Ces exercices complétude L3 couvrent tout le chapitre, de l’application directe au problème de partiel. Les premiers entraînent à manipuler les suites de Cauchy et à montrer qu’un espace est complet, ou au contraire à exhiber un espace normé qui ne l’est pas : rationnels, polynômes, fonctions continues pour la norme de la moyenne.
Viennent ensuite les séries absolument convergentes dans un Banach, avec la série de Neumann, puis le théorème du point fixe : équations numériques, système non linéaire, méthode de Héron, équations intégrales de Fredholm et opérateur de Picard. Les derniers exercices portent sur le prolongement des applications uniformément continues et sur la perturbation lipschitzienne de l’identité.
Cherchez chaque exercice sérieusement avant de lire le corrigé. Rédigez vos preuves comme en partiel, en citant les théorèmes.
Avant de commencer, relisez le cours de maths en L3 sur complétude et point fixe.
Exercice 1 : Une suite de Cauchy de rationnels
On pose, pour \(n \in \mathbb{N}\), \(u_n = \sum_{k=0}^{n} \frac{1}{k!}\). On admet que \((u_n)\) converge dans \(\mathbb{R}\) vers \(e\).
- Montrer que toute suite de Cauchy d’un espace métrique est bornée.
- Montrer que \(k! \geq\, 2^{k-1}\) pour \(k \geq\, 1\), puis que \(0 \leq\, u_q – u_p \leq\, \frac{1}{2^{p-1}}\) pour \(q \geq\, p \geq\, 1\). En déduire que \((u_n)\) est de Cauchy dans \(\mathbb{Q}\).
- Montrer que \(0 < e – u_n < \frac{1}{n \cdot n!}\) pour tout \(n \geq\, 1\).
- En déduire que \(e\) est irrationnel, puis que \(\mathbb{Q}\) muni de \(|x – y|\) n’est pas complet.
Exercice 2 : Suites qui ne sont pas de Cauchy
Dans cet exercice, \((E,d)\) est un espace métrique.
- Soit \(u_n = \sqrt{n}\). Montrer que \(u_{n+1} – u_n \to 0\) mais que \((u_n)\) n’est pas de Cauchy dans \(\mathbb{R}\).
- Soit \(H_n = \sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k}\). Montrer que \(H_{2n} – H_n \geq\, \frac{1}{2}\). Conclure.
- Montrer que si la série \(\sum d(x_n, x_{n+1})\) converge, alors \((x_n)\) est de Cauchy dans \(E\).
- Montrer que la réciproque est fausse, à l’aide de \(x_n = \frac{(-1)^n}{n}\) dans \(\mathbb{R}\) (\(n \geq\, 1\)).
Exercice 3 : Distance arctangente et distance discrète
Sur \(\mathbb{R}\), on pose \(\delta(x, y) = |\arctan x – \arctan y|\). La figure ci-dessous représente la fonction arctangente et les valeurs \(\arctan n\), qui s’accumulent sous \(\pi/2\).
- Montrer que \(\delta\) est une distance sur \(\mathbb{R}\).
- Montrer qu’une suite \((x_n)\) converge vers \(x\) pour \(\delta\) si et seulement si elle converge vers \(x\) pour la distance usuelle.
- Montrer que la suite \((n)_{n \in \mathbb{N}}\) est de Cauchy pour \(\delta\) mais ne converge pas. Que peut-on en conclure sur \((\mathbb{R}, \delta)\) ?
- Sur un ensemble \(X\), on note \(d_0(x,y) = 1\) si \(x \neq y\) et \(d_0(x,x) = 0\). Déterminer les suites de Cauchy de \((X, d_0)\) et montrer que cet espace est complet.
Exercice 4 : Polynômes et norme des coefficients
Pour \(P = \sum_{k \geq\, 0} a_k X^k \in \mathbb{R}[X]\), on pose \(\|P\| = \max_{k} |a_k|\).
- Vérifier que \(\|\cdot\|\) est une norme sur \(\mathbb{R}[X]\) et que, pour tout \(k\), \(|a_k(P)| \leq\, \|P\|\), où \(a_k(P)\) désigne le coefficient de \(X^k\).
- On pose \(P_n = \sum_{k=0}^{n} \frac{X^k}{2^k}\). Calculer \(\|P_q – P_p\|\) pour \(q > p\) et en déduire que \((P_n)\) est de Cauchy.
- Montrer que \((P_n)\) ne converge pas dans \((\mathbb{R}[X], \|\cdot\|)\). Conclure.
