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Sommes, produits et inégalités : corrigé des exercices de maths sup.

    Sommes, produits et inégalités : corrigé des exercices de maths sup

    Sommaire

    Ce corrigé sommes sup détaille les vingt-trois exercices de la fiche, dans le même ordre. Chaque solution est rédigée comme on l’attend en devoir surveillé : les changements d’indice sont explicités, les bornes sont justifiées et les théorèmes sont cités par leur nom. Les résultats finaux apparaissent en gras.

    Plusieurs points de vigilance reviennent souvent. D’abord, un télescopage laisse exactement les termes extrêmes, qu’il faut identifier sans en oublier. Ensuite, l’interversion d’une somme triangulaire impose de relire les bornes dans la condition sur le couple d’indices. De plus, la formule du binôme et la formule « pion » simplifient la plupart des sommes binomiales. Enfin, les inégalités se manipulent avec prudence : on ne les soustrait jamais, et on ne multiplie que des nombres positifs.

    Chaque résultat est vérifié sur une petite valeur de \(n\). Des figures illustrent les solutions, comme le triangle de Pascal ou l’encadrement par des intégrales.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths sup sur sommes, produits et inégalités.

    Corrigé de l’exercice 1 : Manipulation des symboles Σ et Π

    1. Les termes de \(A\) sont les impairs \(2k+1\), pour \(k\) allant de \(0\) à \(n\). Ceux de \(B\) sont les pairs \(2k\), pour \(k\) de \(1\) à \(n\). Enfin, le signe de \(C\) alterne et commence par \(+\). Ainsi, \(A = \sum_{k=0}^{n} (2k+1)\), \(B = \prod_{k=1}^{n} (2k)\) et \(C = \sum_{k=1}^{n} \frac{(-1)^{k+1}}{k}\).
    2. Par linéarité, \(A = 2\sum_{k=0}^{n} k + \sum_{k=0}^{n} 1 = n(n+1) + (n+1)\). Attention : la somme de \(1\) pour \(k\) de \(0\) à \(n\) compte \(n+1\) termes. Donc \(A = (n+1)^{2}\). Ensuite, on sort le facteur \(2\) de chacun des \(n\) facteurs : \(B = 2^{n} \prod_{k=1}^{n} k = 2^{n}\, n!\).
    3. D’abord, \(\sum_{k=1}^{n} (3k – 2) = 3\cdot\frac{n(n+1)}{2} – 2n = \frac{n(3n+3-4)}{2}\). Donc \(\sum_{k=1}^{n}(3k-2) = \frac{n(3n-1)}{2}\). Ensuite, une constante sommée \(n\) fois donne \(\sum_{k=1}^{n} 5 = 5n\), tandis qu’un produit de \(n\) facteurs égaux donne \(\prod_{k=1}^{n} 5 = 5^{n}\). Enfin, les exposants s’ajoutent :
      \[\prod_{k=1}^{n} 3^{k} = 3^{1 + 2 + \cdots + n} = 3^{\frac{n(n+1)}{2}}.\]
      Donc \(\prod_{k=1}^{n} 3^{k} = 3^{n(n+1)/2}\).
    4. Prenons \(n = 2\) et \(a_1 = a_2 = b_1 = b_2 = 1\). Le membre de gauche vaut \(1 + 1 = 2\). En revanche, le membre de droite vaut \((1+1)(1+1) = 4\). L’égalité proposée est donc fausse. En fait, le produit des deux sommes contient aussi les produits croisés \(a_i b_j\) avec \(i \neq j\).

    Corrigé de l’exercice 2 : Sommes et produits télescopiques

    1. On réduit au même dénominateur : \(\frac{1}{k} – \frac{1}{k+2} = \frac{(k+2) – k}{k(k+2)} = \frac{2}{k(k+2)}\). La décomposition est donc vérifiée. Ensuite, par linéarité et décalage d’indice \(j = k + 2\) :
      \[S_n = \frac{1}{2}(\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k} – \sum_{j=3}^{n+2} \frac{1}{j}) = \frac{1}{2}(1 + \frac{1}{2} – \frac{1}{n+1} – \frac{1}{n+2}).\]
      En effet, les termes d’indices \(3\) à \(n\) se simplifient. Il s’agit d’un télescopage « à deux pas ». Ainsi, \(S_n = \frac{3}{4} – \frac{1}{2(n+1)} – \frac{1}{2(n+2)}\), et \(S_n\) tend vers \(\frac{3}{4}\). Par exemple, pour \(n = 1\), on retrouve \(\frac{3}{4} – \frac{1}{4} – \frac{1}{6} = \frac{1}{3}\). La figure ci-dessous montre les sommes partielles s’approcher de leur limite.

      Sommes partielles S_n pour n de 1 à 20, croissantes et tendant vers la valeur 3/4

    2. Pour \(k \geq\, 1\), on a \(\ln(1 + \frac{1}{k}) = \ln\frac{k+1}{k} = \ln(k+1) – \ln k\). Par télescopage, la somme vaut \(\ln(n+1) – \ln 1\). Donc \(\sum_{k=1}^{n} \ln(1 + \frac{1}{k}) = \ln(n+1)\).
    3. Pour \(k \geq\, 2\), on factorise : \(1 – \frac{1}{k^{2}} = \frac{(k-1)(k+1)}{k^{2}} = \frac{k-1}{k} \cdot \frac{k+1}{k}\). Tous les facteurs sont non nuls. Le produit se sépare donc en deux produits télescopiques :
      \[P_n = \prod_{k=2}^{n} \frac{k-1}{k} \times \prod_{k=2}^{n} \frac{k+1}{k} = \frac{1}{n} \times \frac{n+1}{2}.\]
      Ainsi \(P_n = \frac{n+1}{2n}\). Pour \(n = 2\), on vérifie bien \(1 – \frac{1}{4} = \frac{3}{4}\).
    4. On a \((k+1)! – k! = k!\,(k + 1 – 1) = k \cdot k!\). Par conséquent, avec \(u_k = k!\), la somme est télescopique :
      \[\sum_{k=0}^{n} k\cdot k! = \sum_{k=0}^{n} \big((k+1)! – k!\big) = (n+1)! – 0!.\]
      Donc \(\sum_{k=0}^{n} k \cdot k! = (n+1)! – 1\).

    Point de méthode : dans un télescopage à pas \(2\), il reste deux termes au début et deux termes à la fin ; écrivez les deux sommes décalées pour ne pas en oublier.

    Corrigé de l’exercice 3 : Changements d’indice et regroupements

    1. On pose \(j = k – 2\). Quand \(k\) va de \(3\) à \(n + 2\), l’indice \(j\) va de \(1\) à \(n\). Donc \(\sum_{k=3}^{n+2} (k-2)^{2} = \sum_{j=1}^{n} j^{2}\). La somme vaut \(\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\).
    2. Notons \(S = \sum_{k=0}^{n} (2k – n)\). Quand \(k\) décrit \([\![0, n]\!]\), l’entier \(j = n – k\) décrit aussi \([\![0, n]\!]\). De plus, \(2k – n = 2(n – j) – n = n – 2j\). Ainsi,
      \[S = \sum_{j=0}^{n} (n – 2j) = -\sum_{j=0}^{n} (2j – n) = -S.\]
      Par conséquent, \(2S = 0\), donc \(S = 0\).
    3. Pour \(k = 2p\), le terme vaut \(+4p^{2}\). Pour \(k = 2p – 1\), il vaut \(-(2p-1)^{2}\). On regroupe les deux termes de même \(p\), pour \(p\) de \(1\) à \(n\) :
      \[\sum_{k=1}^{2n} (-1)^{k}k^{2} = \sum_{p=1}^{n} \big(4p^{2} – (2p-1)^{2}\big) = \sum_{p=1}^{n} (4p – 1) = 2n(n+1) – n.\]
      Donc \(\sum_{k=1}^{2n} (-1)^{k}k^{2} = n(2n+1)\). Pour \(n = 1\), on a bien \(-1 + 4 = 3\).
    4. La somme des carrés de \(1\) à \(2n\) est la somme des carrés pairs plus celle des carrés impairs. Donc
      \[\sum_{p=1}^{n} (2p-1)^{2} = \sum_{k=1}^{2n} k^{2} – \sum_{p=1}^{n} 4p^{2} = \frac{2n(2n+1)(4n+1)}{6} – \frac{4n(n+1)(2n+1)}{6}.\]
      On factorise par \(\frac{2n(2n+1)}{6}\) : il reste \((4n + 1) – 2(n+1) = 2n – 1\). Ainsi \(\sum_{p=1}^{n}(2p-1)^{2} = \frac{n(2n-1)(2n+1)}{3}\). Pour \(n = 2\), on trouve \(1 + 9 = 10 = \frac{2 \cdot 3 \cdot 5}{3}\).

