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Corrigé du contrôle de maths L1 : limites de fonctions et continuité

    Corrigé du contrôle de maths L1 : limites de fonctions et continuité

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L1 sur le thème : limites de fonctions et continuité.

    Ce corrigé rédige entièrement le partiel sur les limites et la continuité. Chaque théorème utilisé est cité par son nom et ses hypothèses sont vérifiées, comme l’attend un correcteur de licence.

    Vous y trouverez la démonstration du théorème des valeurs intermédiaires par la borne supérieure, un choix explicite de delta, deux suites qui montrent que sin(1/x) n’a pas de limite en 0 et l’étude complète d’une fonction bâtie sur la partie entière. Le problème se termine par le théorème des cordes horizontales, illustré par une figure. Le barème détaillé suit chaque exercice.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l1 : limites de fonctions et continuité.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Théorème des valeurs intermédiaires 4 points
    Exercice 2 : Limites, epsilon-delta et suites 5 points
    Exercice 3 : Une fonction définie avec la partie entière 4,5 points
    Exercice 4 : Points fixes, extremums et cordes horizontales 6,5 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Théorème des valeurs intermédiaires (4 points)

    1. Théorème des valeurs intermédiaires : si \(f\) est continue sur \([a,b]\), alors pour tout réel \(y\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), il existe \(c \in [a,b]\) tel que \(f(c) = y\).
    2. Cas \(f(a) \leq\, 0 \leq\, f(b)\). L’ensemble \(E = \{x \in [a,b] : f(x) \leq\, 0\}\) contient \(a\) et il est majoré par \(b\). D’après l’axiome de la borne supérieure, il admet une borne supérieure \(c \in [a, b]\).

      On a \(f(c) \leq\, 0\). Par la caractérisation de la borne supérieure, pour tout \(n \geq\, 1\) il existe \(x_n \in E\) tel que \(c – \dfrac{1}{n} < x_n \leq\, c\). Ainsi \(x_n\) tend vers \(c\) et \(f(x_n) \leq\, 0\). Comme \(f\) est continue en \(c\), \(f(x_n)\) tend vers \(f(c)\) (caractérisation séquentielle), donc \(f(c) \leq\, 0\) par passage à la limite.

      On a \(f(c) \geq\, 0\). Si \(c = b\), alors \(f(c) = f(b) \geq\, 0\). Si \(c < b\), tout \(x \in ]c, b]\) n’appartient pas à \(E\) (il dépasse la borne supérieure), donc \(f(x) > 0\). La suite \(y_n = c + \dfrac{b – c}{n}\) est dans \(]c, b]\) et tend vers \(c\), donc \(f(c) = \lim f(y_n) \geq\, 0\).

      Ainsi \(f(c) = 0\).

      Cas général. Soit \(y\) entre \(f(a)\) et \(f(b)\). Si \(f(a) \leq\, y \leq\, f(b)\), la fonction \(f – y\) est continue et vérifie \((f-y)(a) \leq\, 0 \leq\, (f-y)(b)\) : elle s’annule en un point \(c\). Si \(f(b) \leq\, y \leq\, f(a)\), on applique le premier cas à \(y – f\). Dans tous les cas, il existe \(c \in [a,b]\) tel que \(f(c) = y\).

    Barème : a) 1 point ; b) 3 points : 0,5 point pour l’existence de \(c\), 1 point pour \(f(c) \leq\, 0\), 1 point pour \(f(c) \geq\, 0\) avec le cas \(c = b\), 0,5 point pour le cas général.

    Exercice 2 : Limites, epsilon-delta et suites (5 points)

    1. Pour tout réel \(x\), \(|x^2 – 4| = |x – 2| \, |x + 2|\). Si \(|x – 2| \leq\, 1\), alors \(1 \leq\, x \leq\, 3\), donc \(|x + 2| \leq\, 5\).

      Soit \(\varepsilon > 0\). On pose \(\delta = \min(1, \dfrac{\varepsilon}{5}) > 0\). Pour tout \(x\) tel que \(|x – 2| < \delta\), on a \(|x^2 – 4| \leq\, 5|x – 2| < 5 \times \dfrac{\varepsilon}{5} = \varepsilon\). Donc \(\displaystyle\lim_{x \to 2} x^2 = 4\).

