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Intégration sur un segment : corrigé des exercices de maths en L1.

    Intégration sur un segment : corrigé des exercices de maths en L1

    Ce corrigé intégration L1 rédige chaque solution comme en partiel. Nous commençons toujours par les hypothèses : fonction bornée, continue, monotone ou de classe \(\mathcal{C}^1\) sur le segment. Ensuite, nous citons le théorème utilisé par son nom, puis nous détaillons les calculs intermédiaires.

    Plusieurs points demandent de la vigilance. D’abord, une intégration par parties ou un changement de variable exige des fonctions de classe \(\mathcal{C}^1\) sur tout le segment. De plus, dans une somme de Riemann, il faut identifier la fonction et le segment avant de passer à la limite. Enfin, pour une majoration, l’ordre des bornes compte : la croissance de l’intégrale suppose \(a \leq\, b\).

    Des figures accompagnent les solutions : encadrements de courbes, rectangles de Riemann, graphe d’une fonction définie par une intégrale et comparaison série-intégrale pour la constante d’Euler.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths en L1 sur intégration sur un segment.

    Corrigé de l’exercice 1 : Intégrale d’une fonction en escalier

    1. La subdivision \((0, 1, 3, 4)\) de \([0, 4]\) convient. En effet, \(\varphi\) vaut \(2\) sur \(]0, 1[\), \(-1\) sur \(]1, 3[\) et \(3\) sur \(]3, 4[\). Donc \(\varphi\) est en escalier. La valeur \(\varphi(1) = 5\) est prise en un point de la subdivision : elle ne joue aucun rôle dans l’intégrale.
    2. Par définition, \(\int_0^4 \varphi = 2 \times (1 – 0) + (-1) \times (3 – 1) + 3 \times (4 – 3) = 2 – 2 + 3\). Ainsi \(\int_0^4 \varphi = 3\).
    3. La fonction \(\psi\) est constante sur chaque intervalle \(]k, k+1[\), donc \((0, 1, 2, 3, 4)\) lui est adaptée. Cette subdivision est plus fine que \((0, 1, 3, 4)\), donc elle est aussi adaptée à \(\varphi\). On obtient \(\int_0^4 \psi = 0 + 1 + 2 + 3 = 6\). Ensuite, \(\varphi + \psi\) vaut \(2\), \(0\), \(1\) et \(6\) sur les quatre intervalles ouverts successifs. Par conséquent \(\int_0^4 (\varphi + \psi) = 2 + 0 + 1 + 6 = 9\). On vérifie bien que \(\int_0^4 (\varphi + \psi) = 9 = 3 + 6\).
    4. La fonction \(|\varphi|\) vaut \(2\), \(1\) et \(3\) sur \(]0, 1[\), \(]1, 3[\) et \(]3, 4[\). Donc \(\int_0^4 |\varphi| = 2 + 2 + 3 = 7\). On a bien \(|\int_0^4 \varphi| = 3 \leq\, 7 = \int_0^4 |\varphi|\) : l’inégalité est stricte, car \(\varphi\) change de signe.

    Corrigé de l’exercice 2 : Intégrale de la fonction carré par encadrement

    1. Soit \(x \in [\frac{k}{n}, \frac{k+1}{n}[\). Comme \(x \geq\, 0\) et que la fonction carré est croissante sur \([0, +\infty[\), on a \((\frac{k}{n})^2 \leq\, x^2 \leq\, (\frac{k+1}{n})^2\). En \(x = 1\), les trois valeurs valent \(1\). Donc \(\varphi_n \leq\, f \leq\, \psi_n\) sur \([0, 1]\).
    2. Les deux fonctions sont en escalier, adaptées à la subdivision régulière de pas \(\frac{1}{n}\). D’une part,
      \[\int_0^1 \varphi_n = \frac{1}{n}\sum_{k=0}^{n-1} \frac{k^2}{n^2} = \frac{1}{n^3}\sum_{k=1}^{n-1} k^2 = \frac{(n-1)\,n\,(2n-1)}{6n^3}.\]
      D’autre part,
      \[\int_0^1 \psi_n = \frac{1}{n^3}\sum_{k=1}^{n} k^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6n^3}.\]
      La différence ne garde que le terme \(k = n\) : \(\int_0^1 (\psi_n – \varphi_n) = \frac{n^2}{n^3} = \frac{1}{n}\).
    3. Soit \(\varepsilon > 0\) et \(n \geq\, 1/\varepsilon\). Alors \(\varphi_n \leq\, f \leq\, \psi_n\) et \(\int_0^1 (\psi_n – \varphi_n) \leq\, \varepsilon\). D’après le critère d’intégrabilité, \(f\) est intégrable. De plus, \(\int_0^1 \varphi_n \leq\, \int_0^1 f \leq\, \int_0^1 \psi_n\) pour tout \(n\). Or les deux bornes tendent vers \(\frac{2}{6} = \frac{1}{3}\), car leur numérateur équivaut à \(2n^3\). Par encadrement, \(\int_0^1 x^2\,\mathrm{d}x = \frac{1}{3}\).

    Point de méthode : pour une fonction monotone, les valeurs aux bords gauche et droit de chaque intervalle fournissent directement une minorante et une majorante en escalier.

    Corrigé de l’exercice 3 : Une fonction bornée non intégrable

    1. Soit \(\varphi \leq\, f\) en escalier, adaptée à \((x_0, \ldots, x_n)\), de valeur \(c_k\) sur \(]x_{k-1}, x_k[\). Cet intervalle ouvert non vide contient un irrationnel \(y\), car \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\) est dense. Donc \(c_k = \varphi(y) \leq\, f(y) = 0\). Par suite \(\int_0^1 \varphi = \sum c_k (x_k – x_{k-1}) \leq\, 0\). De même, si \(\psi \geq\, f\), chaque intervalle ouvert contient un rationnel \(r\), donc la valeur de \(\psi\) y est au moins \(f(r) = 1\). Ainsi \(\int_0^1 \psi \geq\, \sum (x_k – x_{k-1}) = 1\). On en déduit \(I^{-}(f) \leq\, 0 < 1 \leq\, I^{+}(f)\) : \(\mathbf{1}_{\mathbb{Q}}\) n’est pas intégrable sur \([0, 1]\).
    2. Soit \(\varepsilon \in \,]0, 1[\). L’ensemble des points \(\frac{1}{n}\) situés dans \(]\varepsilon, 1]\) est fini, car il correspond aux entiers \(n < \frac{1}{\varepsilon}\). Définissons \(\psi = 1\) sur \([0, \varepsilon]\) et \(\psi = g\) sur \(]\varepsilon, 1]\). Sur \(]\varepsilon, 1]\), la fonction \(\psi\) est nulle sauf en un nombre fini de points : elle est donc en escalier sur \([0, 1]\). On a \(0 \leq\, g \leq\, \psi\), et \(\int_0^1 \psi = \varepsilon\). La fonction nulle est une minorante en escalier d’intégrale \(0\). Donc \(0 \leq\, I^{-}(g) \leq\, I^{+}(g) \leq\, \varepsilon\) pour tout \(\varepsilon\). Ainsi \(g\) est intégrable et \(\int_0^1 g = 0\).
    3. L’ensemble \(\mathbb{Q} \cap [0, 1]\) est dense : il rencontre tout intervalle, et aucune fonction en escalier ne peut l’ignorer. Au contraire, les points \(\frac{1}{n}\) ne s’accumulent qu’en \(0\). En dehors d’un petit intervalle autour de \(0\), il n’y en a qu’un nombre fini, et un nombre fini de points ne change pas une intégrale.