    Corrigé de l’exercice 4 : Sommes usuelles et télescopage

    1. Par linéarité, \(\sum_{k=1}^{n} k(k+1) = \sum k^{2} + \sum k = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6} + \frac{3n(n+1)}{6}\). On met \(\frac{n(n+1)}{6}\) en facteur : il reste \(2n + 4\). Donc \(\sum_{k=1}^{n} k(k+1) = \frac{n(n+1)(n+2)}{3}\).
    2. On a \((k-1)(k+1) = k^{2} – 1\). Ainsi, la somme vaut \(\frac{n(n+1)(2n+1)}{6} – n = \frac{n(2n^{2} + 3n + 1 – 6)}{6}\). Or \(2n^{2} + 3n – 5 = (n-1)(2n+5)\). Donc \(\sum_{k=1}^{n}(k-1)(k+1) = \frac{n(n-1)(2n+5)}{6}\). Pour \(n = 2\), on retrouve \(0 + 3 = 3\).
    3. La formule du binôme donne \((k+1)^{4} – k^{4} = 4k^{3} + 6k^{2} + 4k + 1\). On somme de \(1\) à \(n\). À gauche, le télescopage laisse \((n+1)^{4} – 1\). À droite, on note \(T = \sum_{k=1}^{n} k^{3}\) :
      \[(n+1)^{4} – 1 = 4T + n(n+1)(2n+1) + 2n(n+1) + n.\]
      Comme \(-1 – n = -(n+1)\), on isole \(4T\) et on factorise par \(n + 1\) :
      \[4T = (n+1)\big[(n+1)^{3} – 1 – n(2n+1) – 2n\big] = (n+1)(n^{3} + n^{2}).\]
      En effet, \((n+1)^{3} – 1 – 2n^{2} – 3n = n^{3} + n^{2}\). Donc \(4T = n^{2}(n+1)^{2}\). On conclut que \(\sum_{k=1}^{n} k^{3} = (\frac{n(n+1)}{2})^{2}\).

    Corrigé de l’exercice 5 : Somme géométrique et factorisation de a^n − b^n

    1. On applique la factorisation de \(a^{n+1} – b^{n+1}\) avec \(a = 3\) et \(b = 2\) :
      \[3^{n+1} – 2^{n+1} = (3 – 2)\sum_{k=0}^{n} 3^{k}2^{n-k}.\]
      Le changement d’indice \(j = n – k\) montre que \(\sum_{k=0}^{n} 3^{k}2^{n-k} = \sum_{j=0}^{n} 2^{j}3^{n-j}\). Donc \(\sum_{k=0}^{n} 2^{k}3^{n-k} = 3^{n+1} – 2^{n+1}\).
    2. C’est une somme géométrique de raison \(q = x^{2}\), avec \(n+1\) termes. Si \(x^{2} \neq 1\), c’est-à-dire \(x \notin \{-1, 1\}\), la somme vaut \(\frac{1 – x^{2n+2}}{1 – x^{2}}\). Si \(x = 1\) ou \(x = -1\), chaque terme vaut \(1\) et la somme vaut \(n + 1\).
    3. La raison \(q = -\frac{1}{2}\) est différente de \(1\). Le premier terme est \(q\) et il y a \(n\) termes. Donc
      \[\sum_{k=1}^{n} q^{k} = q\,\frac{1 – q^{n}}{1 – q} = -\frac{1}{2}\cdot\frac{2}{3}(1 – (-\frac{1}{2})^{n}).\]
      Ainsi \(\sum_{k=1}^{n}(-\frac{1}{2})^{k} = \frac{1}{3}((-\frac{1}{2})^{n} – 1)\). Pour \(n = 1\), on retrouve \(-\frac{1}{2}\).
    4. On a \(2^{3n} – 1 = 8^{n} – 1^{n}\). Pour \(n \geq\, 1\), la factorisation donne \(8^{n} – 1 = (8 – 1)\sum_{k=0}^{n-1} 8^{k}\). La somme est un entier. Donc \(7\) divise \(2^{3n} – 1\). De même, \(3^{4n} – 1 = 81^{n} – 1 = 80\sum_{k=0}^{n-1} 81^{k}\). Donc \(80\) divise \(3^{4n} – 1\). Pour \(n = 0\), les deux nombres sont nuls, donc divisibles.
    5. Avec \(a = x\), \(b = 1\) et l’exposant \(5\) : \(x^{5} – 1 = (x – 1)(x^{4} + x^{3} + x^{2} + x + 1)\). Ensuite, \(x^{5} + 32 = x^{5} – (-2)^{5}\), car \(5\) est impair. Donc \(x^{5} + 32 = (x + 2)\sum_{k=0}^{4} x^{k}(-2)^{4-k}\). Ainsi \(x^{5} + 32 = (x + 2)(x^{4} – 2x^{3} + 4x^{2} – 8x + 16)\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Somme des k q^k par une somme double

    1. Pour tout \(k \geq\, 1\), on a \(k = \sum_{j=1}^{k} 1\). Donc \(k\,q^{k-1} = \sum_{j=1}^{k} q^{k-1}\). En sommant sur \(k\), \(S = \sum_{k=1}^{n}\sum_{j=1}^{k} q^{k-1} = \sum_{1 \leq\, j \leq\, k \leq\, n} q^{k-1}\).
    2. La condition \(1 \leq\, j \leq\, k \leq\, n\) se lit aussi : \(j\) varie de \(1\) à \(n\), puis \(k\) de \(j\) à \(n\). Pour \(j\) fixé, la somme intérieure est géométrique de raison \(q \neq 1\), de premier terme \(q^{j-1}\) et de \(n – j + 1\) termes :
      \[\sum_{k=j}^{n} q^{k-1} = q^{j-1}\,\frac{1 – q^{n-j+1}}{1 – q} = \frac{q^{j-1} – q^{n}}{1 – q}.\]
      Ensuite, on somme sur \(j\). Comme \(\sum_{j=1}^{n} q^{j-1} = \frac{1 – q^{n}}{1 – q}\), on obtient
      \[S = \frac{1}{1-q}(\frac{1 – q^{n}}{1 – q} – n q^{n}) = \frac{1 – q^{n} – n q^{n} + n q^{n+1}}{(1 – q)^{2}}.\]
      Donc \(S = \frac{1 – (n+1)q^{n} + n q^{n+1}}{(1 – q)^{2}}\).
    3. Pour \(q = 2\), on a \((1 – q)^{2} = 1\). Ainsi \(\sum_{k=1}^{n} k\,2^{k-1} = 1 – (n+1)2^{n} + 2n\,2^{n} = 1 + (n-1)2^{n}\). En multipliant par \(2\), \(\sum_{k=1}^{n} k\,2^{k} = (n-1)2^{n+1} + 2\). Pour \(n = 3\) : \(2 + 8 + 24 = 34\) et \(2 \times 16 + 2 = 34\).

