Ce corrigé séries sup rédige entièrement les 22 exercices de la fiche, comme on l’attend en devoir surveillé. Chaque solution commence par vérifier les hypothèses : signe du terme général, monotonie de la fonction, décroissance de la suite dans une série alternée. Les théorèmes sont cités par leur nom, et les calculs intermédiaires sont détaillés.
Soyez vigilant sur trois points. D’abord, le critère des équivalents ne vaut que pour des termes de signe constant. Ensuite, on ne sépare jamais une série en deux sans savoir que les deux morceaux convergent. Enfin, une comparaison série-intégrale demande de surveiller les bornes de sommation.
Des figures illustrent les solutions : sommes partielles, encadrement d’une série alternée et comportement d’une suite récurrente.
Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths sup sur séries numériques.
Corrigé de l’exercice 1 : Sommes partielles et séries télescopiques
- Pour \(k \geq\, 1\), on a \(\frac{1}{k(k+1)} = \frac{(k+1) – k}{k(k+1)} = \frac{1}{k} – \frac{1}{k+1}\). La somme partielle est donc télescopique :
\[S_n = \sum_{k=1}^{n} (\frac{1}{k} – \frac{1}{k+1}) = 1 – \frac{1}{n+1}.\]
Ainsi, \(S_n \to 1\). La série converge et \(\sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{n(n+1)} = 1\). - Vérifions d’abord l’identité proposée. On a \(\frac{1}{n(n+1)} – \frac{1}{(n+1)(n+2)} = \frac{(n+2) – n}{n(n+1)(n+2)} = \frac{2}{n(n+1)(n+2)}\). Posons \(a_n = \frac{1}{n(n+1)}\). Alors
\[\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k(k+1)(k+2)} = \frac{1}{2}\sum_{k=1}^{n} (a_k – a_{k+1}) = \frac{1}{2}(a_1 – a_{n+1}) = \frac{1}{2}(\frac{1}{2} – \frac{1}{(n+1)(n+2)}).\]
Cette quantité tend vers \(\frac{1}{4}\). La série converge et sa somme vaut \(\frac{1}{4}\). - Pour \(n \geq\, 2\), on a \(1 – \frac{1}{n^2} = \frac{(n-1)(n+1)}{n^2} > 0\). Le logarithme transforme ce produit en somme :
\[\ln(1 – \frac{1}{n^2}) = \big(\ln(n-1) – \ln n\big) + \big(\ln(n+1) – \ln n\big).\]
Chaque parenthèse donne une somme télescopique. Pour \(N \geq\, 2\), on obtient
\[\sum_{n=2}^{N} \ln(1 – \frac{1}{n^2}) = (\ln 1 – \ln N) + \big(\ln(N+1) – \ln 2\big) = \ln\frac{N+1}{N} – \ln 2.\]
Or \(\frac{N+1}{N} \to 1\), donc \(\ln\frac{N+1}{N} \to 0\). La série converge et sa somme vaut \(-\ln 2\).
La figure ci-dessous montre les sommes partielles des deux premières séries. Elles s’approchent de leurs limites respectives \(1\) et \(\frac{1}{4}\), sans jamais les dépasser.
Point de méthode : découpez toujours la somme partielle avant de passer à la limite. En effet, séparer la série en deux séries divergentes, comme \(\sum \frac{1}{n}\) et \(\sum \frac{1}{n+1}\), n’a pas de sens.
Corrigé de l’exercice 2 : Divergence grossière
- D’abord, \(\cos\frac{1}{n} \to \cos 0 = 1\) par continuité du cosinus. Ensuite, \(\sin\frac{1}{n} \sim \frac{1}{n}\), donc \(n \sin\frac{1}{n} \to 1\). Enfin, \((1 + \frac{1}{n})^n = \exp(n \ln(1 + \frac{1}{n}))\). Or \(n\ln(1 + \frac{1}{n}) \to 1\), car \(\ln(1+x) \sim x\) en \(0\). Donc ce terme tend vers \(e\). Aucun de ces termes généraux ne tend vers \(0\) : les trois séries divergent grossièrement.
- La suite \(((-1)^n)\) n’a pas de limite : ses termes pairs valent \(1\) et ses termes impairs valent \(-1\). En particulier, elle ne tend pas vers \(0\). La série \(\sum (-1)^n\) diverge grossièrement.
- Posons \(g(x) = x – \ln(1+x)\) sur \(]-1, +\infty[\). Sa dérivée vaut \(g^{\prime}(x) = 1 – \frac{1}{1+x} = \frac{x}{1+x}\). Elle est négative sur \(]-1, 0]\) et positive sur \([0, +\infty[\). Donc \(g\) admet un minimum en \(0\), égal à \(g(0) = 0\). Ainsi, \(\ln(1+x) \leq\, x\) pour tout \(x > -1\).
- On a \(\ln(1 + \frac{1}{k}) = \ln(k+1) – \ln k\). La somme est télescopique : \(\sum_{k=1}^{n} \ln(1 + \frac{1}{k}) = \ln(n+1)\). D’après la question 3, appliquée à \(x = \frac{1}{k}\), on a \(\ln(1 + \frac{1}{k}) \leq\, \frac{1}{k}\). En sommant, \(H_n = \sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k} \geq\, \ln(n+1)\). Or \(\ln(n+1) \to +\infty\). Donc la série harmonique diverge, alors que \(\frac{1}{n} \to 0\).
Point de méthode : tester la divergence grossière est le premier réflexe, mais un terme général de limite nulle ne prouve rien.
Corrigé de l’exercice 3 : Séries géométriques et série exponentielle
- Les séries \(\sum (\frac{2}{3})^n\) et \(\sum (-\frac{1}{3})^n\) sont géométriques de raisons de valeur absolue strictement inférieure à \(1\). Elles convergent toutes les deux. Par linéarité,
\[\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{2^n + (-1)^n}{3^n} = \frac{1}{1 – \frac{2}{3}} + \frac{1}{1 + \frac{1}{3}} = 3 + \frac{3}{4}.\]
La somme vaut \(\frac{15}{4}\). - La série converge, car \(\frac{1}{3} < 1\). On factorise le premier terme :
\[\sum_{n=2}^{+\infty} \frac{1}{3^n} = \frac{1}{9}\sum_{j=0}^{+\infty} \frac{1}{3^j} = \frac{1}{9} \cdot \frac{3}{2} = \frac{1}{6}.\]
De même, \(R_n = \frac{1}{3^{n+1}} \cdot \frac{1}{1 – \frac{1}{3}}\). La somme vaut \(\frac{1}{6}\) et \(R_n = \frac{1}{2 \cdot 3^{n}}\). - D’après le cours, la série exponentielle \(\sum \frac{z^n}{n!}\) converge pour tout \(z\). Avec \(z = -2\), on obtient \(\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-2)^n}{n!} = e^{-2}\).