Exercice 5 : Sous-espaces de dimension finie
On travaille dans \(E = C([0,1])\) muni de \(\|\cdot\|_\infty\).
- Rappeler pourquoi tout sous-espace de dimension finie d’un espace normé est fermé.
- Soit \((P_n)\) une suite de fonctions polynomiales de degré au plus \(2\) qui converge uniformément sur \([0,1]\) vers une fonction \(f\). Montrer que \(f\) est polynomiale de degré au plus \(2\).
- On pose \(Q_n(x) = \sum_{k=0}^{n} \frac{x^k}{k!}\). Montrer que \(\|Q_n – \exp\|_\infty \leq\, \sum_{k > n} \frac{1}{k!}\) et en déduire que \(Q_n \to \exp\) dans \(E\).
- En déduire que le sous-espace des fonctions polynomiales n’est pas fermé dans \(E\), et qu’il n’est pas complet pour \(\|\cdot\|_\infty\).
Exercice 6 : Suites bornées et suites de limite nulle
On note \(\ell^\infty\) l’espace des suites réelles bornées \(x = (x_k)_{k \in \mathbb{N}}\), muni de \(\|x\|_\infty = \sup_k |x_k|\). On note \(c_0\) le sous-espace des suites de limite nulle et \(c_{00}\) celui des suites nulles à partir d’un certain rang.
- Montrer que \(\ell^\infty\) est un espace de Banach.
- Montrer que \(c_0\) est fermé dans \(\ell^\infty\). En déduire que \(c_0\) est un espace de Banach.
- Soit \(x = (\frac{1}{k+1})_k\) et \(x^{(N)}\) la suite égale à \(x_k\) pour \(k \leq\, N\) et nulle ensuite. Calculer \(\|x – x^{(N)}\|_\infty\).
- En déduire que \(c_{00}\) n’est pas complet pour \(\|\cdot\|_\infty\).
Exercice 7 : Norme de la moyenne sur les fonctions continues
On munit \(C([0,1])\) de la norme \(\|f\|_1 = \int_0^1 |f(t)|\,dt\). Pour \(n \geq\, 2\), on définit \(f_n\) continue, nulle sur \([0, \frac{1}{2}]\), affine sur \([\frac{1}{2}, \frac{1}{2} + \frac{1}{n}]\) et égale à \(1\) sur \([\frac{1}{2} + \frac{1}{n}, 1]\). La figure ci-dessous montre \(f_2\), \(f_4\) et \(f_{10}\).
- Calculer \(\int_0^1 f_n\), puis montrer que \(f_q \geq\, f_p\) pour \(q \geq\, p \geq\, 2\).
- En déduire \(\|f_q – f_p\|_1\) pour \(q \geq\, p\), et montrer que \((f_n)\) est de Cauchy pour \(\|\cdot\|_1\).
- Montrer que \((f_n)\) ne converge vers aucune fonction continue pour \(\|\cdot\|_1\). Conclure.
- Calculer \(\|f_{2p} – f_p\|_\infty\). La suite est-elle de Cauchy pour \(\|\cdot\|_\infty\) ?
Exercice 8 : Fonctions de classe C1 et choix de la norme
On note \(E = C^1([0,1])\) l’espace des fonctions réelles de classe \(C^1\) sur \([0,1]\).
- Soit \(g_n(x) = \sqrt{(x – \frac{1}{2})^2 + \frac{1}{n^2}}\). Montrer que \(0 \leq\, g_n(x) – |x – \frac{1}{2}| \leq\, \frac{1}{n}\). En déduire que \((E, \|\cdot\|_\infty)\) n’est pas complet.
- On pose \(N(f) = |f(0)| + \|f^{\prime}\|_\infty\). Montrer que \(N\) est une norme sur \(E\) et que \(\|f\|_\infty \leq\, N(f)\).
- Montrer que \((E, N)\) est un espace de Banach.
Exercice 9 : Une série de fonctions dans C([0,2π])
On travaille dans l’espace de Banach \(C([0, 2\pi])\) muni de \(\|\cdot\|_\infty\). Pour \(k \geq\, 1\), on pose \(u_k(x) = \frac{\cos(kx)}{k^2}\).
- Calculer \(\|u_k\|_\infty\). Montrer que la série \(\sum u_k\) converge dans \(C([0, 2\pi])\). On note \(S\) sa somme.
- Montrer que \(\sum_{k > N} \frac{1}{k^2} \leq\, \frac{1}{N}\) pour \(N \geq\, 1\), et en déduire \(\|S – S_N\|_\infty \leq\, \frac{1}{N}\), où \(S_N = \sum_{k=1}^{N} u_k\).