    2. On pose \(x_n = \dfrac{1}{2n\pi}\) et \(y_n = \dfrac{1}{\frac{\pi}{2} + 2n\pi}\) pour \(n \geq\, 1\). Ces deux suites de réels non nuls tendent vers \(0\). Or \(\sin(\dfrac{1}{x_n}) = \sin(2n\pi) = 0\) et \(\sin(\dfrac{1}{y_n}) = \sin(\dfrac{\pi}{2} + 2n\pi) = 1\).

      Si la fonction admettait une limite \(L\) en \(0\), la caractérisation séquentielle donnerait \(L = 0\) et \(L = 1\). C’est impossible : \(x \mapsto \sin(\frac{1}{x})\) n’a pas de limite en \(0\).

    3. Pour tout \(x \neq 0\), \(|g(x)| \leq\, |x|\) car \(|\sin| \leq\, 1\). Par le théorème des gendarmes, \(g(x)\) tend vers \(0\) quand \(x\) tend vers \(0\). La fonction \(g\) se prolonge par continuité en \(0\) en posant \(g(0) = 0\).
    4. En \(0\). Pour tout \(x\), \(|h(x) – h(0)| = |h(x)| \leq\, |x|\), donc \(h(x)\) tend vers \(h(0) = 0\) : \(h\) est continue en \(0\).

      En \(a \neq 0\). Par densité de \(\mathbb{Q}\) et de \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\) dans \(\mathbb{R}\), il existe une suite \((r_n)\) de rationnels et une suite \((s_n)\) d’irrationnels qui tendent vers \(a\). Alors \(h(r_n) = r_n\) tend vers \(a\) et \(h(s_n) = 0\) tend vers \(0 \neq a\). Par la caractérisation séquentielle, \(h\) n’a pas de limite en \(a\). La fonction \(h\) est continue en \(0\) et en aucun autre point.

    Erreur fréquente : prendre \(\delta = \dfrac{\varepsilon}{5}\) sans avoir d’abord imposé \(|x – 2| \leq\, 1\), ce qui laisse \(|x + 2|\) non majoré.

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 point pour la factorisation et la majoration de \(|x + 2|\), 1 point pour \(\delta\) et la conclusion ; b) 1,5 point : 1 point pour les deux suites, 0,5 point pour la conclusion séquentielle ; c) 1 point ; d) 1 point : 0,5 point en \(0\), 0,5 point en \(a \neq 0\).

    Exercice 3 : Une fonction définie avec la partie entière (4,5 points)

    1. Pour \(x \in [n, n+1[\), on a \(\lfloor x \rfloor = n\), donc \(f(x) = n + (x – n)^2\). Sur \(]n, n+1[\), \(f\) coïncide avec une fonction polynôme, donc elle y est continue.
    2. On a \(f(n) = n + 0 = n\).

      À droite. Pour \(x \in [n, n+1[\), \(f(x) = n + (x – n)^2\) tend vers \(n\) quand \(x\) tend vers \(n\) par valeurs supérieures.

      À gauche. Pour \(x \in [n-1, n[\), \(\lfloor x \rfloor = n – 1\), donc \(f(x) = n – 1 + (x – n + 1)^2\), qui tend vers \(n – 1 + 1 = n\) quand \(x\) tend vers \(n\) par valeurs inférieures.

      Les limites à gauche et à droite en \(n\) sont égales à \(f(n)\), donc \(f\) est continue en \(n\). Avec la question a), \(f\) est continue sur \(\mathbb{R}\), malgré la présence de la partie entière.

    3. Pour \(x \geq\, -1\), \(x \neq 0\), on multiplie par la quantité conjuguée :

      \[\varphi(x) = \frac{(\sqrt{1+x} – 1)(\sqrt{1+x} + 1)}{x(\sqrt{1+x} + 1)} = \frac{1 + x – 1}{x(\sqrt{1+x} + 1)} = \frac{1}{\sqrt{1+x} + 1}.\]

      La fonction \(x \mapsto \dfrac{1}{\sqrt{1+x} + 1}\) est continue en \(0\) (racine carrée continue, dénominateur non nul), donc \(\varphi(x)\) tend vers \(\dfrac{1}{2}\). La fonction \(\varphi\) se prolonge par continuité en \(0\) en posant \(\varphi(0) = \dfrac{1}{2}\).

    4. Sur chaque segment \([n, n+1]\), on a \(f(x) = n + (x – n)^2\), y compris en \(x = n+1\) où les deux expressions valent \(n+1\). Cette fonction est strictement croissante sur \([n, n+1]\) car \(x – n \geq\, 0\) y croît strictement. Soit \(x < y\). S’ils sont dans le même segment, \(f(x) < f(y)\). Sinon, on intercale les entiers \(m_1 < \cdots < m_p\) situés entre eux et on enchaîne les inégalités : \(f(x) < f(m_1) < \cdots < f(m_p) \leq\, f(y)\), l’une au moins étant stricte. Donc \(f\) est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\).

