Voici le document « équations différentielles corrigé » de la fiche de L1. Chaque solution suit le même plan : normalisation de l’équation sur un intervalle, résolution de l’équation homogène, recherche d’une solution particulière, puis détermination des constantes par les conditions initiales. Les théorèmes utilisés sont cités, et les calculs intermédiaires sont détaillés.
Soyez attentifs à quelques pièges fréquents. D’abord, un coefficient de \(y^{\prime}\) qui s’annule interdit de normaliser. Ensuite, un second membre déjà solution homogène impose de multiplier par \(x\) : c’est la résonance. Enfin, les constantes se calculent sur la solution générale complète. Des figures montrent les courbes obtenues et leurs points remarquables. Par ailleurs, plusieurs résultats sont vérifiés en réinjectant la solution dans l’équation, un réflexe que nous vous conseillons d’adopter.
Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths en L1 sur équations différentielles.
Corrigé de l’exercice 1 : Équations homogènes du premier ordre
Pour une équation \(y^{\prime}+a(x)y=0\) avec \(a\) continue sur un intervalle \(I\), les solutions sont les fonctions \(Ce^{-A}\), où \(A\) est une primitive de \(a\) sur \(I\).
- Ici \(a(x)=3\), donc \(A(x)=3x\). Les solutions sont les fonctions \(x\mapsto Ce^{-3x}\), \(C\in\mathbb{R}\).
- Ici \(a(x)=-2x\), donc \(A(x)=-x^2\). Les solutions sont les fonctions \(x\mapsto Ce^{x^2}\), \(C\in\mathbb{R}\).
- Sur \(]0,+\infty[\), \(x\) ne s’annule pas. On normalise donc : \(y^{\prime}+\frac{1}{x}y=0\). Une primitive de \(\frac{1}{x}\) est \(\ln x\), d’où \(e^{-\ln x}=\frac{1}{x}\). Les solutions sont les fonctions \(x\mapsto \dfrac{C}{x}\), \(C\in\mathbb{R}\).
- Sur \(]-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}[\), la fonction \(\tan\) est continue et \(\cos x>0\). Une primitive de \(\tan\) est \(A(x)=-\ln(\cos x)\). Par conséquent, \(e^{-A(x)}=e^{\ln(\cos x)}=\cos x\). Les solutions sont les fonctions \(x\mapsto C\cos x\), \(C\in\mathbb{R}\). Vérification : \((C\cos x)^{\prime}+\tan x\cdot C\cos x=-C\sin x+C\sin x=0\).
Point de méthode : vérifiez toujours que le coefficient de \(y^{\prime}\) ne s’annule pas sur l’intervalle, puis choisissez la primitive la plus simple.
Corrigé de l’exercice 2 : Seconds membres simples au premier ordre
- L’équation homogène \(y^{\prime}+2y=0\) a pour solutions \(Ce^{-2x}\). Pour \(y=\lambda e^{x}\), on obtient \(y^{\prime}+2y=3\lambda e^{x}\). Donc \(\lambda=\frac{1}{3}\) convient. Par la structure affine, les solutions sont \(x\mapsto Ce^{-2x}+\frac{1}{3}e^{x}\), \(C\in\mathbb{R}\).
- Les solutions homogènes sont \(Ce^{x}\). Posons \(y=ax^2+bx+c\). Alors
\[y^{\prime}-y=-ax^2+(2a-b)x+(b-c).\]
Par identification avec \(x^2\), on obtient \(-a=1\), \(2a-b=0\) et \(b-c=0\). Ainsi \(a=-1\), \(b=-2\) et \(c=-2\). Les solutions sont \(x\mapsto Ce^{x}-x^2-2x-2\), \(C\in\mathbb{R}\). - Les solutions homogènes sont \(Ce^{-x}\). Ici, \(e^{-x}\) est elle-même solution homogène : chercher \(\lambda e^{-x}\) ne peut pas marcher. Pour \(y=\lambda xe^{-x}\), on a \(y^{\prime}=\lambda(1-x)e^{-x}\), donc \(y^{\prime}+y=\lambda e^{-x}\). Ainsi \(\lambda=1\). Les solutions sont \(x\mapsto (x+C)e^{-x}\), \(C\in\mathbb{R}\).
Corrigé de l’exercice 3 : Un problème de Cauchy au premier ordre
- Une constante \(y=k\) vérifie \((E)\) si et seulement si \(2xk=2x\) pour tout \(x\), soit \(k=1\). La fonction constante égale à 1 est solution.
- L’équation homogène \(y^{\prime}+2xy=0\) a pour solutions \(Ce^{-x^2}\), car \(x^2\) est une primitive de \(2x\). D’après la structure affine, les solutions de \((E)\) sont \(x\mapsto 1+Ce^{-x^2}\), \(C\in\mathbb{R}\).
- La condition \(f(0)=3\) donne \(1+C=3\), donc \(C=2\). Le théorème de Cauchy garantit l’unicité. On obtient \(f(x)=1+2e^{-x^2}\).
- On a \(f^{\prime}(x)=-4xe^{-x^2}\), du signe de \(-x\). Ainsi \(f\) est croissante sur \(]-\infty,0]\) et décroissante sur \([0,+\infty[\), avec un maximum \(f(0)=3\). De plus, \(e^{-x^2}\to 0\) en \(\pm\infty\). Donc \(f(x)\to 1\) en \(+\infty\) et en \(-\infty\).
La figure ci-dessous représente \(f\) en rouge, parmi d’autres solutions. Toutes sont asymptotes à la droite \(y=1\), qui est la solution constante.
Corrigé de l’exercice 4 : Variation de la constante
- Sur \(]0,+\infty[\), on normalise : \(y^{\prime}-\frac{1}{x}y=xe^{x}\). Une primitive de \(-\frac{1}{x}\) est \(-\ln x\), donc les solutions homogènes sont \(Ce^{\ln x}=Cx\). On pose ensuite \(y=C(x)\,x\), avec \(C\) dérivable. Alors \(y^{\prime}-\frac{y}{x}=C^{\prime}(x)\,x\). L’équation devient \(C^{\prime}(x)\,x=xe^{x}\), soit \(C^{\prime}(x)=e^{x}\). Ainsi \(C(x)=e^{x}+K\). Les solutions sont \(x\mapsto xe^{x}+Kx\), \(K\in\mathbb{R}\). Vérification : pour \(y=xe^{x}\), on a \(xy^{\prime}-y=x(1+x)e^{x}-xe^{x}=x^2e^{x}\).
