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Espaces probabilisés : corrigé des exercices de maths en L2.

    Espaces probabilisés : corrigé des exercices de maths en L2

    Ce corrigé espaces probabilisés rédige les 22 solutions comme on l’attend en partiel. Chaque solution commence par préciser l’univers et la probabilité utilisés, puis cite le résultat du cours invoqué : σ-additivité, continuité monotone, formule des probabilités totales ou formule de Bayes.

    Soyez vigilant sur trois points. D’abord, une continuité monotone s’applique à une suite monotone : il faut souvent la fabriquer. Ensuite, une donnée « parmi les malades » est une probabilité conditionnelle, pas une probabilité d’intersection. Enfin, l’indépendance mutuelle se vérifie sur toutes les sous-familles, et pas seulement deux à deux.

    Des figures illustrent les résultats obtenus, comme la courbe des anniversaires ou la convergence vers \(1/e\) du problème des rencontres.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths en L2 sur espaces probabilisés.

    Corrigé de l’exercice 1 : Tribus sur un ensemble fini

    1. Pour \(\mathcal{T}_1\), vérifions les trois axiomes. D’abord, \(\Omega \in \mathcal{T}_1\). Ensuite, les complémentaires de \(\varnothing\), \(\{1\}\), \(\{2,3,4\}\), \(\Omega\) sont respectivement \(\Omega\), \(\{2,3,4\}\), \(\{1\}\), \(\varnothing\) : ils sont dans \(\mathcal{T}_1\). Enfin, \(\mathcal{T}_1\) est finie, donc une réunion dénombrable d’éléments de \(\mathcal{T}_1\) est une réunion finie. Or la réunion de deux éléments de \(\mathcal{T}_1\) est l’un des deux ou \(\Omega\). Donc \(\mathcal{T}_1\) est une tribu. En revanche, \(\{1\} \cup \{2\} = \{1, 2\} \notin \mathcal{T}_2\). Donc \(\mathcal{T}_2\) n’est pas une tribu.
    2. Une tribu contenant \(\{1\}\) et \(\{2\}\) contient \(\{1, 2\}\), puis son complémentaire \(\{3, 4\}\). Elle contient donc toutes les réunions de parties prises parmi \(\{1\}\), \(\{2\}\), \(\{3,4\}\). Réciproquement, la famille de ces réunions est stable par complémentaire et par réunion : c’est une tribu. Par conséquent, \(\mathcal{T} = \{\varnothing, \{1\}, \{2\}, \{3,4\}, \{1,2\}, \{1,3,4\}, \{2,3,4\}, \Omega\}\), qui a \(2^3 = 8\) éléments.
    3. Soit \(\mathcal{T}\) et \(\mathcal{T}^{\prime}\) deux tribus sur \(\Omega\). D’abord, \(\Omega\) appartient aux deux, donc à \(\mathcal{T} \cap \mathcal{T}^{\prime}\). Ensuite, si \(A \in \mathcal{T} \cap \mathcal{T}^{\prime}\), alors \(\overline{A}\) est dans chacune des deux tribus. Enfin, une suite d’éléments de l’intersection est une suite d’éléments de chaque tribu, donc sa réunion est dans chacune. Ainsi, \(\mathcal{T} \cap \mathcal{T}^{\prime}\) est une tribu.
    4. On a \(\{1\} \in \mathcal{T}_1\) et \(\{2\} \in \mathcal{T}_3\). Cependant, \(\{1, 2\}\) n’appartient ni à \(\mathcal{T}_1\) ni à \(\mathcal{T}_3\). Donc \(\mathcal{T}_1 \cup \mathcal{T}_3\) n’est pas stable par réunion : ce n’est pas une tribu.

    Corrigé de l’exercice 2 : Traduire des événements

    1. « Au moins un » s’écrit \(A \cup B \cup C\), et « aucun » s’écrit \(\overline{A} \cap \overline{B} \cap \overline{C}\). Ensuite, « exactement un » est la réunion disjointe
      \[(A \cap \overline{B} \cap \overline{C}) \cup (\overline{A} \cap B \cap \overline{C}) \cup (\overline{A} \cap \overline{B} \cap C).\]
      Enfin, « au plus un » est le contraire de « au moins deux ». Il s’écrit donc \(\overline{(A \cap B) \cup (A \cap C) \cup (B \cap C)}\).
    2. « À partir d’un certain rang \(k\), tous les \(A_n\) sont réalisés » signifie : il existe \(k\) tel que, pour tout \(n \geq\, k\), \(\omega \in A_n\). De même, « une infinité de \(A_n\) » signifie : pour tout \(k\), il existe \(n \geq\, k\) avec \(\omega \in A_n\). Ainsi,
      \[G = \bigcup_{k \geq\, 1} \bigcap_{n \geq\, k} A_n, \qquad L = \bigcap_{k \geq\, 1} \bigcup_{n \geq\, k} A_n.\]
    3. Une tribu est stable par réunion et intersection dénombrables. Donc chaque \(\bigcap_{n \geq\, k} A_n\) est dans \(\mathcal{A}\), puis leur réunion \(G\) aussi. Le même raisonnement vaut pour \(L\). De plus, si \(\omega \in G\), tous les \(A_n\) avec \(n \geq\, k\) contiennent \(\omega\). En particulier, une infinité d’entre eux. Donc \(G \subset L\).
    4. Pour tout \(k\), la suite \((A_n)_{n \geq\, k}\) prend les deux valeurs \(A\) et \(B\). Par conséquent, \(\bigcap_{n \geq\, k} A_n = A \cap B\) et \(\bigcup_{n \geq\, k} A_n = A \cup B\). On obtient \(G = A \cap B\) et \(L = A \cup B\).

