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Corrigé du contrôle de maths L2 : valeurs propres et diagonalisation

    Corrigé du contrôle de maths L2 : valeurs propres et diagonalisation

    Voici le corrigé du contrôle de maths de L2 sur le thème : valeurs propres et diagonalisation.

    Cette correction détaille le partiel sur les valeurs propres et la diagonalisation. La preuve par récurrence de la somme directe sert ensuite à justifier chaque conclusion par le critère des dimensions des sous-espaces propres.

    Les déterminants sont calculés par des opérations sur les colonnes qui font apparaître un facteur commun, ce qui évite de développer un polynôme de degré trois. Le théorème du rang tranche la discussion selon le paramètre. Enfin, le problème obtient les puissances de matrices sans inverser de matrice, et une figure montre la convergence des trois suites.

    L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l2 : valeurs propres et diagonalisation.

    Barème du contrôle
    Exercice Points
    Exercice 1 : Question de cours, sous-espaces propres en somme directe 4 points
    Exercice 2 : Une matrice diagonalisable et une qui ne l’est pas 5 points
    Exercice 3 : Une matrice à paramètre et ses puissances 5 points
    Exercice 4 : Problème, trois réservoirs couplés 6 points
    Total 20 points

    Exercice 1 : Question de cours, sous-espaces propres en somme directe (4 points)

    1. On note \(\mathcal{P}(p)\) la propriété de l’énoncé. Pour \(p = 1\), \(x_1 = 0\) : c’est immédiat. Supposons \(\mathcal{P}(p-1)\) vraie pour un \(p \geq\, 2\), et soit \(x_1 + \cdots + x_p = 0\) avec \(x_i \in E_{\lambda_i}(u)\). On applique \(u\), puis on retranche \(\lambda_p\) fois la relation initiale :
      \[\sum_{i=1}^{p} \lambda_i x_i = 0 \quad \text{et} \quad \sum_{i=1}^{p} \lambda_p x_i = 0, \quad \text{donc} \quad \sum_{i=1}^{p-1} (\lambda_i – \lambda_p) x_i = 0.\]
      Chaque \((\lambda_i – \lambda_p)x_i\) appartient à \(E_{\lambda_i}(u)\). Par \(\mathcal{P}(p-1)\), \((\lambda_i – \lambda_p)x_i = 0\) pour \(i \leq\, p-1\). Or \(\lambda_i \neq \lambda_p\), donc \(x_i = 0\). Il reste \(x_p = 0\). La récurrence est établie. Les sous-espaces propres associés à des valeurs propres distinctes sont en somme directe.
    2. Si \(u\) a \(n\) valeurs propres distinctes, on choisit un vecteur propre \(e_i\) pour chacune. D’après a), la famille \((e_1, \ldots, e_n)\) est libre : une combinaison nulle \(\sum \mu_i e_i = 0\) a ses termes \(\mu_i e_i \in E_{\lambda_i}(u)\), qui sont donc tous nuls. C’est une famille libre de \(n\) vecteurs en dimension \(n\) : une base de vecteurs propres, donc \(u\) est diagonalisable.
    3. Soient \(\lambda_1, \ldots, \lambda_p\) les valeurs propres distinctes de \(u\) et \(F = E_{\lambda_1}(u) \oplus \cdots \oplus E_{\lambda_p}(u)\). La somme étant directe, \(\dim F = \sum \dim E_{\lambda_i}(u) \leq\, n\). Si \(u\) est diagonalisable, une base de vecteurs propres est contenue dans \(F\), donc \(F = E\) et la somme des dimensions vaut \(n\). Réciproquement, si cette somme vaut \(n\), alors \(F = E\). En concaténant des bases des \(E_{\lambda_i}(u)\), on obtient une base de \(E\) formée de vecteurs propres. D’où l’équivalence.

    Barème : a) 2 points : 0,5 pour l’initialisation, 1 pour l’hérédité (application de \(u\) et combinaison), 0,5 pour la conclusion sur la somme directe ; b) 1 point ; c) 1 point (0,5 par sens).