    Corrigé de l’exercice 4 : Une fonction monotone discontinue

    1. Soit \(x \in \,]0, 1]\) et \(n = \lfloor 1/x \rfloor \geq\, 1\). Alors \(n \leq\, \frac{1}{x} < n + 1\), c’est-à-dire \(x \in ]\frac{1}{n+1}, \frac{1}{n}]\). Cet entier est unique, donc \(f\) est bien définie. Soit maintenant \(0 < x < y \leq\, 1\), avec \(x\) dans l’intervalle d’indice \(m\) et \(y\) dans celui d’indice \(n\). Comme \(\frac{1}{x} > \frac{1}{y}\), on a \(m = \lfloor 1/x \rfloor \geq\, \lfloor 1/y \rfloor = n\), donc \(f(x) = \frac{1}{m} \leq\, \frac{1}{n} = f(y)\). Enfin \(f(0) = 0 \leq\, f(y)\). Ainsi \(f\) est croissante. D’après le théorème sur les fonctions monotones, \(f\) est intégrable sur \([0, 1]\).
    2. Soit \(n \geq\, 2\). On a \(f(\frac{1}{n}) = \frac{1}{n}\). Pour \(x \in ]\frac{1}{n}, \frac{1}{n-1}]\), on a \(f(x) = \frac{1}{n-1}\). Donc la limite à droite en \(\frac{1}{n}\) vaut \(\frac{1}{n-1} \neq \frac{1}{n}\). Par conséquent, \(f\) est discontinue en chaque \(\frac{1}{n}\), \(n \geq\, 2\) : elle a une infinité de discontinuités.
    3. Sur \([\frac{1}{N+1}, 1]\), la fonction \(f\) est en escalier, adaptée à la subdivision formée des points \(\frac{1}{n}\), \(1 \leq\, n \leq\, N+1\). D’où
      \[\int_{1/(N+1)}^{1} f = \sum_{n=1}^{N} \frac{1}{n}(\frac{1}{n} – \frac{1}{n+1}) = \sum_{n=1}^{N} \frac{1}{n^2} – \sum_{n=1}^{N} (\frac{1}{n} – \frac{1}{n+1}).\]
      La seconde somme est télescopique. Ainsi \(\int_{1/(N+1)}^{1} f = \sum_{n=1}^{N} \frac{1}{n^2} – 1 + \frac{1}{N+1}\).
    4. Sur \([0, \frac{1}{N+1}]\), la croissance donne \(0 = f(0) \leq\, f \leq\, f(\frac{1}{N+1}) = \frac{1}{N+1}\). Par positivité et inégalité de la moyenne, \(0 \leq\, \int_0^{1/(N+1)} f \leq\, \frac{1}{(N+1)^2}\). Par Chasles, \(\int_0^1 f = \int_0^{1/(N+1)} f + \int_{1/(N+1)}^1 f\). Faisons tendre \(N\) vers \(+\infty\) : le premier terme tend vers \(0\) et le second vers \(\frac{\pi^2}{6} – 1\). Donc \(\int_0^1 f = \frac{\pi^2}{6} – 1 \approx 0{,}645\).

    Corrigé de l’exercice 5 : Intégrabilité de sin(1/x)

    1. Posons \(x_n = \frac{1}{\pi/2 + 2n\pi}\) et \(y_n = \frac{1}{n\pi}\) pour \(n \geq\, 1\). Ces deux suites tendent vers \(0\), mais \(f(x_n) = 1\) et \(f(y_n) = 0\). Si \(f\) avait une limite \(\ell\) en \(0\), on aurait \(\ell = 1\) et \(\ell = 0\). Donc \(f\) n’a pas de limite en \(0\). En particulier, elle n’est pas continue par morceaux sur \([0, 1]\), car une telle fonction a une limite finie à droite en \(0\).
    2. Sur le segment \([\varepsilon, 1]\), la fonction \(f\) est continue, comme composée de fonctions continues. D’après le cours, elle y est intégrable. Le critère d’intégrabilité fournit donc deux fonctions en escalier \(\varphi_1 \leq\, f \leq\, \psi_1\) sur \([\varepsilon, 1]\) avec \(\int_\varepsilon^1 (\psi_1 – \varphi_1) \leq\, \varepsilon\).
    3. Posons \(\varphi = -1\) et \(\psi = 1\) sur \([0, \varepsilon[\), puis \(\varphi = \varphi_1\) et \(\psi = \psi_1\) sur \([\varepsilon, 1]\). Ce sont des fonctions en escalier sur \([0, 1]\). Comme \(|f| \leq\, 1\), on a \(\varphi \leq\, f \leq\, \psi\). De plus, par Chasles,
      \[\int_0^1 (\psi – \varphi) = 2\varepsilon + \int_\varepsilon^1 (\psi_1 – \varphi_1) \leq\, 3\varepsilon.\]
      Le réel \(\varepsilon\) étant arbitraire, \(f\) est intégrable sur \([0, 1]\).
    4. Par Chasles, \(\int_0^1 f – \int_\varepsilon^1 f = \int_0^\varepsilon f\). Or \(|f| \leq\, 1\), donc l’inégalité de la moyenne donne \(|\int_0^\varepsilon f| \leq\, \varepsilon\).
    5. Soit \(f\) bornée par \(M\) sur \([a,b]\) et continue sur \(]a,b]\). Soit \(\varepsilon > 0\) et \(\eta \in \,]0, b-a[\) tel que \(2M\eta \leq\, \varepsilon\). Sur \([a+\eta, b]\), \(f\) est continue, donc il existe \(\varphi_1 \leq\, f \leq\, \psi_1\) en escalier avec \(\int_{a+\eta}^b (\psi_1 – \varphi_1) \leq\, \varepsilon\). On prolonge par \(-M\) et \(M\) sur \([a, a+\eta[\). On obtient un encadrement de \(f\) avec \(\int_a^b (\psi – \varphi) \leq\, 2M\eta + \varepsilon \leq\, 2\varepsilon\). Donc \(f\) est intégrable sur \([a,b]\).

    Point de méthode : un « mauvais point » isolé se neutralise en l’enfermant dans un intervalle de longueur \(\eta\), sur lequel on encadre grossièrement par \(\pm M\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Relation de Chasles et valeurs absolues

    1. La fonction partie entière est en escalier sur \([0, 3]\), de valeurs \(0\), \(1\), \(2\) sur \(]0, 1[\), \(]1, 2[\), \(]2, 3[\). Par Chasles, \(I = 0 + 1 + 2\), soit \(I = 3\).
    2. La fonction est continue, donc intégrable. On coupe en \(1\), où \(x – 1\) change de signe :
      \[J = \int_{-1}^{1} (1 – x)\,\mathrm{d}x + \int_1^3 (x – 1)\,\mathrm{d}x = [x – \frac{x^2}{2}]_{-1}^{1} + [\frac{x^2}{2} – x]_1^3.\]
      Le premier crochet vaut \(\frac{1}{2} – (-\frac{3}{2}) = 2\), le second \(\frac{3}{2} – (-\frac{1}{2}) = 2\). Donc \(J = 4\). Géométriquement, ce sont deux triangles rectangles isocèles de côtés \(2\), d’aire \(2\) chacun.
    3. Sur \([0, 1[\), \(\lfloor x \rfloor = 0\) ; sur \([1, 2[\), \(\lfloor x \rfloor = 1\). Les valeurs en un point ne comptent pas. Ainsi \(K = \int_0^1 0\,\mathrm{d}x + \int_1^2 x\,\mathrm{d}x = [\frac{x^2}{2}]_1^2\), d’où \(K = \frac{3}{2}\).
    4. Par convention, \(L = -\int_0^3 \lfloor x \rfloor\,\mathrm{d}x = -I\), donc \(L = -3\). Cela ne contredit pas la positivité : celle-ci suppose les bornes dans l’ordre croissant, ce qui n’est pas le cas ici.

