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Fonctions usuelles : corrigé des exercices de maths en L1.

    Fonctions usuelles : corrigé des exercices de maths en L1

    Ce corrigé fonctions L1 rédige les vingt exercices comme on l’attend en partiel. Chaque solution commence par le domaine, puis cite les théorèmes utilisés : théorème de la bijection, dérivée d’une réciproque, croissances comparées. Les calculs intermédiaires sont détaillés, et le résultat final apparaît en gras.

    Soyez attentifs à trois pièges fréquents. D’abord, \(\arcsin(\sin\theta) = \theta\) seulement pour un angle du bon intervalle de référence. Ensuite, une dérivée nulle ne donne une constante que sur un intervalle. Enfin, une asymptote oblique exige deux limites, puis l’étude de la position de la courbe.

    Des figures accompagnent les études complètes : extremums, asymptotes et centres de symétrie y sont placés. Comparez-les à vos propres tracés, puis refaites seuls les exercices qui vous ont résisté.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths en L1 sur fonctions usuelles.

    Corrigé de l’exercice 1 : Équations et inéquations avec ln et exp

    1. L’équation a un sens si \(x > 0\) et \(x – 2 > 0\), donc pour \(x > 2\). Sur ce domaine, \(\ln(x) + \ln(x – 2) = \ln(x(x-2))\). Comme \(\ln\) est injective, l’équation équivaut à \(x^2 – 2x = 3\), soit \(x^2 – 2x – 3 = 0\). Les racines sont \(3\) et \(-1\). Or seule \(3\) vérifie \(x > 2\). L’unique solution est \(x = 3\).
    2. On pose \(X = e^{x} > 0\). L’équation devient \(X^2 – 3X + 2 = 0\), soit \((X – 1)(X – 2) = 0\). Ainsi \(e^{x} = 1\) ou \(e^{x} = 2\). Les solutions sont \(x = 0\) et \(x = \ln 2\).
    3. Il faut \(2x – 1 > 0\) et \(x + 3 > 0\), donc \(x > \frac{1}{2}\). Sur ce domaine, \(\ln\) est strictement croissante, donc l’inéquation équivaut à \(2x – 1 \leq\, x + 3\), c’est-à-dire \(x \leq\, 4\). L’ensemble des solutions est \(]\frac{1}{2}, 4]\).
    4. Les deux membres sont strictement positifs. On compose par \(\ln\), qui est injective : \(x\ln 2 = (x – 1)\ln 3\). Donc \(x(\ln 3 – \ln 2) = \ln 3\). Comme \(\ln 3 \neq \ln 2\), on obtient \(x = \dfrac{\ln 3}{\ln 3 – \ln 2} = \dfrac{\ln 3}{\ln(3/2)}\).

    Point de méthode : on écrit toujours le domaine avant de combiner des logarithmes, car \(\ln(ab) = \ln a + \ln b\) exige \(a > 0\) et \(b > 0\).

    Corrigé de l’exercice 2 : Fonctions puissances et étude de x puissance x

    1. Par définition, \(x^{\sqrt{2}} = e^{\sqrt{2}\ln x}\) pour \(x > 0\). Cette fonction est dérivable sur \(]0, +\infty[\) comme composée, de dérivée \(\sqrt{2}x^{\sqrt{2} – 1}\). Ensuite, \(\sqrt{2}\ln x \to -\infty\) quand \(x \to 0^+\), donc \(x^{\sqrt{2}} \to 0\). On prolonge ainsi par continuité en posant \(0^{\sqrt{2}} = 0\). De plus, le taux d’accroissement en 0 vaut \(\frac{x^{\sqrt{2}}}{x} = x^{\sqrt{2} – 1}\). Or \(\sqrt{2} – 1 > 0\), donc ce taux tend vers 0. Le prolongement est dérivable en 0, de dérivée nulle. Par ailleurs, \(2^{x} = e^{x\ln 2}\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \((2^{x})^{\prime} = \ln 2 \cdot 2^{x}\).
    2. On écrit \(f(x) = e^{x\ln x}\). La dérivée de \(x\ln x\) est \(\ln x + 1\). Par conséquent, \(f^{\prime}(x) = (\ln x + 1)x^{x}\). Comme \(x^{x} > 0\), le signe de \(f^{\prime}\) est celui de \(\ln x + 1\). Ce facteur est négatif pour \(x < 1/e\) et positif pour \(x > 1/e\). Ainsi, \(f\) décroît sur \(]0, 1/e]\), croît sur \([1/e, +\infty[\), et son minimum vaut \(f(1/e) = e^{-1/e} \approx 0{,}69\).
    3. Par croissances comparées, \(x\ln x \to 0\) quand \(x \to 0^+\). Par continuité de l’exponentielle, \(f(x) \to e^{0} = 1\). En \(+\infty\), en revanche, \(x\ln x \to +\infty\), donc \(f(x) \to +\infty\). La fonction \(f\) se prolonge par continuité en 0 en posant \(f(0) = 1\).
    4. Pour \(0 < x < 1\), posons \(u = x\ln x\). Alors \(u \neq 0\) et
      \[\frac{f(x) – 1}{x} = \frac{e^{u} – 1}{u} \cdot \frac{u}{x} = \frac{e^{u} – 1}{u} \cdot \ln x.\]
      Quand \(x \to 0^+\), on a \(u \to 0\), donc \(\frac{e^{u} – 1}{u} \to 1\), qui est la dérivée de \(\exp\) en 0. Or \(\ln x \to -\infty\). Le taux d’accroissement tend vers \(-\infty\) : le prolongement n’est pas dérivable en 0, et la courbe admet au point \((0, 1)\) une demi-tangente verticale.