- Combien de termes suffisent pour approcher \(S\) à \(10^{-2}\) près, uniformément ?
- Calculer \(\int_0^{2\pi} S(x)\,dx\) en justifiant l’échange de la somme et de l’intégrale.
Exercice 10 : Série de Neumann matricielle
On munit \(\mathbb{R}^2\) de \(\|\cdot\|_\infty\) et \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) de la norme subordonnée, qui vaut \(\|A\| = \max_i \sum_j |a_{ij}|\).
- Soit \(A \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) avec \(\|A\| < 1\). Montrer que \(\sum A^k\) converge, que \(I_2 – A\) est inversible d’inverse \(\sum_{k \geq\, 0} A^k\), et que \(\|(I_2 – A)^{-1}\| \leq\, \frac{1}{1 – \|A\|}\).
- Application : \(A = \begin{pmatrix} 0 1/2 \\ 1/2 0 \end{pmatrix}\). Calculer \(A^2\), puis \(\sum_{k \geq\, 0} A^k\). Vérifier le résultat et comparer \(\|(I_2 – A)^{-1}\|\) à la majoration.
- Soit \(M\) inversible et \(H\) avec \(\|H\| < \frac{1}{\|M^{-1}\|}\). Montrer que \(M + H\) est inversible. En déduire que \(GL_2(\mathbb{R})\) est ouvert.
Exercice 11 : Caractérisation des espaces de Banach par les séries
Soit \((E, \|\cdot\|)\) un espace vectoriel normé.
- On suppose \(E\) complet. Montrer que toute série absolument convergente de \(E\) converge, et que \(\|\sum x_n\| \leq\, \sum \|x_n\|\).
- On suppose que toute série absolument convergente de \(E\) converge. Soit \((y_n)\) une suite de Cauchy. Construire une extraction \(\varphi\) telle que \(\|y_{\varphi(k+1)} – y_{\varphi(k)}\| \leq\, 2^{-k}\) pour tout \(k\).
- En déduire que \((y_{\varphi(k)})\) converge, puis que \((y_n)\) converge. Conclure.
- Application : dans \((C([0,1]), \|\cdot\|_1)\), exhiber une série absolument convergente qui ne converge pas. On pourra utiliser les fonctions \(f_n\) de l’exercice 7 avec \(n = 2^k\).
Exercice 12 : Résolution de x = cos x
On note \(I = [0, 1]\) et \(f = \cos\).
- Montrer que \(f(I) \subset I\) et que \(f\) est contractante sur \(I\) de constante \(k = \sin 1\).
- En déduire que l’équation \(\cos x = x\) a une unique solution \(\ell\) dans \(I\), puis dans \(\mathbb{R}\).
- On part de \(x_0 = 0\). Déterminer, par la majoration a priori, un nombre d’itérations qui garantit \(|x_n – \ell| \leq\, 10^{-6}\). On donne \(\sin 1 \approx 0{,}841\,47\).
- On a calculé \(x_{29} \approx 0{,}739\,089\,3\) et \(x_{30} \approx 0{,}739\,082\,3\). Donner une majoration a posteriori de \(|x_{30} – \ell|\).
Exercice 13 : Méthode de Héron pour la racine de 2
On pose \(g(x) = \frac{1}{2}(x + \frac{2}{x})\) sur \(I = [1, 2]\).
- Montrer que \(g(I) \subset I\) et que \(g\) est \(\frac{1}{2}\)-contractante sur \(I\).
- En déduire que la suite \(x_0 = 1\), \(x_{n+1} = g(x_n)\) converge vers \(\sqrt{2}\). Calculer \(x_1, x_2, x_3\) sous forme de fractions.
- Donner la majoration a posteriori de \(|x_3 – \sqrt{2}|\).
- Montrer que \(x_{n+1} – \sqrt{2} = \frac{(x_n – \sqrt{2})^2}{2 x_n}\). Que dire de la vitesse réelle de convergence ?
Exercice 14 : Un système non linéaire dans le plan
On cherche les couples \((x, y) \in \mathbb{R}^2\) tels que
\[\begin{cases} x = \frac{1}{2}\cos y \\ y = \frac{1}{3}\sin x + \frac{1}{4} \end{cases}\]
- Écrire le système sous la forme \(X = F(X)\) et montrer que \(F\) est \(\frac{1}{2}\)-contractante sur \((\mathbb{R}^2, \|\cdot\|_\infty)\).
- En déduire que le système a une unique solution \(X^{*}\).