- Les solutions homogènes sont \(Ce^{-x}\). On pose \(y=C(x)e^{-x}\). Alors \(y^{\prime}+y=C^{\prime}(x)e^{-x}\). L’équation donne \(C^{\prime}(x)=\dfrac{e^{x}}{1+e^{x}}\). On reconnaît la forme \(\frac{u^{\prime}}{u}\) avec \(u=1+e^{x}>0\). Donc \(C(x)=\ln(1+e^{x})+K\). Les solutions sont \(x\mapsto e^{-x}\big(\ln(1+e^{x})+K\big)\), \(K\in\mathbb{R}\).
Point de méthode : après la substitution \(y=C(x)e^{-A(x)}\), les termes en \(C(x)\) doivent disparaître. S’ils restent, c’est qu’une erreur s’est glissée dans le calcul.
Corrigé de l’exercice 5 : Structure affine et solution évidente
- Soient \(y_1\) et \(y_2\) deux solutions, et \(h=y_1-y_2\). Par linéarité de la dérivation,
\[h^{\prime}+ah=(y_1^{\prime}+ay_1)-(y_2^{\prime}+ay_2)=b-b=0.\]
Donc \(h\) est solution de l’équation homogène. - La fonction constante \(y=1\) vérifie \(0+\cos x=\cos x\) : c’est une solution évidente. L’équation homogène \(y^{\prime}+(\cos x)y=0\) a pour solutions \(Ce^{-\sin x}\), car \(\sin\) est une primitive de \(\cos\). D’après la question 1, les solutions de \((E)\) sont \(x\mapsto 1+Ce^{-\sin x}\), \(C\in\mathbb{R}\).
- La fonction \(\sin\) est \(2\pi\)-périodique, donc \(e^{-\sin}\) l’est aussi. Par conséquent, toute solution \(1+Ce^{-\sin x}\) est \(2\pi\)-périodique.
- En \(x=0\), on a \(\sin 0=0\), donc \(y(0)=1+C=3\) donne \(C=2\). La solution cherchée est \(x\mapsto 1+2e^{-\sin x}\).
- Soient \(f_1\) et \(f_2\) deux solutions telles que \(f_1(x_0)=f_2(x_0)\) pour un certain \(x_0\). Ce sont deux solutions du même problème de Cauchy en \(x_0\). Par le théorème de Cauchy, elles sont égales. Donc deux solutions distinctes ne se croisent jamais. En particulier, une solution qui vaut 1 en un point coïncide avec la solution constante : c’est la fonction constante égale à 1. Cela confirme le champ de directions de l’énoncé, où la droite \(y=1\) sépare les courbes.
Corrigé de l’exercice 6 : Principe de superposition au premier ordre
- Pour \(y=\lambda xe^{x}\), on a \(y^{\prime}=\lambda(1+x)e^{x}\), donc \(y^{\prime}-y=\lambda e^{x}\). Ainsi \(\lambda=1\) : \(y_1(x)=xe^{x}\) convient.
- Pour \(y=\alpha\cos x+\beta\sin x\), on obtient
\[y^{\prime}-y=(\beta-\alpha)\cos x-(\alpha+\beta)\sin x.\]
On veut \(\beta-\alpha=1\) et \(\alpha+\beta=0\), d’où \(\beta=\frac{1}{2}\) et \(\alpha=-\frac{1}{2}\). Donc \(y_2(x)=\frac{1}{2}(\sin x-\cos x)\) convient. - Par le principe de superposition, \(y_1+y_2\) est solution de \((E)\). Les solutions homogènes sont \(Ce^{x}\). La solution générale est \(x\mapsto Ce^{x}+xe^{x}+\frac{1}{2}(\sin x-\cos x)\), \(C\in\mathbb{R}\).
- En \(0\), on obtient \(C+0+\frac{1}{2}(0-1)=0\), donc \(C=\frac{1}{2}\). La solution est \(x\mapsto \frac{1}{2}e^{x}+xe^{x}+\frac{1}{2}(\sin x-\cos x)\).
Corrigé de l’exercice 7 : Variation de la constante avec une racine carrée
- Comme \(1+x^2>0\) pour tout réel \(x\), on peut diviser sur \(\mathbb{R}\) :
\[y^{\prime}+\frac{x}{1+x^2}\,y=\frac{1}{1+x^2}.\]
Les coefficients sont continus sur \(\mathbb{R}\). Une primitive de \(\frac{x}{1+x^2}\) est \(A(x)=\frac{1}{2}\ln(1+x^2)\), donc \(e^{-A(x)}=\frac{1}{\sqrt{1+x^2}}\). Les solutions homogènes sont \(x\mapsto \dfrac{C}{\sqrt{1+x^2}}\). - Pour tout réel \(x\), \(\sqrt{1+x^2}>\sqrt{x^2}=|x|\geq\, -x\). Donc \(x+\sqrt{1+x^2}>0\), et \(g\) est bien définie. Elle est dérivable par composition. De plus,
\[g^{\prime}(x)=\frac{1+\frac{x}{\sqrt{1+x^2}}}{x+\sqrt{1+x^2}}=\frac{\sqrt{1+x^2}+x}{\sqrt{1+x^2}\,\big(x+\sqrt{1+x^2}\big)}=\frac{1}{\sqrt{1+x^2}}.\]
Donc \(g^{\prime}(x)=\dfrac{1}{\sqrt{1+x^2}}\). - On pose \(y=\dfrac{C(x)}{\sqrt{1+x^2}}\). La méthode donne \(\dfrac{C^{\prime}(x)}{\sqrt{1+x^2}}=\dfrac{1}{1+x^2}\), soit \(C^{\prime}(x)=\dfrac{1}{\sqrt{1+x^2}}\). D’après la question 2, \(C(x)=g(x)+K\). Les solutions sont \(x\mapsto \dfrac{\ln\big(x+\sqrt{1+x^2}\big)+K}{\sqrt{1+x^2}}\), \(K\in\mathbb{R}\).
