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Corrigé du contrôle de maths L3 : groupes quotients et actions de groupes

    Corrigé du contrôle de maths L3 : groupes quotients et actions de groupes

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L3 sur le thème : groupes quotients et actions de groupes.

    Voici la correction complète du partiel de L3 sur les groupes quotients et les actions. Chaque démonstration est rédigée comme on l’attend d’un étudiant : le théorème de Lagrange, la relation orbite-stabilisateur et le premier théorème d’isomorphisme sont cités au moment où ils servent.

    Vous y trouverez le calcul du centre du groupe diédral, la preuve que le centre d’un p-groupe est non trivial, le tableau des points fixes qui mène à 21 colliers et la démonstration qu’un groupe d’ordre 15 est cyclique. Un barème détaillé clôt chaque exercice pour vous permettre de vous évaluer.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l3 : groupes quotients et actions de groupes.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours : premier théorème d’isomorphisme 3 points
    Exercice 2 : Sous-groupes distingués de S3 et du groupe diédral D4 5 points
    Exercice 3 : Action par conjugaison et formule des classes 4 points
    Exercice 4 : Dénombrement de colliers par les orbites 4 points
    Exercice 5 : Problème : les groupes d’ordre 15 4 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours : premier théorème d’isomorphisme (3 points)

    1. Un sous-groupe \(H\) de \(G\) est distingué lorsque \(g\,h\,g^{-1} \in H\) pour tous \(g \in G\) et \(h \in H\).

      D’abord, \(\operatorname{Ker} f\) est un sous-groupe : \(f(e) = e^{\prime}\), et si \(f(a) = f(b) = e^{\prime}\), alors \(f(a\,b^{-1}) = f(a)\,f(b)^{-1} = e^{\prime}\). Ensuite, pour \(g \in G\) et \(h \in \operatorname{Ker} f\), on a \(f(g\,h\,g^{-1}) = f(g)\,e^{\prime}\,f(g)^{-1} = e^{\prime}\). Donc \(\operatorname{Ker} f\) est distingué dans \(G\).

    2. Premier théorème d’isomorphisme. Le morphisme \(f\) induit un isomorphisme \(\,\overline{f} : G / \operatorname{Ker} f \to \operatorname{Im} f\), défini par \(\,\overline{f}(g \operatorname{Ker} f) = f(g)\).

      Démonstration. Posons \(N = \operatorname{Ker} f\). Le quotient \(G/N\) est un groupe car \(N\) est distingué.

      Bonne définition : si \(g\,N = g^{\prime} N\), alors \(g^{-1} g^{\prime} \in N\), donc \(f(g)^{-1} f(g^{\prime}) = e^{\prime}\), c’est-à-dire \(f(g) = f(g^{\prime})\). La valeur ne dépend donc pas du représentant choisi.

      Morphisme : \(\,\overline{f}(g\,N \cdot h\,N) = \,\overline{f}(g\,h\,N) = f(g\,h) = f(g)\,f(h)\). Surjectivité sur \(\operatorname{Im} f\) : évidente par construction. Injectivité : si \(\,\overline{f}(g\,N) = e^{\prime}\), alors \(g \in N\), donc \(g\,N = N\) est le neutre du quotient.

      Ainsi \(G / \operatorname{Ker} f \simeq \operatorname{Im} f\).

    Barème : a) 0,5 point pour la définition, 0,5 point pour la preuve ; b) 0,5 point pour l’énoncé, 0,5 point pour la bonne définition, 1 point pour morphisme, injectivité et surjectivité.

    Exercice 2 : Sous-groupes distingués de S3 et du groupe diédral D4 (5 points)

    1. Par le théorème de Lagrange, l’ordre d’un sous-groupe de \(\mathfrak{S}_3\) divise 6. On obtient donc :

      – l’ordre 1 : \(\{\operatorname{id}\}\) ;

      – l’ordre 2 : les trois sous-groupes \(\langle (1\,2) \rangle\), \(\langle (1\,3) \rangle\), \(\langle (2\,3) \rangle\) ;

      – l’ordre 3 : un tel sous-groupe est cyclique, engendré par un 3-cycle. Or les deux 3-cycles sont inverses l’un de l’autre, donc le seul sous-groupe d’ordre 3 est \(\mathfrak{A}_3 = \{\operatorname{id}, (1\,2\,3), (1\,3\,2)\}\) ;

      – l’ordre 6 : \(\mathfrak{S}_3\) lui-même.