    La courbe ci-dessous résume cette étude : elle part du point \((0, 1)\) avec une tangente verticale, descend jusqu’au minimum, puis remonte en passant par \((1, 1)\).

    Courbe de x puissance x avec son minimum en 1/e et son prolongement au point (0, 1)

    Corrigé de l’exercice 3 : Limites par croissances comparées

    1. C’est le cas \(\alpha = 3\), \(\beta = 1\) du théorème des croissances comparées. La limite vaut 0.
    2. On a \(x(\ln x)^2 = x^{1}|\ln x|^{2}\). Le théorème en \(0^+\), avec \(\beta = 1\) et \(\alpha = 2\), donne une limite nulle.
    3. L’exponentielle l’emporte sur toute puissance : \(\frac{x^5}{e^{x}} \to 0\). La limite vaut 0.
    4. On factorise les termes dominants :
      \[\frac{e^{x} – x^3}{x^2 + \ln x} = \frac{e^{x}}{x^2} \cdot \frac{1 – x^3 e^{-x}}{1 + \frac{\ln x}{x^2}}.\]
      D’une part, \(x^3e^{-x} \to 0\) et \(\frac{\ln x}{x^2} \to 0\), donc le second facteur tend vers 1. D’autre part, \(\frac{x^2}{e^{x}} \to 0^+\), donc \(\frac{e^{x}}{x^2} \to +\infty\). La limite vaut \(+\infty\).
    5. On pose \(t = -x \to +\infty\). Alors \(xe^{x} = -\frac{t}{e^{t}}\), qui tend vers 0. La limite vaut 0.
    6. On écrit \(x^{1/x} = e^{\frac{\ln x}{x}}\). Or \(\frac{\ln x}{x} \to 0\), et l’exponentielle est continue en 0. La limite vaut 1.

    Corrigé de l’exercice 4 : Formes indéterminées plus délicates

    1. C’est une forme \(1^{\infty}\). On écrit \((1 + \frac{1}{x})^{x} = e^{x\ln(1 + 1/x)}\). Avec \(u = 1/x \to 0^+\), on a \(x\ln(1 + 1/x) = \frac{\ln(1 + u)}{u} \to 1\). Par continuité de l’exponentielle, la limite vaut \(e\).
    2. On écrit \(\frac{x^{\ln x}}{e^{x}} = e^{(\ln x)^2 – x}\). Ensuite, \((\ln x)^2 – x = x(\frac{(\ln x)^2}{x} – 1)\). Par croissances comparées, \(\frac{(\ln x)^2}{x} \to 0\), donc l’exposant tend vers \(-\infty\). La limite vaut 0.
    3. On a \(x^{\sqrt{x}} = e^{\sqrt{x}\ln x}\). Or \(\sqrt{x}\ln x = x^{1/2}\ln x \to 0\) en \(0^+\), par croissances comparées. La limite vaut \(e^{0} = 1\).
    4. On factorise \(e^{x}\) dans le logarithme : \(\ln(1 + e^{x}) = x + \ln(1 + e^{-x})\). Donc \(\frac{\ln(1 + e^{x})}{x} = 1 + \frac{\ln(1 + e^{-x})}{x}\). Le numérateur du dernier quotient tend vers \(\ln 1 = 0\). La limite vaut 1.
    5. De même, \(\ln(x^2 + 1) = 2\ln x + \ln(1 + \frac{1}{x^2})\). Pour \(x > 1\), on obtient \(\frac{\ln(x^2+1)}{\ln x} = 2 + \frac{\ln(1 + 1/x^2)}{\ln x}\). Le numérateur tend vers 0 et le dénominateur vers \(+\infty\). La limite vaut 2.

    Point de méthode : dans un logarithme, on factorise par le terme dominant, puis on sépare avec \(\ln(ab) = \ln a + \ln b\).

