Voici le corrigé du contrôle de maths sup sur le thème : sous-espaces vectoriels et familles libres.
Ce corrigé complet rédige chaque preuve sans recourir à la dimension. Pour montrer qu’une partie est un sous-espace, il vérifie la présence du vecteur nul et la stabilité par combinaison linéaire. Pour réfuter, il donne un contre-exemple explicite.
Les preuves de liberté utilisent une limite, un défaut de dérivabilité ou le degré d’un polynôme. Dans le problème, chaque somme directe est établie par analyse puis synthèse, et une figure montre l’exponentielle décomposée en parties paire et impaire. Le barème détaillé suit chaque exercice pour vous aider à évaluer votre copie.
L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths sup : sous-espaces vectoriels et familles libres.
| Exercice | Points |
| Exercice 1 : Questions de cours | 3 points |
| Exercice 2 : Reconnaître des sous-espaces vectoriels | 3,5 points |
| Exercice 3 : Familles de fonctions | 4 points |
| Exercice 4 : Polynômes à degrés échelonnés | 3 points |
| Exercice 5 : Problème : sommes directes et supplémentaires | 6,5 points |
| Total | 20 points |
Exercice 1 : Questions de cours (3 points)
- \(0 \in F\) et \(0 \in G\), donc \(0 \in F \cap G\). Si \(u, v \in F \cap G\) et \(\lambda \in \mathbb{R}\), alors \(u + \lambda v\) appartient à \(F\) et à \(G\), qui sont des sous-espaces. Donc \(F \cap G\) est un sous-espace vectoriel de \(E\).
- Définition : la somme \(F + G\) est directe si tout vecteur de \(F + G\) s’écrit de façon unique \(f + g\) avec \(f \in F\) et \(g \in G\). Supposons la somme directe et soit \(u \in F \cap G\). Alors \(0 = u + (-u)\), avec \(u \in F\) et \(-u \in G\), et aussi \(0 = 0 + 0\). Par unicité, \(u = 0\). Réciproquement, supposons \(F \cap G = \{0\}\) et \(f + g = f^{\prime} + g^{\prime}\) avec \(f, f^{\prime} \in F\) et \(g, g^{\prime} \in G\). Alors \(f – f^{\prime} = g^{\prime} – g\) appartient à \(F \cap G\), donc il est nul : \(f = f^{\prime}\) et \(g = g^{\prime}\). La somme est directe si et seulement si \(F \cap G = \{0\}\).
- Si \(F \subset G\), alors \(F \cup G = G\) est un sous-espace ; de même si \(G \subset F\). Réciproquement, supposons \(F \cup G\) sous-espace, et raisonnons par l’absurde en supposant \(F \not\subset G\) et \(G \not\subset F\). Prenons \(x \in F \setminus G\) et \(y \in G \setminus F\). Alors \(x + y \in F \cup G\). Si \(x + y \in F\), alors \(y = (x + y) – x \in F\) : c’est absurde. Si \(x + y \in G\), alors \(x = (x + y) – y \in G\) : c’est encore absurde. Donc \(F \subset G\) ou \(G \subset F\).
Barème : a) 0,5 point ; b) 1,5 point : 0,5 pour la définition, 0,5 par sens ; c) 1 point : 0,5 pour la réciproque immédiate, 0,5 pour le raisonnement par l’absurde.
Exercice 2 : Reconnaître des sous-espaces vectoriels (3,5 points)
- \(F_1\) est l’ensemble des solutions d’un système linéaire homogène, donc un sous-espace de \(\mathbb{R}^3\) (il contient 0 et il est stable par combinaison linéaire). La seconde équation donne \(x = y\), puis la première \(z = x + 2y = 3y\). Ainsi \(F_1 = \{(y, y, 3y) \,:\, y \in \mathbb{R}\}\). Donc \(F_1 = \operatorname{Vect}((1, 1, 3))\) est un sous-espace vectoriel.
