0^1 (2t^3 – t^2)\, dt = \sqrt{3}(\frac{1}{2} – \frac{1}{3}) = \frac{\sqrt{3}}{6}\). Alors
      \[v_2 = X^2 – \frac{1}{3} – \frac{\sqrt{3}}{6} \times \sqrt{3}\,(2X – 1) = X^2 – X + \frac{1}{6} = \frac{1}{6}(6X^2 – 6X + 1).\]
      On développe \((6t^2 – 6t + 1)^2 = 36t^4 – 72t^3 + 48t^2 – 12t + 1\), d’où
      \[\int_0^1 (6t^2 – 6t + 1)^2\, dt = \frac{36}{5} – 18 + 16 – 6 + 1 = \frac{1}{5}.\]
      Ainsi \(\|v_2\|^2 = \dfrac{1}{36} \times \dfrac{1}{5} = \dfrac{1}{180}\) et \(e_2 = \sqrt{180}\, v_2 = 6\sqrt{5}\, v_2\).

      La base orthonormée obtenue est \(e_0 = 1\), \(e_1 = \sqrt{3}\,(2X – 1)\), \(e_2 = \sqrt{5}(6X^2 – 6X + 1)\).

    3. Comme \((e_0, e_1, e_2)\) est une base orthonormée de \(\mathbb{R}_2[X]\), le projeté orthogonal est \(p = \sum_{i=0}^{2} \langle X^3, e_i \rangle e_i\). On calcule :
      \[\langle X^3, e_0 \rangle = \frac{1}{4}, \qquad \langle X^3, e_1 \rangle = \sqrt{3}(\frac{2}{5} – \frac{1}{4}) = \frac{3\sqrt{3}}{20},\]
      \[\langle X^3, e_2 \rangle = \sqrt{5}(1 – \frac{6}{5} + \frac{1}{4}) = \frac{\sqrt{5}}{20}.\]
      Donc
      \[p = \frac{1}{4} + \frac{9}{20}(2X – 1) + \frac{1}{4}(6X^2 – 6X + 1) = \frac{3}{2} X^2 – \frac{3}{5} X + \frac{1}{20}.\]
      Le projeté orthogonal de \(X^3\) sur \(\mathbb{R}_2[X]\) est \(p = \dfrac{3}{2} X^2 – \dfrac{3}{5} X + \dfrac{1}{20}\).

      Le minimum \(m\) est le carré de la distance de \(X^3\) à \(\mathbb{R}_2[X]\), atteint en \(p\). Par le théorème de Pythagore, \(\|X^3\|^2 = \|p\|^2 + \|X^3 – p\|^2\) avec \(\|p\|^2 = \sum \langle X^3, e_i \rangle^2\) :
      \[m = \frac{1}{7} – (\frac{1}{16} + \frac{27}{400} + \frac{5}{400}) = \frac{1}{7} – \frac{57}{400} = \frac{400 – 399}{2800}.\]
      Donc \(m = \dfrac{1}{2800}\), atteint pour \(a = \dfrac{3}{2}\), \(b = -\dfrac{3}{5}\), \(c = \dfrac{1}{20}\).

      À gauche les courbes de t au cube et de son projeté p sur l'intervalle de 0 à 1, à droite l'écart entre les deux, inférieur à 0,05

      La figure montre que l’écart \(t^3 – p(t) = \frac{1}{20}(20t^3 – 30t^2 + 12t – 1)\) reste petit et change trois fois de signe sur \([0, 1]\).

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour la bilinéarité et la symétrie, 1 pour le caractère défini ; b) 2,5 points : 0,5 pour \(e_0\), 1 pour \(e_1\), 1 pour \(e_2\) avec le calcul de la norme ; c) 2 points : 1 pour \(p\), 1 pour la valeur de \(m\) justifiée.

    Erreur fréquente : oublier de normer \(v_1\) avant de calculer \(v_2\) ; la formule \(v_2 = X^2 – \sum \langle X^2, e_i \rangle e_i\) n’est valable qu’avec des vecteurs \(e_i\) unitaires.

    Exercice 3 : Projection orthogonale dans R4 (4 points)

    1. Posons \(u = (1, 1, 1, 1)\) et \(v = (1, -1, 1, -1)\). Alors \(F = \{x : \langle x, u \rangle = 0 \text{ et } \langle x, v \rangle = 0\} = \operatorname{Vect}(u, v)^\perp\). Les vecteurs \(u\) et \(v\) ne sont pas colinéaires, donc \(\operatorname{Vect}(u, v)\) est de dimension \(2\) et \(\dim F = 4 – 2 = 2\).

      En dimension finie, \(F^\perp = (\operatorname{Vect}(u, v)^\perp)^\perp = \operatorname{Vect}(u, v)\). De plus \(\langle u, v \rangle = 1 – 1 + 1 – 1 = 0\). Ainsi \(\dim F = 2\) et \((u, v)\) est une base orthogonale de \(F^\perp\).

    2. On a \(\|u\|^2 = \|v\|^2 = 4\). La projection orthogonale sur \(F^\perp\) s’écrit
      \[q(x) = \frac{\langle x, u \rangle}{4} u + \frac{\langle x, v \rangle}{4} v,\]
      de matrice \(Q = \dfrac{1}{4}(u u^{T} + v v^{T})\). Le coefficient \((i, j)\) de \(u u^{T} + v v^{T}\) vaut \(1 + (-1)^{i+j}\), soit \(2\) si \(i + j\) est pair et \(0\) sinon. Donc
      \[Q = \frac{1}{2}\begin{pmatrix} 1 0 1 0 \\ 0 1 0 1 \\ 1 0 1 0 \\ 0 1 0 1 \end{pmatrix}, \qquad P = I_4 – Q = \frac{1}{2}\begin{pmatrix} 1 0 -1 0 \\ 0 1 0 -1 \\ -1 0 1 0 \\ 0 -1 0 1 \end{pmatrix}.\]
      \(Q\) est la matrice de la projection sur \(F^\perp\) et \(P = I_4 – Q\) celle de la projection sur \(F\), car \(\mathbb{R}^4 = F \oplus F^\perp\).