    Corrigé de l’exercice 5 : Inégalités classiques

    1. Posons \(\varphi(x) = e^{x} – 1 – x\). Elle est dérivable et \(\varphi^{\prime}(x) = e^{x} – 1\). Cette dérivée est strictement négative sur \(]-\infty, 0[\) et strictement positive sur \(]0, +\infty[\). Donc \(\varphi\) est strictement décroissante sur \(]-\infty, 0]\) et strictement croissante sur \([0, +\infty[\). Son minimum est \(\varphi(0) = 0\), atteint seulement en 0. Ainsi \(e^{x} \geq\, 1 + x\), avec égalité si et seulement si \(x = 0\).
    2. Pour \(x > -1\), on applique la question 1 à \(y = \ln(1 + x)\) : \(e^{y} \geq\, 1 + y\), soit \(1 + x \geq\, 1 + \ln(1 + x)\). Donc \(\ln(1 + x) \leq\, x\) pour tout \(x > -1\).
    3. Soit \(u(x) = x – \arctan x\) sur \([0, +\infty[\). On a \(u^{\prime}(x) = 1 – \frac{1}{1 + x^2} = \frac{x^2}{1 + x^2} \geq\, 0\). Donc \(u\) est croissante et \(u(x) \geq\, u(0) = 0\). Ensuite, soit \(v(x) = \arctan x – x + \frac{x^3}{3}\). On calcule
      \[v^{\prime}(x) = \frac{1}{1 + x^2} – 1 + x^2 = \frac{1 – (1 + x^2) + x^2(1 + x^2)}{1 + x^2} = \frac{x^4}{1 + x^2} \geq\, 0.\]
      Par conséquent, \(v\) est croissante et \(v(x) \geq\, v(0) = 0\). On a bien \(x – \frac{x^3}{3} \leq\, \arctan x \leq\, x\) pour \(x \geq\, 0\).
    4. Soit \(g(x) = \mathrm{ch}\,x – 1 – \frac{x^2}{2}\). On a \(g^{\prime}(x) = \mathrm{sh}\,x – x\) et \(g^{\prime\prime}(x) = \mathrm{ch}\,x – 1 \geq\, 0\). Ainsi \(g^{\prime}\) est croissante, et \(g^{\prime}(0) = 0\). Donc \(g^{\prime}\) est du signe de \(x\). Il en résulte que \(g\) décroît sur \(]-\infty, 0]\) et croît sur \([0, +\infty[\). Son minimum est \(g(0) = 0\), d’où \(\mathrm{ch}\,x \geq\, 1 + \frac{x^2}{2}\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Équations trigonométriques

    1. Sur \(]-\pi/2, \pi/2[\), \(\cos\) ne s’annule pas. Donc \(\tan = \sin/\cos\) est dérivable comme quotient, et
      \[\tan^{\prime} = \frac{\cos \cdot \cos – \sin \cdot (-\sin)}{\cos^2} = \frac{\cos^2 + \sin^2}{\cos^2} = \frac{1}{\cos^2}.\]
      En séparant la fraction, on obtient aussi \(\tan^{\prime} = 1 + \tan^2 = \frac{1}{\cos^2}\).
    2. On pose \(X = \cos x\). L’équation devient \(2X^2 – 3X + 1 = 0\), soit \((2X – 1)(X – 1) = 0\). D’abord, \(\cos x = 1\) donne \(x = 0\) dans \([0, 2\pi[\). Ensuite, \(\cos x = \frac{1}{2}\) donne \(x = \frac{\pi}{3}\) ou \(x = \frac{5\pi}{3}\). Les solutions sont \(0\), \(\frac{\pi}{3}\) et \(\frac{5\pi}{3}\).
    3. La formule d’addition donne \(\sqrt{2}\sin(x + \frac{\pi}{4}) = \sqrt{2}(\sin x \cdot \frac{\sqrt{2}}{2} + \cos x \cdot \frac{\sqrt{2}}{2}) = \sin x + \cos x\). Le maximum de \(\sin\) vaut 1. Donc le maximum de \(\sin x + \cos x\) vaut \(\sqrt{2}\), atteint en \(x = \frac{\pi}{4}\) modulo \(2\pi\). Ensuite, l’équation \(\sin x + \cos x = 1\) équivaut à \(\sin(x + \frac{\pi}{4}) = \frac{\sqrt{2}}{2}\). Ainsi \(x + \frac{\pi}{4} \equiv \frac{\pi}{4}\) ou \(x + \frac{\pi}{4} \equiv \frac{3\pi}{4}\) modulo \(2\pi\). Dans \([0, 2\pi[\), les solutions sont \(0\) et \(\frac{\pi}{2}\).
    4. Comme \(\sin(2x) = 2\sin x\cos x\), l’équation s’écrit \(\cos x\,(2\sin x – 1) = 0\). D’une part, \(\cos x = 0\) donne \(\frac{\pi}{2}\) et \(\frac{3\pi}{2}\). D’autre part, \(\sin x = \frac{1}{2}\) donne \(\frac{\pi}{6}\) et \(\frac{5\pi}{6}\). Les solutions sont \(\frac{\pi}{6}\), \(\frac{\pi}{2}\), \(\frac{5\pi}{6}\) et \(\frac{3\pi}{2}\).