- Le polynôme nul est dans \(F_2\). Si \(P, Q \in F_2\) et \(\lambda \in \mathbb{R}\), alors \((P + \lambda Q)(1) = 0\) et \((P + \lambda Q)^{\prime}(0) = P^{\prime}(0) + \lambda Q^{\prime}(0) = 0\), par linéarité de l’évaluation et de la dérivation. \(F_2\) est un sous-espace vectoriel (il contient par exemple \(X^2 – 1\)).
- La fonction nulle vérifie \(0 \neq 1\), donc elle n’appartient pas à \(F_3\). \(F_3\) n’est pas un sous-espace vectoriel.
- \((1, 0)\) et \((0, 1)\) appartiennent à \(F_4\), mais leur somme \((1, 1)\) vérifie \(1 \times 1 \neq 0\). \(F_4\) n’est pas stable par somme : ce n’est pas un sous-espace.
- La fonction nulle est bornée. Si \(|f| \leq\, M\) et \(|g| \leq\, M^{\prime}\), alors \(|f + \lambda g| \leq\, M + |\lambda| M^{\prime}\) par l’inégalité triangulaire. \(F_5\) est un sous-espace vectoriel.
- La suite nulle vérifie la relation. Si \(u\) et \(v\) la vérifient, alors pour tout \(n\), \(u_{n+2} + \lambda v_{n+2} = (u_{n+1} + \lambda v_{n+1}) + (u_n + \lambda v_n)\). \(F_6\) est un sous-espace vectoriel.
Barème : a) 1 point : 0,5 pour la structure, 0,5 pour le vecteur générateur ; b) à f) 0,5 point chacune, seulement si la justification est correcte.
Exercice 3 : Familles de fonctions (4 points)
- Une famille quelconque est libre si toutes ses sous-familles finies le sont. Montrons par récurrence sur \(p \geq\, 1\) : pour tous réels \(a_1 < a_2 < \cdots < a_p\), la famille \((e_{a_1}, \ldots, e_{a_p})\) est libre. Pour \(p = 1\), \(e_{a_1}\) ne s’annule pas, donc elle est non nulle. Supposons le résultat vrai au rang \(p – 1\) et soit \(\sum_{k=1}^{p} \lambda_k e^{a_k x} = 0\) pour tout réel \(x\). En divisant par \(e^{a_p x}\), on obtient \(\sum_{k=1}^{p-1} \lambda_k e^{(a_k – a_p) x} + \lambda_p = 0\). Comme \(a_k – a_p < 0\) pour \(k < p\), chaque exponentielle tend vers 0 quand \(x \to +\infty\), donc \(\lambda_p = 0\). L’hypothèse de récurrence donne ensuite \(\lambda_1 = \cdots = \lambda_{p-1} = 0\). La famille \((e_a)_{a \in \mathbb{R}}\) est libre.
- Soient \(a_1, \ldots, a_p\) distincts et \(\sum_{k=1}^{p} \lambda_k f_{a_k} = 0\). Fixons \(j\). La fonction \(g = \sum_{k \neq j} \lambda_k f_{a_k}\) est dérivable en \(a_j\), car chaque \(f_{a_k}\) avec \(k \neq j\) est dérivable hors de \(a_k\). Alors \(\lambda_j f_{a_j} = -g\) est dérivable en \(a_j\). Or \(f_{a_j}\) n’est pas dérivable en \(a_j\) : ses dérivées à gauche et à droite valent \(-1\) et \(1\). Donc \(\lambda_j = 0\), et ce pour tout \(j\). La famille \((f_a)_{a \in \mathbb{R}}\) est libre.
- Pour tout réel \(x\), \(\sin(x + 1) = \cos 1 \, \sin x + \sin 1 \, \cos x\). La famille est liée : son troisième vecteur est combinaison linéaire des deux premiers.