    Corrigé de l’exercice 3 : Formule du crible pour trois événements

    1. Appliquons la formule à \(A \cup B\) et \(C\) :
      \[P(A \cup B \cup C) = P(A \cup B) + P(C) – P\bigl((A \cup B) \cap C\bigr).\]
      Or \((A \cup B) \cap C = (A \cap C) \cup (B \cap C)\), et l’intersection de ces deux événements est \(A \cap B \cap C\). Donc
      \[P\bigl((A \cup B) \cap C\bigr) = P(A \cap C) + P(B \cap C) – P(A \cap B \cap C).\]
      En remplaçant aussi \(P(A \cup B)\) par \(P(A) + P(B) – P(A \cap B)\), on obtient la formule annoncée.
    2. Notons \(D_k\) l’événement « l’entier est divisible par \(k\) ». Comme \(k\) divise \(60\) pour \(k \in \{2, 3, 5, 6, 10, 15, 30\}\), on a \(P(D_k) = 1/k\). De plus, \(D_2 \cap D_3 = D_6\), \(D_2 \cap D_5 = D_{10}\), \(D_3 \cap D_5 = D_{15}\) et \(D_2 \cap D_3 \cap D_5 = D_{30}\), car \(2\), \(3\), \(5\) sont premiers entre eux. En comptant les entiers :
      \[\frac{30 + 20 + 12 – 10 – 6 – 4 + 2}{60} = \frac{44}{60}.\]
      La probabilité cherchée vaut \(11/15\).
    3. Un entier est premier avec \(60 = 2^2 \times 3 \times 5\) si et seulement s’il n’est divisible ni par \(2\), ni par \(3\), ni par \(5\). C’est l’événement contraire du précédent. Sa probabilité vaut \(1 – 11/15 = 4/15\), soit \(16\) entiers sur \(60\).

    Corrigé de l’exercice 4 : Une probabilité sur les entiers non nuls

    1. Les \(p_n\) sont positifs. De plus, la décomposition \(\dfrac{1}{n(n+1)} = \dfrac{1}{n} – \dfrac{1}{n+1}\) donne une somme télescopique :
      \[\sum_{n=1}^{N} p_n = 1 – \frac{1}{N+1} \xrightarrow[N \to +\infty]{ 1.\]
      D’après le théorème de construction d’une probabilité sur un univers dénombrable, il existe une unique probabilité \(P\) telle que \(P(\{n\}) = p_n\).
    2. Par σ-additivité, puis par télescopage,
      \[P(\{n \geq\, k\}) = \sum_{n=k}^{+\infty} (\frac{1}{n} – \frac{1}{n+1}) = \lim_{N \to +\infty} (\frac{1}{k} – \frac{1}{N+1}) = \frac{1}{k}.\]
      Ainsi, \(P(\{n \geq\, k\}) = 1/k\).
    3. Les entiers pairs sont les \(n = 2m\), \(m \geq\, 1\). Donc
      \[P(\text{pair}) = \sum_{m=1}^{+\infty} (\frac{1}{2m} – \frac{1}{2m+1}).\]
      La somme partielle d’indice \(M\) vaut \(\frac{1}{2} – \frac{1}{3} + \cdots + \frac{1}{2M} – \frac{1}{2M+1}\). Autrement dit, elle vaut \(1 – S_{2M+1}\), où \(S_j\) est la somme partielle de la série \(\sum (-1)^{j+1}/j\). Or \(S_{2M+1} \to \ln 2\). Donc \(P(\text{pair}) = 1 – \ln 2 \approx 0{,}307\) et \(P(\text{impair}) = \ln 2 \approx 0{,}693\).

    Corrigé de l’exercice 5 : Probabilité géométrique sur N

    1. Il faut \(a \geq\, 0\) et \(\sum_{n \geq\, 0} a\, 3^{-n} = 1\). Or la série géométrique vaut \(\dfrac{1}{1 – 1/3} = \dfrac{3}{2}\). Ainsi \(\dfrac{3a}{2} = 1\). Réciproquement, le théorème de construction s’applique. Donc \(a = 2/3\).
    2. On calcule :
      \[P(\{n \geq\, k\}) = \frac{2}{3} \sum_{n=k}^{+\infty} \frac{1}{3^n} = \frac{2}{3} \cdot \frac{3^{-k}}{1 – 1/3} = \frac{1}{3^k}.\]
      Donc \(P(\{n \geq\, k\}) = 3^{-k}\).
    3. Pour les entiers pairs, \(P = \frac{2}{3} \sum_{j \geq\, 0} 9^{-j} = \frac{2}{3} \cdot \frac{9}{8}\). On obtient \(3/4\). De même, pour les multiples de \(3\), \(P = \frac{2}{3} \sum_{j \geq\, 0} 27^{-j} = \frac{2}{3} \cdot \frac{27}{26}\). On obtient \(9/13\).
    4. L’événement « pair et non nul » est « pair » privé de \(\{0\}\). Sa probabilité vaut donc \(\frac{3}{4} – \frac{2}{3} = \frac{1}{12}\). Par ailleurs, \(P(\{n \geq\, 1\}) = \frac{1}{3}\). Par définition de la probabilité conditionnelle, la probabilité cherchée vaut \(\dfrac{1/12}{1/3} = \dfrac{1}{4}\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Pas d’équiprobabilité sur N

    1. Supposons que \(P(\{n\}) = c\) pour tout \(n\). Par σ-additivité, \(1 = P(\mathbb{N}) = \sum_{n=0}^{+\infty} c\). Si \(c = 0\), cette somme est nulle. Si \(c > 0\), elle vaut \(+\infty\). Dans les deux cas, on obtient une contradiction. Il n’existe donc pas d’équiprobabilité sur \(\mathbb{N}\).
    2. D’abord, la série \(\sum P(\{n\})\) converge, de somme \(1\). Son terme général tend donc vers \(0\). Ensuite, posons \(R_n = \{n, n+1, \ldots\}\). La suite \((R_n)\) est décroissante et \(\bigcap_n R_n = \varnothing\). Par continuité décroissante, \(P(R_n) \to P(\varnothing) = 0\).
    3. Soit \(\varepsilon > 0\). D’après la question 2, il existe \(n\) tel que \(P(R_{n+1}) \leq\, \varepsilon\). Posons \(F = \{0, \ldots, n\}\), qui est le complémentaire de \(R_{n+1}\). Alors \(P(F) = 1 – P(R_{n+1}) \geq\, 1 – \varepsilon\).
    4. La suite \(C_n = \{0, \ldots, n\}\) est croissante, de réunion \(\mathbb{N}\). Par continuité croissante, \(P(C_n) \to P(\mathbb{N}) = 1\). Or une suite constante égale à \(1/2\) ne tend pas vers \(1\). Une telle probabilité n’existe donc pas.