- On écrit \(\frac{n+1}{n!} = \frac{n}{n!} + \frac{1}{n!}\). Pour \(n \geq\, 1\), \(\frac{n}{n!} = \frac{1}{(n-1)!}\), et ce terme est nul pour \(n = 0\). Donc \(\sum \frac{n}{n!}\) converge et
\[\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{n}{n!} = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{(n-1)!} = \sum_{j=0}^{+\infty} \frac{1}{j!} = e.\]
Les deux séries convergent, donc on peut les additionner. La somme vaut \(e + e = 2e\).
Corrigé de l’exercice 4 : Comparaison avec les séries de Riemann
Tous les termes généraux sont positifs. On peut donc utiliser le critère des équivalents.
- On a \(n^2 + n + 1 \sim n^2\), donc \(u_n \sim \frac{1}{n^2}\). Or \(\sum \frac{1}{n^2}\) converge (Riemann, \(2 > 1\)). La série converge.
- On a \(u_n \sim \frac{\sqrt{n}}{n^2} = \frac{1}{n^{3/2}}\), avec \(\frac{3}{2} > 1\). La série converge.
- On a \(u_n \sim \frac{n}{n^2} = \frac{1}{n}\), et la série harmonique diverge. La série diverge.
- On a \(n(n+1) \sim n^2\), donc \(\sqrt{n(n+1)} \sim n\) et \(u_n \sim \frac{1}{n}\). La série diverge.
- Pour \(n \geq\, 1\), \(\frac{1}{n^2} \in ]0, 1]\), donc \(u_n > 0\). De plus, \(\sin x \sim x\) en \(0\), donc \(u_n \sim \frac{1}{n^2}\). La série converge.
Corrigé de l’exercice 5 : Nature par équivalents
- Le terme est positif et \(1 – \cos x \sim \frac{x^2}{2}\) en \(0\). Donc \(u_n \sim \frac{1}{2n^2}\). La série converge.
- Le terme est positif et \(e^{x} – 1 \sim x\) en \(0\). Donc \(u_n \sim \frac{1}{n}\). La série diverge.
- Pour \(n \geq\, 1\), \(\frac{1}{n} \in ]0, \frac{\pi}{2}[\), donc \(u_n > 0\). De plus, \(\tan x \sim x\) en \(0\), d’où \(u_n \sim \frac{1}{n^2}\). La série converge.
- On écrit \(n^{1/n} = e^{\ln n / n}\). Or \(\frac{\ln n}{n} \to 0\) par croissances comparées. Donc \(u_n \sim \frac{\ln n}{n}\), qui est positif. Ensuite, pour \(n \geq\, 3\), \(\ln n \geq\, 1\), donc \(\frac{\ln n}{n} \geq\, \frac{1}{n}\). Par comparaison avec la série harmonique, \(\sum \frac{\ln n}{n}\) diverge. Par équivalence, \(\sum u_n\) diverge.
- On multiplie par la quantité conjuguée : \(u_n = \frac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}} \sim \frac{1}{2\sqrt{n}}\). Or \(\sum \frac{1}{\sqrt{n}}\) diverge (Riemann, \(\frac{1}{2} \leq\, 1\)). Donc la série diverge. On le retrouve directement : \(\sum_{k=1}^{n} u_k = \sqrt{n+1} – 1 \to +\infty\). La série diverge.
Corrigé de l’exercice 6 : Comparaison à une série de Riemann par domination
Tous les termes sont positifs. On utilise la règle : si \(n^{\alpha} u_n \to 0\) avec \(\alpha > 1\), alors \(u_n = o(\frac{1}{n^{\alpha}})\) et la série converge.
- Avec \(\alpha = \frac{3}{2}\), on a \(n^{3/2} \cdot \frac{\ln n}{n^2} = \frac{\ln n}{\sqrt{n}} \to 0\) par croissances comparées. La série converge.
- On calcule \(n u_n = \frac{\sqrt{n}}{\ln n} \to +\infty\). Donc \(u_n \geq\, \frac{1}{n}\) à partir d’un certain rang. Par comparaison avec la série harmonique, la série diverge.
- On a \(n^2 e^{-\sqrt{n}} = \exp(2\ln n – \sqrt{n})\). Or \(2 \ln n – \sqrt{n} \to -\infty\), car \(\ln n = o(\sqrt{n})\). Ainsi \(e^{-\sqrt{n}} = o(\frac{1}{n^2})\). La série converge.
- De même, \(n^2 \cdot n^3 e^{-n} = n^5 e^{-n} \to 0\). La série converge.
- Pour \(n \geq\, 3\), \((\ln n)^{\ln n} = e^{\ln n \cdot \ln(\ln n)} = n^{\ln(\ln n)}\). Dès que \(\ln(\ln n) \geq\, 2\), c’est-à-dire \(n \geq\, e^{e^2}\), on a \(u_n \leq\, \frac{1}{n^2}\). Par comparaison avec \(\sum \frac{1}{n^2}\), la série converge.
Point de méthode : choisissez \(\alpha\) strictement entre \(1\) et l’exposant « visible ». Ainsi, pour \(\frac{\ln n}{n^2}\), tout \(\alpha \in ]1, 2[\) convient, car le logarithme est négligeable devant toute puissance.
Corrigé de l’exercice 7 : Convergence absolue
- Pour \(n \geq\, 1\), \(|\frac{\sin n}{n^2}| \leq\, \frac{1}{n^2}\). La série de Riemann \(\sum \frac{1}{n^2}\) converge. Par comparaison, \(\sum |\frac{\sin n}{n^2}|\) converge. La série converge absolument, donc elle converge.