    3. La distance de \(w\) à \(F\) est \(\|w – p_F(w)\| = \|q(w)\|\). On a \(\langle w, u \rangle = 10\) et \(\langle w, v \rangle = 1 – 2 + 3 – 4 = -2\). Comme \(u\) et \(v\) sont orthogonaux, le théorème de Pythagore donne
      \[\|q(w)\|^2 = \frac{10^2}{4} + \frac{(-2)^2}{4} = 25 + 1 = 26.\]
      Vérification : \(q(w) = Q w = (2, 3, 2, 3)\), de norme \(\sqrt{4 + 9 + 4 + 9} = \sqrt{26}\). La distance de \(w\) à \(F\) vaut \(\sqrt{26}\).

    Barème : a) 1 point : 0,5 pour la dimension, 0,5 pour la base orthogonale de \(F^\perp\) ; b) 1,5 point : 1 pour \(Q\), 0,5 pour \(P\) ; c) 1,5 point : 1 pour la méthode, 0,5 pour \(\sqrt{26}\).

    Exercice 4 : Problème : droite des moindres carrés (6 points)

    1. Notons \(V = \operatorname{Im} A = \{AU : U \in \mathbb{R}^2\}\), sous-espace de \(\mathbb{R}^4\). Ses générateurs, les colonnes \(c_1 = (0, 1, 2, 3)\) et \(c_2 = (1, 1, 1, 1)\), ne sont pas colinéaires : \(\dim V = 2\) et \(A\) est injective.

      D’après le théorème de la projection orthogonale sur un sous-espace de dimension finie, pour tout \(Z \in V\), on a \(\|Y – Z\| \geq\, \|Y – p_V(Y)\|\), avec égalité si et seulement si \(Z = p_V(Y)\). Donc \(S(a, b) = \|Y – AU\|^2\) est minimal si et seulement si \(AU = p_V(Y)\). Comme \(A\) est injective, ce vecteur \(U\) est unique.

      Enfin, \(AU = p_V(Y)\) équivaut à \(Y – AU \in V^\perp\), c’est-à-dire \(\langle c_j, Y – AU \rangle = 0\) pour \(j = 1, 2\), soit \(A^{T}(Y – AU) = 0\). Le minimum existe, il est atteint en un unique \(U\), caractérisé par \(A^{T} A\, U = A^{T} Y\).

    2. On calcule
      \[A^{T} A = \begin{pmatrix} 14 6 \\ 6 4 \end{pmatrix}, \qquad A^{T} Y = \begin{pmatrix} 0 + 2 + 4 + 12 \\ 1 + 2 + 2 + 4 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 18 \\ 9 \end{pmatrix}.\]
      Le déterminant de \(A^{T} A\) vaut \(56 – 36 = 20\). Donc
      \[U = \frac{1}{20}\begin{pmatrix} 4 -6 \\ -6 14 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 18 \\ 9 \end{pmatrix} = \frac{1}{20}\begin{pmatrix} 18 \\ 18 \end{pmatrix}.\]
      La droite des moindres carrés a pour équation \(y = 0{,}9\, x + 0{,}9\) : \(a = b = \dfrac{9}{10}\).

    3. On a \(AU = (0{,}9 \,;\, 1{,}8 \,;\, 2{,}7 \,;\, 3{,}6)\), donc \(Y – AU = (0{,}1 \,;\, 0{,}2 \,;\, -0{,}7 \,;\, 0{,}4)\) et
      \[S_{\min} = 0{,}01 + 0{,}04 + 0{,}49 + 0{,}16 = 0{,}7.\]
      La valeur minimale vaut \(\dfrac{7}{10}\) : c’est le carré de la distance de \(Y\) au plan \(\operatorname{Im} A\) de \(\mathbb{R}^4\).

      Les quatre points mesurés, la droite d'équation y = 0,9x + 0,9 et les quatre résidus verticaux en pointillés

    4. Avec \(r = Y – AU = (0{,}1 \,;\, 0{,}2 \,;\, -0{,}7 \,;\, 0{,}4)\) :
      \[\langle r, c_1 \rangle = 0 + 0{,}2 – 1{,}4 + 1{,}2 = 0, \qquad \langle r, c_2 \rangle = 0{,}1 + 0{,}2 – 0{,}7 + 0{,}4 = 0.\]
      Le vecteur des résidus est bien orthogonal à \(\operatorname{Im} A\), comme l’exige la caractérisation de la projection orthogonale.

    Barème : a) 2 points : 0,5 pour la dimension de l’image, 1 pour le théorème de projection, 0,5 pour les équations normales ; b) 2 points : 1 pour les deux produits matriciels, 1 pour la résolution ; c) 1 point : 0,5 pour la valeur, 0,5 pour l’interprétation ; d) 1 point (0,5 par produit scalaire).

    Revenir à l’énoncé du contrôle

    Après le corrigé du contrôle : produit scalaire et espaces euclidiens

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Espaces euclidiens » en L2 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés espaces euclidiens.

    Retrouvez tous les contrôles de maths de L2 classés par chapitre, ou choisissez un autre niveau sur la page contrôles de maths du CP au post-bac.

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