    Point de méthode : écrire un coefficient entier \(k\) comme \(\sum_{j=1}^{k} 1\) transforme une somme simple en somme triangulaire ; l’interversion donne alors des sommes géométriques.

    Corrigé de l’exercice 7 : Sommes doubles rectangulaires

    1. Le terme \(ij\) est un produit d’une fonction de \(i\) par une fonction de \(j\). La somme est donc un produit de deux sommes : \(\sum_{i,j} ij = (\sum_{i=1}^{n} i)(\sum_{j=1}^{n} j)\). Elle vaut \(\frac{n^{2}(n+1)^{2}}{4}\).
    2. On développe : \((i+j)^{2} = i^{2} + 2ij + j^{2}\). D’abord, \(\sum_{i,j} i^{2} = n\sum_{i=1}^{n} i^{2}\), car \(j\) prend \(n\) valeurs. Par symétrie, \(\sum_{i,j} j^{2}\) a la même valeur. Ensuite, \(\sum_{i,j} 2ij = \frac{n^{2}(n+1)^{2}}{2}\) par la question 1. Ainsi,
      \[\sum_{i,j} (i+j)^{2} = \frac{n^{2}(n+1)(2n+1)}{3} + \frac{n^{2}(n+1)^{2}}{2} = \frac{n^{2}(n+1)}{6}\big(2(2n+1) + 3(n+1)\big).\]
      Donc \(\sum_{1 \leq\, i,j \leq\, n} (i+j)^{2} = \frac{n^{2}(n+1)(7n+5)}{6}\). Pour \(n = 2\), on trouve \(4 + 9 + 9 + 16 = 38\) et \(\frac{4 \cdot 3 \cdot 19}{6} = 38\).
    3. C’est encore un produit de deux sommes géométriques :
      \[\sum_{0 \leq\, i,j \leq\, n} 2^{i}3^{j} = (\sum_{i=0}^{n} 2^{i})(\sum_{j=0}^{n} 3^{j}) = (2^{n+1} – 1)\cdot\frac{3^{n+1} – 1}{2}.\]
      La somme vaut \(\frac{(2^{n+1} – 1)(3^{n+1} – 1)}{2}\).
    4. Par linéarité, on sépare. D’une part, \(\sum_{i=1}^{n}\sum_{j=1}^{p} i = p\cdot\frac{n(n+1)}{2}\). D’autre part, \(\sum_{i=1}^{n}\sum_{j=1}^{p} j = n\cdot\frac{p(p+1)}{2}\). La différence vaut \(\frac{np}{2}\big((n+1) – (p+1)\big)\). Donc la somme vaut \(\frac{np(n-p)}{2}\).

    Corrigé de l’exercice 8 : Sommes triangulaires et minimum

    1. La somme intérieure doit être calculable. On fixe donc \(j\), puis \(i\) varie de \(1\) à \(j\) :
      \[\sum_{1 \leq\, i \leq\, j \leq\, n} i = \sum_{j=1}^{n}\frac{j(j+1)}{2} = \frac{1}{2}\cdot\frac{n(n+1)(n+2)}{3}.\]
      En effet, on a utilisé l’exercice 4. La somme vaut \(\frac{n(n+1)(n+2)}{6}\).
    2. À \(j\) fixé, le terme \(j\) est répété \(j\) fois. Donc \(\sum_{1 \leq\, i \leq\, j \leq\, n} j = \sum_{j=1}^{n} j^{2} = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\). Ensuite, à \(j\) fixé, il y a \(j – 1\) entiers \(i\) tels que \(1 \leq\, i < j\). Donc \(\sum_{1 \leq\, i < j \leq\, n} 1 = \sum_{j=1}^{n}(j-1) = \frac{n(n-1)}{2}\).
    3. On découpe le carré des couples en trois parties. Si \(i = j\), le minimum vaut \(i\). Si \(i < j\), il vaut \(i\). Enfin, si \(i > j\), il vaut \(j\). De plus, en échangeant les noms des indices, \(\sum_{i > j} j = \sum_{j > i} i = \sum_{i < j} i\). Donc
      \[M = \sum_{i=1}^{n} i + 2\sum_{1 \leq\, i < j \leq\, n} i.\]
      Or, par la question 1, \(\sum_{i < j} i = \sum_{i \leq\, j} i – \sum_{i = j} i = \frac{n(n+1)(n+2)}{6} – \frac{n(n+1)}{2} = \frac{(n-1)n(n+1)}{6}\). Ainsi,
      \[M = \frac{n(n+1)}{2} + \frac{(n-1)n(n+1)}{3} = \frac{n(n+1)}{6}\big(3 + 2(n-1)\big).\]
      On obtient \(M = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\). Pour \(n = 5\), la somme des cases du tableau de l’énoncé vaut bien \(55\).
    4. Pour \(k \in [\![1, n]\!]\), on a l’équivalence \(\big(k \leq\, i \text{ et } k \leq\, j\big) \iff k \leq\, \min(i,j)\). Les entiers \(k\) concernés sont donc \(1, 2, \ldots, \min(i,j)\) : il y en a \(\min(i,j)\). Notons \(\varepsilon_{i,j,k}\) le nombre qui vaut \(1\) si \(k \leq\, i\) et \(k \leq\, j\), et \(0\) sinon. Alors \(\min(i, j) = \sum_{k=1}^{n} \varepsilon_{i,j,k}\). Les sommes étant finies, on les intervertit :
      \[M = \sum_{k=1}^{n}\ \sum_{1 \leq\, i,j \leq\, n} \varepsilon_{i,j,k} = \sum_{k=1}^{n} (n – k + 1)^{2}.\]
      En effet, à \(k\) fixé, on compte les couples tels que \(k \leq\, i \leq\, n\) et \(k \leq\, j \leq\, n\). Il y en a \((n-k+1)^{2}\). Enfin, le changement d’indice \(m = n – k + 1\) donne \(M = \sum_{m=1}^{n} m^{2} = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\). La figure ci-dessous montre ces couches carrées emboîtées.

      Grille cinq sur cinq découpée en carrés emboîtés de côtés 5, 4, 3, 2 et 1 pour compter min(i, j)

    Corrigé de l’exercice 9 : Carré d’une somme et produits croisés

    1. Le carré est le produit de deux sommes : \((\sum_{i=1}^{n} a_i)(\sum_{j=1}^{n} a_j) = \sum_{1 \leq\, i,j \leq\, n} a_i a_j\). On sépare les couples tels que \(i = j\), \(i < j\) et \(i > j\). D’abord, les couples \(i = j\) donnent \(\sum a_k^{2}\). Ensuite, en échangeant les noms des indices, \(\sum_{i > j} a_i a_j = \sum_{i < j} a_j a_i = \sum_{i<j} a_i a_j\). Donc \((\sum_{k=1}^{n} a_k)^{2} = \sum_{k=1}^{n} a_k^{2} + 2\sum_{i < j} a_i a_j\).
    2. On prend \(a_k = k\). Alors
      \[\sum_{i < j} ij = \frac{1}{2}(\frac{n^{2}(n+1)^{2}}{4} – \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}) = \frac{n(n+1)}{24}\big(3n(n+1) – 2(2n+1)\big).\]
      Or \(3n^{2} + 3n – 4n – 2 = 3n^{2} – n – 2 = (n-1)(3n+2)\). Donc \(\sum_{1 \leq\, i < j \leq\, n} ij = \frac{(n-1)n(n+1)(3n+2)}{24}\). Pour \(n = 3\), on trouve \(2 + 3 + 6 = 11\) et \(\frac{2 \cdot 3 \cdot 4 \cdot 11}{24} = 11\).
    3. On applique la question 1 aux \(n + 1\) réels \(a_k = 2^{k}\), pour \(k\) de \(0\) à \(n\). Notons \(u = 2^{n+1}\). D’une part, \(\sum_{k=0}^{n} 2^{k} = u – 1\). D’autre part, \(\sum_{k=0}^{n} 4^{k} = \frac{4^{n+1} – 1}{3} = \frac{u^{2} – 1}{3}\). Donc
      \[\sum_{0 \leq\, i < j \leq\, n} 2^{i+j} = \frac{1}{2}((u-1)^{2} – \frac{u^{2}-1}{3}) = \frac{2u^{2} – 6u + 4}{6} = \frac{(u-1)(u-2)}{3}.\]
      La somme vaut \(\frac{(2^{n+1}-1)(2^{n+1}-2)}{3}\). Pour \(n = 2\) : \(2 + 4 + 8 = 14 = \frac{7 \times 6}{3}\).

