Les maths en L3 ouvrent les grandes théories de l’analyse, de l’algèbre et des probabilités : retrouvez ici 20 chapitres avec cours PDF, exercices et solutions rédigées. Le contenu correspond au tronc commun des parcours de mathématiques fondamentales. Il prépare aussi bien au master qu’aux concours de l’enseignement. Chaque leçon énonce les résultats avec précision et signale les démonstrations à connaître.
Le programme de la troisième année de licence
La troisième année conclut le cycle de licence. Là encore, les maquettes varient d’une faculté à l’autre, mais un noyau stable se dégage. Le découpage retenu reprend ce noyau, sans les options ni les unités d’ouverture. Les enseignements appliqués, comme l’analyse numérique ou les statistiques, relèvent en effet de parcours spécifiques.
Le semestre 5 pose les grands cadres théoriques. En premier lieu, la topologie des espaces métriques et normés généralise ce que vous connaissiez dans R^n : compacité, connexité, complétude, point fixe. Ensuite, la théorie de la mesure conduit à l’intégrale de Lebesgue, aux théorèmes de convergence, à Fubini et aux espaces L^p. En algèbre, vous étudiez les groupes quotients, les actions de groupes, les anneaux, les corps finis et la réduction de Jordan.
Le semestre 6 exploite ces outils. Le calcul différentiel dans les espaces normés mène à l’inversion locale, aux fonctions implicites et aux extrema liés. Le théorème de Cauchy-Lipschitz fonde l’étude des équations différentielles. De plus, l’analyse complexe introduit les fonctions holomorphes et le théorème des résidus. Enfin, les espaces de Hilbert et les probabilités fondées sur la mesure aboutissent au théorème central limite.
Chaque leçon précise ses prérequis de deuxième année. Si un rappel vous semble flou, reprenez-le avant d’aborder la théorie nouvelle. Par exemple, l’intégrale de Lebesgue s’appuie sur une bonne maîtrise des séries et des suites de fonctions.
Par rapport à la deuxième année, le calcul recule au profit de la structure. On ne demande plus seulement de trouver un résultat, mais de comprendre pourquoi il est vrai dans un cadre général. Autrement dit, les maths en L3 récompensent la compréhension plus que la technique. Les liens entre domaines deviennent aussi plus visibles : la mesure éclaire les probabilités, et la topologie sert partout.
Les chapitres, un par un
Algèbre et algèbre linéaire
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Groupes : quotients et actions de groupes
sous-groupes distingués, groupe quotient, théorèmes d'isomorphisme, groupes cycliques et Z/nZ, action d'un groupe sur un ensemble
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Anneaux, idéaux et arithmétique
anneaux commutatifs, morphismes d'anneaux, idéaux, anneau quotient, idéaux premiers et maximaux, anneaux intègres, corps des fractions, anneaux euclidiens et principaux
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Corps, extensions et corps finis
caractéristique d'un corps, sous-corps premier, extensions de corps, degré, théorème de la base télescopique, éléments algébriques et transcendants, polynôme minimal, corps de rupture et corps de décomposition
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Réduction de Jordan et décomposition de Dunford
rappels : polynôme minimal, lemme des noyaux, sous-espaces caractéristiques, décomposition de Dunford, endomorphismes nilpotents, indice de nilpotence, tableaux de Young, noyaux itérés
Analyse
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Tribus, mesures et fonctions mesurables
ensembles dénombrables, algèbres et tribus, tribu engendrée, tribu borélienne, mesures positives, propriétés de continuité, mesure de comptage, mesure de Dirac
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Intégrale de Lebesgue et théorèmes de convergence
intégrale des fonctions étagées positives, intégrale des fonctions mesurables positives, théorème de convergence monotone de Beppo Levi, lemme de Fatou, fonctions intégrables, espace L^1
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Mesure produit, Fubini et changement de variables
tribu produit, mesure produit, théorème de Fubini-Tonelli, théorème de Fubini pour les fonctions intégrables, mesure de Lebesgue sur R^n
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Espaces L^p