- On a \(|\frac{(-1)^n n}{2^n}| = \frac{n}{2^n}\). Or \(n^2 \cdot \frac{n}{2^n} = \frac{n^3}{2^n} \to 0\) par croissances comparées. Donc \(\frac{n}{2^n} = o(\frac{1}{n^2})\). La série converge absolument.
- On a \(|\frac{e^{in\theta}}{n\sqrt{n}}| = \frac{1}{n^{3/2}}\), terme d’une série de Riemann convergente. La série complexe converge absolument, donc converge.
- Posons \(w_n = \frac{(-1)^n + \sin n}{n^2 + 1}\). Par l’inégalité triangulaire, \(|w_n| \leq\, \frac{2}{n^2+1} \leq\, \frac{2}{n^2}\). Donc \(\sum w_n\) converge absolument. Ensuite, le cours donne \(|\sum_{n=1}^{+\infty} w_n| \leq\, \sum_{n=1}^{+\infty} |w_n|\). Enfin, on compare terme à terme. Ainsi, \(|\sum_{n=1}^{+\infty} w_n| \leq\, 2\sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{n^2+1}\).
- On a \(|\frac{(-1)^n}{n}| = \frac{1}{n}\), et la série harmonique diverge. La série n’est pas absolument convergente. Elle converge pourtant, d’après le théorème des séries alternées : elle est semi-convergente.
Corrigé de l’exercice 8 : Séries alternées : premières applications
- La suite \((\frac{1}{\sqrt{n}})\) est positive, décroissante et tend vers \(0\). D’après le théorème des séries alternées, la série converge. Cependant, \(\sum \frac{1}{\sqrt{n}}\) diverge (Riemann, \(\frac{1}{2} \leq\, 1\)). La série converge, mais pas absolument.
- Pour \(n \geq\, 2\), \(\ln n > 0\). De plus, \(\ln\) est croissante et tend vers \(+\infty\). Donc \((\frac{1}{\ln n})_{n \geq\, 2}\) est positive, décroissante et de limite nulle. La série converge d’après le théorème des séries alternées.
- Posons \(h(x) = \frac{x}{x^2+1}\). On a \(h^{\prime}(x) = \frac{(x^2 + 1) – 2x^2}{(x^2+1)^2} = \frac{1 – x^2}{(x^2+1)^2}\). Donc \(h\) est décroissante sur \([1, +\infty[\). Par ailleurs, \(h(n) \geq\, 0\) et \(h(n) \sim \frac{1}{n} \to 0\). La série converge d’après le théorème des séries alternées.
- La suite \((\frac{1}{n})\) décroît vers \(0\). Le théorème donne \(|R_n| \leq\, \frac{1}{n+1}\). Il suffit donc que \(n + 1 \geq\, 100\). Par ailleurs, le reste a le signe de son premier terme, \(\frac{(-1)^{n+2}}{n+1}\). Pour \(n\) pair, ce terme est positif, donc \(\ln 2 – S_n = R_n \geq\, 0\). Le rang \(n = 99\) convient ; pour \(n\) pair, \(S_n\) est une valeur approchée par défaut.
Corrigé de l’exercice 9 : Encadrement de la série harmonique et constante d’Euler
- Pour \(t \in [k, k+1]\), on a \(\frac{1}{k+1} \leq\, \frac{1}{t} \leq\, \frac{1}{k}\), car \(t \mapsto \frac{1}{t}\) est décroissante sur \(]0, +\infty[\). On intègre sur un segment de longueur \(1\). Par croissance de l’intégrale, \(\frac{1}{k+1} \leq\, \int_{k}^{k+1} \frac{dt}{t} \leq\, \frac{1}{k}\).
- Sommons l’inégalité de droite pour \(k\) de \(1\) à \(n\). Par la relation de Chasles, \(\ln(n+1) = \int_{1}^{n+1} \frac{dt}{t} \leq\, H_n\). Ensuite, sommons l’inégalité de gauche pour \(k\) de \(1\) à \(n-1\) : \(H_n – 1 \leq\, \int_{1}^{n} \frac{dt}{t} = \ln n\). Ainsi, \(\ln(n+1) \leq\, H_n \leq\, 1 + \ln n\). Divisons par \(\ln n\) pour \(n \geq\, 2\). D’une part, \(\frac{\ln(n+1)}{\ln n} = 1 + \frac{\ln(1 + 1/n)}{\ln n} \to 1\). D’autre part, \(\frac{1 + \ln n}{\ln n} \to 1\). Par encadrement, \(H_n \sim \ln n\).
- On calcule \(u_{n+1} – u_n = \frac{1}{n+1} – \big(\ln(n+1) – \ln n\big) = \frac{1}{n+1} – \int_{n}^{n+1} \frac{dt}{t}\). D’après la question 1, cette différence est négative. De plus, \(u_n \geq\, \ln(n+1) – \ln n > 0\) d’après la question 2. La suite \((u_n)\) est décroissante et minorée par \(0\).
- D’après le théorème de la limite monotone, \((u_n)\) converge vers un réel \(\gamma\). Comme \(0 \leq\, u_n \leq\, u_1 = 1\), on a \(\gamma \in [0, 1]\). Ainsi, \(H_n = \ln n + \gamma + o(1)\). (Numériquement, \(\gamma \approx 0{,}577\).)
- La convergence de \((u_n)\) équivaut à celle de la série télescopique \(\sum (u_{n+1} – u_n)\). La série \(\sum_{n \geq\, 1} (\frac{1}{n+1} – \ln(1 + \frac{1}{n}))\) converge, et sa somme vaut \(\gamma – 1\). On peut le vérifier : ce terme est négatif et équivaut à \(-\frac{1}{2n^2}\).
Corrigé de l’exercice 10 : Séries de Bertrand particulières
- La fonction \(\varphi : t \mapsto t \ln t\) est dérivable sur \(]1, +\infty[\), de dérivée \(\ln t + 1 > 0\). Elle est donc strictement croissante et strictement positive sur cet intervalle. Par conséquent, \(f = \frac{1}{\varphi}\) est décroissante sur \(]1, +\infty[\).