- On a \(g(0)=\ln 1=0\), donc \(y(0)=K=1\). La solution cherchée est \(x\mapsto \dfrac{1+\ln\big(x+\sqrt{1+x^2}\big)}{\sqrt{1+x^2}}\). Pour la limite, soit \(x\geq\, 1\). Alors \(\sqrt{1+x^2}\leq\,\sqrt{2}\,x\leq\, 2x\), donc \(0\leq\, g(x)\leq\,\ln(3x)\). De plus, \(\sqrt{1+x^2}\geq\, x\). Ainsi
\[|y(x)|\leq\,\frac{\ln(3x)+|K|}{x}.\]
Or \(\frac{\ln(3x)}{x}\to 0\) par croissances comparées. Donc toute solution tend vers 0 en \(+\infty\).
Corrigé de l’exercice 8 : Loi de refroidissement de Newton
- Posons \(\theta=T-20\). Alors \(\theta^{\prime}=T^{\prime}=-k\theta\), donc \(\theta(t)=\theta(0)e^{-kt}\). Comme \(\theta(0)=70\), on obtient \(T(t)=20+70e^{-kt}\).
- La condition \(T(10)=55\) donne \(70e^{-10k}=35\), soit \(e^{-10k}=\frac{1}{2}\). Donc \(k=\dfrac{\ln 2}{10}\approx 0{,}069\) par minute.
- On remarque que \(e^{-kt}=2^{-t/10}\). Ainsi \(T(30)=20+70\times 2^{-3}=20+8{,}75\). Donc \(T(30)=28{,}75\) °C.
- On résout \(20+70e^{-kt}=25\), soit \(e^{-kt}=\frac{1}{14}\). Ainsi \(t=\dfrac{\ln 14}{k}=\dfrac{10\ln 14}{\ln 2}\). Numériquement, \(\ln 14\approx 2{,}639\) et \(\ln 2\approx 0{,}693\). Le thé atteint 25 °C au bout de \(\dfrac{10\ln 14}{\ln 2}\approx 38\) minutes.
Point de méthode : le changement d’inconnue \(\theta=T-20\) ramène l’équation à une équation homogène. On aurait aussi pu remarquer que la constante 20 est une solution particulière.
Corrigé de l’exercice 9 : Recollement de solutions en un point singulier
- Sur \(]0,+\infty[\), on normalise : \(y^{\prime}-\frac{2}{x}y=0\). Une primitive de \(-\frac{2}{x}\) est \(-2\ln x\), donc les solutions sont \(Ce^{2\ln x}=Cx^2\). Sur \(]-\infty,0[\), une primitive de \(-\frac{2}{x}\) est \(-2\ln|x|\), et l’on trouve \(Ce^{2\ln|x|}=Cx^2\). Sur chacun des deux intervalles, les solutions sont les fonctions \(x\mapsto Cx^2\).
- Soit \(f\) une solution sur \(\mathbb{R}\). Sa restriction à \(]0,+\infty[\) est solution sur cet intervalle, donc \(f(x)=C_1x^2\) pour \(x>0\). De même, \(f(x)=C_2x^2\) pour \(x<0\). Enfin, \(f\) est dérivable, donc continue en 0. Par conséquent, \(f(0)=\lim_{x\to 0^{+}}C_1x^2=0\). Ainsi \(f(0)=0\).
- Réciproquement, soit \(f\) définie par \(C_1x^2\) sur \(]0,+\infty[\), \(C_2x^2\) sur \(]-\infty,0[\) et \(f(0)=0\). Elle est dérivable sur \(\mathbb{R}^{*}\) et vérifie l’équation sur \(\mathbb{R}^{*}\). En 0, le taux d’accroissement vaut \(\frac{f(x)}{x}=C_1x\) ou \(C_2x\) : il tend vers 0. Donc \(f\) est dérivable en 0 avec \(f^{\prime}(0)=0\), et \(0\cdot f^{\prime}(0)-2f(0)=0\). L’application \(f\mapsto (C_1,C_2)\) est un isomorphisme. L’espace des solutions sur \(\mathbb{R}\) est donc de dimension 2.
- Toute solution vérifie \(f(0)=0\). Donc, pour la condition \(y(0)=0\), tous les couples \((C_1,C_2)\) conviennent : il y a une infinité de solutions. En revanche, aucune solution ne vérifie \(y(0)=1\). Il n’y a pas de contradiction : le théorème de Cauchy s’applique à une équation normalisée \(y^{\prime}+a(x)y=b(x)\) avec \(a\) continue sur un intervalle. Or on ne peut pas diviser par \(x\) sur un intervalle contenant 0.
La figure ci-dessous montre trois solutions sur \(\mathbb{R}\). Elles passent toutes par l’origine, où elles se raccordent avec une tangente horizontale. En particulier, plusieurs courbes intégrales se croisent en \(O\).
Corrigé de l’exercice 10 : Solutions périodiques et unicité
- La fonction \(g\) est dérivable, et \(g^{\prime}(x)=f^{\prime}(x+T)\). Par périodicité de \(a\) et \(b\),
\[g^{\prime}(x)+a(x)g(x)=f^{\prime}(x+T)+a(x+T)f(x+T)=b(x+T)=b(x).\]
Donc \(g\) est solution de \((E)\). - Si \(f\) est \(T\)-périodique, alors évidemment \(f(T)=f(0)\). Réciproquement, supposons \(f(T)=f(0)\). Alors \(g(0)=f(T)=f(0)\). Ainsi \(f\) et \(g\) sont deux solutions du même problème de Cauchy en 0. Par unicité, \(g=f\), c’est-à-dire \(f(x+T)=f(x)\) pour tout \(x\). Donc \(f\) est \(T\)-périodique si et seulement si \(f(T)=f(0)\).