    Point de méthode : dès qu’une suite d’événements est monotone, cherchez sa réunion ou son intersection ; la continuité monotone donne alors la limite des probabilités sans aucun calcul.

    Corrigé de l’exercice 7 : Sous-additivité dénombrable

    1. Pour \(n = 0\), l’égalité est immédiate. Supposons le résultat vrai au rang \(n\), et posons \(U_n = A_0 \cup \cdots \cup A_n\). Alors
      \[P(U_{n+1}) = P(U_n) + P(A_{n+1}) – P(U_n \cap A_{n+1}) \leq\, P(U_n) + P(A_{n+1}).\]
      Avec l’hypothèse de récurrence, on obtient \(P(U_{n+1}) \leq\, \sum_{k=0}^{n+1} P(A_k)\).
    2. La suite \((U_n)\) est croissante et \(\bigcup_n U_n = \bigcup_n A_n\). Par continuité croissante,
      \[P(\bigcup_n A_n) = \lim_{n \to +\infty} P(U_n) \leq\, \lim_{n \to +\infty} \sum_{k=0}^{n} P(A_k) = \sum_{k=0}^{+\infty} P(A_k).\]
      C’est l’inégalité de Boole ; elle est triviale si la série diverge.
    3. Si tous les \(A_n\) sont négligeables, la somme de droite est nulle. Donc \(P(\bigcup A_n) = 0\). Ensuite, si tous les \(A_n\) sont presque sûrs, les \(\overline{A_n}\) sont négligeables. Or \(\overline{\bigcap A_n} = \bigcup \overline{A_n}\) est négligeable. Donc \(\bigcap A_n\) est presque sûr.
    4. On applique l’inégalité de Boole aux complémentaires :
      \[P(\bigcap_n A_n) = 1 – P(\bigcup_n \overline{A_n}) \geq\, 1 – \sum_{n} P(\overline{A_n}).\]
      C’est l’inégalité demandée.

    Corrigé de l’exercice 8 : Pile ne sort jamais

    1. On a \(E = \bigcap_{n \geq\, 1} \overline{P_n}\). Posons \(C_n = \overline{P_1} \cap \cdots \cap \overline{P_n}\). Les complémentaires d’événements mutuellement indépendants sont mutuellement indépendants. Donc \(P(C_n) = (1/2)^n\). De plus, \((C_n)\) est décroissante, d’intersection \(E\). Par continuité décroissante, \(P(E) = \lim 2^{-n} = 0\).
    2. On a \(D_k = \bigcap_{n \geq\, k} P_n\). Posons \(D_{k,m} = P_k \cap \cdots \cap P_{k+m-1}\). Par indépendance, \(P(D_{k,m}) = 2^{-m}\). La suite \((D_{k,m})_m\) est décroissante, d’intersection \(D_k\). Donc, par continuité décroissante, \(P(D_k) = 0\).
    3. L’événement « face n’apparaît qu’un nombre fini de fois » signifie : à partir d’un certain rang, on n’obtient que pile. C’est donc \(\bigcup_k D_k\). D’après l’inégalité de Boole, cette réunion dénombrable d’événements négligeables est négligeable. Par passage au complémentaire, face apparaît presque sûrement une infinité de fois.
    4. Pour \(j \geq\, 1\), posons \(G_j = P_{2j-1} \cap P_{2j}\). Chaque \(G_j\) est une intersection de \(P_n\) d’indices distincts, et deux \(G_j\) différents font intervenir des indices disjoints. Par conséquent, les \(G_j\) sont mutuellement indépendants, de probabilité \(1/4\). Ainsi,
      \[P(\overline{G_1} \cap \cdots \cap \overline{G_m}) = (\frac{3}{4})^m \xrightarrow[m \to +\infty]{ 0.\]
      Par continuité décroissante, \(P(\bigcap_j \overline{G_j}) = 0\). Or « jamais deux piles consécutifs » est inclus dans \(\bigcap_j \overline{G_j}\). Donc on obtient presque sûrement deux piles consécutifs.

    Corrigé de l’exercice 9 : Premier pile à un rang impair

    1. Le premier pile apparaît au lancer \(n\) si et seulement si les \(n-1\) premiers lancers donnent face et le \(n\)-ième donne pile. Par indépendance, \(q_n = (1-p)^{n-1} p\). Ces nombres sont positifs et
      \[\sum_{n=1}^{+\infty} (1-p)^{n-1} p = \frac{p}{1 – (1-p)} = 1.\]
      On pose donc \(Q(\{n\}) = q_n\) pour \(n \geq\, 1\) et \(Q(\{\infty\}) = 0\). La famille est positive, de somme \(1\), donc elle définit une probabilité sur \(\Omega\). La valeur \(Q(\{\infty\}) = 0\) traduit que le jeu s’arrête presque sûrement.
    2. Alice gagne si le premier pile a lieu à un rang impair \(n = 2k+1\), \(k \geq\, 0\). Donc
      \[Q(\text{Alice gagne}) = \sum_{k=0}^{+\infty} (1-p)^{2k} p = \frac{p}{1 – (1-p)^2} = \frac{p}{p(2-p)} = \frac{1}{2-p}.\]
      Comme \(Q(\{\infty\}) = 0\), Bruno gagne avec probabilité complémentaire. Alice gagne avec probabilité \(\dfrac{1}{2-p}\), Bruno avec probabilité \(\dfrac{1-p}{2-p}\).
    3. Pour \(p \in \,]0,1[\), on a \(0 < 2 – p < 2\), donc \(\frac{1}{2-p} > \frac{1}{2}\). Pour \(p = 1/2\), Alice gagne avec probabilité \(2/3\). Enfin, quand \(p \to 0\), la probabilité tend vers \(1/2\) : l’avantage de commencer s’efface lorsque la partie dure longtemps. La figure ci-dessous montre cette probabilité en fonction de \(p\).

