Mathovore, tout pour reussir en maths : cours et exercices corriges
Aller au contenu
Vous êtes ici : Accueil » Corrigés des contrôles de maths en L3 » Corrigé du contrôle de maths L3 : complétude, espaces de Banach et point fixe

Corrigé du contrôle de maths L3 : complétude, espaces de Banach et point fixe

    Corrigé du contrôle de maths L3 : complétude, espaces de Banach et point fixe

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L3 sur le thème : complétude, espaces de Banach et point fixe.

    Voici la correction rédigée du partiel sur la complétude et le point fixe. La preuve de cours suit le schéma classique : limite simple, passage à la limite dans le critère de Cauchy uniforme, puis continuité de la limite.

    Les contre-exemples sont justifiés avec soin : la fonction exponentielle montre que les polynômes ne forment pas un fermé, et une suite de rampes prouve que la norme \(N_1\) ne rend pas l’espace complet. Pour le problème, une figure en échelle logarithmique compare l’estimation d’erreur du théorème de Picard à l’erreur exacte, calculée grâce à une récurrence arithmético-géométrique. Chaque exercice se termine par son barème.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l3 : complétude, espaces de banach et point fixe.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours, complétude de C([a,b]) 4 points
    Exercice 2 : Sous-espaces fermés ou non 4 points
    Exercice 3 : Séries dans un espace de Banach 4 points
    Exercice 4 : Problème, une équation intégrale de Fredholm 8 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours, complétude de C([a,b]) (4 points)

    1. Soit \((f_n)\) une suite de Cauchy de \((C([a,b]), N_\infty)\).
      Limite simple. Pour tout \(x \in [a,b]\), \(|f_p(x) – f_q(x)| \leq\, N_\infty(f_p – f_q)\), donc \((f_n(x))\) est de Cauchy dans \(\mathbb{R}\), qui est complet : elle converge vers un réel noté \(f(x)\).
      Convergence uniforme. Soit \(\varepsilon > 0\) et \(N\) tel que \(N_\infty(f_p – f_q) \leq\, \varepsilon\) pour \(p, q \geq\, N\). Pour tout \(x\) et tout \(p \geq\, N\), \(|f_p(x) – f_q(x)| \leq\, \varepsilon\) ; en faisant tendre \(q\) vers \(+\infty\), \(|f_p(x) – f(x)| \leq\, \varepsilon\). Donc \(\sup_x |f_p(x) – f(x)| \leq\, \varepsilon\) pour \(p \geq\, N\) : \((f_n)\) converge uniformément vers \(f\).
      Continuité de la limite. Soit \(x_0 \in [a,b]\), \(\varepsilon > 0\) et \(p\) tel que \(\sup|f_p – f| \leq\, \frac{\varepsilon}{3}\). Par continuité de \(f_p\), il existe \(\eta > 0\) tel que \(|x – x_0| < \eta \Rightarrow |f_p(x) – f_p(x_0)| \leq\, \frac{\varepsilon}{3}\). Alors
      \[|f(x) – f(x_0)| \leq\, |f(x) – f_p(x)| + |f_p(x) – f_p(x_0)| + |f_p(x_0) – f(x_0)| \leq\, \varepsilon.\]
      Ainsi \(f \in C([a,b])\) et \(N_\infty(f_p – f) \to 0\). Toute suite de Cauchy converge : \((C([a,b]), N_\infty)\) est un espace de Banach.
    2. Soit \(F\) un fermé de \(X\) complet et \((x_n)\) une suite de Cauchy de \(F\). C’est une suite de Cauchy de \(X\), donc elle converge vers un \(x \in X\) ; comme \(F\) est fermé, \(x \in F\) (caractérisation séquentielle). \(F\) est complet.
      Soit \(A\) une partie complète de \(X\) et \(x \in \overline{A}\) : il existe une suite \((a_n)\) de \(A\) qui converge vers \(x\). Elle est convergente, donc de Cauchy ; comme \(A\) est complète, elle converge vers un \(a \in A\). Par unicité de la limite, \(x = a \in A\). \(A\) est fermée.

    Barème : a) 2,5 points : 0,5 pour la limite simple, 1 point pour le passage à la limite uniforme, 1 point pour la continuité de la limite ; b) 1,5 point : 0,75 par implication.