    Corrigé de l’exercice 10 : Factorielles et coefficients binomiaux

    1. On a \((n+2)! = (n+2)(n+1)\,n!\). Donc \(\frac{(n+2)!}{n!} = (n+1)(n+2)\). De même, \(\frac{(2n+2)!}{(2n)!} = (2n+1)(2n+2)\).
    2. Chacun des \(n\) facteurs contient un \(2\). Donc \(\prod_{k=1}^{n} 2k = 2^{n}\prod_{k=1}^{n} k = 2^{n}n!\). Ensuite, \((2n)!\) est le produit des entiers de \(1\) à \(2n\). On sépare les facteurs pairs \(2k\) et impairs \(2k-1\), pour \(k\) de \(1\) à \(n\) : \((2n)! = 2^{n}n!\,\prod_{k=1}^{n}(2k-1)\). Donc \(\prod_{k=1}^{n}(2k-1) = \frac{(2n)!}{2^{n}n!}\).
    3. D’abord, \(\binom\,{7}{3} = \frac{7 \times 6 \times 5}{3 \times 2 \times 1} = 35\). Ensuite, par symétrie, \(\binom\,{10}{8} = \binom\,{10}{2} = \frac{10 \times 9}{2} = 45\). Enfin, \(\binom\,{n}{2} = \frac{n!}{2!\,(n-2)!} = \frac{n(n-1)}{2}\), valable aussi pour \(n = 1\). Les valeurs sont \(35\), \(45\) et \(\frac{n(n-1)}{2}\).
    4. Pour \(1 \leq\, k \leq\, n\), on simplifie \(k\) avec \(k!\) :
      \[k\binom\,{n}{k} = \frac{n!}{(k-1)!\,(n-k)!} = n\cdot\frac{(n-1)!}{(k-1)!\,\big((n-1)-(k-1)\big)!} = n\binom\,{n-1}{k-1}.\]
      La formule est démontrée.
    5. On applique la formule de Pascal au rang \(n + 1\), puis deux fois au rang \(n\) :
      \[\binom\,{n+2}{k+2} = \binom\,{n+1}{k+1} + \binom\,{n+1}{k+2} = [\binom\,{n}{k} + \binom\,{n}{k+1}] + [\binom\,{n}{k+1} + \binom\,{n}{k+2}].\]
      Donc \(\binom\,{n+2}{k+2} = \binom\,{n}{k} + 2\binom\,{n}{k+1} + \binom\,{n}{k+2}\) pour tout \(k \in \mathbb{Z}\).

    Corrigé de l’exercice 11 : Formule du binôme et coefficient d’un terme

    1. La ligne \(5\) du triangle de Pascal est \(1, 5, 10, 10, 5, 1\). Le terme en \(x^{5-k}\) vaut \(\binom\,{5}{k}2^{k}x^{5-k}\). Ainsi \((x+2)^{5} = x^{5} + 10x^{4} + 40x^{3} + 80x^{2} + 80x + 32\). De même, avec la ligne \(1, 4, 6, 4, 1\) et des signes alternés, \((1-x)^{4} = 1 – 4x + 6x^{2} – 4x^{3} + x^{4}\).
    2. Par la formule du binôme, le terme d’indice \(k\) vaut
      \[\binom\,{9}{k}(2x)^{9-k}(-\frac{1}{x})^{k} = \binom\,{9}{k}2^{9-k}(-1)^{k}x^{9-2k}.\]
      L’exposant vaut \(3\) si et seulement si \(k = 3\). Le coefficient cherché est \(\binom\,{9}{3}2^{6}(-1)^{3} = -84 \times 64\). Le coefficient de \(x^{3}\) vaut \(-5376\). Enfin, un terme constant exigerait \(9 – 2k = 0\), ce qui est impossible car \(9\) est impair. Il n’y a pas de terme constant.
    3. Par la formule du binôme, \((1 + \sqrt{2})^{4} + (1 – \sqrt{2})^{4} = \sum_{k=0}^{4}\binom\,{4}{k}\sqrt{2}^{\,k}\big(1 + (-1)^{k}\big)\). Les termes d’indice impair s’annulent. Il reste
      \[2(\binom\,{4}{0} + \binom\,{4}{2}\cdot 2 + \binom\,{4}{4}\cdot 4) = 2(1 + 12 + 4).\]
      La somme vaut \(34\).

    Corrigé de l’exercice 12 : Sommes binomiales classiques

    1. Par la formule du binôme avec \(a = 2\) et \(b = 1\), \(\sum_{k=0}^{n}\binom\,{n}{k}2^{k} = (2+1)^{n} = 3^{n}\).
    2. Le terme \(k = 0\) est nul. Pour \(k \geq\, 1\), la formule « pion » donne \(k\binom\,{n}{k} = n\binom\,{n-1}{k-1}\). Donc, avec \(j = k – 1\), \(\sum_{k=0}^{n} k\binom\,{n}{k} = n\sum_{j=0}^{n-1}\binom\,{n-1}{j} = n\,2^{n-1}\). Ensuite, pour \(k \geq\, 2\), on applique deux fois la formule « pion » :
      \[k(k-1)\binom\,{n}{k} = (k-1)\,n\binom\,{n-1}{k-1} = n(n-1)\binom\,{n-2}{k-2}.\]
      Les termes \(k = 0\) et \(k = 1\) sont nuls. Par conséquent, \(\sum_{k=0}^{n} k(k-1)\binom\,{n}{k} = n(n-1)2^{n-2}\). Enfin, \(k^{2} = k(k-1) + k\), donc la somme vaut \(n(n-1)2^{n-2} + 2n\,2^{n-2}\). Ainsi \(\sum_{k=0}^{n} k^{2}\binom\,{n}{k} = n(n+1)2^{n-2}\). Pour \(n = 2\) : \(0 + 2 + 4 = 6 = 2 \times 3 \times 1\).
    3. Pour \(0 \leq\, k \leq\, n\), on a \(\frac{1}{k+1}\binom\,{n}{k} = \frac{n!}{(k+1)!\,(n-k)!} = \frac{1}{n+1}\cdot\frac{(n+1)!}{(k+1)!\,\big((n+1)-(k+1)\big)!}\). C’est bien \(\frac{1}{n+1}\binom\,{n+1}{k+1}\). Avec \(j = k + 1\) :
      \[\sum_{k=0}^{n}\frac{1}{k+1}\binom\,{n}{k} = \frac{1}{n+1}\sum_{j=1}^{n+1}\binom\,{n+1}{j} = \frac{1}{n+1}(2^{n+1} – \binom\,{n+1}{0}).\]
      La somme vaut \(\frac{2^{n+1} – 1}{n+1}\).
    4. Notons \(P\) la somme des termes d’indice pair et \(I\) celle des termes d’indice impair. D’une part, \(P + I = \sum_{k}\binom\,{n}{k} = 2^{n}\). D’autre part, \(P – I = \sum_{k}(-1)^{k}\binom\,{n}{k} = (1 – 1)^{n} = 0\), car \(n \geq\, 1\). En additionnant, \(2P = 2^{n}\). Donc \(P = 2^{n-1}\).