- Les solutions homogènes sont \(Ce^{-x}\). Cherchons \(y=\alpha\cos x+\beta\sin x\) : on obtient \(y^{\prime}+y=(\alpha+\beta)\cos x+(\beta-\alpha)\sin x\). Il faut \(\alpha+\beta=1\) et \(\beta=\alpha\), soit \(\alpha=\beta=\frac{1}{2}\). Les solutions sont donc \(f_C(x)=Ce^{-x}+\frac{1}{2}(\cos x+\sin x)\). Ensuite, \(f_C(0)=C+\frac{1}{2}\) et \(f_C(2\pi)=Ce^{-2\pi}+\frac{1}{2}\). D’après la question 2, \(f_C\) est \(2\pi\)-périodique si et seulement si \(C=Ce^{-2\pi}\), soit \(C=0\). L’unique solution \(2\pi\)-périodique est \(x\mapsto \frac{1}{2}(\cos x+\sin x)\).
- Pour toute solution, \(y(x)-\frac{1}{2}(\cos x+\sin x)=Ce^{-x}\). Cette différence tend vers 0 en \(+\infty\) : toutes les solutions se rapprochent de la solution périodique.
Corrigé de l’exercice 11 : Équations homogènes du second ordre
- L’équation caractéristique \(r^2-3r+2=0\) s’écrit \((r-1)(r-2)=0\). Les solutions sont \(x\mapsto C_1e^{x}+C_2e^{2x}\), \(C_1,C_2\in\mathbb{R}\).
- L’équation \(r^2+4r+4=(r+2)^2=0\) a une racine double \(-2\). Les solutions sont \(x\mapsto (C_1x+C_2)e^{-2x}\).
- Pour \(r^2+2r+5=0\), on a \(\Delta=4-20=-16=(4i)^2\). Les racines sont \(-1\pm 2i\). Les solutions réelles sont \(x\mapsto e^{-x}\big(C_1\cos 2x+C_2\sin 2x\big)\).
- Les racines de \(r^2+9=0\) sont \(\pm 3i\). Les solutions sont \(x\mapsto C_1\cos 3x+C_2\sin 3x\).
- Dans \(\mathbb{C}\), les racines \(-1+2i\) et \(-1-2i\) sont distinctes. Les solutions complexes sont \(x\mapsto C_1e^{(-1+2i)x}+C_2e^{(-1-2i)x}\), \(C_1,C_2\in\mathbb{C}\).
Corrigé de l’exercice 12 : Problème de Cauchy au second ordre
- L’équation caractéristique \(r^2-r-6=(r-3)(r+2)\) donne \(y=Ae^{3x}+Be^{-2x}\). Les conditions s’écrivent \(A+B=1\) et \(3A-2B=8\). En remplaçant \(B=1-A\), on obtient \(5A-2=8\), donc \(A=2\) et \(B=-1\). La solution est \(x\mapsto 2e^{3x}-e^{-2x}\).
- On écrit \(y=A\cos 3x+B\sin 3x\), d’où \(y^{\prime}=-3A\sin 3x+3B\cos 3x\). En \(\frac{\pi}{6}\), on a \(\cos\frac{\pi}{2}=0\) et \(\sin\frac{\pi}{2}=1\). Donc \(y(\frac{\pi}{6})=B=2\) et \(y^{\prime}(\frac{\pi}{6})=-3A=3\). La solution est \(x\mapsto -\cos 3x+2\sin 3x\).
- On écrit \(y=(C_1x+C_2)e^{-2x}\). Alors \(y^{\prime}=(C_1-2C_1x-2C_2)e^{-2x}\). Les conditions donnent \(C_2=1\) et \(C_1-2C_2=0\), donc \(C_1=2\). La solution est \(x\mapsto (2x+1)e^{-2x}\). Pour \(x\geq\, 0\), on a \(2x+1\geq\, 1>0\) et \(e^{-2x}>0\). Elle est donc strictement positive sur \([0,+\infty[\).
Corrigé de l’exercice 13 : Second membre polynomial
- L’équation caractéristique \(r^2+r-2=(r-1)(r+2)\) donne les solutions homogènes \(C_1e^{x}+C_2e^{-2x}\). Comme \(0\) n’est pas racine, on cherche \(y=ax^2+bx+c\). On calcule
\[y^{\prime\prime}+y^{\prime}-2y=-2ax^2+(2a-2b)x+(2a+b-2c).\]
Par identification avec \(2x^2-3\) : \(-2a=2\), \(2a-2b=0\) et \(2a+b-2c=-3\). Ainsi \(a=-1\), \(b=-1\), puis \(-3-2c=-3\), donc \(c=0\). Les solutions sont \(x\mapsto C_1e^{x}+C_2e^{-2x}-x^2-x\). - Ici \(r^2-r=r(r-1)\), et \(0\) est racine simple. Si \(y\) est de degré au plus 1, alors \(y^{\prime\prime}-y^{\prime}=-y^{\prime}\) est constant : il ne peut pas valoir \(2x\). On cherche donc \(y=x(ax+b)=ax^2+bx\). On obtient \(y^{\prime\prime}-y^{\prime}=2a-2ax-b\). Par identification, \(-2a=2\) et \(2a-b=0\), d’où \(a=-1\) et \(b=-2\). Les solutions sont \(x\mapsto C_1+C_2e^{x}-x^2-2x\).
Point de méthode : le degré de la solution particulière augmente d’une unité chaque fois que \(0\) est racine du polynôme caractéristique.
Corrigé de l’exercice 14 : Second membre exponentiel : les trois cas
Notons \(P(r)=r^2-3r+2=(r-1)(r-2)\) pour les deux premières équations. Les solutions homogènes sont \(C_1e^{x}+C_2e^{2x}\).
- Le nombre \(3\) n’est pas racine de \(P\). Pour \(y=\lambda e^{3x}\), on obtient \(y^{\prime\prime}-3y^{\prime}+2y=\lambda P(3)e^{3x}=2\lambda e^{3x}\). Donc \(\lambda=\frac{1}{2}\). Les solutions sont \(x\mapsto C_1e^{x}+C_2e^{2x}+\frac{1}{2}e^{3x}\).