inégalité de Jensen, inégalités de Hölder et de Minkowski, espaces L^p, classes de fonctions presque partout égales, espace L^infini, théorème de Riesz-Fischer (complétude)
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Équations différentielles et théorème de Cauchy-Lipschitz
équations différentielles y'=f(t,y), problème de Cauchy, solutions maximales et globales, théorème de Cauchy-Lipschitz, lemme de Gronwall, théorème des bouts (sortie de tout compact)
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Fonctions holomorphes et formule de Cauchy
fonctions C-dérivables, équations de Cauchy-Riemann, séries entières et fonctions analytiques, exponentielle et logarithme complexes, déterminations, intégrales le long d'un chemin, théorème de Cauchy pour un ouvert étoilé
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Singularités et théorème des résidus
séries de Laurent, singularités isolées : effaçables, pôles, essentielles, fonctions méromorphes, indice d'un lacet, résidus, calcul des résidus en un pôle
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Espaces de Hilbert et analyse de Fourier
espaces préhilbertiens et espaces de Hilbert, théorème de projection sur un convexe fermé, supplémentaire orthogonal d'un sous-espace fermé, théorème de représentation de Riesz, bases hilbertiennes, inégalité de Bessel, égalité de Parseval
Topologie
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Espaces métriques : ouverts, fermés, continuité
distance, espace métrique, exemples, boules ouvertes et fermées, ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité, suites convergentes, caractérisation séquentielle
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Espaces normés et applications linéaires continues
normes, espaces vectoriels normés, normes équivalentes, espaces de suites et de fonctions : l^1, l^infini, C([a,b]), applications linéaires continues, caractérisation, norme subordonnée (norme d'opérateur)
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Compacité et connexité
propriété de Borel-Lebesgue, compacité séquentielle, Bolzano-Weierstrass, équivalence des définitions en espace métrique, parties compactes des espaces de dimension finie, image continue d'un compact, bornes atteintes
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Complétude, espaces de Banach et point fixe
suites de Cauchy dans un espace métrique, espaces complets, fermés d'un complet, espaces de Banach, complétude de R^n et des espaces de dimension finie, complétude de C([a,b]) pour la norme infinie
Calcul différentiel
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Calcul différentiel dans les espaces normés
différentielle de Fréchet, dérivées directionnelles et partielles, différentielle d'une composée, fonctions de classe C^1, matrice jacobienne, inégalité des accroissements finis
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Inversion locale, fonctions implicites et extrema liés
difféomorphismes, théorème d'inversion locale, théorème d'inversion globale, théorème des fonctions implicites, sous-variétés de R^n (approche élémentaire), espace tangent
Probabilités
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Espaces probabilisés, variables aléatoires et espérance
espace probabilisé comme espace mesuré, variable aléatoire comme fonction mesurable, loi, espérance comme intégrale, méthode de la fonction muette, lois usuelles discrètes et à densité
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Convergences, grands nombres et central limite
convergence presque sûre, convergence en probabilité, convergence L^p, convergence en loi, liens entre les modes de convergence
Aborder des chapitres plus théoriques
En troisième année, une leçon se lit lentement. Pour chaque définition, cherchez un exemple et un non-exemple. Pour chaque théorème, demandez-vous quelle hypothèse est vraiment indispensable. Cette gymnastique rend les énoncés vivants et bien plus faciles à retenir. Un schéma rapide aide souvent, notamment en topologie.
Les exercices proposés alternent vérifications directes et questions de synthèse. Consacrez-leur du temps avant de consulter la solution. Ensuite, lisez celle-ci comme une démonstration modèle : repérez l’idée clé, puis réécrivez l’argument avec vos propres mots. Ainsi, vous construisez peu à peu votre boîte à outils de preuves. Classez ces idées par thème : elles resserviront dans d’autres chapitres.