    Corrigé de l’exercice 13 : Somme des carrés des coefficients binomiaux

    1. Par la formule du binôme, \((1+x)^{n} = \sum_{i=0}^{n}\binom\,{n}{i}x^{i}\). Le produit de deux sommes est une somme double :
      \[(1+x)^{n}(1+x)^{n} = \sum_{0 \leq\, i, j \leq\, n}\binom\,{n}{i}\binom\,{n}{j}x^{i+j}.\]
      On regroupe les couples selon \(m = i + j\), qui varie de \(0\) à \(2n\). À \(m\) fixé, on a \(j = m – i\). Grâce à la convention \(\binom\,{n}{j} = 0\) pour \(j < 0\) ou \(j > n\), on peut laisser \(i\) varier de \(0\) à \(m\). Le coefficient de \(x^{m}\) est donc \(\sum_{i=0}^{m}\binom\,{n}{i}\binom\,{n}{m-i}\).
    2. D’autre part, \((1+x)^{2n} = \sum_{m=0}^{2n}\binom\,{2n}{m}x^{m}\). Les deux fonctions polynomiales sont égales sur \(\mathbb{R}\). Par le résultat admis, leurs coefficients coïncident. Donc \(\sum_{i=0}^{m}\binom\,{n}{i}\binom\,{n}{m-i} = \binom\,{2n}{m}\).
    3. On prend \(m = n\). Par symétrie, \(\binom\,{n}{n-i} = \binom\,{n}{i}\). Donc \(\sum_{k=0}^{n}\binom\,{n}{k}^{2} = \binom\,{2n}{n}\). Pour \(n = 4\), on trouve \(1 + 16 + 36 + 16 + 1 = 70\), et \(\binom\,{8}{4} = \frac{8 \times 7 \times 6 \times 5}{24} = 70\).

    Corrigé de l’exercice 14 : Formule de la crosse de hockey

    1. La formule de Pascal, valable pour tout \(k \in \mathbb{N}\), donne \(\binom\,{k}{p} + \binom\,{k}{p+1} = \binom\,{k+1}{p+1}\). Donc \(\binom\,{k}{p} = \binom\,{k+1}{p+1} – \binom\,{k}{p+1}\).
    2. On pose \(u_k = \binom\,{k}{p+1}\). La question 1 s’écrit \(\binom\,{k}{p} = u_{k+1} – u_k\). Par télescopage, \(\sum_{k=p}^{n}\binom\,{k}{p} = u_{n+1} – u_p\). Or \(u_p = \binom\,{p}{p+1} = 0\). Donc \(\sum_{k=p}^{n}\binom\,{k}{p} = \binom\,{n+1}{p+1}\).
    3. Pour \(p = 2\) et \(n = 6\), la colonne des \(\binom\,{k}{2}\) donne \(1 + 3 + 6 + 10 + 15 = 35\). Or \(\binom\,{7}{3} = 35\). Le résultat est vérifié. La figure montre cette « crosse » dans le triangle de Pascal.

      Triangle de Pascal où la colonne 1, 3, 6, 10, 15 et le coefficient 35 forment une crosse de hockey

    4. Pour \(p = 1\), on obtient \(\sum_{k=1}^{n} k = \binom\,{n+1}{2} = \frac{n(n+1)}{2}\). Pour \(p = 2\), comme \(\binom\,{k}{2} = \frac{k(k-1)}{2}\), on obtient \(\sum_{k=2}^{n}\frac{k(k-1)}{2} = \binom\,{n+1}{3}\). Le terme \(k = 1\) de \(k(k-1)\) est nul, donc \(\sum_{k=1}^{n} k(k-1) = \frac{(n+1)n(n-1)}{3}\). Enfin, \(k^{2} = k(k-1) + k\) :
      \[\sum_{k=1}^{n} k^{2} = \frac{(n-1)n(n+1)}{3} + \frac{n(n+1)}{2} = \frac{n(n+1)}{6}\big(2(n-1) + 3\big).\]
      On retrouve \(\sum_{k=1}^{n} k^{2} = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\).

    Corrigé de l’exercice 15 : Système 3×3 par la méthode du pivot

    1. On prend la première ligne comme pivot. Les opérations \(L_2 arrow L_2 – 2L_1\) et \(L_3 arrow L_3 – L_1\) donnent
      \[\begin{cases} x + y + z = 6 \\ -3y – z = -9 \\ y – 2z = -4 \end{cases} \iff \begin{cases} x + y + z = 6 \\ y – 2z = -4 \\ -7z = -21. \end{cases}\]
      On a échangé \(L_2\) et \(L_3\), pour avoir un pivot égal à \(1\), puis effectué \(L_3 arrow L_3 + 3L_2\). Ainsi \(z = 3\), puis \(y = -4 + 6 = 2\), enfin \(x = 6 – 2 – 3 = 1\). L’unique solution est \((1, 2, 3)\). On vérifie : \(2 – 2 + 3 = 3\) et \(1 + 4 – 3 = 2\).
    2. Avec \(L_2 arrow L_2 – 2L_1\) et \(L_3 arrow L_3 – L_1\), on obtient \(-y + 3z = 2\) et \(-y + 3z = 4\). Ensuite, \(L_3 arrow L_3 – L_2\) donne \(0 = 2\). Le système est incompatible : il n’a aucune solution.
    3. Les mêmes opérations donnent cette fois \(-y + 3z = 2\) deux fois, puis \(0 = 0\). Le système équivaut à \(x + 2y – z = 1\) et \(y = 3z – 2\). L’inconnue \(z\) est libre. Ensuite, \(x = 1 – 2(3z – 2) + z = 5 – 5z\). L’ensemble des solutions est \(\{(5 – 5z,\ 3z – 2,\ z) \ : \ z \in \mathbb{R}\}\). Pour \(z = 0\), on vérifie que \((5, -2, 0)\) convient dans les trois équations.

    Point de méthode : vérifiez toujours la solution trouvée dans les équations de départ ; cela prend dix secondes et détecte presque toutes les erreurs de signe.

    Corrigé de l’exercice 16 : Système linéaire à paramètre

    1. On effectue \(L_2 arrow L_2 – L_1\) et \(L_3 arrow L_3 – mL_1\). Ces opérations sont licites pour toute valeur de \(m\). On obtient
      \[\begin{cases} x + y + mz = 1 \\ (m-1)y + (1-m)z = 0 \\ (1-m)y + (1-m^{2})z = 1 – m. \end{cases}\]
      En effet, \(1 – m \cdot m = 1 – m^{2}\) et \(1 – m \cdot 1 = 1 – m\). C’est le système réduit après le premier pivot.
    2. Premier cas : \(m = 1\). Les deux dernières lignes deviennent \(0 = 0\). Le système équivaut à \(x + y + z = 1\). Les solutions sont les triplets \((1 – y – z,\ y,\ z)\), avec \(y, z\) réels quelconques.
      Si \(m \neq 1\), on peut diviser \(L_2\) par \(m – 1\) et \(L_3\) par \(1 – m\). Comme \(1 – m^{2} = (1-m)(1+m)\), on obtient \(y – z = 0\) et \(y + (1+m)z = 1\). Ensuite, \(L_3 arrow L_3 – L_2\) donne \((m + 2)z = 1\).
      Deuxième cas : \(m = -2\). La dernière ligne devient \(0 = 1\). Le système n’a aucune solution.
      Troisième cas : \(m \notin \{1, -2\}\). Alors \(z = \frac{1}{m+2}\), puis \(y = z\), enfin \(x = 1 – y – mz = 1 – \frac{1 + m}{m + 2} = \frac{1}{m+2}\). L’unique solution est \((\frac{1}{m+2}, \frac{1}{m+2}, \frac{1}{m+2})\). On vérifie : chaque équation donne \(\frac{m + 2}{m + 2} = 1\).