    Corrigé de l’exercice 7 : Positivité et suite d’intégrales

    1. Pour tout \(n\), l’intégrande \(x \mapsto \frac{x^n}{1+x}\) est continu sur \([0, 1]\), donc \(I_n\) existe. Ensuite \(I_0 = \big[\ln(1+x)\big]_0^1\), soit \(I_0 = \ln 2\).
    2. Par linéarité, \(I_n + I_{n+1} = \int_0^1 \frac{x^n (1 + x)}{1+x}\,\mathrm{d}x = \int_0^1 x^n\,\mathrm{d}x\). Donc \(I_n + I_{n+1} = \frac{1}{n+1}\).
    3. Pour \(x \in [0, 1]\), on a \(x^{n+1} \leq\, x^n\), donc \(\frac{x^{n+1}}{1+x} \leq\, \frac{x^n}{1+x}\). Par croissance de l’intégrale, \(I_{n+1} \leq\, I_n\) : la suite est décroissante. Par ailleurs, \(1 + x \geq\, 1\) donne \(0 \leq\, \frac{x^n}{1+x} \leq\, x^n\). Par positivité, \(0 \leq\, I_n \leq\, \frac{1}{n+1}\). Par encadrement, \(I_n \to 0\).
    4. Multiplions la relation de la question 2 par \((-1)^k\) et sommons pour \(0 \leq\, k \leq\, n-1\) :
      \[\sum_{k=0}^{n-1} \frac{(-1)^k}{k+1} = \sum_{k=0}^{n-1} ((-1)^k I_k – (-1)^{k+1} I_{k+1}) = I_0 – (-1)^n I_n.\]
      La somme est télescopique, d’où la formule \(\sum_{k=0}^{n-1} \frac{(-1)^k}{k+1} = \ln 2 – (-1)^n I_n\). Comme \(|(-1)^n I_n| = I_n \to 0\), on obtient \(\sum_{k=0}^{n-1} \frac{(-1)^k}{k+1} \to \ln 2\).

    Corrigé de l’exercice 8 : Encadrement et inégalité de la moyenne

    1. La fonction \(x \mapsto e^{x^2}\) est continue sur \([0, 1]\), donc intégrable : \(I\) existe. Elle est croissante sur ce segment, donc comprise entre \(e^0 = 1\) et \(e^1 = e\). L’inégalité de la moyenne donne \(1 \leq\, I \leq\, e\).
    2. La fonction \(\exp\) est convexe, donc son graphe est au-dessus de sa tangente en \(0\) : \(e^t \geq\, 1 + t\). Elle est aussi en dessous de sa corde entre \(0\) et \(1\). Pour \(t \in [0, 1]\), on écrit \(t = (1 – t) \cdot 0 + t \cdot 1\). La convexité donne alors \(e^t \leq\, (1 – t)e^0 + t e^1 = 1 + (e-1)t\). Ainsi \(1 + t \leq\, e^t \leq\, 1 + (e-1)t\) sur \([0, 1]\).
    3. Pour \(x \in [0, 1]\), le réel \(t = x^2\) est dans \([0, 1]\). Donc \(1 + x^2 \leq\, e^{x^2} \leq\, 1 + (e-1)x^2\). La figure ci-dessous montre cet encadrement. Par croissance de l’intégrale,
      \[1 + \frac{1}{3} \leq\, I \leq\, 1 + \frac{e-1}{3}, \quad \text{soit} \quad \frac{4}{3} \leq\, I \leq\, \frac{e+2}{3}.\]
      On a donc \(1{,}333 \leq\, I \leq\, 1{,}573\) environ, ce qui améliore nettement la question 1.

    Courbe de exp(x²) sur [0,1] entre la minorante 1+x² et la majorante 1+(e-1)x²

    1. La fonction \(g : x \mapsto e^{x^2}\) est continue sur \([0, 1]\). D’après l’inégalité de la moyenne pour une fonction continue, il existe \(c \in [0, 1]\) tel que \(I = (1 – 0)\,g(c) = e^{c^2}\). Alors \(c^2 = \ln I\), et la question 3 donne, par croissance du logarithme, \(\ln\frac{4}{3} \leq\, c^2 \leq\, \ln\frac{e+2}{3}\), soit environ \(0{,}288 \leq\, c^2 \leq\, 0{,}453\).

    Corrigé de l’exercice 9 : Inégalité de Cauchy-Schwarz

    1. Les fonctions \(\sqrt{f}\) et \(\frac{1}{\sqrt{f}}\) sont continues sur \([a,b]\), car \(f > 0\). L’inégalité de Cauchy-Schwarz donne
      \[(\int_a^b \sqrt{f}\cdot\frac{1}{\sqrt{f}})^2 \leq\, \int_a^b f \times \int_a^b \frac{1}{f}.\]
      Le membre de gauche vaut \((b-a)^2\), d’où \(\int_a^b f \times \int_a^b \frac{1}{f} \geq\, (b-a)^2\). Si \(f = C\) est constante, les deux membres valent \(C(b-a)\cdot\frac{b-a}{C} = (b-a)^2\). Réciproquement, supposons l’égalité et posons \(u = \sqrt{f}\), \(v = \frac{1}{\sqrt{f}}\). Le trinôme \(P(\lambda) = \int_a^b (\lambda u – v)^2\) a un discriminant nul, donc une racine réelle \(\lambda_0\). La fonction continue positive \((\lambda_0 u – v)^2\) est alors d’intégrale nulle, donc nulle. Ainsi \(\lambda_0 \sqrt{f} = \frac{1}{\sqrt{f}}\), soit \(f = \frac{1}{\lambda_0}\). Donc l’égalité a lieu si et seulement si \(f\) est constante.
    2. La fonction \(h : x \mapsto \sqrt{1 + x^3}\) est continue sur \([0, 1]\), et \(h \geq\, 1\) sur ce segment. Donc \(\int_0^1 h \geq\, 1\). Ensuite, Cauchy-Schwarz avec la fonction constante \(1\) donne \((\int_0^1 h \cdot 1)^2 \leq\, \int_0^1 (1 + x^3)\,\mathrm{d}x \times \int_0^1 1 = \frac{5}{4}\). Comme \(\int_0^1 h \geq\, 0\), on conclut que \(1 \leq\, \int_0^1 \sqrt{1 + x^3}\,\mathrm{d}x \leq\, \frac{\sqrt{5}}{2} \approx 1{,}118\).
    3. La fonction \(f^{\prime}\) est continue et \(f(0) = 0\). Le théorème fondamental donne donc \(f(x) = \int_0^x f^{\prime}(t)\,\mathrm{d}t\) pour \(x \in [0, 1]\). Pour \(x > 0\), Cauchy-Schwarz sur \([0,x]\) donne
      \[f(x)^2 = (\int_0^x 1 \cdot f^{\prime}(t)\,\mathrm{d}t)^2 \leq\, x \int_0^x f^{\prime}(t)^2\,\mathrm{d}t \leq\, x \int_0^1 f^{\prime}(t)^2\,\mathrm{d}t.\]
      La dernière inégalité vient de Chasles et de la positivité de \((f^{\prime})^2\). Le cas \(x = 0\) est immédiat. Intégrons enfin sur \([0, 1]\) : comme \(\int_0^1 x\,\mathrm{d}x = \frac{1}{2}\), on obtient \(\int_0^1 f^2 \leq\, \frac{1}{2}\int_0^1 (f^{\prime})^2\).

    Corrigé de l’exercice 10 : Fonctions continues d’intégrale nulle

    1. Raisonnons par l’absurde. Si \(g\) ne s’annule pas, le théorème des valeurs intermédiaires montre qu’elle garde un signe strict constant ; supposons \(g > 0\), l’autre cas étant symétrique. Alors \(g\) est continue, positive et d’intégrale nulle, donc nulle d’après le cours. C’est absurde. Ainsi \(g\) s’annule au moins une fois sur \([a,b]\).
    2. Posons \(g(x) = f(x) – x\), continue sur \([0, 1]\). Par linéarité, \(\int_0^1 g = \frac{1}{2} – \frac{1}{2} = 0\). D’après la question 1, il existe \(c \in [0, 1]\) tel que \(g(c) = 0\), c’est-à-dire \(f(c) = c\).
    3. Prenons \(h(0) = 1\) et \(h(x) = 0\) pour \(x \in \,]0, 1]\). C’est une fonction en escalier, positive, d’intégrale nulle, mais \(h \neq 0\). Le résultat du cours ne s’applique pas, car \(h\) n’est pas continue.
    4. Prenons \(g = f\), qui est continue. Alors \(\int_a^b f^2 = 0\). La fonction \(f^2\) est continue et positive, donc nulle d’après le cours. Par conséquent, \(f\) est nulle sur \([a,b]\).