    Probabilité de gain d'Alice 1/(2 - p) en fonction de p, toujours au-dessus de la droite y = 1/2

    Corrigé de l’exercice 10 : Tirages avec et sans remise

    1. On numérote les boules de \(1\) à \(8\), les blanches de \(1\) à \(5\). L’univers est \(\{1, \ldots, 8\}^3\), muni de l’équiprobabilité, de cardinal \(512\). Pour exactement \(2\) blanches, on choisit la position de la noire (\(3\) choix), puis on obtient \(5^2 \times 3\) listes. D’où \(\frac{3 \times 75}{512} = \frac{225}{512}\). Par ailleurs, l’événement contraire de « au moins une noire » est « trois blanches », de probabilité \(\frac{125}{512}\). Les probabilités valent \(225/512 \approx 0{,}439\) et \(387/512 \approx 0{,}756\).
    2. L’univers est l’ensemble des arrangements de \(3\) boules parmi \(8\), de cardinal \(8 \times 7 \times 6 = 336\). Pour exactement \(2\) blanches, on choisit la position de la noire (\(3\) choix), puis \(5 \times 4 \times 3 = 60\) façons de placer les boules. D’où \(\frac{180}{336} = \frac{15}{28}\). Ensuite, les tirages tout blancs sont au nombre de \(5 \times 4 \times 3 = 60\). Les probabilités valent \(15/28 \approx 0{,}536\) et \(1 – 60/336 = 23/28 \approx 0{,}821\).
    3. L’univers est l’ensemble des parties à \(3\) éléments, de cardinal \(\binom\,{8}{3} = 56\). On obtient \(\frac{\binom\,{5}{2}\binom\,{3}{1}}{56} = \frac{30}{56} = \frac{15}{28}\) et \(1 – \frac{\binom\,{5}{3}}{56} = 1 – \frac{10}{56} = \frac{23}{28}\). On retrouve exactement les résultats de la question 2. En effet, chaque partie correspond à \(3! = 6\) arrangements, ce qui ne change pas les proportions.
    4. Comme \(\frac{15}{28} \approx 0{,}536 > \frac{225}{512} \approx 0{,}439\), obtenir exactement \(2\) blanches est plus probable sans remise.

    Corrigé de l’exercice 11 : Le paradoxe des anniversaires

    1. L’univers est \(\Omega = \{1, \ldots, 365\}^n\), muni de l’équiprobabilité : c’est la traduction de dates uniformes et indépendantes. Les issues à dates distinctes sont les arrangements, au nombre de \(365 \times 364 \times \cdots \times (365 – n + 1)\). Ainsi,
      \[q_n = \frac{365 \times 364 \times \cdots \times (366-n)}{365^n} = \prod_{k=0}^{n-1} \frac{365 – k}{365} = \prod_{k=0}^{n-1} (1 – \frac{k}{365}).\]
    2. La fonction exponentielle est convexe, donc sa courbe est au-dessus de sa tangente en \(0\) : \(e^{-x} \geq\, 1 – x\). Plus précisément, \(g(x) = e^{-x} – 1 + x\) vérifie \(g^{\prime}(x) = 1 – e^{-x}\), qui est du signe de \(x\). Donc \(g\) admet un minimum strict en \(0\), où elle vaut \(0\). Ensuite, les facteurs \(1 – k/365\) sont strictement positifs, car \(k \leq\, 364\). On peut donc multiplier les inégalités. Le facteur \(k = 1\) donne une inégalité stricte. Par conséquent,
      \[q_n < \prod_{k=0}^{n-1} e^{-k/365} = \exp(-\frac{1}{365} \sum_{k=0}^{n-1} k) = \exp(-\frac{n(n-1)}{730}).\]
    3. Pour \(n = 23\), on a \(\frac{23 \times 22}{730} = \frac{253}{365} \approx 0{,}6931507\). Ce nombre est strictement supérieur à \(\ln 2 \approx 0{,}6931472\). Par conséquent, \(q_{23} < e^{-\ln 2} = \frac{1}{2}\). Donc \(p_{23} > 1/2\) : dans un groupe de \(23\) personnes, deux personnes ont plus d’une chance sur deux de partager leur anniversaire. La figure ci-dessous représente \(p_n\).
    4. Pour \(n = 22\), on obtient \(\frac{22 \times 21}{730} = \frac{231}{365} \approx 0{,}633 < \ln 2\). La majoration donne seulement \(q_{22} < e^{-0{,}633} \approx 0{,}53\). Elle ne permet donc pas de conclure. En fait, un calcul direct donne \(p_{22} \approx 0{,}476 < 1/2\).