    Corrigé de l’exercice 7 : Valeurs remarquables des fonctions réciproques

    1. On cherche l’angle de l’intervalle de référence qui convient. D’abord, \(\sin\frac{\pi}{6} = \frac{1}{2}\) avec \(\frac{\pi}{6} \in [-\pi/2, \pi/2]\). Ensuite, \(\cos\frac{3\pi}{4} = -\frac{\sqrt{2}}{2}\) avec \(\frac{3\pi}{4} \in [0, \pi]\). Enfin, \(\tan(-\frac{\pi}{3}) = -\sqrt{3}\) avec \(-\frac{\pi}{3} \in ]-\pi/2, \pi/2[\). Donc \(\arcsin\frac{1}{2} = \frac{\pi}{6}\), \(\arccos(-\frac{\sqrt{2}}{2}) = \frac{3\pi}{4}\) et \(\arctan(-\sqrt{3}) = -\frac{\pi}{3}\).
    2. Attention, \(\frac{5\pi}{6} \notin [-\pi/2, \pi/2]\). On calcule donc \(\sin\frac{5\pi}{6} = \frac{1}{2}\), puis \(\arcsin\frac{1}{2} = \frac{\pi}{6}\). De même, \(\cos(-\frac{\pi}{3}) = \frac{1}{2}\) et \(\arccos\frac{1}{2} = \frac{\pi}{3}\). Enfin, \(\tan\frac{3\pi}{4} = -1\) et \(\arctan(-1) = -\frac{\pi}{4}\). Les trois valeurs sont \(\frac{\pi}{6}\), \(\frac{\pi}{3}\) et \(-\frac{\pi}{4}\).
    3. Le réel 3 n’est pas dans \([-\pi/2, \pi/2]\). En revanche, \(\pi – 3 \approx 0{,}14\) y appartient, et \(\sin(\pi – 3) = \sin 3\). Donc \(\arcsin(\sin 3) = \pi – 3\). De même, 4 n’est pas dans \([0, \pi]\), mais \(2\pi – 4 \approx 2{,}28\) l’est, et \(\cos(2\pi – 4) = \cos 4\). Ainsi \(\arcsin(\sin 3) = \pi – 3\) et \(\arccos(\cos 4) = 2\pi – 4\).
    4. Soit \(\theta = \arctan x \in ]-\pi/2, \pi/2[\). Alors \(\cos\theta > 0\) et \(\frac{1}{\cos^2\theta} = 1 + \tan^2\theta = 1 + x^2\). Donc \(\cos(\arctan x) = \frac{1}{\sqrt{1 + x^2}}\) pour tout réel \(x\). Ensuite, pour \(x \in [-1, 1]\), \(\theta = \arccos x \in [0, \pi]\), donc \(\sin \theta \geq\, 0\) et \(\sin(\arccos x) = \sqrt{1 – x^2}\). Enfin, pour \(x \in ]-1, 1[\), \(\cos(\arcsin x) = \sqrt{1 – x^2} > 0\). On obtient \(\cos(\arctan x) = \frac{1}{\sqrt{1+x^2}}\), \(\sin(\arccos x) = \sqrt{1 – x^2}\) et \(\tan(\arcsin x) = \frac{x}{\sqrt{1 – x^2}}\).