    Corrigé de l’exercice 11 : Limites de sommes de Riemann

    1. On factorise par \(n^2\) au dénominateur : \(S_n = \frac{1}{n}\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{1 + (k/n)^2}\). C’est la somme de Riemann \(R_n^{\prime}\) de \(x \mapsto \frac{1}{1+x^2}\), continue sur \([0, 1]\). Donc \(S_n \to \int_0^1 \frac{\mathrm{d}x}{1+x^2} = \arctan 1\), soit \(S_n \to \frac{\pi}{4}\). La figure ci-dessous représente \(S_8\) : les rectangles sont sous la courbe, car la fonction décroît.

    Rectangles de la somme de Riemann S_8 sous la courbe de 1/(1+x²) sur [0,1], comparée à π/4

    1. De même, \(T_n = \frac{1}{n}\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{1 + k/n}\), avec \(x \mapsto \frac{1}{1+x}\) continue sur \([0, 1]\). Ainsi \(T_n \to \int_0^1 \frac{\mathrm{d}x}{1+x}\), soit \(T_n \to \ln 2\).
    2. La suite \(U_n\) est la somme de Riemann \(R_n\) de \(x \mapsto \sin(\pi x)\), continue sur \([0, 1]\). Donc \(U_n \to \int_0^1 \sin(\pi x)\,\mathrm{d}x = [-\frac{\cos(\pi x)}{\pi}]_0^1 = \frac{1}{\pi} + \frac{1}{\pi}\). Ainsi \(U_n \to \frac{2}{\pi}\).
    3. On écrit \(\frac{\sqrt{k}}{n\sqrt{n}} = \frac{1}{n}\sqrt{\frac{k}{n}}\). Donc \(V_n\) est la somme de Riemann de \(x \mapsto \sqrt{x}\), continue sur \([0, 1]\). Par conséquent \(V_n \to \int_0^1 \sqrt{x}\,\mathrm{d}x = [\frac{2}{3}x^{3/2}]_0^1\), soit \(V_n \to \frac{2}{3}\).

    Corrigé de l’exercice 12 : Sommes de Riemann et produits

    1. Le produit est strictement positif, donc on peut prendre le logarithme : \(\ln u_n = \frac{1}{n}\sum_{k=1}^{n} \ln(1 + \frac{k}{n})\). C’est une somme de Riemann de \(x \mapsto \ln(1+x)\), continue sur \([0, 1]\). Calculons l’intégrale par parties, avec \(u(x) = x + 1\) et \(v(x) = \ln(1+x)\), de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([0, 1]\) :
      \[\int_0^1 \ln(1+x)\,\mathrm{d}x = \big[(1+x)\ln(1+x)\big]_0^1 – \int_0^1 (1+x)\cdot\frac{1}{1+x}\,\mathrm{d}x = 2\ln 2 – 1.\]
      Donc \(\ln u_n \to 2\ln 2 – 1\). Par continuité de l’exponentielle, \(u_n \to e^{2\ln 2 – 1}\), soit \(u_n \to \frac{4}{e} \approx 1{,}47\).
    2. On écrit \(w_n = \frac{1}{n}\sum_{k=1}^{n} \frac{k}{n}\,e^{k/n}\), somme de Riemann de \(x \mapsto x e^x\), continue sur \([0, 1]\). Par parties, \(\int_0^1 x e^x\,\mathrm{d}x = \big[x e^x\big]_0^1 – \int_0^1 e^x\,\mathrm{d}x = e – (e – 1) = 1\). Donc \(w_n \to 1\).
    3. On factorise \(n^2\) au dénominateur : \(z_n = \frac{1}{n}\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{(1 + k/n)^2}\). La fonction \(x \mapsto (1+x)^{-2}\) est continue sur \([0, 1]\). Par suite \(z_n \to [-\frac{1}{1+x}]_0^1 = -\frac{1}{2} + 1\), soit \(z_n \to \frac{1}{2}\).

    Corrigé de l’exercice 13 : Erreur de la méthode des rectangles

    1. Par Chasles, \(\int_0^1 f – R_n = \sum_{k=0}^{n-1} \int_{k/n}^{(k+1)/n} (f(x) – f(\frac{k}{n}))\mathrm{d}x\). Pour \(x \in [\frac{k}{n}, \frac{k+1}{n}]\), l’inégalité des accroissements finis donne \(|f(x) – f(\frac{k}{n})| \leq\, M_1(x – \frac{k}{n})\). Donc chaque terme est majoré en valeur absolue par
      \[M_1 \int_{k/n}^{(k+1)/n} (x – \frac{k}{n})\mathrm{d}x = M_1 \int_0^{1/n} s\,\mathrm{d}s = \frac{M_1}{2n^2}.\]
      En sommant les \(n\) termes, on obtient \(|\int_0^1 f – R_n| \leq\, \frac{M_1}{2n}\).
    2. Supposons \(f\) croissante. Sur \([\frac{k}{n}, \frac{k+1}{n}]\), on a \(f(\frac{k}{n}) \leq\, f(x) \leq\, f(\frac{k+1}{n})\). En intégrant, chaque terme de la somme précédente est compris entre \(0\) et \(\frac{1}{n}(f(\frac{k+1}{n}) – f(\frac{k}{n}))\). La somme de ces majorants est télescopique. Donc \(0 \leq\, \int_0^1 f – R_n \leq\, \frac{f(1) – f(0)}{n}\). Le cas décroissant s’obtient avec \(-f\). Ainsi \(|\int_0^1 f – R_n| \leq\, \frac{|f(1) – f(0)|}{n}\).
    3. On a \(f^{\prime}(x) = \frac{-2x}{(1+x^2)^2}\), donc \(|f^{\prime}(x)| = g(x)\) avec \(g(x) = \frac{2x}{(1+x^2)^2}\) sur \([0, 1]\). Dérivons :
      \[g^{\prime}(x) = \frac{2(1+x^2)^2 – 2x \cdot 2(1+x^2) \cdot 2x}{(1+x^2)^4} = \frac{2 – 6x^2}{(1+x^2)^3}.\]
      Ainsi \(g\) croît sur \([0, \frac{1}{\sqrt{3}}]\) et décroît ensuite. Son maximum vaut \(g(\frac{1}{\sqrt{3}}) = \frac{2/\sqrt{3}}{(4/3)^2} = \frac{9}{8\sqrt{3}}\). Donc \(\sup_{[0, 1]} |f^{\prime}| = \frac{3\sqrt{3}}{8} \approx 0{,}650\).
    4. Ici \(\int_0^1 f = \frac{\pi}{4}\). La fonction \(f\) est décroissante sur \([0, 1]\), avec \(|f(1) – f(0)| = \frac{1}{2}\). La majoration monotone garantit une erreur \(\frac{1}{2n} \leq\, 10^{-3}\) dès que \(n \geq\, 500\). La majoration \(\mathcal{C}^1\) donne une erreur au plus \(\frac{3\sqrt{3}}{16n}\). Or \(\frac{3\sqrt{3}}{16} \times 10^3 \approx 324{,}8\). Elle garantit donc la précision voulue dès que \(n \geq\, 325\), contre \(n \geq\, 500\) pour la première.