    Exercice 2 : Une matrice diagonalisable et une qui ne l’est pas (5 points)

    1. Dans \(A – \lambda I_3\), la somme des trois colonnes vaut \((1-\lambda, 1-\lambda, 1-\lambda)\). On remplace \(C_1\) par \(C_1 + C_2 + C_3\), ce qui ne change pas le déterminant, puis on factorise \(1 – \lambda\). Ensuite, les opérations \(L_2 arrow L_2 – L_1\) et \(L_3 arrow L_3 – L_1\) donnent une matrice triangulaire :
      \[\det(A – \lambda I_3) = (1-\lambda)\begin{vmatrix} 1 1 -1 \\ 1 4-\lambda -1 \\ 1 2 1-\lambda \end{vmatrix} = (1-\lambda)\begin{vmatrix} 1 1 -1 \\ 0 3-\lambda 0 \\ 0 1 2-\lambda \end{vmatrix} = (1-\lambda)(3-\lambda)(2-\lambda).\]
      Comme \(\chi_A(\lambda) = (-1)^3 \det(A – \lambda I_3)\), on obtient \(\chi_A(\lambda) = (\lambda – 1)(\lambda – 2)(\lambda – 3)\). Les valeurs propres sont 1, 2 et 3, toutes simples.
    2. On résout \((A – \lambda I_3)X = 0\) pour chaque valeur propre.

      Pour \(\lambda = 1\) : les lignes donnent \(y – z = 0\) et \(-2x + 2y = 0\), d’où \(x = y = z\) et \(E_1(A) = \operatorname{Vect}((1, 1, 1))\).

      Pour \(\lambda = 2\) : \(-x + y – z = 0\) et \(-2x + 2y – z = 0\). Par différence, \(z = 0\), puis \(x = y\) : \(E_2(A) = \operatorname{Vect}((1, 1, 0))\).

      Pour \(\lambda = 3\) : \(-2x + y – z = 0\) et \(-2x + 2y – 2z = 0\), d’où \(x = 0\) et \(y = z\) : \(E_3(A) = \operatorname{Vect}((0, 1, 1))\).

      Les trois valeurs propres sont distinctes, donc \(A\) est diagonalisable (exercice 1 b). Avec les vecteurs propres en colonnes :
      \[P = \begin{pmatrix} 1 1 0 \\ 1 1 1 \\ 1 0 1 \end{pmatrix}, \qquad D = \begin{pmatrix} 1 0 0 \\ 0 2 0 \\ 0 0 3 \end{pmatrix}, \qquad \det P = 1 \neq 0, \qquad \boldsymbol{A = PDP^{-1}}.\]
    3. Dans \(B – \lambda I_3\), on remplace \(C_1\) par \(C_1 + C_2\), qui vaut \((2-\lambda, 2-\lambda, 0)\), puis on factorise \(2 – \lambda\) et on fait \(L_2 arrow L_2 – L_1\) :
      \[\det(B – \lambda I_3) = (2-\lambda)\begin{vmatrix} 1 -1 1 \\ 0 1-\lambda 1 \\ 0 -1 3-\lambda \end{vmatrix} = (2-\lambda)((1-\lambda)(3-\lambda) + 1) = (2-\lambda)(\lambda – 2)^2.\]
      Ainsi \(\chi_B(\lambda) = (\lambda – 2)^3\) : 2 est l’unique valeur propre, de multiplicité 3. Or
      \[B – 2I_3 = \begin{pmatrix} 1 -1 1 \\ 2 -2 2 \\ 1 -1 1 \end{pmatrix}\]
      est de rang 1 (lignes proportionnelles, non nulles). Par le théorème du rang, \(\dim E_2(B) = 2\), et \(E_2(B)\) est le plan d’équation \(x – y + z = 0\). La somme des dimensions des sous-espaces propres vaut \(2 \neq 3\) : \(B\) n’est pas diagonalisable. Autre argument : si elle l’était, elle serait semblable à \(2I_3\), donc égale à \(2I_3\), ce qui est faux.