    Corrigé de l’exercice 8 : Construction de la fonction arcsinus

    1. La fonction \(\sin\) est continue sur \([-\pi/2, \pi/2]\). Sa dérivée \(\cos\) est strictement positive sur \(]-\pi/2, \pi/2[\), donc \(\sin\) y est strictement croissante. D’après le théorème de la bijection, elle réalise une bijection de \([-\pi/2, \pi/2]\) sur \([\sin(-\pi/2), \sin(\pi/2)]\). L’intervalle image est \([-1, 1]\).
    2. Le théorème de la bijection affirme aussi que la réciproque est continue et strictement monotone, de même sens. Donc \(\arcsin\) est continue et strictement croissante. Pour l’imparité, soit \(x \in [-1, 1]\) et \(\theta = \arcsin x\). Alors \(-\theta \in [-\pi/2, \pi/2]\) et \(\sin(-\theta) = -x\). Par définition, \(\arcsin(-x) = -\theta\). Ainsi \(\arcsin\) est impaire.
    3. Soit \(\theta = \arcsin x\). On a \(\cos^2\theta = 1 – \sin^2\theta = 1 – x^2\). Or \(\theta \in [-\pi/2, \pi/2]\), donc \(\cos\theta \geq\, 0\). Par conséquent, \(\cos(\arcsin x) = \sqrt{1 – x^2}\).
    4. Pour \(x \in ]-1, 1[\), on a \(\theta \in ]-\pi/2, \pi/2[\) et \(\sin^{\prime}(\theta) = \cos\theta > 0\). La formule de dérivation d’une réciproque s’applique : \(\arcsin^{\prime}(x) = \frac{1}{\cos(\arcsin x)}\). Donc \(\arcsin^{\prime}(x) = \frac{1}{\sqrt{1 – x^2}}\). En \(x = 1\), on a \(\theta = \pi/2\) et \(\sin^{\prime}(\pi/2) = 0\). Le taux d’accroissement de \(\arcsin\) en 1 est l’inverse de celui de \(\sin\) en \(\pi/2\), qui tend vers \(0^+\). Il tend donc vers \(+\infty\) : \(\arcsin\) n’est pas dérivable en 1, et sa courbe y a une tangente verticale.
    5. Soit \(h = \arcsin + \arccos\). Elle est continue sur \([-1, 1]\) et dérivable sur \(]-1, 1[\), avec \(h^{\prime}(x) = \frac{1}{\sqrt{1-x^2}} – \frac{1}{\sqrt{1-x^2}} = 0\). Par le théorème des accroissements finis, \(h\) est constante sur \([-1, 1]\). Or \(h(0) = 0 + \frac{\pi}{2}\). Donc \(\arcsin x + \arccos x = \frac{\pi}{2}\) pour tout \(x \in [-1, 1]\).

    Corrigé de l’exercice 9 : Dérivées de fonctions trigonométriques réciproques

    1. La fonction \(\arctan\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\), donc \(f_1\) aussi. Par dérivation d’une composée, \(f_1^{\prime}(x) = \dfrac{2}{1 + 4x^2}\) pour tout réel \(x\).
    2. La fonction \(\arcsin\) est dérivable sur \(]-1, 1[\). Or \(x^2 \in ]-1, 1[\) si et seulement si \(|x| < 1\). Sur \(]-1, 1[\), on obtient \(f_2^{\prime}(x) = \dfrac{2x}{\sqrt{1 – x^4}}\).
    3. Pour \(x > 1\), on a \(\frac{1}{x} \in ]0, 1[\), où \(\arccos\) est dérivable. Donc
      \[f_3^{\prime}(x) = -\frac{-1/x^2}{\sqrt{1 – 1/x^2}} = \frac{1}{x^2}\cdot\frac{x}{\sqrt{x^2 – 1}}.\]
      On a utilisé \(\sqrt{1 – 1/x^2} = \frac{\sqrt{x^2-1}}{x}\), valable car \(x > 0\). Ainsi \(f_3^{\prime}(x) = \dfrac{1}{x\sqrt{x^2 – 1}}\).
    4. La fonction \(f_4\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(f_4^{\prime}(x) = \frac{e^{x}}{1 + e^{2x}}\). En divisant par \(e^{x}\), on obtient \(\frac{1}{e^{-x} + e^{x}}\). Donc \(f_4^{\prime}(x) = \dfrac{1}{2\,\mathrm{ch}\,x}\).
    5. Sur \(]-1, 1[\), les deux termes sont dérivables. On calcule
      \[f_5^{\prime}(x) = \arcsin x + \frac{x}{\sqrt{1 – x^2}} + \frac{-2x}{2\sqrt{1 – x^2}}.\]
      Les deux fractions se compensent. Donc \(f_5^{\prime}(x) = \arcsin x\) : \(f_5\) est une primitive de \(\arcsin\).