    Probabilité p_n d'au moins un anniversaire commun en fonction de n, qui dépasse 1/2 à partir de n = 23

    Corrigé de l’exercice 12 : Mains de poker

    1. Une main est une partie à \(5\) éléments d’un ensemble à \(32\) éléments. Il y en a \(\binom\,{32}{5} = \dfrac{32 \times 31 \times 30 \times 29 \times 28}{120} = 201\,376\).
    2. On choisit la hauteur du carré (\(8\) choix), qui fixe ses quatre cartes. Ensuite, on choisit la cinquième carte parmi les \(28\) restantes. Il y a donc \(8 \times 28 = 224\) carrés. Or \(201\,376 = 224 \times 899\). La probabilité vaut \(1/899 \approx 0{,}0011\).
    3. On choisit la hauteur du brelan (\(8\)), ses trois cartes (\(\binom\,{4}{3} = 4\)), puis la hauteur de la paire (\(7\)) et ses deux cartes (\(\binom\,{4}{2} = 6\)). On obtient \(8 \times 4 \times 7 \times 6 = 1\,344 = 6 \times 224\). La probabilité vaut \(6/899 \approx 0{,}0067\).
    4. On choisit la couleur (\(4\)), puis \(5\) cartes parmi les \(8\) de cette couleur (\(\binom\,{8}{5} = 56\)). Cela donne \(224\) mains. La probabilité vaut \(1/899\), exactement comme le carré.
    5. On choisit la hauteur de la paire (\(8\)) et ses deux cartes (\(6\)). Ensuite, on choisit trois autres hauteurs parmi \(7\) (\(\binom\,{7}{3} = 35\)), puis une carte de chacune (\(4^3 = 64\)). On obtient \(8 \times 6 \times 35 \times 64 = 107\,520 = 480 \times 224\). La probabilité vaut \(480/899 \approx 0{,}534\).

    Point de méthode : décrivez chaque main par une suite de choix successifs, sans ordre entre les cartes d’un même choix ; chaque main doit être obtenue une et une seule fois.

    Corrigé de l’exercice 13 : L’urne de Pólya

    1. Au départ, l’urne contient une boule de chaque couleur, donc \(P(B_1) = 1/2\). Ensuite, \((B_1, \overline{B_1})\) est un système complet. Après une blanche, l’urne contient \(2\) blanches et \(1\) noire ; après une noire, \(1\) blanche et \(2\) noires. Par la formule des probabilités totales,
      \[P(B_2) = \frac{1}{2} \times \frac{2}{3} + \frac{1}{2} \times \frac{1}{3} = \frac{1}{2}.\]
      Ainsi, \(P(B_1) = P(B_2) = 1/2\).
    2. D’après la formule de Bayes, \(P(B_1 \mid B_2) = \dfrac{P(B_1 \cap B_2)}{P(B_2)} = \dfrac{1/2 \times 2/3}{1/2}\). On obtient \(P(B_1 \mid B_2) = 2/3\).
    3. Si les \(k-1\) premiers tirages sont blancs, l’urne contient \(k\) blanches et \(1\) noire. Donc \(P(B_k \mid B_1 \cap \cdots \cap B_{k-1}) = \frac{k}{k+1}\). La formule des probabilités composées donne alors un produit télescopique :
      \[P(B_1 \cap \cdots \cap B_n) = \frac{1}{2} \times \frac{2}{3} \times \cdots \times \frac{n}{n+1} = \frac{1}{n+1}.\]
    4. Les événements \(C_n = B_1 \cap \cdots \cap B_n\) forment une suite décroissante, dont l’intersection est « ne tirer que des blanches ». Par continuité décroissante, cette probabilité vaut \(\lim \frac{1}{n+1} = 0\).
    5. Fixons une suite de \(n\) couleurs comportant \(k\) blanches. Au \(j\)-ième tirage, l’urne contient \(j+1\) boules. Donc les dénominateurs successifs sont \(2, 3, \ldots, n+1\). Ensuite, lors de la \(i\)-ième blanche tirée, il y a \(i\) blanches dans l’urne : les numérateurs correspondants sont \(1, 2, \ldots, k\). De même, les noires fournissent \(1, 2, \ldots, n-k\). La probabilité de la suite vaut donc \(\dfrac{k!\,(n-k)!}{(n+1)!}\), quel que soit l’ordre. Il y a \(\binom\,{n}{k}\) telles suites. Ainsi, la probabilité d’obtenir exactement \(k\) blanches vaut \(\dfrac{1}{n+1}\), pour tout \(k\) entre \(0\) et \(n\).

    Corrigé de l’exercice 14 : Test de dépistage

    1. Le couple \((M, \overline{M})\) est un système complet. Par la formule des probabilités totales,
      \[P(T) = 0{,}01 \times 0{,}99 + 0{,}99 \times 0{,}02 = 0{,}0099 + 0{,}0198 = 0{,}0297.\]
    2. Par la formule de Bayes, \(P(M \mid T) = \dfrac{0{,}0099}{0{,}0297} = \dfrac{1}{3}\). Une personne positive n’est malade qu’avec probabilité \(1/3\). En effet, les faux positifs, issus d’une population saine très nombreuse, sont deux fois plus nombreux que les vrais positifs.
    3. On a \(P(\overline{T}) = 1 – 0{,}0297 = 0{,}9703\) et \(P(\overline{M} \cap \overline{T}) = 0{,}99 \times 0{,}98 = 0{,}9702\). Donc \(P(\overline{M} \mid \overline{T}) = 0{,}9702/0{,}9703 \approx 0{,}9999\) : un test négatif est très rassurant.
    4. Notons \(T_2\) le second test positif. Par l’indépendance conditionnelle supposée, \(P(T \cap T_2 \mid M) = 0{,}99^2\) et \(P(T \cap T_2 \mid \overline{M}) = 0{,}02^2\). Par Bayes,
      \[P(M \mid T \cap T_2) = \frac{0{,}01 \times 0{,}99^2}{0{,}01 \times 0{,}99^2 + 0{,}99 \times 0{,}02^2} = \frac{0{,}009801}{0{,}010197} = \frac{99}{103}.\]
      La probabilité d’être malade passe à \(99/103 \approx 0{,}961\).