- Si \(\lambda \cos^2 + \mu \sin^2 = 0\), l’évaluation en \(0\) donne \(\lambda = 0\) et l’évaluation en \(\frac{\pi}{2}\) donne \(\mu = 0\). Donc \((\cos^2, \sin^2)\) est libre. De plus, \(\cos(2x) = \cos^2 x – \sin^2 x\) et \(1 = \cos^2 x + \sin^2 x\). Ces deux fonctions appartiennent donc à \(\operatorname{Vect}(\cos^2, \sin^2)\). L’inclusion réciproque est évidente. Les deux sous-espaces engendrés sont égaux.
Erreur fréquente : en a), faire tendre \(x\) vers \(+\infty\) sans avoir rangé les \(a_k\) : c’est le plus grand exposant qui domine.
Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour la réduction aux sous-familles finies, 1 pour la récurrence ; b) 1 point : 0,5 pour la dérivabilité de \(g\), 0,5 pour la conclusion ; c) 0,5 point ; d) 1 point : 0,5 pour la liberté, 0,5 pour l’égalité des sous-espaces.
Exercice 4 : Polynômes à degrés échelonnés (3 points)
- Supposons \(\sum_{k=0}^{n} \lambda_k P_k = 0\) avec des \(\lambda_k\) non tous nuls. Soit \(m\) le plus grand indice tel que \(\lambda_m \neq 0\). Alors \(\sum_{k=0}^{m} \lambda_k P_k\) a pour terme de degré \(m\) celui de \(\lambda_m P_m\), non nul, car les \(P_k\) avec \(k < m\) sont de degré strictement inférieur à \(m\). Cette combinaison est donc de degré \(m\), et elle ne peut pas être le polynôme nul : c’est une contradiction. La famille \((P_0, \ldots, P_n)\) est libre.
- Les polynômes de \(\mathcal{B}\) sont de degrés respectifs 0, 1, 2 et 3. D’après a), \(\mathcal{B}\) est libre. De plus :
\[1 = 1, \;\; X = (X – 1) + 1, \;\; X^2 = (X – 1)^2 + 2(X – 1) + 1,\]
\[X^3 = (X^3 + X) – (X – 1) – 1.\]
Ainsi \(1, X, X^2, X^3\) appartiennent à \(\operatorname{Vect}(\mathcal{B})\), donc \(\mathbb{R}_3[X] \subset \operatorname{Vect}(\mathcal{B})\). L’inclusion inverse est claire, car les vecteurs de \(\mathcal{B}\) sont de degré au plus 3. Donc \(\operatorname{Vect}(\mathcal{B}) = \mathbb{R}_3[X]\). - Avec b), \(X^2 + X = (X – 1)^2 + 2(X – 1) + 1 + (X – 1) + 1\). Donc \(X^2 + X = (X – 1)^2 + 3(X – 1) + 2\). Contrôle : \(X^2 – 2X + 1 + 3X – 3 + 2 = X^2 + X\).
Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour l’indice maximal, 1 pour l’argument de degré ; b) 1 point : 0,5 pour la liberté, 0,5 pour les quatre écritures ; c) 0,5 point.
Exercice 5 : Problème : sommes directes et supplémentaires (6,5 points)
Partie A
- La fonction nulle est paire et impaire. Si \(f, g\) sont paires et \(\lambda \in \mathbb{R}\), alors \((f + \lambda g)(-x) = f(x) + \lambda g(x)\) : \(\mathcal{P}\) est un sous-espace ; il en va de même pour \(\mathcal{I}\). Si \(f \in \mathcal{P} \cap \mathcal{I}\), alors \(f(x) = f(-x) = -f(x)\), donc \(f = 0\) : la somme est directe (exercice 1). Pour l’existence, on raisonne par analyse-synthèse. Si \(f = p + i\), alors \(f(-x) = p(x) – i(x)\), ce qui impose \(p(x) = \frac{f(x) + f(-x)}{2}\) et \(i(x) = \frac{f(x) – f(-x)}{2}\). Réciproquement, ces deux fonctions sont respectivement paire et impaire, et leur somme vaut \(f\). Donc \(E = \mathcal{P} \oplus \mathcal{I}\).