    Corrigé de l’exercice 10 : Relations entre arctangentes

    1. Soit \(\varphi(x) = \arctan x + \arctan\frac{1}{x}\) sur \(]0, +\infty[\). Elle est dérivable et
      \[\varphi^{\prime}(x) = \frac{1}{1 + x^2} + \frac{-1/x^2}{1 + 1/x^2} = \frac{1}{1 + x^2} – \frac{1}{x^2 + 1} = 0.\]
      Comme \(]0, +\infty[\) est un intervalle, \(\varphi\) y est constante, égale à \(\varphi(1) = 2\arctan 1 = \frac{\pi}{2}\). Ensuite, \(\varphi\) est impaire, car \(\arctan\) l’est. Donc la somme vaut \(\frac{\pi}{2}\) pour \(x > 0\) et \(-\frac{\pi}{2}\) pour \(x < 0\).
    2. Posons \(u(x) = \frac{1 + x}{1 – x}\). Alors \(u^{\prime}(x) = \frac{(1 – x) + (1 + x)}{(1 – x)^2} = \frac{2}{(1 – x)^2}\). De plus, \(1 + u^2 = \frac{(1 – x)^2 + (1 + x)^2}{(1 – x)^2} = \frac{2(1 + x^2)}{(1 – x)^2}\). Par conséquent, \(g^{\prime}(x) = \dfrac{u^{\prime}}{1 + u^2} = \dfrac{1}{1 + x^2}\) pour tout \(x \neq 1\).
    3. Sur chacun des intervalles \(]-\infty, 1[\) et \(]1, +\infty[\), la fonction \(g – \arctan\) a une dérivée nulle, donc elle est constante. Sur \(]-\infty, 1[\), la constante vaut \(g(0) – \arctan 0 = \arctan 1 = \frac{\pi}{4}\). Sur \(]1, +\infty[\), on passe à la limite en \(+\infty\) : \(u(x) \to -1\), donc \(g(x) \to -\frac{\pi}{4}\), et \(\arctan x \to \frac{\pi}{2}\). La constante vaut donc \(-\frac{\pi}{4} – \frac{\pi}{2} = -\frac{3\pi}{4}\). Ainsi \(g(x) = \arctan x + \frac{\pi}{4}\) sur \(]-\infty, 1[\), et \(g(x) = \arctan x – \frac{3\pi}{4}\) sur \(]1, +\infty[\).

    Point de méthode : une dérivée nulle donne une fonction constante sur chaque intervalle seulement ; la constante change ici en traversant \(x = 1\).

    Corrigé de l’exercice 11 : Une équation avec arctangente

    1. Posons \(a = \arctan\frac{1}{2}\) et \(b = \arctan\frac{1}{3}\). Comme \(0 < \frac{1}{3} < \frac{1}{2} < 1\) et \(\arctan\) est croissante, \(a\) et \(b\) sont dans \(]0, \pi/4[\). Donc \(a + b \in ]0, \pi/2[\). Ensuite,
      \[\tan(a + b) = \frac{\frac{1}{2} + \frac{1}{3}}{1 – \frac{1}{6}} = \frac{5/6}{5/6} = 1.\]
      Or \(\frac{\pi}{4}\) est le seul réel de \(]0, \pi/2[\) de tangente 1. Donc \(\arctan\frac{1}{2} + \arctan\frac{1}{3} = \frac{\pi}{4}\).
    2. Soit \(\varphi(x) = \arctan x + \arctan(2x)\). Elle est continue et strictement croissante sur \(\mathbb{R}\), comme somme de deux fonctions strictement croissantes. Ses limites sont \(-\pi\) en \(-\infty\) et \(\pi\) en \(+\infty\). D’après le théorème de la bijection, \(\varphi\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]-\pi, \pi[\), qui contient \(\frac{\pi}{4}\). Ainsi \((E)\) a une unique solution \(x_0\). De plus, \(\varphi(0) = 0 < \frac{\pi}{4}\) et \(\varphi\) est croissante. Donc \(x_0 > 0\).
    3. Posons \(a = \arctan x_0\) et \(b = \arctan(2x_0)\), de sorte que \(a + b = \frac{\pi}{4}\). Comme \(\cos(a + b) \neq 0\), la formule d’addition s’applique : \(\tan(a + b) = \frac{3x_0}{1 – 2x_0^2} = 1\). On obtient \(2x_0^2 + 3x_0 – 1 = 0\), dont les racines sont \(\frac{-3 \pm \sqrt{17}}{4}\). Or \(x_0 > 0\). L’unique solution est \(x_0 = \dfrac{\sqrt{17} – 3}{4} \approx 0{,}28\).

    Corrigé de l’exercice 12 : Simplification de arcsin(2x/(1+x²))