- Le nombre \(1\) est racine simple. On cherche \(y=\lambda xe^{x}\). Alors \(y^{\prime}=\lambda(x+1)e^{x}\) et \(y^{\prime\prime}=\lambda(x+2)e^{x}\). Par conséquent,
\[y^{\prime\prime}-3y^{\prime}+2y=\lambda e^{x}\big[(x+2)-3(x+1)+2x\big]=-\lambda e^{x}.\]
Donc \(\lambda=-1\). Les solutions sont \(x\mapsto C_1e^{x}+C_2e^{2x}-xe^{x}\). - Ici \(r^2-4r+4=(r-2)^2\), et \(2\) est racine double. Posons \(y=z\,e^{2x}\). Alors \(y^{\prime}=(z^{\prime}+2z)e^{2x}\) et \(y^{\prime\prime}=(z^{\prime\prime}+4z^{\prime}+4z)e^{2x}\). On en déduit \(y^{\prime\prime}-4y^{\prime}+4y=z^{\prime\prime}e^{2x}\). L’équation équivaut donc à \(z^{\prime\prime}=1\), soit \(z=\frac{x^2}{2}+C_1x+C_2\). Les solutions sont \(x\mapsto (\frac{x^2}{2}+C_1x+C_2)e^{2x}\).
Corrigé de l’exercice 15 : Second membre polynôme-exponentielle
- Posons \(y=z\,e^{x}\). On a \(y^{\prime}=(z^{\prime}+z)e^{x}\) et \(y^{\prime\prime}=(z^{\prime\prime}+2z^{\prime}+z)e^{x}\). Donc \(y^{\prime\prime}-2y^{\prime}+y=z^{\prime\prime}e^{x}\). L’équation équivaut à \(z^{\prime\prime}=x+1\). En intégrant deux fois, \(z=\frac{x^3}{6}+\frac{x^2}{2}+C_1x+C_2\). Les solutions sont \(x\mapsto (\frac{x^3}{6}+\frac{x^2}{2}+C_1x+C_2)e^{x}\).
- L’équation caractéristique \(r^2+r=r(r+1)=0\) donne les solutions homogènes \(C_1+C_2e^{-x}\). Posons \(y=z\,e^{-x}\). Alors \(y^{\prime}=(z^{\prime}-z)e^{-x}\) et \(y^{\prime\prime}=(z^{\prime\prime}-2z^{\prime}+z)e^{-x}\). Ainsi \(y^{\prime\prime}+y^{\prime}=(z^{\prime\prime}-z^{\prime})e^{-x}\). On cherche donc \(z\) telle que \(z^{\prime\prime}-z^{\prime}=x\). La fonction \(w=z^{\prime}\) vérifie \(w^{\prime}-w=x\). La solution polynomiale est \(w=-x-1\) : en effet, \(-1-(-x-1)=x\). Donc \(z=-\frac{x^2}{2}-x\) convient. Les solutions sont \(x\mapsto C_1+C_2e^{-x}-(\frac{x^2}{2}+x)e^{-x}\).
Corrigé de l’exercice 16 : Seconds membres trigonométriques et résonance
- L’équation caractéristique \(r^2+2r+2=0\) a pour racines \(-1\pm i\). Les solutions homogènes réelles sont \(e^{-x}(C_1\cos x+C_2\sin x)\). On résout ensuite \(z^{\prime\prime}+2z^{\prime}+2z=e^{ix}\). Comme \(P(i)=-1+2i+2=1+2i\neq 0\), la fonction \(z=\frac{e^{ix}}{1+2i}\) convient. Or \(\frac{1}{1+2i}=\frac{1-2i}{5}\). Donc
\[\mathrm{Re}(z)=\frac{1}{5}\,\mathrm{Re}\big((1-2i)(\cos x+i\sin x)\big)=\frac{\cos x+2\sin x}{5}.\]
Comme les coefficients sont réels, \(\mathrm{Re}(z)\) est solution de l’équation réelle. Les solutions sont \(x\mapsto e^{-x}(C_1\cos x+C_2\sin x)+\frac{1}{5}(\cos x+2\sin x)\). - Les solutions homogènes sont \(C_1\cos 2x+C_2\sin 2x\). On résout \(z^{\prime\prime}+4z=e^{2ix}\). Or \(2i\) est racine simple de \(P(r)=r^2+4\), avec \(P^{\prime}(2i)=4i\). On cherche donc \(z=\lambda xe^{2ix}\), et le cours donne \(\lambda=\frac{1}{4i}=-\frac{i}{4}\). Ensuite,
\[\mathrm{Im}(-\frac{i x}{4}(\cos 2x+i\sin 2x))=-\frac{x}{4}\cos 2x.\]
Vérification : pour \(y_p=-\frac{x}{4}\cos 2x\), on a \(y_p^{\prime\prime}=\sin 2x+x\cos 2x\), donc \(y_p^{\prime\prime}+4y_p=\sin 2x\). Les solutions sont \(x\mapsto C_1\cos 2x+C_2\sin 2x-\frac{x}{4}\cos 2x\). - Dans la question 1, pour \(x\geq\, 0\), on a \(|e^{-x}(C_1\cos x+C_2\sin x)|\leq\,|C_1|+|C_2|\) et \(\frac{1}{5}|\cos x+2\sin x|\leq\,\frac{3}{5}\). Toutes les solutions sont donc bornées sur \([0,+\infty[\). Dans la question 2, prenons \(x_k=k\pi\) avec \(k\in\mathbb{N}\). Alors \(y(x_k)=C_1-\frac{k\pi}{4}\), qui tend vers \(-\infty\). Aucune solution n’est bornée : c’est le phénomène de résonance.
Comme le montre la figure ci-dessous, la solution particulière \(y_p\) oscille entre les droites \(y=\pm\frac{x}{4}\). Son amplitude grandit donc sans limite, alors que le second membre reste borné.
Corrigé de l’exercice 17 : Superposition et conditions initiales
- L’équation caractéristique \(r^2-1=0\) a pour racines \(\pm 1\). Les solutions homogènes sont \(x\mapsto C_1e^{x}+C_2e^{-x}\).
