Voici le corrigé du contrôle de maths de L1 sur le thème : dérivation, Rolle et accroissements finis.
Voici le corrigé rédigé du partiel sur la dérivation. Chaque étape cite le théorème employé et en vérifie les hypothèses : continuité sur le segment, dérivabilité sur l’intervalle ouvert, égalité des valeurs aux bornes.
Vous y trouverez la preuve du théorème de Rolle par les bornes atteintes, le calcul de la dérivée n-ième par la formule de Leibniz, le décompte exact des racines d’un polynôme de degré cinq, illustré par sa courbe, et l’encadrement du logarithme par les accroissements finis. Un barème détaillé accompagne chaque exercice pour évaluer votre copie.
L’énoncé se trouve sur la page contrôle de maths l1 : dérivation, rolle et accroissements finis.
| Exercice | Points |
| Exercice 1 : Théorème de Rolle et accroissements finis | 4 points |
| Exercice 2 : Dérivabilité et formule de Leibniz | 5 points |
| Exercice 3 : Théorème de Rolle et racines | 4 points |
| Exercice 4 : Accroissements finis et logarithme | 7 points |
| Total | 20 points |
Exercice 1 : Théorème de Rolle et accroissements finis (4 points)
- Supposons que \(f\) admette un maximum local en \(c\) (le cas du minimum s’obtient en remplaçant \(f\) par \(-f\)). Comme \(c\) est intérieur à \(I\), il existe \(\eta > 0\) tel que \(]c – \eta, c + \eta[ \subset I\) et \(f(x) \leq\, f(c)\) pour tout \(x\) de cet intervalle.
Pour \(c < x < c + \eta\), le taux d’accroissement \(\dfrac{f(x) – f(c)}{x – c}\) est négatif ou nul ; en passant à la limite à droite, \(f^{\prime}(c) \leq\, 0\). Pour \(c – \eta < x < c\), ce taux est positif ou nul ; en passant à la limite à gauche, \(f^{\prime}(c) \geq\, 0\). Donc \(f^{\prime}(c) = 0\).
- Théorème de Rolle : si \(f\) est continue sur \([a, b]\), dérivable sur \(]a, b[\) et vérifie \(f(a) = f(b)\), alors il existe \(c \in ]a, b[\) tel que \(f^{\prime}(c) = 0\).
Démonstration. La fonction \(f\) est continue sur le segment \([a, b]\) : d’après le théorème des bornes atteintes, elle admet un minimum \(m\) et un maximum \(M\). Si \(m = M\), \(f\) est constante et tout \(c \in ]a, b[\) convient. Sinon, l’une des valeurs \(m\) ou \(M\) diffère de \(f(a) = f(b)\) ; elle est donc atteinte en un point \(c\) de \(]a, b[\), intérieur. Cet extremum est en particulier local et \(f\) est dérivable en \(c\), donc \(f^{\prime}(c) = 0\) par la question a).
- Soit \(f\) continue sur \([a, b]\) et dérivable sur \(]a, b[\). On pose \(\psi(x) = f(x) – f(a) – \dfrac{f(b) – f(a)}{b – a}(x – a)\). La fonction \(\psi\) est continue sur \([a, b]\), dérivable sur \(]a, b[\), et \(\psi(a) = \psi(b) = 0\). Le théorème de Rolle fournit \(c \in ]a, b[\) tel que \(\psi^{\prime}(c) = 0\), c’est-à-dire \(f(b) – f(a) = f^{\prime}(c)(b – a)\).
Barème : a) 1,5 point : 0,5 point pour le voisinage, 1 point pour les deux limites de taux d’accroissement ; b) 1,5 point : 0,5 point pour l’énoncé, 1 point pour la preuve (bornes atteintes, point intérieur) ; c) 1 point : 0,5 point pour \(\psi\), 0,5 point pour la vérification des hypothèses.
Exercice 2 : Dérivabilité et formule de Leibniz (5 points)
- Pour \(x \neq 0\), \(|\dfrac{f(x) – f(0)}{x – 0}| = |x \sin(\dfrac{1}{x})| \leq\, |x|\). Par le théorème des gendarmes, le taux d’accroissement tend vers \(0\). Donc \(f\) est dérivable en \(0\) et \(f^{\prime}(0) = 0\).
- Sur \(\mathbb{R}^*\), \(f\) est un produit et une composée de fonctions dérivables. Comme la dérivée de \(x \mapsto \frac{1}{x}\) est \(x \mapsto -\frac{1}{x^2}\) :
\[f^{\prime}(x) = 2x \sin(\frac{1}{x}) + x^2 \times (-\frac{1}{x^2}) \cos(\frac{1}{x}) = 2x \sin(\frac{1}{x}) – \cos(\frac{1}{x}).\]
- Supposons \(f^{\prime}\) continue en \(0\) : \(f^{\prime}(x)\) tendrait vers \(0\). Comme \(2x \sin(\frac{1}{x})\) tend vers \(0\), on aurait \(\cos(\frac{1}{x}) = 2x \sin(\frac{1}{x}) – f^{\prime}(x) \to 0\). Or la suite \(x_n = \dfrac{1}{2n\pi}\) tend vers \(0\) et \(\cos(\frac{1}{x_n}) = 1\) pour tout \(n\) : c’est une contradiction. La fonction \(f\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\), mais elle n’est pas de classe \(C^1\).