    1. Pour tout réel \(x\), \((|x| – 1)^2 \geq\, 0\), donc \(2|x| \leq\, 1 + x^2\). Ainsi \(|\frac{2x}{1 + x^2}| \leq\, 1\), et \(f\) est définie sur \(\mathbb{R}\). De plus, \(x \mapsto \frac{2x}{1+x^2}\) est impaire, ainsi que \(\arcsin\). Donc \(f\) est définie sur \(\mathbb{R}\) et impaire.
    2. Avec \(x = \tan\theta\) et \(\theta \in ]-\pi/2, \pi/2[\), on a \(1 + x^2 = \frac{1}{\cos^2\theta}\). Donc
      \[\frac{2x}{1 + x^2} = 2\tan\theta\cos^2\theta = 2\sin\theta\cos\theta = \sin(2\theta).\]
      On a bien \(\frac{2x}{1 + x^2} = \sin(2\theta)\).
    3. On a donc \(f(x) = \arcsin(\sin 2\theta)\) avec \(2\theta \in ]-\pi, \pi[\). On distingue trois cas.
      • Si \(x \in [-1, 1]\), alors \(\theta \in [-\pi/4, \pi/4]\) et \(2\theta \in [-\pi/2, \pi/2]\). Donc \(f(x) = 2\theta = 2\arctan x\).
      • Si \(x > 1\), alors \(2\theta \in ]\pi/2, \pi[\). L’angle \(\pi – 2\theta\) est dans \(]0, \pi/2[\) et a le même sinus. Donc \(f(x) = \pi – 2\arctan x\).
      • Si \(x < -1\), alors \(2\theta \in ]-\pi, -\pi/2[\). L’angle \(-\pi – 2\theta\) est dans \(]-\pi/2, 0[\) et \(\sin(-\pi – 2\theta) = \sin(2\theta)\). Donc \(f(x) = -\pi – 2\arctan x\).

      En résumé : \(f(x) = 2\arctan x\) sur \([-1, 1]\), \(f(x) = \pi – 2\arctan x\) sur \(]1, +\infty[\), et \(f(x) = -\pi – 2\arctan x\) sur \(]-\infty, -1[\).

    4. En 1, les deux expressions valent \(\frac{\pi}{2}\), ce qui confirme la continuité. À gauche, le taux d’accroissement tend vers la dérivée de \(2\arctan\) en 1, soit \(\frac{2}{1 + 1} = 1\). À droite, il tend vers la dérivée de \(\pi – 2\arctan\) en 1, soit \(-1\). Les demi-tangentes sont distinctes : \(f\) n’est pas dérivable en 1, où sa courbe présente un point anguleux. Enfin, \(\frac{2x}{1 + x^2} \to 0\) en \(\pm\infty\) et \(\arcsin\) est continue en 0. Donc \(f\) tend vers 0 en \(\pm\infty\). Ceci confirme la conjecture faite sur la figure de l’énoncé.

    Point de méthode : après le changement de variable, on vérifie toujours dans quel intervalle se trouve l’angle obtenu avant d’écrire \(\arcsin(\sin\varphi) = \varphi\).

    Corrigé de l’exercice 13 : Formulaire des fonctions hyperboliques

    1. On factorise une différence de carrés : \(\mathrm{ch}^2 x – \mathrm{sh}^2 x = (\mathrm{ch}\,x – \mathrm{sh}\,x)(\mathrm{ch}\,x + \mathrm{sh}\,x)\). Or \(\mathrm{ch}\,x + \mathrm{sh}\,x = e^{x}\) et \(\mathrm{ch}\,x – \mathrm{sh}\,x = e^{-x}\). Le produit vaut 1.
    2. On développe le second membre :
      \[\mathrm{ch}\,a\,\mathrm{ch}\,b + \mathrm{sh}\,a\,\mathrm{sh}\,b = \frac{(e^{a} + e^{-a})(e^{b} + e^{-b}) + (e^{a} – e^{-a})(e^{b} – e^{-b})}{4}.\]
      Les termes croisés \(e^{a – b}\) et \(e^{b – a}\) se compensent. Il reste \(\frac{2e^{a+b} + 2e^{-a-b}}{4} = \mathrm{ch}(a + b)\). Ensuite, \(2\,\mathrm{sh}\,a\,\mathrm{ch}\,a = \frac{(e^{a} – e^{-a})(e^{a} + e^{-a})}{2} = \frac{e^{2a} – e^{-2a}}{2}\). Donc \(\mathrm{sh}(2a) = 2\,\mathrm{sh}\,a\,\mathrm{ch}\,a\).
    3. En dérivant terme à terme, \(\mathrm{ch}^{\prime} = \mathrm{sh}\) et \(\mathrm{sh}^{\prime} = \mathrm{ch}\). Ensuite, \(\mathrm{th}^{\prime} = \frac{\mathrm{ch}^2 – \mathrm{sh}^2}{\mathrm{ch}^2}\). On obtient \(\mathrm{th}^{\prime} = \frac{1}{\mathrm{ch}^2} = 1 – \mathrm{th}^2\).
    4. On pose \(t = e^{x} > 0\). L’équation \(\frac{t + 1/t}{2} = 2\) devient \(t^2 – 4t + 1 = 0\). Ses racines \(2 \pm \sqrt{3}\) sont toutes deux positives. De plus, \((2 – \sqrt{3})(2 + \sqrt{3}) = 1\), donc \(\ln(2 – \sqrt{3}) = -\ln(2 + \sqrt{3})\). Les solutions sont \(x = \pm\ln(2 + \sqrt{3})\).
    5. Avec \(t = e^{x}\), l’équation \(t – \frac{1}{t} = \frac{3}{2}\) devient \(2t^2 – 3t – 2 = 0\). Le discriminant vaut \(9 + 16 = 25\), d’où \(t = 2\) ou \(t = -\frac{1}{2}\). Seule la racine positive convient. L’unique solution est \(x = \ln 2\) ; en effet, \(\mathrm{sh}(\ln 2) = \frac{2 – 1/2}{2} = \frac{3}{4}\).