- On part de \(X_0 = (0, 0)\). Calculer \(X_1\) et \(X_2\), puis majorer \(\|X_n – X^{*}\|_\infty\) a priori.
- On donne \(X_6 \approx (0{,}460\,951 ;\ 0{,}398\,282)\) et \(X_7 \approx (0{,}460\,864 ;\ 0{,}398\,267)\). Majorer \(\|X_7 – X^{*}\|_\infty\).
Exercice 15 : Les hypothèses du théorème du point fixe
- Montrer que \(f(x) = \frac{x}{2}\) est contractante de \(]0, 1]\) dans \(]0,1]\) et n’a pas de point fixe. Quelle hypothèse manque ?
- Soit \(f(x) = x + \frac{1}{x}\) sur \(I = [1, +\infty[\). Montrer que \(f(I) \subset I\), que \(|f(x) – f(y)| < |x – y|\) pour \(x \neq y\) dans \(I\), et que \(f\) n’a pas de point fixe.
- Montrer que, dans la question 2, il n’existe aucune constante \(k < 1\) telle que \(f\) soit \(k\)-lipschitzienne sur \(I\).
- Soit \(K\) un espace métrique compact non vide et \(f : K \to K\) telle que \(d(f(x), f(y)) < d(x,y)\) pour \(x \neq y\). En étudiant \(x \mapsto d(x, f(x))\), montrer que \(f\) a un unique point fixe.
Exercice 16 : Une itérée contractante
Soit \((E, d)\) un espace métrique complet non vide et \(f : E \to E\).
- Montrer que \(\cos\) n’est pas contractante sur \(\mathbb{R}\).
- On suppose qu’une itérée \(f^p\) (\(p \geq\, 1\)) est contractante. Montrer que \(f\) a un unique point fixe \(\ell\).
- Toujours sous cette hypothèse, montrer que pour tout \(x_0 \in E\), la suite \(x_{n+1} = f(x_n)\) converge vers \(\ell\).
- Montrer que \(\cos \circ \cos\) est \((\sin 1)\)-lipschitzienne sur \(\mathbb{R}\). En déduire que pour tout réel \(x_0\), la suite \(x_{n+1} = \cos x_n\) converge vers l’unique solution de \(\cos x = x\).
Exercice 17 : Équation intégrale de Fredholm
Soit \(K : [0,1]^2 \to \mathbb{R}\) continue, \(M = \max |K|\), \(g \in C([0,1])\) et \(\lambda \in \mathbb{R}\) avec \(|\lambda| M < 1\). On cherche \(f \in C([0,1])\) telle que
\[\forall x \in [0,1], \quad f(x) = g(x) + \lambda \int_0^1 K(x,t) f(t)\,dt.\]
- Pour \(f \in C([0,1])\), on note \(T(f)\) le second membre. Montrer que \(T(f)\) est continue.
- Montrer que \(T\) est \(|\lambda| M\)-contractante pour \(\|\cdot\|_\infty\). En déduire que l’équation a une unique solution.
- Cas particulier : \(g(x) = x\), \(\lambda = \frac{1}{2}\), \(K(x,t) = xt\). Déterminer la solution en posant \(c = \int_0^1 t f(t)\,dt\).
- Toujours dans ce cas, calculer les itérées \(f_n = T^n(0)\) et \(\|f_n – f\|_\infty\).
Exercice 18 : Opérateur de Picard et exponentielle
Soit \(a > 0\) et \(E = C([0,a])\). Pour \(f \in E\), on pose \(\Phi(f)(x) = 1 + \int_0^x f(t)\,dt\).
- Montrer que \(\Phi(E) \subset E\) et que \(\|\Phi(f) – \Phi(g)\|_\infty \leq\, a \|f – g\|_\infty\). Que peut-on conclure si \(a < 1\) ?
- Montrer par récurrence que \(|\Phi^n(f)(x) – \Phi^n(g)(x)| \leq\, \frac{x^n}{n!}\|f – g\|_\infty\) pour \(x \in [0,a]\). En déduire que \(\Phi\) a un unique point fixe pour tout \(a > 0\).
- Montrer que ce point fixe est \(x \mapsto e^x\). Calculer \(f_n = \Phi^n(1)\), où \(1\) est la fonction constante.
- On pose \(\|f\|_w = \sup_{x \in [0,a]} e^{-2x}|f(x)|\). Montrer que \(\|\cdot\|_w\) est une norme équivalente à \(\|\cdot\|_\infty\) et que \(\Phi\) est \(\frac{1}{2}\)-contractante pour \(\|\cdot\|_w\).