    Barème : a) 1,5 point : 1 pour le calcul du déterminant, 0,5 pour la factorisation ; b) 1,5 point : 1 pour les trois sous-espaces propres, 0,5 pour \(P\) et \(D\) ; c) 2 points : 1 pour \(\chi_B\), 0,5 pour la dimension, 0,5 pour la conclusion.

    Exercice 3 : Une matrice à paramètre et ses puissances (5 points)

    1. La matrice \(M_a\) est triangulaire supérieure : \(\chi_{M_a}(\lambda) = (\lambda – 2)^2(\lambda – 1)\). Les valeurs propres sont 2 (double) et 1 (simple).
    2. On a
      \[M_a – 2I_3 = \begin{pmatrix} 0 a -a \\ 0 -1 a \\ 0 0 0 \end{pmatrix}, \qquad \begin{vmatrix} a -a \\ -1 a \end{vmatrix} = a^2 – a = a(a-1).\]
      Si \(a \notin \{0, 1\}\), ce mineur est non nul et le rang vaut 2 (la troisième ligne est nulle). Si \(a = 0\), la seule ligne non nulle est \((0, -1, 0)\) : rang 1. Si \(a = 1\), les lignes \((0, 1, -1)\) et \((0, -1, 1)\) sont opposées : rang 1. Par le théorème du rang, \(\dim E_2(M_a) = 2\) si \(a \in \{0, 1\}\), et \(\dim E_2(M_a) = 1\) sinon. Enfin, 1 est valeur propre simple, donc \(1 \leq\, \dim E_1(M_a) \leq\, 1\) : \(\dim E_1(M_a) = 1\).
    3. D’après l’exercice 1 c), \(M_a\) est diagonalisable si et seulement si \(\dim E_2(M_a) + \dim E_1(M_a) = 3\), c’est-à-dire \(\dim E_2(M_a) = 2\). \(M_a\) est diagonalisable si et seulement si \(a \in \{0, 1\}\).
    4. Pour \(a = 1\), \(E_2(M_1)\) est défini par \(y – z = 0\) : une base est \(((1, 0, 0), (0, 1, 1))\). Ensuite, \(M_1 – I_3\) a pour lignes \((1, 1, -1)\), \((0, 0, 1)\) et \((0, 0, 1)\), d’où \(z = 0\) et \(x = -y\) : \(E_1(M_1) = \operatorname{Vect}((1, -1, 0))\). Ainsi
      \[P = \begin{pmatrix} 1 0 1 \\ 0 1 -1 \\ 0 1 0 \end{pmatrix}, \qquad D = \begin{pmatrix} 2 0 0 \\ 0 2 0 \\ 0 0 1 \end{pmatrix}, \qquad P^{-1} = \begin{pmatrix} 1 1 -1 \\ 0 0 1 \\ 0 -1 1 \end{pmatrix}.\]
      On vérifie que \(PP^{-1} = I_3\). On a alors \(M_1 = PDP^{-1}\).
    5. Par récurrence, \(M_1^{n} = PD^{n}P^{-1}\) avec \(D^{n} = \operatorname{diag}(2^n, 2^n, 1)\). Le calcul donne
      \[PD^{n} = \begin{pmatrix} 2^n 0 1 \\ 0 2^n -1 \\ 0 2^n 0 \end{pmatrix}, \qquad \boldsymbol{M_1^{n} = \begin{pmatrix} 2^n 2^n – 1 1 – 2^n \\ 0 1 2^n – 1 \\ 0 0 2^n \end{pmatrix}}.\]
      Contrôle : pour \(n = 0\), on retrouve \(I_3\) ; pour \(n = 1\), on retrouve \(M_1\).

    Barème : a) 0,5 point ; b) 1,5 point : 1 pour la discussion du rang, 0,5 pour \(\dim E_1\) ; c) 1 point ; d) 1 point : 0,5 pour les vecteurs propres, 0,5 pour \(P^{-1}\) ; e) 1 point.