    Corrigé de l’exercice 17 : Inéquations avec valeurs absolues

    1. On a \(|2x – 3| \leq\, 5 \iff -5 \leq\, 2x – 3 \leq\, 5 \iff -2 \leq\, 2x \leq\, 8\). L’ensemble des solutions est \([-1, 4]\).
    2. Les expressions \(x – 1\) et \(x + 2\) changent de signe en \(1\) et en \(-2\). On découpe donc \(\mathbb{R}\) en trois intervalles.
      • Si \(x \leq\, -2\) : \(f(x) = (1 – x) + (-x – 2) = -2x – 1\). Donc \(f(x) \leq\, 5 \iff x \geq\, -3\). On garde \([-3, -2]\).
      • Si \(-2 \leq\, x \leq\, 1\) : \(f(x) = (1 – x) + (x + 2) = 3 \leq\, 5\). Tout l’intervalle convient.
      • Si \(x \geq\, 1\) : \(f(x) = 2x + 1\). Donc \(f(x) \leq\, 5 \iff x \leq\, 2\). On garde \([1, 2]\).

      En réunissant, l’ensemble des solutions est \([-3, 2]\). La figure ci-dessous le confirme : c’est l’ensemble des abscisses où le graphe de \(f\) est sous la droite \(y = 5\).

      Graphe de f sous la droite y = 5 entre les abscisses -3 et 2, intervalle solution en couleur

    3. Les deux membres sont positifs, et la fonction carré est strictement croissante sur \(\mathbb{R}_+\). Donc l’inéquation équivaut à \((x-1)^{2} < (x+3)^{2}\). En développant, \(x^{2} – 2x + 1 < x^{2} + 6x + 9\), soit \(-8 < 8x\). L’ensemble des solutions est \(]-1, +\infty[\). Géométriquement, ce sont les réels plus proches de \(1\) que de \(-3\).
    4. On a \(|x^{2} – 4| \leq\, 3 \iff -3 \leq\, x^{2} – 4 \leq\, 3 \iff 1 \leq\, x^{2} \leq\, 7\). Or \(x^{2} = |x|^{2}\), donc cela équivaut à \(1 \leq\, |x| \leq\, \sqrt{7}\). L’ensemble des solutions est \([-\sqrt{7}, -1] \cup [1, \sqrt{7}]\).

    Corrigé de l’exercice 18 : Équations et sommes avec partie entière

    1. Par définition, \(\lfloor 2x – 1 \rfloor = 3 \iff 3 \leq\, 2x – 1 < 4 \iff 4 \leq\, 2x < 5\). L’ensemble des solutions est \([2, \frac{5}{2}[\). La figure ci-dessous montre la marche de hauteur \(3\) du graphe.

      Graphe en escalier de la partie entière de 2x moins 1, marche de hauteur 3 entre 2 et 5/2

    2. Si \(x \in \mathbb{Z}\), alors \(-x \in \mathbb{Z}\), donc \(\lfloor x \rfloor + \lfloor -x \rfloor = x – x = 0\). Sinon, notons \(n = \lfloor x \rfloor\). Comme \(x\) n’est pas entier, \(n < x < n + 1\). Donc \(-n – 1 < -x < -n\), ce qui donne \(\lfloor -x \rfloor = -n – 1\). La somme vaut donc \(0\) si \(x \in \mathbb{Z}\) et \(-1\) sinon.
    3. Notons \(n = \lfloor x \rfloor\) et \(r = x – n \in [0, 1[\). D’abord, si \(r < \frac{1}{2}\), alors \(n \leq\, x + \frac{1}{2} < n + 1\), donc \(\lfloor x + \frac{1}{2} \rfloor = n\). De plus, \(2x = 2n + 2r\) avec \(0 \leq\, 2r < 1\), donc \(\lfloor 2x \rfloor = 2n\). Les deux membres valent \(2n\). Ensuite, si \(r \geq\, \frac{1}{2}\), alors \(n + 1 \leq\, x + \frac{1}{2} < n + \frac{3}{2}\), donc \(\lfloor x + \frac{1}{2}\rfloor = n + 1\). De même, \(1 \leq\, 2r < 2\) donne \(\lfloor 2x \rfloor = 2n + 1\). Dans les deux cas, \(\lfloor x \rfloor + \lfloor x + \frac{1}{2} \rfloor = \lfloor 2x \rfloor\).
    4. On sépare les indices impairs \(k = 2p – 1\) et pairs \(k = 2p\), pour \(p\) de \(1\) à \(n\). On a \(\lfloor \frac{2p-1}{2} \rfloor = \lfloor p – \frac{1}{2} \rfloor = p – 1\) et \(\lfloor \frac{2p}{2} \rfloor = p\). Donc la somme vaut \(\sum_{p=1}^{n}(2p – 1) = n(n+1) – n\). Ainsi \(\sum_{k=1}^{2n}\lfloor \frac{k}{2} \rfloor = n^{2}\).
    5. On a \(\lfloor x^{2} \rfloor = 2 \iff 2 \leq\, x^{2} < 3 \iff \sqrt{2} \leq\, |x| < \sqrt{3}\). L’ensemble des solutions est \(]-\sqrt{3}, -\sqrt{2}] \cup [\sqrt{2}, \sqrt{3}[\).

    Corrigé de l’exercice 19 : Majorants, minorants, maximum et minimum

    1. Notons \(a_n = (-1)^{n} + \frac{1}{n}\). On trouve \(a_1 = 0\), \(a_2 = \frac{3}{2}\), \(a_3 = -\frac{2}{3}\), \(a_4 = \frac{5}{4}\), \(a_5 = -\frac{4}{5}\) et \(a_6 = \frac{7}{6}\). Les rangs pairs donnent des valeurs supérieures à \(1\), les rangs impairs des valeurs de \(]-1, 0]\).
    2. Si \(n\) est pair, alors \(n \geq\, 2\), donc \(a_n = 1 + \frac{1}{n} \leq\, \frac{3}{2}\). Si \(n\) est impair, alors \(a_n = -1 + \frac{1}{n} \leq\, 0 \leq\, \frac{3}{2}\). Ainsi, \(\frac{3}{2}\) est un majorant de \(A\). De plus, \(\frac{3}{2} = a_2\) appartient à \(A\). Donc \(A\) admet un maximum, égal à \(\frac{3}{2}\).
    3. Pour tout \(n\), on a \((-1)^{n} \geq\, -1\) et \(\frac{1}{n} > 0\), donc \(a_n > -1\). Ainsi, \(-1\) minore \(A\). Montrons ensuite qu’aucun élément de \(A\) n’est un minimum. Soit \(a_n \in A\). Si \(n\) est pair, alors \(a_1 = 0 < 1 < a_n\). Si \(n\) est impair, alors \(n + 2\) est impair et \(a_{n+2} = -1 + \frac{1}{n+2} < -1 + \frac{1}{n} = a_n\). Dans les deux cas, \(A\) contient un élément strictement plus petit que \(a_n\). Donc \(A\) n’admet pas de minimum. La figure de l’énoncé montre bien les rangs impairs s’accumuler vers \(-1\) sans l’atteindre.
    4. Soit \(m\) un minorant de \(A\). Supposons par l’absurde que \(m > -1\). Posons \(u = \frac{1}{m+1} > 0\) et \(N = 2\lfloor u \rfloor + 1\). L’entier \(N\) est impair. De plus, \(\lfloor u \rfloor \geq\, 0\), donc \(N \geq\, \lfloor u \rfloor + 1 > u\). Par conséquent, \(\frac{1}{N} < m + 1\), c’est-à-dire \(a_N = -1 + \frac{1}{N} < m\). C’est absurde, car \(m\) minore \(A\). Donc tout minorant de \(A\) vérifie \(m \leq\, -1\) : \(-1\) est le plus grand des minorants.
    5. On factorise : \(x^{2} – 3x + 2 = (x-1)(x-2)\). Ce trinôme est strictement négatif entre ses racines. Donc \(B = ]1, 2[\). Tout réel \(M \geq\, 2\) majore \(B\). En revanche, si \(M < 2\), le réel \(x = \frac{\max(M, 1) + 2}{2}\) est dans \(B\) et vérifie \(x > M\). Les majorants de \(B\) forment \([2, +\infty[\) et, de même, ses minorants forment \(]-\infty, 1]\). Enfin, pour tout \(x \in B\), le réel \(\frac{x + 2}{2}\) est dans \(B\) et plus grand que \(x\). Donc \(B\) n’a pas de maximum ; de même, il n’a pas de minimum.