    Point de méthode : on retrouve ce résultat en appliquant Bayes une seconde fois, avec la nouvelle probabilité a priori \(1/3\) : \(\frac{(1/3) \times 0{,}99}{(1/3) \times 0{,}99 + (2/3) \times 0{,}02} = \frac{99}{103}\).

    Corrigé de l’exercice 15 : Urnes choisies au hasard

    1. Notons \(B\) : « la boule est blanche ». Le système \((U_1, U_2, U_3)\) est complet, avec \(P(U_k) = 1/3\) et \(P(B \mid U_k) = k/4\). Par les probabilités totales,
      \[P(B) = \frac{1}{3}(\frac{1}{4} + \frac{2}{4} + \frac{3}{4}) = \frac{1}{3} \times \frac{6}{4} = \frac{1}{2}.\]
    2. Par la formule de Bayes, \(P(U_k \mid B) = \dfrac{(1/3)(k/4)}{1/2} = \dfrac{k}{6}\). On obtient \(1/6\), \(1/3\) et \(1/2\) pour \(U_1\), \(U_2\), \(U_3\).
    3. Sachant \(U_k\), les deux tirages se font avec remise dans la même urne, donc \(P(B_1 \cap B_2 \mid U_k) = (k/4)^2\). Par les probabilités totales,
      \[P(B_1 \cap B_2) = \frac{1}{3} \cdot \frac{1 + 4 + 9}{16} = \frac{14}{48} = \frac{7}{24}.\]
    4. Par symétrie, \(P(B_2) = P(B_1) = 1/2\), donc \(P(B_1)P(B_2) = 1/4 = 6/24\). Comme \(7/24 \neq 6/24\), les événements ne sont pas indépendants. En effet, une première boule blanche rend plus probable l’urne \(U_3\), donc une seconde blanche : \(P(B_2 \mid B_1) = 7/12 > 1/2\). L’indépendance n’a lieu que conditionnellement à l’urne choisie.

    Corrigé de l’exercice 16 : Œufs et probabilités totales

    1. Les nombres \(e^{-\lambda}\lambda^n/n!\) sont positifs et, par la série exponentielle, \(\sum_{n \geq\, 0} e^{-\lambda}\frac{\lambda^n}{n!} = e^{-\lambda} e^{\lambda} = 1\). Les \(E_n\), deux à deux incompatibles, forment donc un système complet dénombrable (à un événement négligeable près, ce qui ne change aucun calcul).
    2. Par la formule des probabilités totales, avec \(P(F_0 \mid E_n) = (1-p)^n\) :
      \[P(F_0) = \sum_{n=0}^{+\infty} e^{-\lambda}\frac{\lambda^n}{n!}(1-p)^n = e^{-\lambda} e^{\lambda(1-p)} = e^{-\lambda p}.\]
    3. Seuls les \(n \geq\, k\) contribuent. En posant \(n = k + m\) :
      \[P(F_k) = \sum_{n=k}^{+\infty} e^{-\lambda}\frac{\lambda^n}{n!} \cdot \frac{n!}{k!\,(n-k)!} p^k (1-p)^{n-k} = e^{-\lambda}\frac{(\lambda p)^k}{k!} \sum_{m=0}^{+\infty} \frac{\bigl(\lambda(1-p)\bigr)^m}{m!}.\]
      Donc \(P(F_k) = e^{-\lambda p}\dfrac{(\lambda p)^k}{k!}\) : on retrouve la même forme, avec le paramètre \(\lambda p\).
    4. Par la formule de Bayes,
      \[P(E_n \mid F_0) = \frac{e^{-\lambda}\lambda^n (1-p)^n / n!}{e^{-\lambda p}} = e^{-\lambda(1-p)} \frac{\bigl(\lambda(1-p)\bigr)^n}{n!}.\]
      Sachant qu’aucun œuf n’a éclos, le nombre d’œufs suit la même forme de loi, de paramètre \(\lambda(1-p)\).

    Corrigé de l’exercice 17 : Indépendance deux à deux

    1. L’univers est \(\{1, \ldots, 6\}^2\), avec l’équiprobabilité sur ses \(36\) issues. On a \(P(A) = P(B) = 18/36 = 1/2\). Ensuite, la somme est paire si et seulement si les deux dés ont la même parité, soit \(9 + 9 = 18\) issues. Enfin, \(D = \{(1,6), (2,5), \ldots, (6,1)\}\) a \(6\) issues. Donc \(P(A) = P(B) = P(C) = 1/2\) et \(P(D) = 1/6\).
    2. On a \(A \cap B\) = « deux pairs », de probabilité \(9/36 = 1/4\). De plus, \(A \cap C\) = « premier pair et même parité » = \(A \cap B\), et de même \(B \cap C = A \cap B\). Chaque intersection a donc pour probabilité \(1/4 = \frac{1}{2} \times \frac{1}{2}\). Les trois événements sont deux à deux indépendants.
    3. On a \(A \cap B \cap C = A \cap B\), de probabilité \(1/4\). Or \(P(A)P(B)P(C) = 1/8\). Ils ne sont donc pas mutuellement indépendants. La figure ci-dessous montre les trois événements sur la grille des \(36\) issues.
    4. L’événement \(A \cap D\) contient \((2,5)\), \((4,3)\), \((6,1)\), donc \(P(A \cap D) = 3/36 = 1/12 = \frac{1}{2} \times \frac{1}{6}\). Ainsi, \(A\) et \(D\) sont indépendants. En revanche, \(7\) est impair, donc \(C \cap D = \varnothing\). Comme \(P(C)P(D) = 1/12 \neq 0\), \(C\) et \(D\) ne sont pas indépendants : ils sont incompatibles.