N’hésitez pas à écrire vos propres résumés de chapitre. En une page, notez les définitions, les trois ou quatre théorèmes majeurs et les idées de preuve. Cet exercice de synthèse oblige à hiérarchiser. De plus, il fournit un support idéal pour les révisions de fin de semestre. Enfin, n’oubliez pas que réussir les maths en L3 demande surtout de la constance, semaine après semaine.
Examens de troisième année et préparation au master
Les épreuves privilégient les questions de cours et les démonstrations. Il faut donc connaître les preuves des grands résultats : convergence dominée, formule de Cauchy, théorème de Cauchy-Lipschitz. Organisez vos révisions par thèmes transversaux, car les examinateurs aiment relier topologie et intégration. Refaites aussi les exercices de TD, souvent proches des sujets d’examen.
Si vous visez l’agrégation ou le CAPES, commencez tôt un carnet de développements. Ces démonstrations de quinze minutes s’appuient justement sur les chapitres de cette année. De même, un bon dossier conditionne l’accès aux masters sélectifs. Vos notes de L3 en maths seront examinées de près par les commissions.
Pensez également au stage ou au mémoire d’initiation que proposent certaines universités. Ce premier contact avec un sujet de recherche éclaire souvent le choix du master. Il valorise aussi votre dossier auprès des jurys.
Venir de prépa et poursuivre ensuite
Beaucoup d’étudiants de MP entrent directement en troisième année. Ils maîtrisent déjà la réduction et les séries. En revanche, la mesure, l’intégrale de Lebesgue et l’analyse complexe sont nouvelles pour eux. Les premiers chapitres du semestre 5 méritent donc une attention particulière. Les leçons de maths spé restent par ailleurs utiles pour réviser les prérequis.
Après la licence, plusieurs voies s’ouvrent. Le master de mathématiques fondamentales mène au doctorat et à la recherche. Les masters MEEF préparent au métier d’enseignant. Enfin, les parcours de statistiques, de modélisation ou d’actuariat débouchent sur l’industrie, la banque et l’assurance. Quel que soit le chemin choisi, les outils de cette année serviront longtemps.
Les écoles d’ingénieurs recrutent aussi après la L3, par admission sur titre. Quelques étudiants choisissent enfin une double compétence, en informatique ou en économie, pour élargir leurs perspectives.
Questions fréquentes
Faut-il avoir fait une prépa pour réussir la troisième année de licence ?
Non, un étudiant issu de L2 a toutes ses chances s’il a bien assimilé les deux premières années. Les anciens élèves de prépa ont souvent plus d’aisance en calcul. Les étudiants de licence, eux, connaissent mieux le fonctionnement universitaire.
Pourquoi l'intégrale de Lebesgue remplace-t-elle celle de Riemann ?
Elle intègre une classe de fonctions beaucoup plus large. Surtout, elle offre des théorèmes d’interversion simples et puissants, comme la convergence dominée. C’est aussi le cadre naturel des probabilités modernes.
Quel master choisir après une licence de mathématiques ?
Tout dépend de votre projet. Un master fondamental prépare à la recherche et à l’agrégation, un master MEEF au professorat. Les masters appliqués mènent vers la statistique, la finance, l’actuariat ou le calcul scientifique.
Comment préparer l'agrégation dès la troisième année ?
Soignez les démonstrations des grands théorèmes et gardez-en une trace écrite. Lisez aussi les leçons avec un regard transversal, en reliant les chapitres entre eux. Une préparation spécifique viendra ensuite en master.
Les probabilités de troisième année sont-elles difficiles ?
Elles reposent sur la théorie de la mesure, ce qui demande un temps d’adaptation. Une fois ce cadre compris, les résultats deviennent très naturels. Travaillez en parallèle les chapitres d’intégration et de probabilités.