      De plus \(x – 1 < \lfloor x \rfloor \leq\, f(x) < \lfloor x \rfloor + 1 \leq\, x + 1\), donc \(f\) tend vers \(-\infty\) en \(-\infty\) et vers \(+\infty\) en \(+\infty\). D’après le théorème de la bijection continue, \(f\) réalise une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\).

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1,5 point : 0,5 point par limite latérale, 0,5 point pour la conclusion ; c) 1,5 point : 1 point pour la quantité conjuguée, 0,5 point pour la valeur \(\frac{1}{2}\) ; d) 1 point : 0,5 point pour la stricte croissance, 0,5 point pour les limites et le théorème cité.

    Exercice 4 : Points fixes, extremums et cordes horizontales (6,5 points)

    1. On pose \(g(x) = f(x) – x\), continue sur \([0,1]\) comme différence de fonctions continues. Comme \(f\) est à valeurs dans \([0,1]\), \(g(0) = f(0) \geq\, 0\) et \(g(1) = f(1) – 1 \leq\, 0\). Par le théorème des valeurs intermédiaires, \(g\) s’annule en un point \(c \in [0,1]\). Il existe \(c \in [0,1]\) tel que \(f(c) = c\).
    2. Par définition des limites infinies, il existe \(A > 0\) tel que \(f(x) > f(0)\) pour tout \(x\) vérifiant \(|x| > A\). La fonction \(f\) est continue sur le segment \([-A, A]\) : d’après le théorème des bornes atteintes, elle y admet un minimum \(m = f(x_0)\) avec \(x_0 \in [-A, A]\). Comme \(0 \in [-A, A]\), on a \(m \leq\, f(0)\).

      Pour \(|x| > A\), \(f(x) > f(0) \geq\, m\). Pour \(|x| \leq\, A\), \(f(x) \geq\, m\). Donc \(f(x_0)\) est le minimum de \(f\) sur \(\mathbb{R}\).

    3. La fonction \(g\) est continue sur \([0, \frac{1}{2}]\). On a \(g(0) = f(\frac{1}{2}) – f(0)\) et \(g(\frac{1}{2}) = f(1) – f(\frac{1}{2}) = f(0) – f(\frac{1}{2})\). Donc \(g(\frac{1}{2}) = -g(0)\) : les deux valeurs sont de signes opposés (ou nulles). Par le théorème des valeurs intermédiaires, il existe \(c \in [0, \frac{1}{2}]\) tel que \(f(c + \frac{1}{2}) = f(c)\).

      Courbe d une fonction nulle en 0 et en 1 avec une corde horizontale rouge de longueur un demi entre c et c plus un demi

    4. La fonction \(g_n\) est continue sur \([0, 1 – \frac{1}{n}]\) et les points \(\frac{k}{n}\), pour \(0 \leq\, k \leq\, n-1\), appartiennent à cet intervalle. La somme est télescopique :

      \[\sum_{k=0}^{n-1} g_n(\frac{k}{n}) = \sum_{k=0}^{n-1} (f(\frac{k+1}{n}) – f(\frac{k}{n})) = f(1) – f(0) = 0.\]

      Supposons par l’absurde que \(g_n\) ne s’annule pas. D’après le théorème des valeurs intermédiaires, une fonction continue qui ne s’annule pas sur un intervalle y garde un signe constant. Tous les termes de la somme seraient alors strictement de même signe, et la somme serait non nulle : c’est absurde. Il existe donc \(c \in [0, 1 – \frac{1}{n}]\) tel que \(f(c + \frac{1}{n}) = f(c)\).

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 point pour la fonction auxiliaire, 0,5 point pour les signes, 0,5 point pour le théorème cité ; b) 2 points : 0,5 point pour le choix de \(A\), 1 point pour le théorème des bornes atteintes sur \([-A, A]\), 0,5 point pour la comparaison hors du segment ; c) 1,5 point : 1 point pour \(g(\frac{1}{2}) = -g(0)\), 0,5 point pour la conclusion ; d) 1,5 point : 0,5 point pour la somme télescopique, 1 point pour l’argument de signe constant.

    Revenir à l’énoncé du contrôle

    Après le corrigé du contrôle : limites de fonctions et continuité

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Limites et continuité » en L1 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés limites et continuité.

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