    Exercice 2 : Sous-espaces fermés ou non (4 points)

    1. La forme linéaire \(\delta_0 : f \mapsto f(0)\) vérifie \(|\delta_0(f)| \leq\, N_\infty(f)\) : elle est continue. Donc \(H = \delta_0^{-1}(\{0\})\) est un fermé, et c’est un sous-espace comme noyau d’une forme linéaire. \(H\) est un sous-espace fermé du Banach \(E\), donc il est complet (exercice 1 b).
    2. Pour \(n \in \mathbb{N}\), soit \(S_n(x) = \sum_{k=0}^{n} \frac{x^k}{k!}\), qui est dans \(\mathcal{P}\). Pour \(x \in [0,1]\), \(|e^x – S_n(x)| = \sum_{k > n} \frac{x^k}{k!} \leq\, \sum_{k > n} \frac{1}{k!}\), reste d’une série convergente, qui tend vers \(0\). Donc \(S_n \to \exp\) pour \(N_\infty\), et \(\exp \in \overline{\mathcal{P}}\). Mais \(\exp\) n’est pas polynomiale sur \([0,1]\) : si \(\exp = P\) de degré \(d\) sur \([0,1]\), la dérivée d’ordre \(d + 1\) donnerait \(\exp = 0\) sur \([0,1]\), ce qui est faux. \(\mathcal{P}\) n’est pas fermé dans \(E\) ; d’après l’exercice 1 b), \((\mathcal{P}, N_\infty)\) n’est pas complet.
    3. Pour \(m \geq\, n \geq\, 2\), les fonctions \(f_n\) et \(f_m\) sont égales en dehors de \([\frac{1}{2}, \frac{1}{2} + \frac{1}{n}]\) et prennent leurs valeurs dans \([0,1]\), donc \(N_1(f_n – f_m) \leq\, \frac{1}{n}\). La suite est de Cauchy pour \(N_1\).
      Supposons que \(N_1(f_n – f) \to 0\) avec \(f \in E\). D’une part \(\int_0^{1/2} |f| = \int_0^{1/2} |f – f_n| \leq\, N_1(f – f_n) \to 0\), donc \(\int_0^{1/2} |f| = 0\) et, \(f\) étant continue, \(f = 0\) sur \([0, \frac{1}{2}]\). D’autre part, soit \(c \in ]\frac{1}{2}, 1]\) : pour \(n\) assez grand, \(f_n = 1\) sur \([c, 1]\), donc \(\int_c^1 |f – 1| \leq\, N_1(f – f_n) \to 0\) et \(f = 1\) sur \([c, 1]\). Ainsi \(f = 1\) sur \(]\frac{1}{2}, 1]\) et \(f(\frac{1}{2}) = 0\) : \(f\) n’est pas continue en \(\frac{1}{2}\), contradiction. \((f_n)\) ne converge pas : \((E, N_1)\) n’est pas complet.

    Barème : a) 1 point : 0,5 pour la fermeture, 0,5 pour la complétude ; b) 1,5 point : 0,5 pour la convergence uniforme, 0,5 pour exp non polynomiale, 0,5 pour la conséquence ; c) 1,5 point : 0,5 pour le critère de Cauchy, 1 point pour la non-convergence.

    Erreur fréquente : dire que la « limite » de \((f_n)\) est la fonction indicatrice de \(]\frac{1}{2}, 1]\) et s’arrêter là : il faut prouver qu’aucune fonction continue n’est limite pour \(N_1\).

    Exercice 3 : Séries dans un espace de Banach (4 points)

    1. Notons \(S_n = \sum_{k=0}^{n} u_k\). Pour \(p > n\), l’inégalité triangulaire donne \(\|S_p – S_n\| \leq\, \sum_{k=n+1}^{p}\|u_k\| \leq\, \sum_{k=n+1}^{+\infty}\|u_k\|\), reste d’une série réelle convergente, qui tend vers \(0\). La suite \((S_n)\) est de Cauchy dans \(E\) complet, donc elle converge. De plus \(\|S_n\| \leq\, \sum_{k=0}^{n}\|u_k\| \leq\, \sum_{k=0}^{+\infty}\|u_k\|\), et la norme est continue : par passage à la limite, \(\sum u_n\) converge et \(\|\sum u_n\| \leq\, \sum\|u_n\|\).
    2. Posons \(q = |||A||| < 1\). L’espace \(M_d(\mathbb{R})\) est de dimension finie, donc complet. Comme la norme est subordonnée, \(|||A^k||| \leq\, q^k\), terme d’une série géométrique convergente : d’après a), \(S = \sum_{k \geq\, 0} A^k\) converge et \(|||S||| \leq\, \sum q^k = \frac{1}{1 – q}\). Par télescopage, \((I_d – A)\sum_{k=0}^{N} A^k = \sum_{k=0}^{N} A^k\,(I_d – A) = I_d – A^{N+1}\), avec \(|||A^{N+1}||| \leq\, q^{N+1} \to 0\). Le produit matriciel étant continu, on obtient \((I_d – A)S = S(I_d – A) = I_d\). \(I_d – A\) est inversible, \((I_d – A)^{-1} = \sum_{k \geq\, 0} A^k\) et \(|||(I_d – A)^{-1}||| \leq\, \frac{1}{1 – |||A|||}\).
    3. Soit \((u_n)\) une suite de Cauchy de \(E\). On construit par récurrence une extraction \(\varphi\) telle que \(\|u_p – u_q\| \leq\, 2^{-k}\) pour \(p, q \geq\, \varphi(k)\). Alors \(\|u_{\varphi(k+1)} – u_{\varphi(k)}\| \leq\, 2^{-k}\) : la série \(\sum (u_{\varphi(k+1)} – u_{\varphi(k)})\) est absolument convergente, donc convergente par hypothèse. Par télescopage, \(u_{\varphi(K)} = u_{\varphi(0)} + \sum_{k=0}^{K-1}(u_{\varphi(k+1)} – u_{\varphi(k)})\) converge vers un \(\ell \in E\). Enfin \(\|u_n – \ell\| \leq\, \|u_n – u_{\varphi(k)}\| + \|u_{\varphi(k)} – \ell\|\) : une suite de Cauchy qui admet une valeur d’adhérence converge vers elle. \(E\) est complet.