      Le conjugué d’une transposition est donné par \(\sigma\,(a\,b)\,\sigma^{-1} = (\sigma(a)\;\sigma(b))\). Par exemple, \((1\,3)(1\,2)(1\,3)^{-1} = (3\,2)\), qui n’appartient pas à \(\langle (1\,2) \rangle\). Les sous-groupes d’ordre 2 ne sont donc pas distingués. En revanche, \(\mathfrak{A}_3\) est d’indice 2, donc distingué. Les sous-groupes distingués de \(\mathfrak{S}_3\) sont \(\{\operatorname{id}\}\), \(\mathfrak{A}_3\) et \(\mathfrak{S}_3\).

    2. La signature \(\varepsilon : \mathfrak{S}_3 \to \{-1, 1\}\) est un morphisme de groupes. Il est surjectif, car \(\varepsilon((1\,2)) = -1\). Son noyau est \(\mathfrak{A}_3\) par définition. Par le premier théorème d’isomorphisme, \(\mathfrak{S}_3 / \mathfrak{A}_3 \simeq \{-1, 1\}\). Or \(\{-1, 1\}\) est cyclique d’ordre 2. Donc \(\mathfrak{S}_3 / \mathfrak{A}_3 \simeq \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\).
    3. Une rotation \(r^k\) commute toujours avec \(r\). Elle commute avec \(s\) si et seulement si \(s\,r^k\,s = r^k\), soit \(r^{-k} = r^k\), soit \(r^{2k} = e\). Cela donne \(k \in \{0, 2\}\).

      Une symétrie \(s\,r^k\) ne commute pas avec \(r\). En effet, \(r\,(s\,r^k) = s\,r^{-1}\,r^k = s\,r^{k-1}\), alors que \((s\,r^k)\,r = s\,r^{k+1}\). L’égalité imposerait \(r^2 = e\), ce qui est faux.

      Donc \(Z(D_4) = \{e, r^2\}\).

    4. D’abord, \(H\) est stable : \(r^2\,s = s\,r^{-2} = s\,r^2\), puis \(s \cdot s\,r^2 = r^2\) et \((s\,r^2)^2 = e\). Il contient \(e\) et chaque élément est son propre inverse, donc \(H\) est un sous-groupe. Il est d’indice \(8/4 = 2\) : ses classes à gauche et à droite coïncident (\(H\) et son complémentaire). Donc \(H\) est distingué.

      En revanche, \(r\,s\,r^{-1} = s\,r^{-1}\,r^{-1} = s\,r^{-2} = s\,r^2\), qui n’appartient pas à \(K\). Donc \(K\) n’est pas distingué. On remarque ainsi que « distingué dans distingué » n’implique pas « distingué » : \(K\) est distingué dans \(H\), qui est abélien.

      Enfin, \(D_4 / Z(D_4)\) est d’ordre \(8/2 = 4\). Pour tout \(g\), on a \(g^2 \in Z(D_4)\) : \((r^k)^2 = r^{2k}\) et \((s\,r^k)^2 = s\,r^k\,s\,r^k = r^{-k}\,r^k = e\). Tout élément du quotient vérifie donc \(\,\overline{g}^2 = \,\overline{e}\). Un groupe d’ordre 4 dont tous les éléments sont d’ordre au plus 2 est abélien et n’est pas cyclique. Par conséquent \(D_4 / Z(D_4) \simeq (\mathbb{Z}/2\mathbb{Z})^2\).

    Barème : a) 0,5 point pour la liste, 1 point pour l’étude de la distinction ; b) 1 point (morphisme surjectif, noyau, théorème cité) ; c) 1 point ; d) 0,5 point pour H, 0,5 point pour K, 0,5 point pour le quotient.

    Erreur fréquente : oublier de vérifier que la symétrie \(s\,r^2\) ne commute pas avec \(r\), et placer à tort des symétries dans le centre.

    Exercice 3 : Action par conjugaison et formule des classes (4 points)

    1. On a \(e \cdot x = x\). De plus, \(g \cdot (h \cdot x) = g\,h\,x\,h^{-1}\,g^{-1} = (g\,h) \cdot x\). Il s’agit donc d’une action.