- Une primitive de \(\frac{1}{t \ln t} = \frac{1/t}{\ln t}\) est \(\ln(\ln t)\) sur \(]1, +\infty[\). Donc \(\int_{2}^{x} \frac{dt}{t \ln t} = \ln(\ln x) – \ln(\ln 2)\). Par décroissance de \(f\), \(f(k) \geq\, \int_{k}^{k+1} f\) pour \(k \geq\, 2\). En sommant,
\[\sum_{k=2}^{n} \frac{1}{k \ln k} \geq\, \ln\big(\ln(n+1)\big) – \ln(\ln 2) \xrightarrow[n \to +\infty]{ +\infty.\]
La série \(\sum \frac{1}{n \ln n}\) diverge. - Notons \(T_n = \sum_{k=2}^{n} f(k)\). Pour \(k \geq\, 3\), \(f(k) \leq\, \int_{k-1}^{k} f\). En sommant pour \(k\) de \(3\) à \(n\), on obtient \(T_n \leq\, f(2) + \ln(\ln n) – \ln(\ln 2)\). Avec la question 2, on a donc
\[\ln\big(\ln(n+1)\big) – \ln(\ln 2) \leq\, T_n \leq\, \ln(\ln n) + f(2) – \ln(\ln 2).\]
Or \(\ln(n+1) = \ln n + \ln(1 + \frac{1}{n})\), donc \(\ln(n+1) \sim \ln n\) et \(\ln\big(\ln(n+1)\big) – \ln(\ln n) \to 0\). En divisant l’encadrement par \(\ln(\ln n) \to +\infty\), les deux bornes tendent vers \(1\). Ainsi, \(\sum_{k=2}^{n} \frac{1}{k \ln k} \sim \ln(\ln n)\). - La fonction \(g : t \mapsto \frac{1}{t (\ln t)^2}\) est positive et décroissante sur \(]1, +\infty[\), pour la même raison qu’en question 1. Une primitive est \(-\frac{1}{\ln t}\). Pour \(k \geq\, 3\), \(g(k) \leq\, \int_{k-1}^{k} g\). En sommant,
\[\sum_{k=3}^{n} g(k) \leq\, \int_{2}^{n} g(t)\,dt = \frac{1}{\ln 2} – \frac{1}{\ln n} \leq\, \frac{1}{\ln 2}.\]
Les sommes partielles de cette série à termes positifs sont majorées. La série \(\sum \frac{1}{n (\ln n)^2}\) converge. - Pour \(\alpha > 1\), \(n^{\alpha} \cdot \frac{1}{n (\ln n)^2} = \frac{n^{\alpha – 1}}{(\ln n)^2} \to +\infty\). De plus, \(n u_n = \frac{1}{(\ln n)^2} \to 0\), donc la règle de divergence ne s’applique pas non plus. Ces séries sont « à la frontière » de la série harmonique : seule la comparaison série-intégrale conclut.
Corrigé de l’exercice 11 : Équivalent du reste d’une série de Riemann
- La fonction \(t \mapsto t^{-\alpha}\) est décroissante sur \([1, +\infty[\). Pour \(k \geq\, 2\), on a donc \(\int_{k}^{k+1} \frac{dt}{t^{\alpha}} \leq\, \frac{1}{k^{\alpha}} \leq\, \int_{k-1}^{k} \frac{dt}{t^{\alpha}}\). Sommons pour \(k\) de \(n+1\) à \(N\), avec \(N > n \geq\, 1\) :
\[\int_{n+1}^{N+1} \frac{dt}{t^{\alpha}} \leq\, \sum_{k=n+1}^{N} \frac{1}{k^{\alpha}} \leq\, \int_{n}^{N} \frac{dt}{t^{\alpha}}.\]
Or \(\int_{a}^{b} \frac{dt}{t^{\alpha}} = \frac{a^{1-\alpha} – b^{1-\alpha}}{\alpha – 1}\), et \(b^{1-\alpha} \to 0\) quand \(b \to +\infty\), car \(1 – \alpha < 0\). Faisons tendre \(N\) vers \(+\infty\). On obtient \(\frac{1}{(\alpha – 1)(n+1)^{\alpha – 1}} \leq\, R_n \leq\, \frac{1}{(\alpha – 1) n^{\alpha – 1}}\). - Le quotient des deux bornes vaut \((\frac{n}{n+1})^{\alpha – 1} \to 1\). Divisons l’encadrement par la borne de droite : le rapport tend vers \(1\) par encadrement. Donc \(R_n \sim \frac{1}{(\alpha – 1) n^{\alpha – 1}}\).
- Pour \(\alpha = 2\), on a \(0 \leq\, R_n \leq\, \frac{1}{n}\). Il suffit donc que \(\frac{1}{n} \leq\, 10^{-3}\). Le rang \(n = 1000\) convient. Cette convergence est lente, car \(R_n \sim \frac{1}{n}\).
- Notons \(S\) la somme. On a \(S = S_n + R_n\) et \(\frac{1}{n+1} \leq\, R_n \leq\, \frac{1}{n}\). Donc \(S_n + \frac{1}{n+1} \leq\, S \leq\, S_n + \frac{1}{n}\). La longueur de cet intervalle vaut \(\frac{1}{n} – \frac{1}{n+1} = \frac{1}{n(n+1)}\). Pour \(n = 100\), elle vaut \(\frac{1}{10\,100} \approx 9{,}9 \times 10^{-5}\). En prenant le milieu de l’encadrement, on obtient \(S\) à environ \(5 \times 10^{-5}\) près avec seulement cent termes.
Point de méthode : pour une somme infinie, sommez de \(n+1\) à \(N\), puis faites tendre \(N\) vers l’infini. On évite ainsi de manipuler une intégrale généralisée.
Corrigé de l’exercice 12 : Sommes partielles de séries divergentes
- La fonction racine est croissante sur \([0, +\infty[\). Pour \(k \geq\, 1\), on a donc \(\int_{k-1}^{k} \sqrt{t}\,dt \leq\, \sqrt{k} \leq\, \int_{k}^{k+1} \sqrt{t}\,dt\). Sommons pour \(k\) de \(1\) à \(n\) avec la relation de Chasles :
\[\int_{0}^{n} \sqrt{t}\,dt \leq\, \sum_{k=1}^{n} \sqrt{k} \leq\, \int_{1}^{n+1} \sqrt{t}\,dt.\]
Une primitive de \(\sqrt{t}\) est \(\frac{2}{3} t^{3/2}\). On obtient \(\frac{2}{3} n^{3/2} \leq\, \sum_{k=1}^{n} \sqrt{k} \leq\, \frac{2}{3}((n+1)^{3/2} – 1)\). - On a \((n+1)^{3/2} = n^{3/2}(1 + \frac{1}{n})^{3/2} \sim n^{3/2}\). Les deux bornes, divisées par \(\frac{2}{3} n^{3/2}\), tendent donc vers \(1\). Par encadrement, \(\sum_{k=1}^{n} \sqrt{k} \sim \frac{2}{3} n^{3/2}\).