    Barème : a) 1,5 point : 1 point pour le critère de Cauchy, 0,5 pour l’inégalité ; b) 1,5 point : 0,5 pour la convergence, 0,5 pour le télescopage, 0,5 pour la majoration ; c) 1 point : 0,5 pour l’extraction, 0,5 pour la conclusion.

    Exercice 4 : Problème, une équation intégrale de Fredholm (8 points)

    1. Pour \(x\) fixé, \(t \mapsto K(x, t)f(t)\) est continue sur \([0,1]\), donc l’intégrale existe. La fonction \(K\) est continue sur le compact \([0,1]^2\), donc uniformément continue (théorème de Heine) : pour \(\varepsilon > 0\), il existe \(\eta > 0\) tel que \(|x – y| < \eta\) entraîne \(|K(x, t) – K(y, t)| \leq\, \varepsilon\) pour tout \(t \in [0,1]\). Alors
      \[|\int_0^1 (K(x, t) – K(y, t))f(t)\,\mathrm{d}t| \leq\, \varepsilon\, N_\infty(f).\]
      La fonction \(x \mapsto \int_0^1 K(x, t)f(t)\,\mathrm{d}t\) est donc (uniformément) continue, et \(g\) l’est aussi : \(T(f) \in E\).
    2. Pour tout \(x\), \(|T(f)(x) – T(h)(x)| = |\lambda||\int_0^1 K(x, t)(f(t) – h(t))\mathrm{d}t| \leq\, |\lambda| \int_0^1 M\,N_\infty(f – h)\,\mathrm{d}t\). En passant au sup sur \(x\) : \(N_\infty(T(f) – T(h)) \leq\, |\lambda| M\,N_\infty(f – h)\) ; \(T\) est \(k\)-lipschitzienne.
    3. Par récurrence, \(N_\infty(f_{j+1} – f_j) \leq\, k^j N_\infty(f_1 – f_0)\). Pour \(p > n\) :
      \[N_\infty(f_p – f_n) \leq\, \sum_{j=n}^{p-1} k^j N_\infty(f_1 – f_0) \leq\, \frac{k^n}{1 – k}N_\infty(f_1 – f_0).\]
      Comme \(k^n \to 0\), \((f_n)\) est de Cauchy dans \(E\), complet (exercice 1) : elle converge vers un \(f^{*} \in E\). L’application \(T\) étant lipschitzienne donc continue, le passage à la limite dans \(f_{n+1} = T(f_n)\) donne \(T(f^{*}) = f^{*}\). Si \(h\) est un autre point fixe, \(N_\infty(f^{*} – h) = N_\infty(T(f^{*}) – T(h)) \leq\, k\,N_\infty(f^{*} – h)\), avec \(k < 1\), donc \(h = f^{*}\). Enfin, en faisant tendre \(p\) vers \(+\infty\) dans l’inégalité précédente : \(N_\infty(f_n – f^{*}) \leq\, \frac{k^n}{1 – k}N_\infty(f_1 – f_0)\), et l’équation admet une unique solution.
    4. \(E^{+} = \bigcap_{x \in [0,1]} \delta_x^{-1}([0, +\infty[)\), où \(\delta_x : f \mapsto f(x)\) est continue (\(|f(x)| \leq\, N_\infty(f)\)) : c’est une intersection de fermés, donc un fermé. Si \(f \geq\, 0\), alors \(K(x, t)f(t) \geq\, 0\), donc \(T(f) \geq\, g \geq\, 0\) : \(T(E^{+}) \subset E^{+}\). En partant de \(f_0 = 0 \in E^{+}\), toute la suite \((f_n)\) reste dans \(E^{+}\), et sa limite \(f^{*}\) y est aussi puisque \(E^{+}\) est fermé. Donc \(f^{*} \geq\, 0\). (On peut aussi appliquer le théorème du point fixe au fermé \(E^{+}\), complet et stable.)
    5. Ici \(M = \max_{[0,1]^2} xt = 1\), donc \(k = \frac{1}{2} < 1\) et c) s’applique. Pour \(f(x) = ax\) :
      \[T(f)(x) = x + \frac{1}{2}\int_0^1 xt \cdot at\,\mathrm{d}t = x + \frac{a}{2} \times \frac{x}{3} = (1 + \frac{a}{6})x.\]
      Donc \(T(f) = f\) si et seulement si \(a = 1 + \frac{a}{6}\), soit \(a = \frac{6}{5}\). Par unicité du point fixe, \(f^{*}(x) = \frac{6x}{5}\). Vérification : \(\int_0^1 t \cdot \frac{6t}{5}\,\mathrm{d}t = \frac{2}{5}\) et \(x + \frac{1}{2} \times \frac{2}{5}x = \frac{6}{5}x\).
    6. Le calcul de e) montre que \(T\) envoie \(x \mapsto ax\) sur \(x \mapsto (1 + \frac{a}{6})x\). Comme \(f_0 = 0\) (soit \(a_0 = 0\)), on obtient par récurrence \(f_n(x) = a_n x\) avec \(a_{n+1} = 1 + \frac{a_n}{6}\). En retranchant \(\frac{6}{5} = 1 + \frac{1}{6} \times \frac{6}{5}\), \(a_{n+1} – \frac{6}{5} = \frac{1}{6}(a_n – \frac{6}{5})\), d’où \(a_n = \frac{6}{5}(1 – 6^{-n})\) et
      \[N_\infty(f_n – f^{*}) = \sup_{x \in [0,1]} |a_n – \frac{6}{5}| x = \frac{6}{5} \times 6^{-n}.\]
      La majoration de c), avec \(f_1 = g\) et \(N_\infty(f_1 – f_0) = 1\), donne \(\frac{(1/2)^n}{1/2} = 2^{1-n}\). Elle garantit \(10^{-3}\) dès que \(2^{n-1} \geq\, 1000\), soit \(n – 1 \geq\, 10\) (car \(2^9 = 512\) et \(2^{10} = 1024\)) : 11 itérations. L’erreur réelle est au plus \(10^{-3}\) dès que \(6^n \geq\, 1200\), soit \(n \geq\, 4\) (car \(6^3 = 216\) et \(6^4 = 1296\)) : 4 itérations suffisent réellement. La constante \(k = \frac{1}{2}\) est pessimiste : l’itération converge ici au rythme \(\frac{1}{6}\).