    Corrigé de l’exercice 20 : Encadrer une somme et un produit

    1. On additionne les encadrements : \(-2 \leq\, x + y \leq\, 1\). Pour la différence, on encadre d’abord \(-y \in [1, 3]\), puis on additionne : \(2 \leq\, x – y \leq\, 5\). Pour le produit, on travaille avec des nombres positifs. En effet, \(|y| = -y \in [1, 3]\), donc \(1 \leq\, x|y| \leq\, 6\). Comme \(xy = -x|y|\), on obtient \(-6 \leq\, xy \leq\, -1\). Enfin, \(\frac{1}{3} \leq\, \frac{1}{|y|} \leq\, 1\), donc \(\frac{1}{3} \leq\, \frac{x}{|y|} \leq\, 2\). Ainsi \(-2 \leq\, \frac{x}{y} \leq\, -\frac{1}{3}\). Ces bornes sont atteintes, par exemple \(\frac{x}{y} = -2\) pour \(x = 2\) et \(y = -1\).
    2. Pour \(n = 1\), les trois nombres valent \(1\). Pour \(n \geq\, 2\), on a \(n! = \prod_{k=2}^{n} k\), produit de \(n – 1\) facteurs positifs tous supérieurs ou égaux à \(2\). Donc \(n! \geq\, 2^{n-1}\). De plus, chacun des \(n\) facteurs de \(\prod_{k=1}^{n} k\) est compris entre \(0\) et \(n\). Donc \(n! \leq\, n^{n}\). Ainsi \(2^{n-1} \leq\, n! \leq\, n^{n}\).
    3. On développe : \((k-1)(n-k) = kn – k^{2} – n + k = k(n + 1 – k) – n\). L’identité est vérifiée. Pour \(1 \leq\, k \leq\, n\), les deux facteurs \(k – 1\) et \(n – k\) sont positifs. Donc \(k(n+1-k) \geq\, n\). Ensuite, le retournement \(j = n + 1 – k\) montre que \(n! = \prod_{k=1}^{n}(n+1-k)\). Par conséquent,
      \[(n!)^{2} = \prod_{k=1}^{n} k \times \prod_{k=1}^{n}(n+1-k) = \prod_{k=1}^{n} k(n+1-k) \geq\, \prod_{k=1}^{n} n.\]
      On a multiplié des inégalités entre nombres positifs. Donc \((n!)^{2} \geq\, n^{n}\).
    4. Pour \(k \geq\, 1\), on a \((2k-1)(2k+1) = 4k^{2} – 1 < 4k^{2}\). Les dénominateurs étant positifs, cela donne \(\frac{2k-1}{2k} < \frac{2k}{2k+1}\). On multiplie ces \(n\) inégalités entre nombres positifs : \(P_n \leq\, Q_n\). Ensuite, en regroupant les facteurs de même \(k\),
      \[P_n Q_n = \prod_{k=1}^{n}\frac{2k-1}{2k+1} = \frac{1}{2n+1}.\]
      En effet, c’est un produit télescopique avec \(u_k = 2k – 1\) et \(u_{k+1} = 2k + 1\). Par conséquent, \(P_n^{2} \leq\, P_n Q_n = \frac{1}{2n+1}\). Comme \(P_n > 0\), on conclut que \(P_n \leq\, \frac{1}{\sqrt{2n+1}}\).

    Point de méthode : pour majorer un produit qu’on ne sait pas calculer, on cherche un produit « jumeau » plus grand dont le produit avec le premier télescope.

    Corrigé de l’exercice 21 : Inégalité triangulaire et encadrements

    1. On écrit \(x – z = (x – y) + (y – z)\), puis on applique l’inégalité triangulaire. Donc \(|x – z| \leq\, |x – y| + |y – z|\). Autrement dit, la distance directe est plus courte que le détour par \(y\).
    2. D’abord, \(2x = (x + y) + (x – y)\), donc \(2|x| \leq\, |x + y| + |x – y|\). Ensuite, \(2y = (x + y) – (x – y)\), donc \(2|y| \leq\, |x + y| + |x – y|\). En additionnant et en divisant par \(2\), on obtient \(|x| + |y| \leq\, |x + y| + |x – y|\).
    3. On a \(|x + 2| = |(x – 2) + 4| \leq\, |x – 2| + 4 \leq\, \frac{9}{2}\). Donc \(|x^{2} – 4| = |x – 2|\,|x + 2| \leq\, \frac{1}{2}\cdot\frac{9}{2}\). Ainsi \(|x^{2} – 4| \leq\, \frac{9}{4}\). Ensuite, l’hypothèse donne \(\frac{3}{2} \leq\, x \leq\, \frac{5}{2}\), donc \(x > 0\) et \(|x| \geq\, \frac{3}{2}\). Par conséquent,
      \[|\frac{1}{x} – \frac{1}{2}| = \frac{|2 – x|}{2|x|} \leq\, \frac{1/2}{2 \times 3/2} = \frac{1}{6}.\]
      On a majoré le numérateur et minoré le dénominateur positif. Donc \(|\frac{1}{x} – \frac{1}{2}| \leq\, \frac{1}{6}\).
    4. Pour \(n = 1\), c’est une égalité. Supposons l’inégalité vraie au rang \(n\). Par l’inégalité triangulaire, puis l’hypothèse de récurrence :
      \[|\sum_{k=1}^{n+1} a_k| \leq\, |\sum_{k=1}^{n} a_k| + |a_{n+1}| \leq\, \sum_{k=1}^{n+1}|a_k|.\]
      L’inégalité est donc vraie pour tout \(n \geq\, 1\). Ensuite, \(|\sin k| \leq\, 1\), donc
      \[|\sum_{k=1}^{n}\frac{\sin k}{2^{k}}| \leq\, \sum_{k=1}^{n}\frac{1}{2^{k}} = 1 – \frac{1}{2^{n}} < 1.\]
      La somme est donc strictement comprise entre \(-1\) et \(1\).