- La fonction \(\ln\) est croissante. Pour \(k \geq\, 2\), on a \(\int_{k-1}^{k} \ln t\,dt \leq\, \ln k \leq\, \int_{k}^{k+1} \ln t\,dt\). Sommons pour \(k\) de \(2\) à \(n\), en remarquant que \(\ln(n!) = \sum_{k=2}^{n} \ln k\) :
\[\int_{1}^{n} \ln t\,dt \leq\, \ln(n!) \leq\, \int_{2}^{n+1} \ln t\,dt.\]
Une primitive de \(\ln\) est \(t \ln t – t\). À gauche, on obtient \(n \ln n – n + 1\). À droite, on obtient \((n+1)\ln(n+1) – (n+1) – 2\ln 2 + 2\). Donc \(n \ln n – n + 1 \leq\, \ln(n!) \leq\, (n+1)\ln(n+1) – n – 2\ln 2 + 1\). - Divisons par \(n \ln n\). La borne de gauche donne \(1 – \frac{1}{\ln n} + \frac{1}{n \ln n} \to 1\). À droite, \((n+1)\ln(n+1) = (n+1)(\ln n + \ln(1 + \frac{1}{n})) \sim n \ln n\), et les autres termes sont négligeables devant \(n \ln n\). Par encadrement, \(\ln(n!) \sim n \ln n\).
La figure ci-dessous compare \(\sum_{k=1}^{n} \sqrt{k}\) à ses deux bornes intégrales. Les trois courbes sont presque confondues à grande échelle, ce qui traduit l’équivalence obtenue.
Corrigé de l’exercice 13 : Somme approchée d’une série alternée
- On a \(|\frac{(-1)^{n+1}}{n^2}| = \frac{1}{n^2}\), terme d’une série de Riemann convergente. La série converge absolument.
- La suite \(a_n = \frac{1}{n^2}\) est positive, décroissante et tend vers \(0\). Le théorème des séries alternées s’applique. Le reste \(R_n\) a le signe de son premier terme \(\frac{(-1)^{n+2}}{(n+1)^2}\), c’est-à-dire le signe de \((-1)^n\). Ainsi, \(R_n \geq\, 0\) si \(n\) est pair, \(R_n \leq\, 0\) si \(n\) est impair, et \(|R_n| \leq\, \frac{1}{(n+1)^2}\).
- On calcule \(S_3 = 1 – \frac{1}{4} + \frac{1}{9} = \frac{36 – 9 + 4}{36} = \frac{31}{36}\). Puis \(S_4 = \frac{31}{36} – \frac{1}{16} = \frac{124 – 9}{144} = \frac{115}{144}\). D’après la question 2, \(R_4 \geq\, 0\) et \(R_3 \leq\, 0\), donc \(S_4 \leq\, S \leq\, S_3\). Ainsi, \(\frac{115}{144} \leq\, S \leq\, \frac{31}{36}\), soit \(0{,}798 \leq\, S \leq\, 0{,}862\).
- Le théorème garantit \(|R_n| \leq\, \frac{1}{(n+1)^2}\). Cette majoration est inférieure à \(10^{-2}\) si et seulement si \((n+1)^2 \geq\, 100\), c’est-à-dire \(n \geq\, 9\). Le plus petit rang est \(n = 9\).
La figure ci-dessous illustre la solution. Les sommes partielles d’indice impair décroissent, celles d’indice pair croissent, et la somme \(S\) reste coincée entre elles.
Corrigé de l’exercice 14 : Développement asymptotique d’une série alternée perturbée
- Pour \(n \geq\, 2\), \(\sqrt{n} + (-1)^n \geq\, \sqrt{2} – 1 > 0\), donc \(u_n\) est bien défini. Posons \(x_n = \frac{(-1)^n}{\sqrt{n}}\), qui tend vers \(0\). On factorise par \(\sqrt{n}\) : \(u_n = \frac{x_n}{1 + x_n}\). Or \(\frac{1}{1+x} = 1 – x + O(x^2)\) en \(0\). Donc
\[u_n = x_n – x_n^2 + O(x_n^3) = \frac{(-1)^n}{\sqrt{n}} – \frac{1}{n} + O(\frac{1}{n^{3/2}}).\]
Le développement demandé est établi. - La série \(\sum \frac{(-1)^n}{\sqrt{n}}\) converge (théorème des séries alternées). Le terme \(O(n^{-3/2})\) définit une série absolument convergente (Riemann, \(\frac{3}{2} > 1\)). Leur somme est une série convergente. En revanche, \(\sum \frac{1}{n}\) diverge. Or une série convergente plus une série divergente donne une série divergente. Donc \(\sum u_n\) diverge.
- D’après la question 1, \(u_n – x_n = O(\frac{1}{n}) = o(\frac{1}{\sqrt{n}}) = o(x_n)\), car \(|x_n| = \frac{1}{\sqrt{n}}\). Donc \(u_n \sim \frac{(-1)^n}{\sqrt{n}}\). Il n’y a pas de contradiction : le critère des équivalents ne vaut que pour des termes de signe constant, et \(x_n\) change de signe.
- Pour \(n \geq\, 2\), \(1 + x_n \geq\, 1 – \frac{1}{\sqrt{3}} > 0\) (le cas le pire est \(n = 3\)). Donc \(v_n\) est bien défini. Ensuite, \(\ln(1+x) = x – \frac{x^2}{2} + O(x^3)\), d’où
\[v_n = \frac{(-1)^n}{\sqrt{n}} – \frac{1}{2n} + O(\frac{1}{n^{3/2}}).\]
Le même raisonnement qu’en question 2 s’applique. La série \(\sum v_n\) diverge (ses sommes partielles tendent vers \(-\infty\)).