      L’orbite de \(x\) est sa classe de conjugaison \(\{g\,x\,g^{-1} \;:\; g \in G\}\). Le stabilisateur de \(x\) est le centralisateur \(C(x) = \{g \in G \;:\; g\,x = x\,g\}\). L’orbite de \(x\) est réduite à \(\{x\}\) si et seulement si \(x \in Z(G)\).

      Les orbites forment une partition de \(G\). Par la relation orbite-stabilisateur, l’orbite de \(x\) a \([G : C(x)]\) éléments. Notons \(x_1, \ldots, x_k\) des représentants des classes non réduites à un élément. On obtient :

      \[|G| = |Z(G)| + \sum_{i=1}^{k} [G : C(x_i)].\]

      C’est la formule des classes.

    2. Chaque indice \([G : C(x_i)]\) divise \(|G| = p^n\) par le théorème de Lagrange. Il est de plus strictement supérieur à 1, car \(x_i \notin Z(G)\). Il est donc divisible par \(p\).

      Dans la formule des classes, \(|G|\) et la somme sont divisibles par \(p\). Par conséquent \(p\) divise \(|Z(G)|\). Comme \(e \in Z(G)\), on a \(|Z(G)| \geq\, 1\), donc \(|Z(G)| \geq\, p\). Le centre d’un \(p\)-groupe non trivial n’est pas réduit à \(\{e\}\).

    3. Supposons \(G/Z(G) = \langle g\,Z(G) \rangle\). Tout \(x \in G\) s’écrit alors \(x = g^a\,z\) avec \(a \in \mathbb{Z}\) et \(z \in Z(G)\). Pour \(y = g^b\,z^{\prime}\), on obtient \(x\,y = g^{a+b}\,z\,z^{\prime} = y\,x\), car \(z\) et \(z^{\prime}\) sont centraux. Donc \(G\) est abélien.

      Soit maintenant \(|G| = p^2\). D’après b), \(|Z(G)| \in \{p, p^2\}\). Si \(|Z(G)| = p\), alors \(G/Z(G)\) est d’ordre \(p\) premier, donc cyclique. Alors \(G\) serait abélien, soit \(Z(G) = G\), ce qui contredit \(|Z(G)| = p\). Donc \(Z(G) = G\) : tout groupe d’ordre \(p^2\) est abélien.

    Barème : a) 0,5 point pour l’action, 0,5 point pour orbites et stabilisateurs, 0,5 point pour la formule ; b) 1 point pour la divisibilité des indices, 0,5 point pour la conclusion ; c) 0,5 point pour le lemme, 0,5 point pour l’ordre p².

    Exercice 4 : Dénombrement de colliers par les orbites (4 points)

    1. Soit \(E = \{(g, x) \in G \times X \;:\; g \cdot x = x\}\). En comptant par \(g\), on obtient \(|E| = \sum_{g} |\operatorname{Fix}(g)|\). En comptant par \(x\), on obtient \(|E| = \sum_{x} |\operatorname{Stab}(x)|\).

      Or la relation orbite-stabilisateur donne \(|\operatorname{Stab}(x)| = \dfrac{|G|}{|\omega(x)|}\), où \(\omega(x)\) désigne l’orbite de \(x\). Pour une orbite \(\omega\), la somme des \(\dfrac{1}{|\omega|}\) sur ses éléments vaut 1. Ainsi \(\sum_{x} |\operatorname{Stab}(x)| = |G| \times k\), où \(k\) est le nombre d’orbites.

      Le nombre d’orbites vaut donc \(\dfrac{1}{|G|} \displaystyle\sum_{g \in G} |\operatorname{Fix}(g)|\).

    2. L’ensemble \(X\) des coloriages des sommets compte \(3^4 = 81\) éléments. Un coloriage est fixé par \(g\) si et seulement s’il est constant sur chaque cycle de la permutation des sommets induite par \(g\). Donc \(|\operatorname{Fix}(g)| = 3^{c(g)}\), où \(c(g)\) est le nombre de cycles.
      Élément Permutation des sommets Nombre de cycles Points fixes
      \(e\) identité 4 81
      \(r\), \(r^3\) \((1\,2\,3\,4)\), \((1\,4\,3\,2)\) 1 3 chacun
      \(r^2\) \((1\,3)(2\,4)\) 2 9
      \(s\), \(s\,r^2\) (diagonales) \((2\,4)\), \((1\,3)\) 3 27 chacun
      \(s\,r\), \(s\,r^3\) (médianes) \((1\,4)(2\,3)\), \((1\,2)(3\,4)\) 2 9 chacun

      La somme vaut \(81 + 3 + 3 + 9 + 27 + 27 + 9 + 9 = 168\). D’après la formule de Burnside, le nombre d’orbites est \(\dfrac{168}{8} = 21\). On peut former 21 colliers différents.