    Corrigé de l’exercice 22 : Problème : sommes des puissances d’entiers

    1. Soit \(k \geq\, 1\). Par la formule du binôme, \((k+1)^{p+1} = \sum_{j=0}^{p+1}\binom\,{p+1}{j}k^{j}\). Le terme \(j = p + 1\) vaut \(k^{p+1}\), donc
      \[(k+1)^{p+1} – k^{p+1} = \sum_{j=0}^{p}\binom\,{p+1}{j}k^{j}.\]
      On somme pour \(k\) de \(1\) à \(n\). À gauche, le télescopage laisse \((n+1)^{p+1} – 1\). À droite, on intervertit les deux sommes finies. On obtient \(\sum_{j=0}^{p}\binom\,{p+1}{j}\sum_{k=1}^{n}k^{j}\). Enfin, \(\sum_{k=1}^{n} k^{0} = n = S_0(n)\). La relation est démontrée.
    2. Pour \(p = 1\), la relation s’écrit \(S_0 + 2S_1 = (n+1)^{2} – 1 = n^{2} + 2n\). Donc \(S_1(n) = \frac{n(n+1)}{2}\). Pour \(p = 2\), elle s’écrit \(S_0 + 3S_1 + 3S_2 = (n+1)^{3} – 1\). Ainsi,
      \[3S_2 = n^{3} + 3n^{2} + 3n – n – \frac{3n(n+1)}{2} = n^{3} + \frac{3}{2}n^{2} + \frac{1}{2}n = \frac{n(n+1)(2n+1)}{2}.\]
      Donc \(S_2(n) = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\).
    3. Pour \(p = 3\), on a \(S_0 + 4S_1 + 6S_2 + 4S_3 = (n+1)^{4} – 1 = n^{4} + 4n^{3} + 6n^{2} + 4n\). Or \(S_0 + 4S_1 + 6S_2 = n + 2n^{2} + 2n + 2n^{3} + 3n^{2} + n\). Cette expression vaut \(2n^{3} + 5n^{2} + 4n\). Par différence, \(4S_3 = n^{4} + 2n^{3} + n^{2} = n^{2}(n+1)^{2}\). Donc \(S_3(n) = \frac{n^{2}(n+1)^{2}}{4} = S_1(n)^{2}\).
    4. Notons \(\mathcal{P}(p)\) l’assertion de l’énoncé. Pour \(p = 0\), on a \(S_0(n) = n = \frac{n^{1}}{1} + 0\) : \(\mathcal{P}(0)\) est vraie avec \(c_0 = 0\). Soit \(p \geq\, 1\), et supposons \(\mathcal{P}(j)\) vraie pour tout \(j \leq\, p – 1\). La question 1 donne
      \[(p+1)S_p(n) = (n+1)^{p+1} – 1 – \sum_{j=0}^{p-1}\binom\,{p+1}{j}S_j(n).\]
      D’abord, la formule du binôme donne \((n+1)^{p+1} = n^{p+1} + \sum_{i=0}^{p}\binom\,{p+1}{i}n^{i}\). Ensuite, pour \(j \leq\, p – 1\), l’hypothèse de récurrence écrit \(S_j(n)\) comme combinaison à coefficients rationnels de \(n^{0}, \ldots, n^{j+1}\), avec \(j + 1 \leq\, p\). Par conséquent, il existe des rationnels \(d_0, \ldots, d_p\), indépendants de \(n\), tels que \((p+1)S_p(n) = n^{p+1} + \sum_{i=0}^{p} d_i n^{i}\). En divisant par \(p + 1\), on pose \(c_i = \frac{d_i}{p+1}\). Ainsi \(\mathcal{P}(p)\) est vraie, et le résultat vaut pour tout \(p \in \mathbb{N}\) par récurrence forte.
    5. Soit \(k \geq\, 1\). La fonction \(t \mapsto t^{p}\) est croissante sur \(\mathbb{R}_+\). Pour \(t \in [k-1, k]\), on a donc \(t^{p} \leq\, k^{p}\). Par croissance de l’intégrale sur un intervalle de longueur \(1\), \(\int_{k-1}^{k} t^{p}\,dt \leq\, k^{p}\). De même, \(t^{p} \geq\, k^{p}\) sur \([k, k+1]\) donne la seconde inégalité. On somme pour \(k\) de \(1\) à \(n\), avec la relation de Chasles :
      \[\int_{0}^{n} t^{p}\,dt \leq\, S_p(n) \leq\, \int_{1}^{n+1} t^{p}\,dt.\]
      Cela donne \(\frac{n^{p+1}}{p+1} \leq\, S_p(n) \leq\, \frac{(n+1)^{p+1} – 1}{p+1}\). La figure ci-dessous illustre la minoration pour \(p = 2\) et \(n = 5\) : les rectangles de hauteur \(k^{2}\) recouvrent l’aire sous la courbe. On divise ensuite par \(n^{p+1} > 0\) :
      \[\frac{1}{p+1} \leq\, \frac{S_p(n)}{n^{p+1}} \leq\, \frac{1}{p+1}((1 + \frac{1}{n})^{p+1} – \frac{1}{n^{p+1}}).\]
      Le majorant tend vers \(\frac{1}{p+1}\). Par le théorème des gendarmes, \(\frac{S_p(n)}{n^{p+1}}\) tend vers \(\frac{1}{p+1}\).

      Courbe de t au carré entre 0 et 5 et rectangles de hauteurs 1, 4, 9, 16, 25 situés au-dessus

    Point de méthode : la relation de la question 1 permet de calculer les \(S_p\) de proche en proche ; retenez surtout le terme dominant \(\frac{n^{p+1}}{p+1}\).

    Corrigé de l’exercice 23 : Problème : inégalité de Cauchy-Schwarz discrète

    1. On développe le carré : \((a_ib_j – a_jb_i)^{2} = a_i^{2}b_j^{2} – 2a_ib_ia_jb_j + a_j^{2}b_i^{2}\). On somme sur tous les couples. D’abord, \(\sum_{i,j} a_i^{2}b_j^{2} = (\sum_i a_i^{2})(\sum_j b_j^{2}) = AB\). Par symétrie des rôles de \(i\) et \(j\), le troisième terme donne aussi \(AB\). Enfin, \(\sum_{i,j}(a_ib_i)(a_jb_j) = C^{2}\), car c’est le produit de deux sommes. Donc \(D = 2AB – 2C^{2} = 2(AB – C^{2})\).
    2. Le nombre \(D\) est une somme de carrés de réels, donc \(D \geq\, 0\). Par conséquent \(C^{2} \leq\, AB\). De plus, une somme de carrés est nulle si et seulement si chaque carré est nul. Il y a donc égalité si et seulement si \(a_ib_j = a_jb_i\) pour tous \(i, j\).
    3. Directement, l’inégalité s’écrit \(\frac{n^{2}(n+1)^{2}}{4} \leq\, \frac{n^{2}(n+1)(2n+1)}{6}\). Après division par \(\frac{n^{2}(n+1)}{12} > 0\), elle équivaut à \(3(n+1) \leq\, 2(2n+1)\), soit \(n \geq\, 1\). Elle est donc vraie. Par Cauchy-Schwarz, on prend \(a_k = 1\) et \(b_k = k\). Alors \(C = \sum k\), \(A = n\) et \(B = \sum k^{2}\). On retrouve \((\sum_{k=1}^{n} k)^{2} \leq\, n\sum_{k=1}^{n}k^{2}\).
    4. On pose \(a_k = \sqrt{x_k}\) et \(b_k = \frac{1}{\sqrt{x_k}}\), bien définis car \(x_k > 0\). Alors \(a_kb_k = 1\), donc \(C = n\). De plus, \(A = \sum x_k\) et \(B = \sum \frac{1}{x_k}\). Cauchy-Schwarz donne \((\sum x_k)(\sum \frac{1}{x_k}) \geq\, n^{2}\).
    5. On applique la question 4 avec \(x_k = k\). On obtient \(\frac{n(n+1)}{2}\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{k} \geq\, n^{2}\). En divisant par \(\frac{n(n+1)}{2} > 0\), il vient \(\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{k} \geq\, \frac{2n}{n+1}\).
    6. On prend \(a_k = 1\) et \(b_k = \sqrt{k}\). Alors \((\sum_{k=1}^{n}\sqrt{k})^{2} \leq\, n\sum_{k=1}^{n} k = \frac{n^{2}(n+1)}{2}\). Les deux membres sont positifs, et la racine carrée est croissante. Donc \(\sum_{k=1}^{n}\sqrt{k} \leq\, n\sqrt{\frac{n+1}{2}}\).

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    Pour aller plus loin en maths sup

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