- Le nombre \(1\) est racine simple. On cherche donc \(y=\lambda xe^{x}\). On a \(y^{\prime\prime}=\lambda(x+2)e^{x}\), d’où \(y^{\prime\prime}-y=2\lambda e^{x}\). Ainsi \(\lambda=1\) et \(y_1(x)=xe^{x}\). Ensuite, une constante \(k\) vérifie \(-k=-2\), donc \(y_2=2\). On obtient \(y_1(x)=xe^{x}\) et \(y_2(x)=2\).
- Par superposition, \(y_1+y_2\) est solution de \((E)\). La solution générale est \(x\mapsto C_1e^{x}+C_2e^{-x}+xe^{x}+2\).
- On a \(y^{\prime}(x)=C_1e^{x}-C_2e^{-x}+(x+1)e^{x}\). Les conditions donnent \(C_1+C_2+2=0\) et \(C_1-C_2+1=0\). En additionnant, \(2C_1=-3\), donc \(C_1=-\frac{3}{2}\). Puis \(C_2=-\frac{1}{2}\). La solution est \(x\mapsto -\frac{3}{2}e^{x}-\frac{1}{2}e^{-x}+xe^{x}+2\). Vérification : \(y(0)=-\frac{3}{2}-\frac{1}{2}+2=0\).
Point de méthode : les constantes se déterminent toujours sur la solution générale complète, jamais sur la seule partie homogène.
Corrigé de l’exercice 18 : Démonstration de la structure au second ordre
- La fonction \(z\) est dérivable et \(z^{\prime}=y^{\prime\prime}-r_2y^{\prime}\). Donc
\[z^{\prime}-r_1z=y^{\prime\prime}-r_2y^{\prime}-r_1y^{\prime}+r_1r_2y=y^{\prime\prime}-(r_1+r_2)y^{\prime}+r_1r_2y.\]
Ainsi \(y\) est solution de \((H)\) si et seulement si \(z^{\prime}=r_1z\). - D’après le premier ordre, \(z^{\prime}=r_1z\) équivaut à \(z=Ce^{r_1x}\). Il reste à résoudre \(y^{\prime}-r_2y=Ce^{r_1x}\). Posons \(y=u\,e^{r_2x}\) : on obtient \(u^{\prime}=Ce^{(r_1-r_2)x}\). Si \(r_1\neq r_2\), alors \(u=\frac{C}{r_1-r_2}e^{(r_1-r_2)x}+C_2\). En notant \(C_1=\frac{C}{r_1-r_2}\), on obtient \(y=C_1e^{r_1x}+C_2e^{r_2x}\). Si \(r_1=r_2\), alors \(u^{\prime}=C\), donc \(u=Cx+C_2\). On obtient \(y=(C_1x+C_2)e^{r_1x}\). Réciproquement, ces fonctions sont solutions, car toutes les étapes sont des équivalences.
- Si \(r_1\neq r_2\), l’ensemble des solutions est \(\mathrm{Vect}(e^{r_1x},e^{r_2x})\). Ces deux fonctions ne sont pas proportionnelles, car leur quotient \(e^{(r_1-r_2)x}\) n’est pas constant. Elles forment donc une famille libre. Si \(r_1=r_2\), l’ensemble est \(\mathrm{Vect}(xe^{r_1x},e^{r_1x})\), et le quotient \(x\) n’est pas constant. Dans les deux cas, l’espace des solutions est de dimension 2.
- On cherche \((C_1,C_2)\) tel que \(C_1e^{r_1x_0}+C_2e^{r_2x_0}=\alpha\) et \(r_1C_1e^{r_1x_0}+r_2C_2e^{r_2x_0}=\beta\). Le déterminant de ce système vaut
\[\begin{vmatrix} e^{r_1x_0} e^{r_2x_0} \\ r_1e^{r_1x_0} r_2e^{r_2x_0}\end{vmatrix}=(r_2-r_1)\,e^{(r_1+r_2)x_0}.\]
Il est non nul, car \(r_1\neq r_2\) et une exponentielle ne s’annule pas. Le système a une unique solution : le problème de Cauchy admet une unique solution.
Corrigé de l’exercice 19 : Équation d’Euler par changement de variable
- Par dérivation d’une composée, \(z^{\prime}(t)=e^{t}y^{\prime}(e^{t})\) et \(z^{\prime\prime}(t)=e^{t}y^{\prime}(e^{t})+e^{2t}y^{\prime\prime}(e^{t})\).
- Posons \(x=e^{t}\). D’après la question 1, \(xy^{\prime}(x)=z^{\prime}(t)\) et \(x^2y^{\prime\prime}(x)=z^{\prime\prime}(t)-z^{\prime}(t)\). Ainsi
\[x^2y^{\prime\prime}-2xy^{\prime}+2y-x^3=z^{\prime\prime}(t)-3z^{\prime}(t)+2z(t)-e^{3t}.\]
Comme \(t\mapsto e^{t}\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]0,+\infty[\), l’égalité à 0 pour tout \(x>0\) équivaut à l’égalité à 0 pour tout \(t\in\mathbb{R}\). Donc \(y\) est solution de \((E)\) si et seulement si \(z^{\prime\prime}-3z^{\prime}+2z=e^{3t}\). - C’est l’équation de l’exercice 14, question 1. Ses solutions sont \(z(t)=C_1e^{t}+C_2e^{2t}+\frac{1}{2}e^{3t}\). On revient à \(y(x)=z(\ln x)\). Les solutions de \((E)\) sont \(x\mapsto C_1x+C_2x^2+\frac{x^3}{2}\), \(C_1,C_2\in\mathbb{R}\).
- Pour \(y=\frac{x^3}{2}\), on a \(y^{\prime}=\frac{3x^2}{2}\) et \(y^{\prime\prime}=3x\). Alors \(x^2\cdot 3x-2x\cdot\frac{3x^2}{2}+2\cdot\frac{x^3}{2}=3x^3-3x^3+x^3=x^3\). La fonction \(x\mapsto \frac{x^3}{2}\) est bien solution.