    Corrigé de l’exercice 14 : Primitives usuelles

    1. Sur \([0, \frac{\pi}{4}]\), \(\cos x > 0\) et \(\tan x = -\frac{(\cos x)^{\prime}}{\cos x}\). Donc \(\int_0^{\pi/4} \tan x\,\mathrm{d}x = \big[-\ln(\cos x)\big]_0^{\pi/4} = -\ln\frac{\sqrt{2}}{2}\), soit \(\frac{\ln 2}{2}\).
    2. On reconnaît \(u^{\prime}u\) avec \(u = \ln\). Ainsi \(\int_1^e \frac{\ln x}{x}\,\mathrm{d}x = [\frac{(\ln x)^2}{2}]_1^e \), soit \(\frac{1}{2}\).
    3. On reconnaît \(\frac{1}{2}\cdot\frac{u^{\prime}}{u}\) avec \(u = 1 + x^2 > 0\). Donc \(\int_0^1 \frac{x}{1+x^2}\,\mathrm{d}x = [\frac{1}{2}\ln(1+x^2)]_0^1\), soit \(\frac{\ln 2}{2}\).
    4. La fonction \(\arcsin\) est une primitive de \(x \mapsto \frac{1}{\sqrt{1-x^2}}\) sur \(]-1, 1[\), qui contient \([0, \frac{1}{2}]\). D’où \(\int_0^{1/2} \frac{\mathrm{d}x}{\sqrt{1-x^2}} = \arcsin\frac{1}{2}\), soit \(\frac{\pi}{6}\).
    5. On reconnaît \(\frac{1}{2}u^{\prime}e^{u}\) avec \(u = x^2\). Donc \(\int_0^1 x e^{x^2}\,\mathrm{d}x = [\frac{1}{2}e^{x^2}]_0^1\), soit \(\frac{e-1}{2}\).
    6. On reconnaît \(u^{\prime}u^3\) avec \(u = \sin\). Ainsi \(\int_0^{\pi/2} \sin^3 x \cos x\,\mathrm{d}x = [\frac{\sin^4 x}{4}]_0^{\pi/2}\), soit \(\frac{1}{4}\).
    7. Sur \(]1, +\infty[\), \(\ln x > 0\) et \(\frac{1}{x\ln x} = \frac{u^{\prime}}{u}\) avec \(u = \ln\). Donc \(x \mapsto \ln(\ln x)\) est une primitive sur cet intervalle.

    Corrigé de l’exercice 15 : Intégrations par parties

    Dans chaque question, les fonctions choisies sont de classe \(\mathcal{C}^1\) sur le segment, ce qui justifie l’intégration par parties.

    1. Avec \(u^{\prime}(x) = e^x\), \(u(x) = e^x\) et \(v(x) = x\) : \(\int_0^1 x e^x\,\mathrm{d}x = \big[x e^x\big]_0^1 – \int_0^1 e^x\,\mathrm{d}x = e – (e – 1)\). Ainsi \(\int_0^1 x e^x\,\mathrm{d}x = 1\).
    2. Avec \(u(x) = \frac{x^2}{2}\) et \(v(x) = \ln x\), de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([1,e]\) :
      \[\int_1^e x\ln x\,\mathrm{d}x = [\frac{x^2}{2}\ln x]_1^e – \int_1^e \frac{x}{2}\,\mathrm{d}x = \frac{e^2}{2} – \frac{e^2 – 1}{4}.\]
      Donc \(\int_1^e x \ln x\,\mathrm{d}x = \frac{e^2 + 1}{4}\).
    3. Avec \(u = \sin\) et \(v(x) = x\) : \(\int_0^{\pi/2} x\cos x\,\mathrm{d}x = \big[x\sin x\big]_0^{\pi/2} – \int_0^{\pi/2} \sin x\,\mathrm{d}x = \frac{\pi}{2} – 1\). Le résultat est \(\frac{\pi}{2} – 1\).
    4. Avec \(u(x) = x\) et \(v = \arctan\) :
      \[\int_0^1 \arctan x\,\mathrm{d}x = \big[x\arctan x\big]_0^1 – \int_0^1 \frac{x}{1+x^2}\,\mathrm{d}x = \frac{\pi}{4} – \frac{\ln 2}{2}.\]
      On a utilisé l’exercice 14. Ainsi \(\int_0^1 \arctan x\,\mathrm{d}x = \frac{\pi}{4} – \frac{\ln 2}{2}\).
    5. Notons \(A = \int_0^\pi e^x\sin x\,\mathrm{d}x\) et \(B = \int_0^\pi e^x\cos x\,\mathrm{d}x\). Une première intégration par parties, avec \(u = \exp\) et \(v = \sin\), donne \(A = \big[e^x\sin x\big]_0^\pi – B = -B\). Une seconde, avec \(v = \cos\), donne \(B = \big[e^x\cos x\big]_0^\pi + A = -e^\pi – 1 + A\). Par conséquent \(A = e^\pi + 1 – A\), d’où \(A = \frac{e^\pi + 1}{2}\).

    Point de méthode : on dérive le facteur qui se simplifie (polynôme, logarithme, arc tangente) et on intègre l’autre. Pour \(e^x\sin x\), deux intégrations par parties font revenir l’intégrale de départ.

    Corrigé de l’exercice 16 : Intégrales de Wallis

    1. La fonction \(\varphi : u \mapsto \frac{\pi}{2} – u\) est de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([0, \frac{\pi}{2}]\), et \(\sin^n\) est continue. Le changement de variable \(t = \frac{\pi}{2} – u\) donne
      \[W_n = \int_{\pi/2}^{0} \sin^n(\frac{\pi}{2} – u)(-\mathrm{d}u) = \int_0^{\pi/2} \cos^n u\,\mathrm{d}u.\]
      Ensuite \(W_0 = \frac{\pi}{2}\), \(W_1 = \big[-\cos t\big]_0^{\pi/2} = 1\) et \(W_2 = \int_0^{\pi/2} \frac{1 – \cos 2t}{2}\,\mathrm{d}t = \frac{\pi}{4}\). Donc \(W_0 = \frac{\pi}{2}\), \(W_1 = 1\), \(W_2 = \frac{\pi}{4}\).
    2. Sur \([0, \frac{\pi}{2}]\), \(\sin^n\) est continue, positive et non identiquement nulle (elle vaut \(1\) en \(\frac{\pi}{2}\)). D’après le cours, son intégrale n’est pas nulle, donc \(W_n > 0\). De plus, \(0 \leq\, \sin t \leq\, 1\) entraîne \(\sin^{n+1} t \leq\, \sin^n t\). Par croissance de l’intégrale, \(W_{n+1} \leq\, W_n\) : la suite est décroissante.
    3. Écrivons \(\sin^{n+2} t = \sin t \cdot \sin^{n+1} t\). Intégrons par parties avec \(u(t) = -\cos t\) et \(v(t) = \sin^{n+1} t\), de classe \(\mathcal{C}^1\) :
      \[W_{n+2} = \big[-\cos t\,\sin^{n+1} t\big]_0^{\pi/2} + (n+1)\int_0^{\pi/2} \cos^2 t\,\sin^n t\,\mathrm{d}t.\]
      Le crochet est nul. Remplaçons \(\cos^2 t\) par \(1 – \sin^2 t\) : on obtient \(W_{n+2} = (n+1)(W_n – W_{n+2})\). Ainsi \(W_{n+2} = \frac{n+1}{n+2}\,W_n\).
    4. Raisonnons par récurrence sur \(p\). Pour \(p = 0\), les formules donnent \(\frac{\pi}{2}\) et \(1\) : elles sont justes. Supposons-les vraies au rang \(p\). D’une part, \(W_{2p+2} = \frac{2p+1}{2p+2}W_{2p}\). D’autre part, le quotient des formules proposées aux rangs \(p+1\) et \(p\) vaut
      \[\frac{(2p+2)(2p+1)}{4(p+1)^2} = \frac{2p+1}{2(p+1)} = \frac{2p+1}{2p+2}.\]
      De même, \(W_{2p+3} = \frac{2p+2}{2p+3}W_{2p+1}\), et le quotient des formules impaires vaut \(\frac{4(p+1)^2}{(2p+3)(2p+2)} = \frac{2p+2}{2p+3}\). Les formules sont donc héréditaires : \(W_{2p} = \frac{(2p)!}{4^p (p!)^2}\cdot\frac{\pi}{2}\) et \(W_{2p+1} = \frac{4^p (p!)^2}{(2p+1)!}\).
    5. Posons \(c_n = (n+1)W_{n+1}W_n\). D’après la question 3, \(c_{n+1} = (n+2)W_{n+2}W_{n+1} = (n+1)W_n W_{n+1} = c_n\). La suite est constante, égale à \(c_0 = W_1 W_0\). Donc \((n+1)W_{n+1}W_n = \frac{\pi}{2}\) pour tout \(n\).
    6. Par décroissance, \(W_{n+2} \leq\, W_{n+1} \leq\, W_n\). Divisons par \(W_n > 0\) : \(\frac{n+1}{n+2} \leq\, \frac{W_{n+1}}{W_n} \leq\, 1\). Par encadrement, \(\frac{W_{n+1}}{W_n} \to 1\), c’est-à-dire \(W_{n+1} \sim W_n\). Par conséquent \((n+1)W_n^2 \sim (n+1)W_n W_{n+1} = \frac{\pi}{2}\). Ainsi \(W_n^2 \sim \frac{\pi}{2(n+1)} \sim \frac{\pi}{2n}\). Comme \(W_n > 0\), on conclut que \(W_n \sim \sqrt{\frac{\pi}{2n}}\). Cela confirme la figure de l’énoncé : l’aire sous \(\sin^n\) tend vers \(0\).