    Exercice 4 : Problème, trois réservoirs couplés (6 points)

    1. Le système s’écrit \(X_{n+1} = AX_n\) avec
      \[A = \frac{1}{4}\begin{pmatrix} 2 1 1 \\ 1 2 1 \\ 1 1 2 \end{pmatrix} = \frac{1}{4}(I_3 + J).\]
      Par une récurrence immédiate, \(X_n = A^{n}X_0\) pour tout \(n \geq\, 0\).
    2. La matrice \(J\) est de rang 1, donc \(\ker J\) est de dimension 2 : c’est le plan \(\Pi\) d’équation \(x + y + z = 0\), sous-espace propre pour la valeur propre 0. De plus, \(J e = 3e\) pour \(e = (1, 1, 1)\). Pour \(X\) propre pour \(J\) avec la valeur \(\mu\), \(AX = \frac{1 + \mu}{4}X\). Ainsi \(E_1(A) = \operatorname{Vect}(e)\) et \(E_{1/4}(A) = \Pi\), de base \(((1, -1, 0), (1, 0, -1))\). La somme des dimensions vaut \(1 + 2 = 3\) : \(A\) est diagonalisable. On pouvait aussi invoquer le fait que \(A\) est symétrique réelle.
    3. On a \(Qe = e\) et \(QX = 0\) pour \(X \in \Pi\). Comparons les deux membres sur la base \((e, (1, -1, 0), (1, 0, -1))\). Pour \(e\) : \(A^{n}e = e\), et \(Qe + 4^{-n}(e – Qe) = e\). Pour \(X \in \Pi\) : \(A^{n}X = 4^{-n}X\), et \(QX + 4^{-n}(X – QX) = 4^{-n}X\). Les deux matrices coïncident sur une base de \(\mathbb{R}^3\), donc \(A^{n} = Q + \dfrac{1}{4^{n}}(I_3 – Q)\).
    4. Avec \(X_0 = (60, 30, 0)\), on a \(QX_0 = \frac{90}{3}(1, 1, 1) = (30, 30, 30)\) et \(X_0 – QX_0 = (30, 0, -30)\). Donc
      \[u_n = 30 + \frac{30}{4^{n}}, \qquad v_n = 30, \qquad w_n = 30 – \frac{30}{4^{n}}.\]
      Contrôle : \(u_1 = 37{,}5\), \(v_1 = 30\), \(w_1 = 22{,}5\), ce que donne aussi le système. Comme \(4^{-n} \to 0\), les trois suites convergent vers 30.
    5. En additionnant les trois relations, \(u_{n+1} + v_{n+1} + w_{n+1} = (\frac{1}{2} + \frac{1}{4} + \frac{1}{4})(u_n + v_n + w_n) = u_n + v_n + w_n\). Le volume total reste égal à 90 litres : l’eau est seulement redistribuée, et elle tend à se répartir équitablement, soit 30 litres par réservoir. Enfin, \(u_n – w_n = \frac{60}{4^{n}} < 1\) équivaut à \(4^{n} > 60\). Comme \(4^2 = 16\) et \(4^3 = 64\), l’écart est inférieur à 1 litre à partir de l’étape 3.

    Évolution de u_n, v_n et w_n pour n de 0 à 6 : u décroît de 60 et w croît de 0 vers 30, v reste à 30

    Erreur fréquente : calculer \(P^{-1}\) alors que la décomposition \(A^{n} = Q + 4^{-n}(I_3 – Q)\) évite tout calcul d’inverse.

    Barème : a) 0,5 point ; b) 2 points : 1 pour les éléments propres de \(J\), 0,5 pour ceux de \(A\), 0,5 pour la diagonalisabilité ; c) 1,5 point : 0,5 par vecteur de la base, 0,5 pour la conclusion ; d) 1 point (0,5 pour les formules, 0,5 pour les limites) ; e) 1 point (0,5 pour la conservation et l’interprétation, 0,5 pour le rang 3).

    Revenir à l’énoncé du contrôle

    Après le corrigé du contrôle : valeurs propres et diagonalisation

    Pour consolider ce que le corrigé vous a appris, relisez le cours « Diagonalisation » en L2 puis entraînez-vous avec les exercices corrigés diagonalisation.

    Retrouvez tous les contrôles de maths de L2 classés par chapitre, ou choisissez un autre niveau sur la page contrôles de maths du CP au post-bac.

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