Corrigé de l’exercice 15 : Une série trigonométrique à terme oscillant
- On factorise : \(\sqrt{n^2 + 1} = n\sqrt{1 + \frac{1}{n^2}}\). Or \(\sqrt{1 + h} = 1 + \frac{h}{2} + O(h^2)\) en \(0\). Avec \(h = \frac{1}{n^2}\), on obtient \(\sqrt{n^2 + 1} = n(1 + \frac{1}{2n^2} + O(\frac{1}{n^4}))\). Donc \(\sqrt{n^2 + 1} = n + \frac{1}{2n} + O(\frac{1}{n^3})\).
- Posons \(\varepsilon_n = \pi\sqrt{n^2 + 1} – \pi n = \frac{\pi}{2n} + O(\frac{1}{n^3})\). Pour tout réel \(x\), \(\sin(\pi n + x) = (-1)^n \sin x\). Donc \(u_n = (-1)^n \sin \varepsilon_n\). Ensuite, \(\sin x = x + O(x^3)\), et \(\varepsilon_n^3 = O(\frac{1}{n^3})\). Ainsi \(\sin \varepsilon_n = \frac{\pi}{2n} + O(\frac{1}{n^3})\). On obtient \(u_n = (-1)^n \frac{\pi}{2n} + O(\frac{1}{n^3})\).
- La série \(\sum (-1)^n \frac{\pi}{2n}\) converge, d’après le théorème des séries alternées. De plus, le reste \(O(\frac{1}{n^3})\) est le terme d’une série absolument convergente. Par somme, \(\sum u_n\) converge.
- D’après la question 2, \(|u_n| \sim \frac{\pi}{2n}\). Les termes \(|u_n|\) sont positifs, et \(\sum \frac{1}{n}\) diverge. La série n’est donc pas absolument convergente : elle est semi-convergente.
Corrigé de l’exercice 16 : Séries dépendant d’un paramètre
- En \(0\), \(e^{x} = 1 + x + \frac{x^2}{2} + o(x^2)\). Donc \(e^{1/n} – 1 – \frac{1}{n} \sim \frac{1}{2n^2}\), qui est positif. Le terme général vérifie ainsi \(u_n \sim \frac{1}{2n^{2-a}}\). Par comparaison avec une série de Riemann, la série converge si et seulement si \(2 – a > 1\). La série converge si et seulement si \(a < 1\).
- On a \(\sqrt{n+1} – \sqrt{n} = \frac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}} \sim \frac{1}{2\sqrt{n}}\). Le terme général est positif et équivaut à \(\frac{1}{2n^{a + 1/2}}\). La série converge si et seulement si \(a + \frac{1}{2} > 1\). Elle converge si et seulement si \(a > \frac{1}{2}\).
- Si \(|a| \leq\, 1\), alors \(|\frac{a^n}{n^2}| \leq\, \frac{1}{n^2}\), donc la série converge absolument. Si \(|a| > 1\), alors \(|\frac{a^n}{n^2}| = \frac{|a|^n}{n^2} \to +\infty\) par croissances comparées. Dans ce cas, la série diverge grossièrement. La série converge si et seulement si \(|a| \leq\, 1\).
Corrigé de l’exercice 17 : Comparaison logarithmique
- Pour \(n \geq\, n_0\), l’hypothèse s’écrit \(\frac{u_{n+1}}{v_{n+1}} \leq\, \frac{u_n}{v_n}\), car \(u_n\) et \(v_{n+1}\) sont strictement positifs. La suite \((\frac{u_n}{v_n})_{n \geq\, n_0}\) est donc décroissante. Par conséquent, \(0 < \frac{u_n}{v_n} \leq\, \frac{u_{n_0}}{v_{n_0}}\) pour \(n \geq\, n_0\). Ainsi, \(u_n \leq\, M v_n\) avec \(M = \frac{u_{n_0}}{v_{n_0}}\), donc \(u_n = O(v_n)\).
- Les suites sont positives. D’après le critère de domination, si \(\sum v_n\) converge, alors \(\sum u_n\) converge.
- On calcule
\[\frac{u_{n+1}}{u_n} = \frac{(n+1)!}{(n+1)^{n+1}} \cdot \frac{n^n}{n!} = \frac{(n+1) \, n^n}{(n+1)^{n+1}} = (\frac{n}{n+1})^n.\]
Donc \(\frac{u_{n+1}}{u_n} = (1 + \frac{1}{n})^{-n}\). - D’après la formule du binôme, \((1 + \frac{1}{n})^n \geq\, 1 + n \cdot \frac{1}{n} = 2\), car tous les termes sont positifs. Donc \(\frac{u_{n+1}}{u_n} \leq\, \frac{1}{2}\). Posons \(v_n = \frac{1}{2^n}\) : on a \(\frac{v_{n+1}}{v_n} = \frac{1}{2}\). La question 1 s’applique avec \(n_0 = 1\), et \(\sum v_n\) converge. Donc la série \(\sum \frac{n!}{n^n}\) converge.
Corrigé de l’exercice 18 : Série exponentielle et irrationalité de e
- La formule de Taylor avec reste intégral, appliquée à \(\exp\) entre \(0\) et \(1\), donne
\[e – S_n = \int_{0}^{1} \frac{(1-t)^n}{n!} e^{t}\,dt.\]
L’intégrande est positif, donc \(e – S_n \geq\, 0\). De plus, \(e^{t} \leq\, e\) sur \([0, 1]\), et \(\int_{0}^{1} \frac{(1-t)^n}{n!}\,dt = \frac{1}{(n+1)!}\). Ainsi, \(0 \leq\, e – S_n \leq\, \frac{e}{(n+1)!}\), et donc \(S_n \to e\). - Pour \(k \geq\, n+1\), on a \(k! = (n+1)! \times (n+2)(n+3)\cdots k\). Ce produit comporte \(k – n – 1\) facteurs, tous supérieurs ou égaux à \(n+1\). D’où \(k! \geq\, (n+1)!\,(n+1)^{k-n-1}\). Ensuite, \(e – S_n = \sum_{k=n+1}^{+\infty} \frac{1}{k!}\) est une somme de termes strictement positifs, donc \(e – S_n > 0\). Enfin, pour \(n \geq\, 1\),
\[e – S_n \leq\, \frac{1}{(n+1)!} \sum_{j=0}^{+\infty} \frac{1}{(n+1)^j} = \frac{1}{(n+1)!} \cdot \frac{n+1}{n} = \frac{1}{n \cdot n!}.\]
On a bien \(0 < e – S_n \leq\, \frac{1}{n \cdot n!}\). - Pour \(n \geq\, 2\), \(\frac{n(n-1)}{n!} = \frac{1}{(n-2)!}\), et ce terme est nul pour \(n \in \{0, 1\}\). Donc \(\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{n(n-1)}{n!} = \sum_{j=0}^{+\infty} \frac{1}{j!} = e\). De même, \(\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{n}{n!} = e\) (exercice 3). Les deux séries convergent, donc par linéarité : \(\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{n^2}{n!} = 2e\).