    Barème : a) 0,5 point pour le double comptage, 1 point pour l’utilisation de la relation orbite-stabilisateur ; b) 1,5 point pour le tableau (dont 0,5 point pour distinguer diagonales et médianes), 1 point pour le résultat.

    Erreur fréquente : attribuer 9 points fixes à toutes les symétries, alors qu’une symétrie d’axe diagonal fixe deux sommets.

    Exercice 5 : Problème : les groupes d’ordre 15 (4 points)

    1. Soit \(G\) un groupe fini d’ordre \(p^a\,m\), avec \(p\) premier et \(p\) ne divisant pas \(m\).

      1. Il existe des sous-groupes d’ordre \(p^a\), appelés \(p\)-Sylow.

      2. Tout \(p\)-sous-groupe de \(G\) est contenu dans un \(p\)-Sylow, et les \(p\)-Sylow sont conjugués entre eux.

      3. Leur nombre \(n_p\) vérifie \(n_p \mid m\) et \(n_p \equiv 1 \pmod{p}\).

    2. On a \(15 = 3 \times 5\). Le nombre \(n_3\) divise 5 et vérifie \(n_3 \equiv 1 \pmod{3}\). Comme \(5 \equiv 2 \pmod{3}\), on obtient \(n_3 = 1\). De même, \(n_5\) divise 3 et \(n_5 \equiv 1 \pmod{5}\), donc \(n_5 = 1\).

      Un conjugué d’un Sylow est encore un Sylow. L’unique 3-Sylow \(P\) vérifie donc \(g\,P\,g^{-1} = P\) pour tout \(g\). Ainsi \(P\) et \(Q\) sont distingués.

    3. L’ordre de \(P \cap Q\) divise 3 et 5 par le théorème de Lagrange, donc vaut 1. Ainsi \(P \cap Q = \{e\}\).

      Soit \(x \in P\) et \(y \in Q\). D’une part, \((x\,y\,x^{-1})\,y^{-1} \in Q\), car \(Q\) est distingué. D’autre part, \(x\,(y\,x^{-1}\,y^{-1}) \in P\), car \(P\) est distingué. Le commutateur appartient donc à \(P \cap Q = \{e\}\). Par conséquent \(x\,y = y\,x\).

    4. L’application \(\varphi : P \times Q \to G\), \((x, y) \mapsto x\,y\), est un morphisme. En effet, \(x\,y\,x^{\prime}\,y^{\prime} = x\,x^{\prime}\,y\,y^{\prime}\) d’après c).

      Son noyau est trivial : si \(x\,y = e\), alors \(x = y^{-1} \in P \cap Q\), d’où \(x = y = e\). Les deux groupes ont 15 éléments, donc \(\varphi\) est un isomorphisme.

      Un groupe d’ordre premier est cyclique : \(P \simeq \mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\) et \(Q \simeq \mathbb{Z}/5\mathbb{Z}\). Comme 3 et 5 sont premiers entre eux, le théorème chinois donne \(\mathbb{Z}/3\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/5\mathbb{Z} \simeq \mathbb{Z}/15\mathbb{Z}\). Donc \(G \simeq \mathbb{Z}/15\mathbb{Z}\) : tout groupe d’ordre 15 est cyclique.

    Barème : a) 1 point (0,5 pour l’existence et la conjugaison, 0,5 pour les conditions sur n_p) ; b) 0,5 point pour les calculs de n_3 et n_5, 0,5 point pour la distinction ; c) 0,5 point pour l’intersection, 0,5 point pour le commutateur ; d) 0,5 point pour l’isomorphisme, 0,5 point pour le théorème chinois.

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    Après le corrigé du contrôle : groupes quotients et actions de groupes

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Groupes et actions » en L3 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés groupes et actions.

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