    Grille des 36 issues de deux dés avec les événements A, B et C, et l'intersection A∩B égale à A∩B∩C

    Corrigé de l’exercice 18 : Complémentaires et fiabilité

    1. Soit \(J \subset \{1, \ldots, n\}\). Si \(1 \notin J\), la formule du produit est celle de l’hypothèse. Sinon, écrivons \(J = \{1\} \cup J^{\prime}\) et \(C = \bigcap_{j \in J^{\prime}} A_j\) (avec \(C = \Omega\) si \(J^{\prime}\) est vide). Alors
      \[P(\overline{A_1} \cap C) = P(C) – P(A_1 \cap C) = \prod_{j \in J^{\prime}} P(A_j) – P(A_1)\prod_{j \in J^{\prime}} P(A_j) = P(\overline{A_1}) \prod_{j \in J^{\prime}} P(A_j).\]
      La famille \(\overline{A_1}, A_2, \ldots, A_n\) est donc mutuellement indépendante.
    2. La propriété ne dépend pas de l’ordre des événements. On remplace donc successivement \(A_1\), puis \(A_2\), etc., par son complémentaire, en appliquant chaque fois la question 1. Ainsi, les \(\overline{A_i}\) sont mutuellement indépendants. Par conséquent,
      \[P(\bigcup_{i=1}^n A_i) = 1 – P(\bigcap_{i=1}^n \overline{A_i}) = 1 – \prod_{i=1}^n \bigl(1 – P(A_i)\bigr).\]
    3. La fiabilité vaut \(1 – 0{,}1^n\). On veut \(0{,}1^n \leq\, 0{,}001 = 0{,}1^3\), soit \(n \geq\, 3\). Il faut au minimum \(3\) composants.
    4. Par indépendance, la fiabilité vaut \(0{,}99^{10} = e^{10 \ln 0{,}99}\). Or \(10 \ln 0{,}99 \approx -0{,}10050\). La fiabilité vaut environ \(0{,}904\).

    Corrigé de l’exercice 19 : Indépendance sur un univers équiprobable

    1. Notons \(a = \operatorname{card}(A)\), \(b = \operatorname{card}(B)\), \(c = \operatorname{card}(A \cap B)\). L’indépendance s’écrit \(\frac{c}{p} = \frac{a}{p} \cdot \frac{b}{p}\), soit \(ab = pc\). Donc le nombre premier \(p\) divise \(ab\). D’après le lemme d’Euclide, \(p\) divise \(a\) ou \(b\). Or \(0 \leq\, a, b \leq\, p\). Ainsi, \(a \in \{0, p\}\) ou \(b \in \{0, p\}\). Donc \(A\) ou \(B\) vaut \(\varnothing\) ou \(\Omega\).
    2. Les multiples de \(d\) dans \(\{1, \ldots, n\}\) sont \(d, 2d, \ldots, (n/d)\,d\). Ils sont au nombre de \(n/d\). Donc \(P(M_d) = 1/d\).
    3. Un entier est multiple de \(a\) et de \(b\) si et seulement s’il est multiple de \(m = \operatorname{ppcm}(a, b)\). Or \(m\) divise \(n\), car \(n\) est un multiple commun de \(a\) et \(b\). Donc \(M_a \cap M_b = M_m\), et \(P(M_a \cap M_b) = 1/m\). L’indépendance équivaut à \(m = ab\). Enfin, \(\operatorname{pgcd}(a,b) \times \operatorname{ppcm}(a,b) = ab\). Ainsi, \(M_a\) et \(M_b\) sont indépendants si et seulement si \(\operatorname{pgcd}(a,b) = 1\).
    4. Pour \(n = 12\), \(M_4 = \{4, 8, 12\}\) et \(M_3 = \{3, 6, 9, 12\}\) sont indépendants, de probabilités \(1/4\) et \(1/3\) : leur intersection \(\{12\}\) a pour probabilité \(1/12\). En revanche, \(M_2\) et \(M_4\) ne le sont pas : \(P(M_2 \cap M_4) = P(M_4) = 1/4 \neq 1/8\).

    Corrigé de l’exercice 20 : Indicatrice d’Euler par les probabilités

    1. Soit \(J \subset \{1, \ldots, r\}\) non vide et \(d_J = \prod_{i \in J} p_i\). Les \(p_i\) sont des nombres premiers distincts, donc deux à deux premiers entre eux. Par conséquent, un entier est divisible par tous les \(p_i\), \(i \in J\), si et seulement s’il est divisible par leur produit \(d_J\). De plus, \(d_J\) divise \(n\). D’après l’exercice 19, il vient
      \[P(\bigcap_{i \in J} A_i) = P(M_{d_J}) = \frac{1}{d_J} = \prod_{i \in J} \frac{1}{p_i} = \prod_{i \in J} P(A_i).\]
      Les \(A_i\) sont donc mutuellement indépendants.
    2. Un entier \(k\) est premier avec \(n\) si et seulement s’il n’a aucun facteur premier commun avec \(n\). Autrement dit, aucun \(p_i\) ne le divise. L’événement cherché est donc \(\overline{A_1} \cap \cdots \cap \overline{A_r}\). Les complémentaires d’événements mutuellement indépendants sont mutuellement indépendants. Ainsi,
      \[\frac{\varphi(n)}{n} = \prod_{i=1}^{r} (1 – \frac{1}{p_i}).\]
      On obtient la formule annoncée en multipliant par \(n\).
    3. On a \(360 = 2^3 \times 3^2 \times 5\). Donc \(\varphi(360) = 360 \times \frac{1}{2} \times \frac{2}{3} \times \frac{4}{5}\). On trouve \(\varphi(360) = 96\).
    4. Si \(m\) et \(n\) sont premiers entre eux, les facteurs premiers de \(mn\) sont ceux de \(m\) et ceux de \(n\), sans répétition. Le produit se scinde donc en deux :
      \[\varphi(mn) = m \prod_{p \mid m}(1 – \frac{1}{p}) \times n \prod_{p \mid n}(1 – \frac{1}{p}) = \varphi(m)\varphi(n).\]