- Supposons \(e = \frac{p}{q}\) avec \(q \geq\, 2\). D’une part, \(q!\,e = p\,(q-1)!\) est un entier. D’autre part, \(q!\,S_q = \sum_{k=0}^{q} \frac{q!}{k!}\) est un entier, car \(k!\) divise \(q!\). Donc \(N = q!\,(e – S_q)\) est un entier. Or la question 2 donne \(0 < N \leq\, \frac{q!}{q \cdot q!} = \frac{1}{q} \leq\, \frac{1}{2}\). Aucun entier n’est dans \(]0, \frac{1}{2}]\) : c’est absurde. Si \(q = 1\), on écrit \(e = \frac{2p}{2}\) et on se ramène au cas \(q = 2\). Le nombre \(e\) est irrationnel.
Corrigé de l’exercice 19 : Série alternée logarithmique à paramètre
- Si \(n\) est pair, \(1 + \frac{1}{n^{\alpha}} > 0\). Si \(n\) est impair, alors \(n \geq\, 3\) et \(n^{\alpha} > 1\) puisque \(\alpha > 0\). Donc \(1 – \frac{1}{n^{\alpha}} > 0\). Dans tous les cas, \(u_n\) est bien défini.
- Posons \(x_n = \frac{(-1)^n}{n^{\alpha}}\), qui tend vers \(0\). En \(0\), \(\ln(1+x) – x = -\frac{x^2}{2} + o(x^2)\), donc \(\ln(1+x) – x \sim -\frac{x^2}{2}\). Comme \(x_n^2 = \frac{1}{n^{2\alpha}}\), on obtient \(w_n \sim -\frac{1}{2n^{2\alpha}}\).
- La suite \((-w_n)\) est positive à partir d’un certain rang et équivaut à \(\frac{1}{2n^{2\alpha}}\). Donc \(\sum w_n\) converge si et seulement si \(2\alpha > 1\). Par ailleurs, \(\sum x_n\) converge pour tout \(\alpha > 0\) (théorème des séries alternées). Or \(u_n = x_n + w_n\). Si \(\alpha > \frac{1}{2}\), \(\sum u_n\) est la somme de deux séries convergentes. Si \(\alpha \leq\, \frac{1}{2}\), c’est la somme d’une série convergente et d’une série divergente. La série \(\sum u_n\) converge si et seulement si \(\alpha > \frac{1}{2}\).
- On a \(|u_n| = |\ln(1 + x_n)| \sim |x_n| = \frac{1}{n^{\alpha}}\), car \(\ln(1+x) \sim x\) en \(0\). Par comparaison avec les séries de Riemann, \(\sum u_n\) converge absolument si et seulement si \(\alpha > 1\). Pour \(\alpha \in ]\frac{1}{2}, 1]\), la série est donc semi-convergente.
Corrigé de l’exercice 20 : Formule de Stirling faible : lien suite-série
- On a \(b_n = \ln(n!) + n – (n + \frac{1}{2})\ln n\). Donc
\[b_{n+1} – b_n = \ln(n+1) + 1 – (n + \frac{3}{2})\ln(n+1) + (n + \frac{1}{2})\ln n.\]
On regroupe les logarithmes de \(n+1\) : \(\ln(n+1) – (n + \frac{3}{2})\ln(n+1) = -(n + \frac{1}{2})\ln(n+1)\). Ainsi, \(b_{n+1} – b_n = 1 – (n + \frac{1}{2})\ln(1 + \frac{1}{n})\). - En \(0\), \(\ln(1+h) = h – \frac{h^2}{2} + \frac{h^3}{3} + O(h^4)\). Avec \(h = \frac{1}{n}\), on obtient
\[(n + \frac{1}{2})\ln(1 + \frac{1}{n}) = (1 – \frac{1}{2n} + \frac{1}{3n^2}) + (\frac{1}{2n} – \frac{1}{4n^2}) + O(\frac{1}{n^3}) = 1 + \frac{1}{12n^2} + O(\frac{1}{n^3}).\]
Donc \(b_{n+1} – b_n = -\frac{1}{12n^2} + O(\frac{1}{n^3})\). - On en déduit \(b_{n+1} – b_n = O(\frac{1}{n^2})\). La série \(\sum (b_{n+1} – b_n)\) converge donc absolument. D’après le lien suite-série, la suite \((b_n)\) converge vers un réel \(L\). Par continuité de l’exponentielle, \(a_n \to e^{L} = C > 0\). Ainsi, \(n! \sim C\, n^{n} e^{-n} \sqrt{n}\). (On montre ailleurs que \(C = \sqrt{2\pi}\).)
- D’après la question 2, \(b_{n+1} – b_n \sim -\frac{1}{12n^2}\). Deux suites équivalentes ont le même signe à partir d’un certain rang. Donc \(b_{n+1} – b_n < 0\) pour \(n\) assez grand. La suite \((b_n)\), et donc \((a_n) = (e^{b_n})\), est décroissante à partir d’un certain rang.
La figure ci-dessous représente \(b_n = \ln a_n\) pour les premières valeurs de \(n\). La suite décroît et se stabilise rapidement vers sa limite \(L = \ln\sqrt{2\pi} \approx 0{,}919\).
Corrigé de l’exercice 21 : Problème : série harmonique alternée
- La suite \((\frac{1}{k})\) est positive, décroissante et tend vers \(0\). D’après le théorème des séries alternées, la série converge.