- Posons \(u(x) = x^2\) et \(v(x) = \mathrm{e}^{2x}\). On a \(u^{\prime}(x) = 2x\), \(u^{\prime\prime}(x) = 2\) et \(u^{(k)} = 0\) pour \(k \geq\, 3\) ; de plus \(v^{(j)}(x) = 2^j \mathrm{e}^{2x}\). Les fonctions \(u\) et \(v\) sont de classe \(C^\infty\) et la formule de Leibniz donne, pour \(n \geq\, 2\) :
\[g^{(n)}(x) = \binom\,{n}{0} x^2 \, 2^n \mathrm{e}^{2x} + \binom\,{n}{1} 2x \, 2^{n-1} \mathrm{e}^{2x} + \binom\,{n}{2} 2 \times 2^{n-2} \mathrm{e}^{2x}.\]
Avec \(\binom\,{n}{1} = n\) et \(\binom\,{n}{2} = \dfrac{n(n-1)}{2}\), on factorise par \(2^{n-2} \mathrm{e}^{2x}\) :
\[g^{(n)}(x) = 2^{n-2} \mathrm{e}^{2x} (4x^2 + n \times 2x \times 2 + n(n-1)) = 2^{n-2} \mathrm{e}^{2x} (4x^2 + 4nx + n(n-1)).\]
En \(x = 0\) : \(g^{(n)}(0) = 2^{n-2} \, n(n-1)\). Par exemple \(g^{\prime\prime}(0) = 2\), ce qui se vérifie directement.
Erreur fréquente : déduire \(f^{\prime}(0)\) de la limite de \(f^{\prime}(x)\) quand \(x\) tend vers \(0\). Cette limite n’existe pas, et pourtant \(f\) est dérivable en \(0\) : il faut revenir au taux d’accroissement.
Barème : a) 1 point ; b) 0,5 point ; c) 1 point : 0,5 point pour la suite, 0,5 point pour la conclusion sur la classe ; d) 2,5 points : 0,5 point pour les dérivées de \(u\) et \(v\), 1 point pour la formule de Leibniz correctement écrite, 0,5 point pour la factorisation, 0,5 point pour \(g^{(n)}(0)\).
Exercice 3 : Théorème de Rolle et racines (4 points)
- Au plus trois racines. On a \(P^{\prime}(x) = 5x^4 – 5 = 5(x^2 – 1)(x^2 + 1)\), qui ne s’annule qu’en \(-1\) et \(1\). Si \(P\) avait quatre racines \(x_1 < x_2 < x_3 < x_4\), le théorème de Rolle appliqué à \(P\) (continue et dérivable) sur \([x_1, x_2]\), \([x_2, x_3]\) et \([x_3, x_4]\) donnerait trois racines distinctes de \(P^{\prime}\), situées dans des intervalles ouverts disjoints. C’est impossible, donc \(P\) a au plus trois racines réelles.
Au moins trois racines. On calcule \(P(-2) = -32 + 10 + 1 = -21\), \(P(-1) = -1 + 5 + 1 = 5\), \(P(1) = 1 – 5 + 1 = -3\) et \(P(2) = 32 – 10 + 1 = 23\). La fonction \(P\) est continue et change de signe sur \([-2, -1]\), sur \([0, 1]\) (car \(P(0) = 1\)) et sur \([1, 2]\). Par le théorème des valeurs intermédiaires, elle s’annule dans chacun de ces trois intervalles.
Le polynôme \(P\) a exactement trois racines réelles, situées dans \(]-2, -1[\), \(]0, 1[\) et \(]1, 2[\).
- Soit \(H(n)\) la propriété de l’énoncé.
Initialisation. Pour \(n = 1\), \(f\) s’annule en \(x_0 < x_1\) : le théorème de Rolle sur \([x_0, x_1]\) donne un zéro de \(f^{\prime}\).
Hérédité. Supposons \(H(n)\) vraie et soit \(f\) dérivable \(n+1\) fois qui s’annule en \(x_0 < x_1 < \cdots < x_{n+1}\). Le théorème de Rolle sur chaque \([x_i, x_{i+1}]\) fournit \(c_i \in ]x_i, x_{i+1}[\) avec \(f^{\prime}(c_i) = 0\), pour \(0 \leq\, i \leq\, n\). Ces \(n+1\) points sont distincts car les intervalles ouverts sont disjoints. La fonction \(f^{\prime}\) est \(n\) fois dérivable et s’annule en \(n+1\) points : par \(H(n)\), \((f^{\prime})^{(n)} = f^{(n+1)}\) s’annule. La propriété est vraie pour tout \(n \geq\, 1\).