Exercice 19 : Prolongement d’une fonction uniformément continue
La figure ci-dessous compare \(x \mapsto \sin(1/x)\) et \(x \mapsto x\sin(1/x)\) au voisinage de \(0\).
- Soit \(f : ]0,1] \to \mathbb{R}\) uniformément continue. Montrer que pour toute suite \((x_n)\) de \(]0,1]\) de limite \(0\), la suite \((f(x_n))\) converge, et que sa limite ne dépend pas de la suite choisie.
- En déduire que \(f\) se prolonge en une fonction continue sur \([0,1]\).
- Montrer que \(x \mapsto \sin(1/x)\) n’est pas uniformément continue sur \(]0,1]\).
- Montrer que \(h(x) = x\sin(1/x)\) est uniformément continue sur \(]0,1]\) et préciser son prolongement.
Exercice 20 : Prolongement des applications linéaires continues
Soit \(E\) un espace normé, \(D\) un sous-espace dense de \(E\), \(F\) un espace de Banach et \(u : D \to F\) linéaire telle que \(\|u(x)\| \leq\, C\|x\|\) pour tout \(x \in D\).
- Montrer que \(u\) est uniformément continue sur \(D\), puis qu’elle admet un unique prolongement continu \(\tilde{u} : E \to F\).
- Montrer que \(\tilde{u}\) est linéaire et que \(\|\tilde{u}(x)\| \leq\, C\|x\|\) pour tout \(x \in E\).
- Application. On note \(B\) l’espace des fonctions bornées sur \([0,1]\) muni de \(\|\cdot\|_\infty\), \(\mathcal{E}\) le sous-espace des fonctions en escalier et \(\overline{\mathcal{E}}\) son adhérence. Montrer que l’intégrale \(I : \mathcal{E} \to \mathbb{R}\) se prolonge en une forme linéaire \(\tilde{I}\) sur \(\overline{\mathcal{E}}\) avec \(|\tilde{I}(f)| \leq\, \|f\|_\infty\).
- Montrer que toute fonction continue sur \([0,1]\) appartient à \(\overline{\mathcal{E}}\).
Exercice 21 : Problème : perturbation lipschitzienne de l’identité
Soit \(E\) un espace de Banach, \(k \in [0,1[\) et \(g : E \to E\) une application \(k\)-lipschitzienne. On pose \(f = \mathrm{id}_E + g\). Ce résultat est le cœur de la démonstration du théorème d’inversion locale.
- Soit \(y \in E\). Montrer que \(f(x) = y\) équivaut à \(x = \varphi_y(x)\), où \(\varphi_y(x) = y – g(x)\). En déduire que \(f\) est bijective.
- Montrer que \(\|f(x) – f(x^{\prime})\| \geq\, (1 – k)\|x – x^{\prime}\|\). En déduire que \(f^{-1}\) est \(\frac{1}{1-k}\)-lipschitzienne.
- Montrer que \(f\) est aussi \((1+k)\)-lipschitzienne. Conclure que \(f\) est un homéomorphisme de \(E\).
- Application dans \(\mathbb{R}\) : \(f(x) = x + \frac{1}{2}\sin x\). Montrer que \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) et que \(|f^{-1}(y) – f^{-1}(y^{\prime})| \leq\, 2|y – y^{\prime}|\).
- On résout \(f(x) = 1\) par \(x_0 = 1\), \(x_{n+1} = 1 – \frac{1}{2}\sin x_n\). On donne \(x_6 \approx 0{,}684\,978\) et \(x_7 \approx 0{,}683\,672\). Majorer l’erreur \(|x_7 – x^{*}|\).
- Application linéaire : si \(A \in \mathcal{L}_c(E)\) vérifie \(\|A\| < 1\), retrouver que \(\mathrm{id}_E + A\) est bijective et que \(\|(\mathrm{id}_E + A)^{-1}\| \leq\, \frac{1}{1 – \|A\|}\).
Le corrigé des exercices
Chaque exercice est corrigé en détail, question par question, sur la page suivante.
Pour aller plus loin en L3
- Le cours : complétude et point fixe, cours de maths en L3
- À maîtriser avant : Espaces normés et applications linéaires continues
- Chapitre précédent : Compacité et connexité
- Chapitre suivant : Tribus, mesures et fonctions mesurables
- Tester vos connaissances : QCM de maths en L3 par chapitre
- Le sommaire : tous les chapitres de maths de L3 et la licence de maths de L1 à L3
