- Dans \(A_{2n}\), les termes d’indice impair sont positifs et ceux d’indice pair sont négatifs. On ajoute puis on retranche les termes pairs :
\[A_{2n} = \sum_{k=1}^{2n} \frac{1}{k} – 2\sum_{j=1}^{n} \frac{1}{2j} = H_{2n} – \sum_{j=1}^{n} \frac{1}{j}.\]
Donc \(A_{2n} = H_{2n} – H_n\). - On utilise le développement admis : \(A_{2n} = \big(\ln(2n) + \gamma + o(1)\big) – \big(\ln n + \gamma + o(1)\big) = \ln 2 + o(1)\). La suite \((A_n)\) converge d’après la question 1. Sa limite est donc celle de la suite extraite \((A_{2n})\). Ainsi, \(\sum_{k=1}^{+\infty} \frac{(-1)^{k+1}}{k} = \ln 2\).
- On réduit au même dénominateur : \(\frac{1}{n} – \frac{2}{2n+1} = \frac{2n + 1 – 2n}{n(2n+1)} = \frac{1}{n(2n+1)}\). Ensuite, \(\frac{1}{n} – \frac{2}{2n+1} = 2(\frac{1}{2n} – \frac{1}{2n+1})\). Or
\[A_{2N+1} = 1 – \sum_{n=1}^{N} (\frac{1}{2n} – \frac{1}{2n+1}).\]
On en déduit \(\sum_{n=1}^{N} \frac{1}{n(2n+1)} = 2(1 – A_{2N+1})\). - La suite \((A_{2N+1})\) est extraite de \((A_n)\), donc elle tend vers \(\ln 2\). Par conséquent, \(\sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{n(2n+1)} = 2(1 – \ln 2) \approx 0{,}614\).
- On a \(\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{n+k} = \sum_{m=n+1}^{2n} \frac{1}{m} = H_{2n} – H_n = A_{2n}\). Donc \(\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{n+k} \to \ln 2\). On retrouve aussi ce résultat comme somme de Riemann de \(t \mapsto \frac{1}{1+t}\) sur \([0, 1]\) : \(\frac{1}{n}\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{1 + k/n} \to \int_{0}^{1} \frac{dt}{1+t} = \ln 2\).
Point de méthode : pour une série convergente, il suffit de connaître la limite d’une suite extraite de sommes partielles, comme \((A_{2n})\), pour obtenir la somme.
Corrigé de l’exercice 22 : Problème : une suite récurrente et deux séries
- Montrons par récurrence que \(u_n \in ]0, 1[\). C’est vrai pour \(n = 0\). Si \(u_n \in ]0, 1[\), alors \(u_{n+1} = u_n(1 – u_n)\) est un produit de deux réels de \(]0, 1[\), donc \(u_{n+1} \in ]0, 1[\). Ensuite, \(u_{n+1} – u_n = -u_n^2 < 0\), donc la suite est décroissante. Elle est minorée par \(0\), donc elle converge vers un réel \(\ell \in [0, u_0]\). Par continuité de \(f\), on a \(\ell = \ell – \ell^2\), donc \(\ell = 0\). La suite \((u_n)\) décroît et converge vers \(0\).
- On a \(u_n^2 = u_n – u_{n+1}\). La série \(\sum u_n^2\) est donc télescopique, et \(\sum_{k=0}^{n} u_k^2 = u_0 – u_{n+1} \to u_0\). La série \(\sum u_n^2\) converge et sa somme vaut \(u_0\).
- On calcule
\[\frac{1}{u_{n+1}} – \frac{1}{u_n} = \frac{1}{u_n(1 – u_n)} – \frac{1}{u_n} = \frac{1 – (1 – u_n)}{u_n(1 – u_n)} = \frac{1}{1 – u_n}.\]
L’identité est démontrée. - Comme \(0 < u_k \leq\, u_0 < 1\), on a \(1 \leq\, \frac{1}{1 – u_k} \leq\, \frac{1}{1 – u_0}\). Sommons pour \(k\) de \(0\) à \(n-1\) : la somme de gauche est télescopique. On obtient \(n \leq\, \frac{1}{u_n} – \frac{1}{u_0} \leq\, \frac{n}{1 – u_0}\). Donc
\[u_n \geq\, \frac{1}{\frac{n}{1 – u_0} + \frac{1}{u_0}} \sim \frac{1 – u_0}{n}.\]
Le minorant est positif et équivalent à un multiple de \(\frac{1}{n}\), terme d’une série divergente. Par comparaison, la série \(\sum u_n\) diverge. - On a \(\frac{1}{1 – u_k} = 1 + \frac{u_k}{1 – u_k} \leq\, 1 + \frac{u_k}{1 – u_0}\). La question 4 donne aussi \(u_k \leq\, \frac{1}{k}\) pour \(k \geq\, 1\). En sommant pour \(k\) de \(0\) à \(n-1\), avec \(n \geq\, 2\),
\[n \leq\, \frac{1}{u_n} – \frac{1}{u_0} \leq\, n + \frac{1}{1 – u_0}(u_0 + \sum_{k=1}^{n-1} \frac{1}{k}) \leq\, n + \frac{1}{1 – u_0}(u_0 + 1 + \ln n).\]
On a utilisé \(H_{n-1} \leq\, 1 + \ln n\). Ainsi, \(\frac{1}{u_n} = n + O(\ln n)\). Enfin, \(n u_n = \frac{n}{n + O(\ln n)} = \frac{1}{1 + O(\frac{\ln n}{n})} \to 1\). Donc \(u_n \sim \frac{1}{n}\).
La figure ci-dessous compare \(u_n\) et \(\frac{1}{n}\) pour \(u_0 = 0{,}8\), puis trace le produit \(n u_n\). Les deux suites se rapprochent en proportion, conformément à l’équivalent obtenu.
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Pour aller plus loin en maths sup
- Le cours : séries numériques, cours de maths sup
- Les énoncés : exercices de maths sup sur séries numériques
- À maîtriser avant : Relations de comparaison : domination, équivalents, Intégration sur un segment
- Chapitre précédent : Intégration sur un segment
- Chapitre suivant : Familles sommables
- Tester vos connaissances : QCM de maths sup par chapitre
- Le sommaire : tous les chapitres de maths sup et les chapitres de maths spé

