Corrigé de l’exercice 20 : Suites récurrentes linéaires d’ordre deux
- L’équation caractéristique \(r^2=5r-6\) s’écrit \((r-2)(r-3)=0\). Donc \(u_n=\lambda 2^n+\mu 3^n\). Les conditions donnent \(\lambda+\mu=1\) et \(2\lambda+3\mu=4\). Ainsi \(\mu=2\) et \(\lambda=-1\). On obtient \(u_n=2\cdot 3^n-2^n\). Vérification : \(u_2=5\cdot 4-6=14=18-4\).
- L’équation \(r^2-4r+4=(r-2)^2=0\) a une racine double \(2\). Donc \(v_n=(\lambda+\mu n)2^n\). On a \(v_0=\lambda=1\) et \(v_1=2(\lambda+\mu)=4\), d’où \(\mu=1\). On obtient \(v_n=(n+1)2^n\).
- L’équation \(r^2-r+1=0\) a pour racines \(\frac{1\pm i\sqrt{3}}{2}=e^{\pm i\pi/3}\), de module 1. Donc \(w_n=\lambda\cos\frac{n\pi}{3}+\mu\sin\frac{n\pi}{3}\). On a \(w_0=\lambda=0\), puis \(w_1=\mu\frac{\sqrt{3}}{2}=1\). On obtient \(w_n=\frac{2}{\sqrt{3}}\sin\frac{n\pi}{3}\). Cette suite est \(6\)-périodique, car \(\sin\) est \(2\pi\)-périodique. Ses premiers termes sont \(0, 1, 1, 0, -1, -1\). La période est exactement 6.
- L’équation \(y^{\prime\prime}-5y^{\prime}+6y=0\) a pour équation caractéristique \(r^2-5r+6=0\), la même que la suite \((u_n)\). Ses solutions sont \(C_1e^{2x}+C_2e^{3x}\). Les fonctions \(e^{rx}\) jouent le rôle des suites \(r^n\).
Corrigé de l’exercice 21 : Méthode d’Euler et suite géométrique
- Les solutions de \(y^{\prime}=-y\) sont \(Ce^{-x}\), et \(y(0)=1\) impose \(C=1\). La solution exacte est \(x\mapsto e^{-x}\).
- On a \(u_{k+1}=(1-h)u_k\). La suite est géométrique de raison \(1-\frac{1}{n}\), et \(u_n=(1-\frac{1}{n})^n\).
- Comme \(n\geq\, 2\), on a \(\frac{1}{n}\in[0, 1[\). Donc \(u_n=\exp\big(n\ln(1-\frac{1}{n})\big)\leq\,\exp\big(n\cdot(-\frac{1}{n})\big)\), par croissance de l’exponentielle. Ainsi \(u_n\leq\, e^{-1}\). La méthode sous-estime donc la valeur exacte, comme sur la figure de l’énoncé.
- On sait que \(\ln(1-t)\sim -t\) quand \(t\to 0\). Donc \(n\ln(1-\frac{1}{n})\to -1\). Par continuité de l’exponentielle, \(u_n\to e^{-1}\). Par exemple, pour \(n=10\), \(u_{10}=0{,}9^{10}\approx 0{,}349\), alors que \(e^{-1}\approx 0{,}368\).
Corrigé de l’exercice 22 : Discrétisation de l’oscillateur harmonique
- La relation s’écrit \(u_{k+1}=(2-h^2)u_k-u_{k-1}\). Son équation caractéristique est \(r^2-(2-h^2)r+1=0\). Son discriminant vaut \((2-h^2)^2-4=h^2(h^2-4)\), strictement négatif car \(0<h<2\). Les deux racines sont donc complexes conjuguées. Leur produit vaut 1, donc leur module commun vaut 1. On les écrit \(e^{\pm i\theta}\) avec \(\theta\in\,]0,\pi[\). Leur somme \(2\cos\theta\) vaut \(2-h^2\). Ainsi \(\cos\theta=1-\frac{h^2}{2}\).
- D’après le cours, \(u_k=\lambda\cos(k\theta)+\mu\sin(k\theta)\). On a \(u_0=\lambda=1\), puis \(u_1=\cos\theta+\mu\sin\theta=1-\frac{h^2}{2}=\cos\theta\). Comme \(\sin\theta\neq 0\), on obtient \(\mu=0\). Donc \(u_k=\cos(k\theta)\) pour tout \(k\).
- On a \(\theta=\arccos(1-\frac{h^2}{2})\). Par continuité de \(\arccos\) en 1, \(\theta\to\arccos 1=0\). Ensuite, \(1-\cos\theta=\frac{h^2}{2}\), et \(1-\cos\theta\sim\frac{\theta^2}{2}\) quand \(\theta\to 0\). Donc \(\frac{\theta^2}{h^2}\to 1\). Comme \(\theta\) et \(h\) sont positifs, \(\frac{\theta}{h}\to 1\).
- Pour \(n>\frac{x}{2}\), on a \(h=\frac{x}{n}\in\,]0, 2[\). De plus, \(n\theta_n=x\cdot\frac{\theta_n}{h}\), qui tend vers \(x\) d’après la question 3. Par continuité du cosinus, \(u_n=\cos(n\theta_n)\to\cos x\).
La figure ci-dessous compare les points \((kh\,;u_k)\) pour \(h=0{,}5\) à la courbe du cosinus. Même avec ce pas assez grand, le schéma suit bien la solution exacte, avec un léger décalage de phase.