- On pose \(f(x) = \mathrm{e}^x – ax^2 – bx – c\), de classe \(C^\infty\) sur \(\mathbb{R}\). On a \(f^{(3)}(x) = \mathrm{e}^x > 0\), donc \(f^{(3)}\) ne s’annule jamais. Si l’équation avait quatre solutions distinctes, \(f\) s’annulerait en quatre points et, par la question b) avec \(n = 3\), \(f^{(3)}\) s’annulerait. L’équation admet donc au plus trois solutions réelles.
Barème : a) 2 points : 1 point pour la majoration par Rolle, 1 point pour les trois changements de signe et le théorème des valeurs intermédiaires ; b) 1 point : 0,5 point pour l’initialisation, 0,5 point pour l’hérédité avec des zéros distincts ; c) 1 point : 0,5 point pour \(f^{(3)} > 0\), 0,5 point pour la conclusion.
Exercice 4 : Accroissements finis et logarithme (7 points)
- La fonction \(\varphi\) est continue sur \([0, x]\) et dérivable sur \(]0, x[\), avec \(\varphi^{\prime}(t) = \dfrac{1}{1+t}\). L’égalité des accroissements finis donne \(c \in ]0, x[\) tel que
\[\ln(1 + x) – \ln 1 = \frac{x}{1 + c}.\]
Comme \(0 < c < x\), on a \(1 < 1 + c < 1 + x\), donc \(\dfrac{1}{1+x} < \dfrac{1}{1+c} < 1\). En multipliant par \(x > 0\) : \(\dfrac{x}{1+x} < \ln(1+x) < x\).
- Avec \(x = \dfrac{1}{n}\), on a \(\dfrac{x}{1+x} = \dfrac{1}{n+1}\), donc \(\dfrac{1}{n+1} < \ln(1 + \dfrac{1}{n}) < \dfrac{1}{n}\). En multipliant par \(n\) : \(\dfrac{n}{n+1} < n \ln(1 + \dfrac{1}{n}) < 1\). Par le théorème des gendarmes, \(n \ln(1 + \frac{1}{n})\) tend vers \(1\).
Or \((1 + \frac{1}{n})^n = \exp(n \ln(1 + \frac{1}{n}))\) et la fonction exponentielle est continue en \(1\). Donc \((1 + \frac{1}{n})^n\) tend vers \(\mathrm{e}\).
- La fonction \(h\) est dérivable sur \([0, +\infty[\) et
\[h^{\prime}(x) = \frac{1}{1+x} – 1 + x = \frac{1 – (1 + x) + x(1 + x)}{1 + x} = \frac{x^2}{1 + x} \geq\, 0.\]
Donc \(h\) est croissante sur \([0, +\infty[\) et \(h(x) \geq\, h(0) = 0\), c’est-à-dire \(x – \dfrac{x^2}{2} \leq\, \ln(1+x)\).
Pour \(x = 0{,}1\) : \(0{,}1 – 0{,}005 \leq\, \ln(1{,}1) < 0{,}1\) d’après a). Ainsi \(0{,}095 \leq\, \ln(1{,}1) < 0{,}1\), encadrement d’amplitude \(0{,}005\).
- La tangente en \(C\) est parallèle à \((AB)\) si et seulement si \(\varphi^{\prime}(c) = \dfrac{\ln 4 – 0}{3 – 0}\), soit \(\dfrac{1}{1+c} = \dfrac{\ln 4}{3}\). Donc \(c = \dfrac{3}{\ln 4} – 1\).
On a \(c > 0\) si et seulement si \(\ln 4 < 3\), c’est-à-dire \(4 < \mathrm{e}^3\), vrai car \(\mathrm{e}^3 > 2^3 = 8\). On a \(c < 3\) si et seulement si \(\dfrac{3}{\ln 4} < 4\), soit \(\ln 4 > \dfrac{3}{4}\), c’est-à-dire \(\mathrm{e}^{3/4} < 4\), vrai car \(\mathrm{e}^{3/4} < \mathrm{e} < 4\). Donc \(0 < c < 3\), comme l’annonce l’égalité des accroissements finis (numériquement, \(c \approx 1{,}16\)).
- La fonction sinus est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(|\sin^{\prime}(t)| = |\cos t| \leq\, 1\). L’inégalité des accroissements finis donne, pour tous \(x\) et \(y\) : \(|\sin x – \sin y| \leq\, |x – y|\). Avec \(y = 0\) : \(|\sin x| \leq\, |x|\).
Barème : a) 2 points : 0,5 point pour les hypothèses, 0,5 point pour l’égalité des accroissements finis, 1 point pour l’encadrement ; b) 1,5 point : 1 point pour les gendarmes, 0,5 point pour la continuité de l’exponentielle ; c) 1,5 point : 1 point pour \(h^{\prime}\) et le signe, 0,5 point pour l’encadrement de \(\ln(1{,}1)\) ; d) 1 point : 0,5 point pour \(c\), 0,5 point pour \(0 < c < 3\) ; e) 1 point.
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