    Corrigé de l’exercice 17 : Changements de variable

    1. La fonction \(\varphi = \sin\) est de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([0, \frac{\pi}{2}]\), avec \(\varphi(0) = 0\) et \(\varphi(\frac{\pi}{2}) = 1\). L’intégrande est continu sur \([-1, 1]\). Comme \(\cos t \geq\, 0\) sur ce segment, \(\sqrt{1 – \sin^2 t} = \cos t\). Donc
      \[\int_0^1 \sqrt{1 – x^2}\,\mathrm{d}x = \int_0^{\pi/2} \cos^2 t\,\mathrm{d}t = [\frac{t}{2} + \frac{\sin 2t}{4}]_0^{\pi/2} = \frac{\pi}{4}.\]
      Le résultat est \(\frac{\pi}{4}\), l’aire d’un quart de disque unité.
    2. On pose \(x = \varphi(t) = t^2\), de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([1, 2]\), avec \(\varphi(1) = 1\) et \(\varphi(2) = 4\). Alors \(\mathrm{d}x = 2t\,\mathrm{d}t\) et \(x + \sqrt{x} = t^2 + t\), car \(t \geq\, 0\). Ainsi
      \[\int_1^4 \frac{\mathrm{d}x}{x + \sqrt{x}} = \int_1^2 \frac{2t}{t(t+1)}\,\mathrm{d}t = \big[2\ln(t+1)\big]_1^2 = 2\ln\frac{3}{2}.\]
      Le résultat est \(2\ln\frac{3}{2}\).
    3. On lit la formule dans l’autre sens avec \(\varphi = \exp\), de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([0, 1]\), et \(f(u) = \frac{1}{1+u^2}\) continue. En effet \(\frac{e^x}{1 + e^{2x}} = f(e^x)\,(e^x)^{\prime}\). Donc
      \[\int_0^1 \frac{e^x}{1 + e^{2x}}\,\mathrm{d}x = \int_1^e \frac{\mathrm{d}u}{1+u^2} = \arctan e – \frac{\pi}{4}.\]
      Le résultat est \(\arctan e – \frac{\pi}{4}\).
    4. Avec \(u = x + 1\), affine donc de classe \(\mathcal{C}^1\), on a \(x = u – 1\) et les bornes deviennent \(1\) et \(4\) :
      \[\int_0^3 x\sqrt{x+1}\,\mathrm{d}x = \int_1^4 (u^{3/2} – u^{1/2})\mathrm{d}u = [\frac{2}{5}u^{5/2} – \frac{2}{3}u^{3/2}]_1^4.\]
      En \(4\), le crochet vaut \(\frac{64}{5} – \frac{16}{3} = \frac{112}{15}\) ; en \(1\), il vaut \(\frac{2}{5} – \frac{2}{3} = -\frac{4}{15}\). Le résultat est donc \(\frac{116}{15}\).

    Corrigé de l’exercice 18 : Symétries et changement de variable

    1. Par Chasles, \(\int_{-a}^{a} f = \int_{-a}^{0} f + \int_0^a f\). Dans la première intégrale, posons \(x = -u\), changement de variable de classe \(\mathcal{C}^1\) :
      \[\int_{-a}^{0} f(x)\,\mathrm{d}x = \int_{a}^{0} f(-u)\,(-\mathrm{d}u) = \int_0^a f(-u)\,\mathrm{d}u.\]
      Si \(f\) est impaire, ce terme vaut \(-\int_0^a f\) et le total est nul. Si \(f\) est paire, il vaut \(\int_0^a f\) et le total est \(2\int_0^a f\). Dans l’exemple, \(x^5\) et \(\sin x\) sont impaires, et \(-3x^2\) est paire. Donc \(\int_{-1}^{1}(x^5 – 3x^2 + \sin x)\,\mathrm{d}x = -6\int_0^1 x^2\,\mathrm{d}x\), soit \(-2\).
    2. Soit \(F\) une primitive de \(f\) sur \(\mathbb{R}\), qui existe car \(f\) est continue. Alors \(\Phi(a) = \int_a^{a+T} f = F(a+T) – F(a)\) est dérivable et \(\Phi^{\prime}(a) = f(a+T) – f(a) = 0\) par périodicité. Sur l’intervalle \(\mathbb{R}\), \(\Phi\) est donc constante : \(\int_a^{a+T} f = \int_0^T f\) pour tout \(a\).
    3. L’intégrande est continu sur \([0,\pi]\), car \(1 + \cos^2 x \geq\, 1\). Le changement \(x = \pi – u\) donne, puisque \(\sin(\pi – u) = \sin u\) et \(\cos^2(\pi – u) = \cos^2 u\),
      \[I = \int_0^\pi \frac{(\pi – u)\sin u}{1 + \cos^2 u}\,\mathrm{d}u = \pi J – I, \quad \text{avec} \quad J = \int_0^\pi \frac{\sin u}{1 + \cos^2 u}\,\mathrm{d}u.\]
      Pour \(J\), on pose \(v = \cos u\) : \(J = \int_{-1}^{1} \frac{\mathrm{d}v}{1+v^2} = \frac{\pi}{4} + \frac{\pi}{4} = \frac{\pi}{2}\). Donc \(2I = \pi J\), d’où \(I = \frac{\pi^2}{4}\).
    4. Sur \([0, \frac{\pi}{2}]\), \(\sin x + \cos x = \sqrt{2}\sin(x + \frac{\pi}{4}) > 0\), donc les intégrandes sont continus. Notons \(L = \int_0^{\pi/2} \frac{\cos x}{\sin x + \cos x}\,\mathrm{d}x\). Le changement \(x = \frac{\pi}{2} – u\) échange \(\sin\) et \(\cos\), donc \(K = L\). Par ailleurs, \(K + L = \int_0^{\pi/2} 1\,\mathrm{d}x = \frac{\pi}{2}\). Ainsi \(K = \frac{\pi}{4}\).

    Point de méthode : quand un calcul direct semble impossible, un changement de variable qui « retourne » le segment fait souvent réapparaître l’intégrale cherchée.