Corrigé de l’exercice 23 : Équations fonctionnelles
- Soit \(f\) continue vérifiant la relation. La fonction \(t\mapsto tf(t)\) est continue. Par le théorème fondamental de l’analyse, \(x\mapsto \int_0^x tf(t)\,\mathrm{d}t\) est de classe \(C^1\), de dérivée \(xf(x)\). Donc \(f\) est dérivable et \(f^{\prime}(x)=2xf(x)\). De plus, \(f(0)=1\). Par le théorème de Cauchy, \(f(x)=e^{x^2}\). Réciproquement,
\[1+2\int_0^x te^{t^2}\,\mathrm{d}t=1+[e^{t^2}]_0^x=e^{x^2}.\]
L’unique solution est \(x\mapsto e^{x^2}\). - Soit \(f\) dérivable avec \(f^{\prime}(x)=f(-x)\). La fonction \(x\mapsto f(-x)\) est dérivable, donc \(f^{\prime}\) l’est aussi : \(f\) est deux fois dérivable. De plus, \(f^{\prime\prime}(x)=-f^{\prime}(-x)=-f(x)\). Ainsi \(f^{\prime\prime}+f=0\), d’où \(f=A\cos+B\sin\). Réinjectons : \(f^{\prime}(x)=-A\sin x+B\cos x\) et \(f(-x)=A\cos x-B\sin x\). L’égalité pour tout \(x\) impose \(B=A\), par exemple en \(x=0\) puis en \(x=\frac{\pi}{2}\). Réciproquement, \(A(\cos+\sin)\) convient. Les solutions sont les fonctions \(x\mapsto A(\cos x+\sin x)\), \(A\in\mathbb{R}\).
Point de méthode : on dérive pour obtenir une équation différentielle, puis on vérifie la réciproque, car dériver fait perdre de l’information.
Corrigé de l’exercice 24 : Problème : oscillateur amorti et régime forcé
L’équation caractéristique de \((H_\alpha)\) est \(r^2+2\alpha r+1=0\), de discriminant réduit \(\alpha^2-1\).
Partie A.
- Pour \(0<\alpha<1\), les racines sont \(-\alpha\pm i\beta\). Donc \(y=e^{-\alpha t}(C_1\cos\beta t+C_2\sin\beta t)\). On a \(y(0)=C_1=1\). Ensuite, \(y^{\prime}(0)=-\alpha C_1+\beta C_2=0\), d’où \(C_2=\frac{\alpha}{\beta}\). On obtient \(y_\alpha(t)=e^{-\alpha t}(\cos\beta t+\frac{\alpha}{\beta}\sin\beta t)\).
- Comme \(\alpha^2+\beta^2=1\) avec \(\alpha,\beta>0\), il existe \(\varphi\in]0,\frac{\pi}{2}[\) tel que \(\cos\varphi=\alpha\) et \(\sin\varphi=\beta\). Alors
\[\sin(\beta t+\varphi)=\alpha\sin\beta t+\beta\cos\beta t=\beta(\cos\beta t+\frac{\alpha}{\beta}\sin\beta t).\]
Donc \(y_\alpha(t)=\frac{1}{\beta}e^{-\alpha t}\sin(\beta t+\varphi)\). Ainsi \(y_\alpha(t)=0\) si et seulement si \(\beta t+\varphi=k\pi\), soit \(t_k=\frac{k\pi-\varphi}{\beta}\). Pour tout \(k\geq\, 1\), \(t_k>0\). Il y a une infinité de zéros, espacés de \(\frac{\pi}{\beta}\).
Partie B.
- Pour \(\alpha=1\), la racine double est \(-1\), et \(y=(C_1t+C_2)e^{-t}\). Les conditions donnent \(C_2=1\) et \(C_1-C_2=0\). Donc \(y_1(t)=(1+t)e^{-t}\).
- Pour \(\alpha>1\), posons \(s=\sqrt{\alpha^2-1}>0\). Les racines sont \(r_{\pm}=-\alpha\pm s\), toutes deux strictement négatives car \(s<\alpha\). On écrit \(y=Ae^{r_+t}+Be^{r_-t}\), avec \(A+B=1\) et \(Ar_++Br_-=0\). On trouve
\[A=\frac{\alpha+s}{2s}>0, \qquad B=\frac{s-\alpha}{2s}<0.\]
Pour \(t\geq\, 0\), on a \(y_\alpha(t)=e^{r_-t}\big(Ae^{2st}+B\big)\), car \(r_+-r_-=2s\). Or \(e^{2st}\geq\, 1\) et \(A>0\), donc \(Ae^{2st}+B\geq\, A+B=1\). Ainsi \(y_\alpha(t)>0\) pour tout \(t\geq\, 0\) : il n’y a aucune oscillation. - Si \(0<\alpha<1\), alors \(|y_\alpha(t)|\leq\,\frac{1}{\beta}e^{-\alpha t}\to 0\). Si \(\alpha=1\), \((1+t)e^{-t}\to 0\) par croissances comparées. Si \(\alpha>1\), les deux exponentielles tendent vers 0 car \(r_{\pm}<0\). Dans tous les cas, \(y_\alpha(t)\to 0\). En revanche, pour \(\alpha=0\), on trouve \(y_0=\cos\), qui ne tend pas vers 0 : sans amortissement, l’oscillation est permanente.
La figure ci-dessous montre les trois comportements. Le régime pseudo-périodique oscille, alors que les deux autres restent positifs.
Partie C.
- Pour \(y=\lambda\cos t+\mu\sin t\), on calcule
\[y^{\prime\prime}+y^{\prime}+y=\mu\cos t-\lambda\sin t.\]
En effet, \(y^{\prime\prime}+y=0\) ici. Il faut donc \(\mu=1\) et \(\lambda=0\). La fonction \(y_p=\sin\) est solution. - Pour \(\alpha=\frac{1}{2}\), on a \(\beta=\frac{\sqrt{3}}{2}\). Les solutions sont \(t\mapsto e^{-t/2}(C_1\cos\frac{\sqrt{3}}{2}t+C_2\sin\frac{\sqrt{3}}{2}t)+\sin t\). La condition \(y(0)=0\) donne \(C_1=0\). Ensuite, \(y^{\prime}(0)=\frac{\sqrt{3}}{2}C_2+1=0\), donc \(C_2=-\frac{2}{\sqrt{3}}\). La solution est \(t\mapsto \sin t-\frac{2}{\sqrt{3}}e^{-t/2}\sin\frac{\sqrt{3}}{2}t\).
- Pour toute solution, \(|y(t)-\sin t|\leq\,(|C_1|+|C_2|)e^{-t/2}\). Donc \(y(t)-\sin t\to 0\) : toutes les solutions rejoignent le régime permanent.
La figure ci-dessous illustre ce résultat. La solution partie du repos rejoint la courbe \(\sin t\) après environ deux oscillations.
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