- Avec les formules précédentes, la partie paire de l’exponentielle est \(x \mapsto \frac{e^x + e^{-x}}{2}\) et sa partie impaire \(x \mapsto \frac{e^x – e^{-x}}{2}\). Donc \(\exp = \operatorname{ch} + \operatorname{sh}\), avec \(\operatorname{ch} \in \mathcal{P}\) et \(\operatorname{sh} \in \mathcal{I}\).
- Pour toute \(f \in E\), on écrit \(f = f(0) \cdot 1 + (f – f(0))\). La fonction constante \(f(0) \cdot 1\) est paire, et \(f – f(0)\) s’annule en 0. Donc \(\mathcal{P} + \mathcal{Z} = E\). En revanche, \(x \mapsto x^2\) est paire et s’annule en 0, donc \(\mathcal{P} \cap \mathcal{Z} \neq \{0\}\). La somme n’est pas directe.
Partie B
- \(\mathcal{S}_n\) et \(\mathcal{A}_n\) sont des sous-espaces, car la transposition est linéaire : si \(A^{T} = A\) et \(B^{T} = B\), alors \((A + \lambda B)^{T} = A + \lambda B\), et de même pour les matrices antisymétriques. Si \(M \in \mathcal{S}_n \cap \mathcal{A}_n\), alors \(M = M^{T} = -M\), donc \(M = 0\). Pour l’existence, toute matrice s’écrit \(M = \frac{1}{2}(M + M^{T}) + \frac{1}{2}(M – M^{T})\), où le premier terme est symétrique et le second antisymétrique. Donc \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) = \mathcal{S}_n \oplus \mathcal{A}_n\).
- Avec \(M^{T} = \begin{pmatrix} 2 & 5 & 1 \\ -1 & 0 & 3 \\ 3 & 1 & 4 \end{pmatrix}\), on obtient :
\[M = \begin{pmatrix} 2 & 2 & 2 \\ 2 & 0 & 2 \\ 2 & 2 & 4 \end{pmatrix} + \begin{pmatrix} 0 & -3 & 1 \\ 3 & 0 & -1 \\ -1 & 1 & 0 \end{pmatrix}.\]
La première matrice est symétrique, la seconde antisymétrique, et leur somme redonne bien \(M\).
Partie C
- \(F\) est l’ensemble des solutions d’une équation linéaire homogène, donc un sous-espace, et \(G\) est un sous-espace engendré. Si \((t, t, t) \in F\), alors \(3t = 0\), donc \(F \cap G = \{0\}\). Soit \(u = (x, y, z)\) et \(m = \frac{x + y + z}{3}\). Le vecteur \(u – m(1, 1, 1)\) a pour somme des coordonnées \(x + y + z – 3m = 0\), donc il appartient à \(F\). Ainsi \(\mathbb{R}^3 = F \oplus G\), avec
\[(x, y, z) = (x – m, y – m, z – m) + m(1, 1, 1), \;\; m = \frac{x + y + z}{3}.\] - Si \((a, 0, 0) \in F\), alors \(a = 0\), donc \(F \cap H = \{0\}\). De plus, \((x, y, z) = (-y – z, y, z) + (x + y + z)(1, 0, 0)\), avec \((-y – z, y, z) \in F\). Donc \(\mathbb{R}^3 = F \oplus H\) : un sous-espace admet en général plusieurs supplémentaires, et il ne faut jamais dire « le » supplémentaire.
Barème : a) 1,5 point : 0,5 pour les sous-espaces, 0,5 pour l’intersection, 0,5 pour l’analyse-synthèse ; b) 0,5 point ; c) 0,5 point ; d) 1,5 point : 0,5 pour les sous-espaces, 0,5 pour l’intersection, 0,5 pour la décomposition ; e) 0,5 point ; f) 1,5 point : 0,5 pour l’intersection, 1 pour la décomposition explicite ; g) 0,5 point.
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Après le corrigé du contrôle : sous-espaces vectoriels et familles libres
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