    Corrigé de l’exercice 19 : Fractions rationnelles

    1. On a \(x^2 – 1 = (x-1)(x+1)\) et \(\frac{1}{x^2-1} = \frac{1}{2}(\frac{1}{x-1} – \frac{1}{x+1})\). Sur \([2, 3]\), les deux facteurs sont positifs. Donc
      \[\int_2^3 \frac{\mathrm{d}x}{x^2-1} = \frac{1}{2}[\ln\frac{x-1}{x+1}]_2^3 = \frac{1}{2}(\ln\frac{1}{2} – \ln\frac{1}{3}).\]
      Le résultat est \(\frac{1}{2}\ln\frac{3}{2}\).
    2. Le discriminant de \(x^2 + x + 1\) vaut \(-3 < 0\). Sous forme canonique, \(x^2 + x + 1 = (x + \frac{1}{2})^2 + \frac{3}{4}\). Avec \(c = \frac{\sqrt{3}}{2}\), on obtient
      \[\int_0^1 \frac{\mathrm{d}x}{x^2+x+1} = [\frac{2}{\sqrt{3}}\arctan\frac{2x+1}{\sqrt{3}}]_0^1 = \frac{2}{\sqrt{3}}(\frac{\pi}{3} – \frac{\pi}{6}).\]
      Le résultat est \(\frac{\pi}{3\sqrt{3}} = \frac{\pi\sqrt{3}}{9}\).
    3. On cherche \(\frac{x}{(x+1)(x^2+1)} = \frac{a}{x+1} + \frac{bx + c}{x^2+1}\). En multipliant par \(x + 1\) puis en prenant \(x = -1\), on trouve \(a = \frac{-1}{2}\). Ensuite, en identifiant les coefficients de \(x = a(x^2+1) + (bx+c)(x+1)\) : \(a + b = 0\) et \(a + c = 0\). Donc \(b = c = \frac{1}{2}\). On vérifie le coefficient de \(x\) : \(b + c = 1\). Ainsi
      \[\int_0^1 \frac{x\,\mathrm{d}x}{(x+1)(x^2+1)} = -\frac{1}{2}\ln 2 + \frac{1}{2}[\frac{1}{2}\ln(1+x^2) + \arctan x]_0^1 = -\frac{\ln 2}{2} + \frac{\ln 2}{4} + \frac{\pi}{8}.\]
      Le résultat est \(\frac{\pi}{8} – \frac{\ln 2}{4}\).
    4. Le degré du numérateur dépasse celui du dénominateur. La division euclidienne donne \(x^3 + 2 = (x+1)(x^2 – x + 1) + 1\), car \((x+1)(x^2 – x + 1) = x^3 + 1\). Donc
      \[\int_0^1 \frac{x^3+2}{x+1}\,\mathrm{d}x = \int_0^1 (x^2 – x + 1 + \frac{1}{x+1})\mathrm{d}x = \frac{1}{3} – \frac{1}{2} + 1 + \ln 2.\]
      Le résultat est \(\frac{5}{6} + \ln 2\).

    Corrigé de l’exercice 20 : Pôle double et substitution tangente

    1. En multipliant par \(x\) puis en prenant \(x = 0\), on obtient \(\alpha = 1\). En multipliant par \((x+1)^2\) puis en prenant \(x = -1\), on obtient \(\gamma = -1\). Enfin, multiplions par \(x\) et faisons tendre \(x\) vers \(+\infty\) : \(0 = \alpha + \beta\), donc \(\beta = -1\). On vérifie : \((x+1)^2 – x(x+1) – x = 1\). Ainsi
      \[\int_1^2 \frac{\mathrm{d}x}{x(x+1)^2} = [\ln x – \ln(x+1) + \frac{1}{x+1}]_1^2 = (\ln\frac{2}{3} + \frac{1}{3}) – (\ln\frac{1}{2} + \frac{1}{2}).\]
      Le résultat est \(\ln\frac{4}{3} – \frac{1}{6} \approx 0{,}121\).
    2. Posons \(x = \varphi(t) = 2\arctan t\), de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([0, 1]\), avec \(\varphi(0) = 0\) et \(\varphi(1) = \frac{\pi}{2}\). Alors \(\mathrm{d}x = \frac{2\,\mathrm{d}t}{1+t^2}\) et \(\cos x = \frac{1-t^2}{1+t^2}\). On calcule \(2 + \cos x = \frac{3 + t^2}{1+t^2}\). Donc
      \[\int_0^{\pi/2} \frac{\mathrm{d}x}{2 + \cos x} = \int_0^1 \frac{2\,\mathrm{d}t}{3 + t^2} = [\frac{2}{\sqrt{3}}\arctan\frac{t}{\sqrt{3}}]_0^1 = \frac{2}{\sqrt{3}}\cdot\frac{\pi}{6}.\]
      Le résultat est \(\frac{\pi}{3\sqrt{3}}\).
    3. Posons \(x = \tan t\), de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \([0, \frac{\pi}{4}]\). Alors \(\mathrm{d}x = (1 + \tan^2 t)\,\mathrm{d}t\) et \(1 + \tan^2 t = \frac{1}{\cos^2 t}\). Donc
      \[\int_0^1 \frac{\mathrm{d}x}{(1+x^2)^2} = \int_0^{\pi/4} \cos^2 t\,\mathrm{d}t = [\frac{t}{2} + \frac{\sin 2t}{4}]_0^{\pi/4}.\]
      Le résultat est \(\frac{\pi}{8} + \frac{1}{4}\).

    Corrigé de l’exercice 21 : Fonctions définies par une intégrale

    1. La fonction \(t \mapsto \frac{1}{\ln t}\) est continue sur l’intervalle \(]1, +\infty[\). Soit \(H\) une de ses primitives. Pour \(x > 1\), on a \(x^2 > x > 1\), donc les bornes sont dans cet intervalle, et \(F(x) = H(x^2) – H(x)\). Par composition, \(F\) est dérivable et
      \[F^{\prime}(x) = 2x \cdot \frac{1}{\ln(x^2)} – \frac{1}{\ln x} = \frac{2x}{2\ln x} – \frac{1}{\ln x} = \frac{x – 1}{\ln x}.\]
      Pour \(x > 1\), numérateur et dénominateur sont strictement positifs. Donc \(F^{\prime}(x) = \frac{x-1}{\ln x} > 0\) et \(F\) est strictement croissante.
    2. Sur \(]1, +\infty[\), \(\frac{1}{t\ln t} = \frac{u^{\prime}}{u}\) avec \(u = \ln > 0\). Donc \(\int_x^{x^2} \frac{\mathrm{d}t}{t\ln t} = \big[\ln(\ln t)\big]_x^{x^2} = \ln(2\ln x) – \ln(\ln x)\), soit \(\ln 2\).
    3. Pour \(t \in [x, x^2]\), on a \(x \leq\, t \leq\, x^2\) et \(\frac{1}{t\ln t} > 0\). En écrivant \(\frac{1}{\ln t} = t \cdot \frac{1}{t\ln t}\), on obtient \(\frac{x}{t\ln t} \leq\, \frac{1}{\ln t} \leq\, \frac{x^2}{t\ln t}\). Les bornes \(x < x^2\) sont dans l’ordre croissant, donc la croissance de l’intégrale et la question 2 donnent \(x\ln 2 \leq\, F(x) \leq\, x^2\ln 2\). Quand \(x \to 1^{+}\), les deux bornes tendent vers \(\ln 2\) : \(F(x) \to \ln 2\). Quand \(x \to +\infty\), la minoration donne \(F(x) \to +\infty\). La figure ci-dessous représente \(F\) entre ses deux bornes.