      Erreur réelle six cinquièmes fois six puissance moins n et majoration deux puissance un moins n en échelle logarithmique, avec le seuil dix puissance moins trois

    Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour l’existence de l’intégrale, 1 point pour la continuité via Heine ; b) 1 point ; c) 2 points : 0,75 pour le critère de Cauchy, 0,5 pour le point fixe, 0,25 pour l’unicité, 0,5 pour l’estimation ; d) 1 point : 0,5 pour le fermé, 0,5 pour la stabilité et la conclusion ; e) 1,5 point : 0,5 pour \(k\), 1 point pour \(f^{*}\) ; f) 1 point : 0,5 pour l’erreur exacte, 0,5 pour les deux nombres d’itérations.

    Revenir à l’énoncé du contrôle

    Après le corrigé du contrôle : complétude, espaces de Banach et point fixe

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Complétude et point fixe » en L3 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés complétude et point fixe.

    Retrouvez tous les contrôles de maths de L3 classés par chapitre, ou choisissez un autre niveau sur la page contrôles de maths du CP au post-bac.

    Autres contrôles de maths de L3 sur ce thème

    Voter... post

    Télécharger et imprimer ce document en PDF gratuitement :

    Vous avez la possibilité de télécharger puis d'imprimer gratuitement ce document «corrigé du contrôle de maths L3 : complétude, espaces de Banach et point fixe» au format PDF.


    Applications Mathovore

    Les applications Mathovore gratuites

    Des applis pour réviser et s’entraîner en maths en jouant, du CP à la Terminale, sur Android et iPhone.

    Découvrir

    Inscription gratuite à Mathovore.  Mathovore c'est 14 122 542 cours et exercices de maths téléchargés en PDF.

    Télécharger les manuels scolaires de maths Mathovore en PDF, du CP à la Terminale