    Corrigé de l’exercice 21 : Problème des rencontres

    1. Une permutation qui fixe \(i_1, \ldots, i_k\) est déterminée par sa restriction aux \(n – k\) autres éléments, qui est une permutation quelconque de ceux-ci. Il y en a \((n-k)!\). Donc \(P(A_{i_1} \cap \cdots \cap A_{i_k}) = \dfrac{(n-k)!}{n!}\).
    2. Il y a \(\binom\,{n}{k}\) choix de \(i_1 < \cdots < i_k\). La formule du crible donne donc
      \[P(\bigcup_{i=1}^{n} A_i) = \sum_{k=1}^{n} (-1)^{k+1} \binom\,{n}{k}\frac{(n-k)!}{n!} = \sum_{k=1}^{n} \frac{(-1)^{k+1}}{k!}.\]
      L’absence de point fixe est l’événement contraire. Par conséquent, \(d_n = 1 – \sum_{k=1}^{n} \frac{(-1)^{k+1}}{k!} = \sum_{k=0}^{n} \frac{(-1)^k}{k!}\).
    3. On reconnaît la somme partielle de la série exponentielle en \(-1\). Donc \(d_n \to e^{-1} \approx 0{,}368\). La convergence est très rapide, comme le montre la figure ci-dessous. Ensuite, \(D_4 = 4!\,d_4 = 24(1 – 1 + \frac{1}{2} – \frac{1}{6} + \frac{1}{24}) = 12 – 4 + 1\). On obtient \(D_4 = 9\). En écrivant \(\sigma\) sous la forme \(\sigma(1)\sigma(2)\sigma(3)\sigma(4)\), ce sont : \(2143\), \(2341\), \(2413\), \(3142\), \(3412\), \(3421\), \(4123\), \(4312\), \(4321\).
    4. On choisit d’abord l’ensemble des \(m\) points fixes, soit \(\binom\,{n}{m}\) choix. Ensuite, la restriction de \(\sigma\) aux \(n – m\) autres éléments doit être sans point fixe : il y a \((n-m)!\,d_{n-m}\) possibilités. La probabilité vaut donc
      \[\binom\,{n}{m}\frac{(n-m)!\, d_{n-m}}{n!} = \frac{d_{n-m}}{m!}.\]
      Elle tend vers \(\dfrac{e^{-1}}{m!}\) quand \(n \to +\infty\).

    Probabilité d_n de n'avoir aucun point fixe en fonction de n, qui oscille autour de 1/e et converge très vite

    Corrigé de l’exercice 22 : Problème : lemme de Borel-Cantelli

    1. Chaque \(U_k = \bigcup_{n \geq\, k} A_n\) est une réunion dénombrable d’événements, donc un événement. Puis \(L = \bigcap_k U_k\) en est une intersection dénombrable. De plus, \(\omega \in L\) signifie que, pour tout \(k\), il existe \(n \geq\, k\) avec \(\omega \in A_n\). Autrement dit, \(\omega\) appartient à une infinité de \(A_n\).
    2. La suite \((U_k)\) est décroissante, d’intersection \(L\). Par l’inégalité de Boole, \(P(U_k) \leq\, \sum_{n \geq\, k} P(A_n)\). Or c’est le reste d’une série convergente, donc il tend vers \(0\). Par continuité décroissante, \(P(L) = \lim P(U_k) = 0\).
    3. Les \(\overline{A_n}\) sont mutuellement indépendants, comme complémentaires d’événements indépendants. Avec l’inégalité \(1 – x \leq\, e^{-x}\), on obtient
      \[P(\bigcap_{n=k}^{m} \overline{A_n}) = \prod_{n=k}^{m}\bigl(1 – P(A_n)\bigr) \leq\, \exp(-\sum_{n=k}^{m} P(A_n)).\]
      Comme la série diverge, le majorant tend vers \(0\) quand \(m \to +\infty\). Or la suite \((\bigcap_{n=k}^{m} \overline{A_n})_m\) décroît vers \(\bigcap_{n \geq\, k} \overline{A_n}\). Par continuité décroissante, cet événement est négligeable. Enfin, \(\overline{L} = \bigcup_k \bigcap_{n \geq\, k} \overline{A_n}\) est une réunion dénombrable d’événements négligeables. Donc \(P(\overline{L}) = 0\) et \(P(L) = 1\).
    4. Si \(P(A_n) = 1/n\), la série harmonique diverge. Presque sûrement, une infinité de \(A_n\) sont réalisés. Si \(P(A_n) = 1/n^2\), la série converge. Presque sûrement, seul un nombre fini de \(A_n\) sont réalisés, et cette conclusion ne demande pas l’indépendance.
    5. Découpons les lancers en blocs disjoints de longueur \(r\). Soit \(E_j\) l’événement « les lancers \((j-1)r + 1\) à \(jr\) donnent tous pile ». Chaque \(E_j\) est une intersection de \(r\) événements « pile au lancer \(n\) », et les blocs utilisent des lancers distincts. Les \(E_j\) sont donc mutuellement indépendants, de probabilité \(2^{-r}\). La série \(\sum 2^{-r}\) diverge. Par la question 3, une infinité de \(E_j\) sont réalisés presque sûrement. Chacun fournit une série de \(r\) piles consécutifs, à des positions différentes. Enfin, notons \(H_r\) cet événement presque sûr. L’intersection dénombrable \(\bigcap_{r \geq\, 1} H_r\) est presque sûre, d’après l’exercice 7.

    Point de méthode : le premier lemme de Borel-Cantelli utilise seulement la sous-additivité ; le second exige l’indépendance, que l’on exploite par le produit des complémentaires et l’inégalité \(1 – x \leq\, e^{-x}\).

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