    Graphe de F(x) intégrale de x à x² de dt/ln t, encadré par x ln 2 et x² ln 2, limite ln 2 en 1

    1. Par linéarité, \(G(x) = x\int_0^x f(t)\,\mathrm{d}t – \int_0^x t f(t)\,\mathrm{d}t\). Les fonctions \(f\) et \(t \mapsto t f(t)\) sont continues. Le théorème fondamental montre donc que les deux intégrales sont des fonctions \(\mathcal{C}^1\) de \(x\). Par produit, \(G\) est dérivable et
      \[G^{\prime}(x) = \int_0^x f(t)\,\mathrm{d}t + x f(x) – x f(x) = \int_0^x f(t)\,\mathrm{d}t.\]
      À nouveau par le théorème fondamental, \(G^{\prime}\) est de classe \(\mathcal{C}^1\). Ainsi \(G\) est de classe \(\mathcal{C}^2\), avec \(G^{\prime}(x) = \int_0^x f\) et \(G^{\prime\prime} = f\).

    Point de méthode : quand la variable \(x\) figure dans l’intégrande, on la sort de l’intégrale avant de dériver.

    Corrigé de l’exercice 22 : Lemme de Riemann-Lebesgue

    1. Intégrons par parties avec \(u(t) = -\frac{\cos(nt)}{n}\) et \(v = f\), toutes deux de classe \(\mathcal{C}^1\) :
      \[I_n(f) = [-\frac{f(t)\cos(nt)}{n}]_a^b + \frac{1}{n}\int_a^b f^{\prime}(t)\cos(nt)\,\mathrm{d}t.\]
      Comme \(|\cos| \leq\, 1\), le crochet est majoré par \(\frac{|f(a)| + |f(b)|}{n}\) et l’intégrale par \(\int_a^b |f^{\prime}|\). Donc \(|I_n(f)| \leq\, \frac{1}{n}(|f(a)| + |f(b)| + \int_a^b |f^{\prime}|)\), qui tend vers \(0\).
    2. Soit \((x_0, \ldots, x_p)\) une subdivision adaptée à \(f\), de valeur \(c_k\) sur \(]x_{k-1}, x_k[\). Par Chasles,
      \[|I_n(f)| = |\sum_{k=1}^{p} c_k [-\frac{\cos(nt)}{n}]_{x_{k-1}}^{x_k}| \leq\, \frac{2}{n}\sum_{k=1}^{p} |c_k|.\]
      Le nombre \(p\) et les \(c_k\) ne dépendent pas de \(n\). Ainsi \(I_n(f) \to 0\).
    3. Par linéarité et inégalité de la moyenne, \(|I_n(f) – I_n(\varphi)| = |\int_a^b (f – \varphi)(t)\sin(nt)\,\mathrm{d}t| \leq\, \int_a^b |f – \varphi|\). Or \(0 \leq\, f – \varphi \leq\, \psi – \varphi\), donc ce majorant vaut au plus \(\int_a^b (\psi – \varphi) \leq\, \varepsilon\). D’après la question 2, il existe \(N\) tel que \(|I_n(\varphi)| \leq\, \varepsilon\) pour \(n \geq\, N\). Pour ces \(n\), on a \(|I_n(f)| \leq\, 2\varepsilon\). Par conséquent, \(I_n(f) \to 0\) pour toute \(f\) intégrable, et de même pour \(J_n(f)\).
    4. On linéarise : \(\sin^2(nt) = \frac{1 – \cos(2nt)}{2}\). Donc \(\int_0^\pi e^t\sin^2(nt)\,\mathrm{d}t = \frac{1}{2}\int_0^\pi e^t\,\mathrm{d}t – \frac{1}{2}J_{2n}(\exp)\). Le lemme donne \(J_{2n}(\exp) \to 0\), d’où la limite \(\frac{e^\pi – 1}{2}\). Autrement dit, \(\sin^2(nt)\) se comporte « en moyenne » comme la constante \(\frac{1}{2}\).

    Corrigé de l’exercice 23 : Problème : la constante d’Euler

    1. La fonction \(t \mapsto \frac{1}{t}\) est continue et décroissante sur \([k, k+1]\). Donc \(\frac{1}{k+1} \leq\, \frac{1}{t} \leq\, \frac{1}{k}\) sur ce segment de longueur \(1\). Par croissance de l’intégrale, \(\frac{1}{k+1} \leq\, \int_k^{k+1} \frac{\mathrm{d}t}{t} \leq\, \frac{1}{k}\). La figure ci-dessous illustre cet encadrement : l’aire sous la courbe est prise entre deux rectangles.

    Courbe de 1/t encadrée sur chaque intervalle [k, k+1] par des rectangles de hauteurs 1/(k+1) et 1/k

    1. Sommons l’inégalité de droite pour \(1 \leq\, k \leq\, n\). Par Chasles, \(\ln(n+1) = \int_1^{n+1} \frac{\mathrm{d}t}{t} \leq\, H_n\). Sommons ensuite l’inégalité de gauche pour \(1 \leq\, k \leq\, n-1\) : \(H_n – 1 \leq\, \int_1^n \frac{\mathrm{d}t}{t} = \ln n\). Ainsi \(\ln(n+1) \leq\, H_n \leq\, 1 + \ln n\). Pour \(n \geq\, 2\), divisons par \(\ln n > 0\) : \(\frac{\ln(n+1)}{\ln n} \leq\, \frac{H_n}{\ln n} \leq\, \frac{1}{\ln n} + 1\). Or \(\ln(n+1) = \ln n + \ln(1 + \frac{1}{n})\), donc le quotient de gauche tend vers \(1\). Par encadrement, \(H_n \sim \ln n\).
    2. D’une part, \(u_{n+1} – u_n = \frac{1}{n+1} – \int_n^{n+1} \frac{\mathrm{d}t}{t} \leq\, 0\), d’après la question 1 avec \(k = n\). D’autre part, \(v_{n+1} – v_n = \frac{1}{n+1} – \int_{n+1}^{n+2} \frac{\mathrm{d}t}{t} \geq\, 0\), avec \(k = n + 1\). Donc \((u_n)\) est décroissante et \((v_n)\) est croissante.
    3. On a \(u_n – v_n = \ln(n+1) – \ln n = \ln(1 + \frac{1}{n}) \to 0\). Avec la question 3, les suites sont adjacentes : elles convergent vers une même limite \(\gamma\), et \(v_n \leq\, \gamma \leq\, u_n\) pour tout \(n\). En particulier \(v_2 \leq\, \gamma \leq\, u_2\), avec \(H_2 = \frac{3}{2}\). Donc \(\frac{3}{2} – \ln 3 \leq\, \gamma \leq\, \frac{3}{2} – \ln 2\), soit environ \(0{,}401 \leq\, \gamma \leq\, 0{,}807\).
    4. On a \(v_n \leq\, \gamma \leq\, u_n\), donc \(0 \leq\, u_n – \gamma \leq\, u_n – v_n = \ln(1 + \frac{1}{n})\). Or \(\ln(1 + x) \leq\, x\) pour \(x > -1\), par concavité du logarithme. Ainsi \(0 \leq\, u_n – \gamma \leq\, \frac{1}{n}\). Le rang \(n = 100\) suffit pour connaître \(\gamma\) à \(10^{-2}\) près. On trouve \(\gamma \approx 0{,}577\).
    5. On écrit \(\sum_{k=n+1}^{2n} \frac{1}{k} = H_{2n} – H_n = (u_{2n} + \ln(2n)) – (u_n + \ln n)\). Donc \(\sum_{k=n+1}^{2n} \frac{1}{k} = u_{2n} – u_n + \ln 2\). Comme \((u_{2n})\) et \((u_n)\) tendent toutes deux vers \(\gamma\), cette somme tend vers \(\ln 2\). On retrouve ainsi, par une autre voie, la limite de \(T_n\) obtenue par somme de Riemann dans l’exercice 11.

    Point de méthode : la comparaison série-intégrale encadre une somme de valeurs d’une fonction monotone par des intégrales. C’est l’outil de base pour étudier les séries à termes positifs en L2.

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    Pour aller plus loin en L1

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