    Corrigé de l’exercice 14 : Réciproques des fonctions hyperboliques

    1. La fonction \(\mathrm{sh}\) est continue et \(\mathrm{sh}^{\prime} = \mathrm{ch} > 0\), donc elle est strictement croissante. De plus, \(\mathrm{sh}\,x \to \pm\infty\) en \(\pm\infty\). D’après le théorème de la bijection, \(\mathrm{sh}\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\).
    2. Soit \(y\) réel. On résout \(\mathrm{sh}\,x = y\) avec \(t = e^{x}\) : \(t^2 – 2yt – 1 = 0\). Le produit des racines vaut \(-1\), donc une seule est positive, à savoir \(y + \sqrt{y^2 + 1}\). Elle est bien positive car \(\sqrt{y^2 + 1} > |y|\). Ainsi \(\mathrm{argsh}\,y = \ln(y + \sqrt{y^2 + 1})\).
    3. Première méthode : \(\mathrm{sh}^{\prime} = \mathrm{ch}\) ne s’annule pas, donc \(\mathrm{argsh}^{\prime}(y) = \frac{1}{\mathrm{ch}(\mathrm{argsh}\,y)}\). Or \(\mathrm{ch} > 0\) et \(\mathrm{ch}^2 = 1 + \mathrm{sh}^2\), donc \(\mathrm{ch}(\mathrm{argsh}\,y) = \sqrt{1 + y^2}\). Seconde méthode : on dérive directement,
      \[\frac{1 + \frac{y}{\sqrt{y^2 + 1}}}{y + \sqrt{y^2 + 1}} = \frac{\sqrt{y^2+1} + y}{\sqrt{y^2+1}\,(y + \sqrt{y^2+1})} = \frac{1}{\sqrt{y^2 + 1}}.\]
      Les deux méthodes donnent \(\mathrm{argsh}^{\prime}(y) = \dfrac{1}{\sqrt{1 + y^2}}\).
    4. La fonction \(\mathrm{th}\) est continue et strictement croissante, car \(\mathrm{th}^{\prime} = \frac{1}{\mathrm{ch}^2} > 0\). Ensuite, \(\mathrm{th}\,x = \frac{1 – e^{-2x}}{1 + e^{-2x}} \to 1\) en \(+\infty\), et \(\mathrm{th}\) est impaire. Elle réalise donc une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]-1, 1[\). Pour \(y \in ]-1, 1[\), l’équation \(\frac{e^{2x} – 1}{e^{2x} + 1} = y\) donne \(e^{2x}(1 – y) = 1 + y\), donc \(x = \frac{1}{2}\ln\frac{1 + y}{1 – y}\). Enfin, la dérivée vaut \(\frac{1}{2}(\frac{1}{1 + y} + \frac{1}{1 – y})\). La réciproque a pour dérivée \(\dfrac{1}{1 – y^2}\) sur \(]-1, 1[\).

    Corrigé de l’exercice 15 : Une fonction homographique

    1. On a \(2 + \frac{3}{x – 1} = \frac{2x – 2 + 3}{x – 1} = \frac{2x + 1}{x – 1}\). Donc \(a = 2\) et \(k = 3\).
    2. Pour \(x \neq 1\), \(f^{\prime}(x) = -\frac{3}{(x – 1)^2} < 0\). Ainsi \(f\) est strictement décroissante sur \(]-\infty, 1[\) et sur \(]1, +\infty[\). Ensuite, \(f(x) \to 2\) en \(\pm\infty\), \(f(x) \to -\infty\) en \(1^-\) et \(f(x) \to +\infty\) en \(1^+\). La courbe admet l’asymptote verticale \(x = 1\) et l’asymptote horizontale \(y = 2\).
    3. Pour \(x \neq 1\), on a aussi \(2 – x \neq 1\), et \(f(2 – x) + f(x) = 2 + \frac{3}{1 – x} + 2 + \frac{3}{x – 1} = 4\). Cette relation traduit la symétrie des points \((x, f(x))\) et \((2 – x, f(2-x))\) par rapport à \((1, 2)\). Le point \(\Omega(1, 2)\) est centre de symétrie.
    4. Sur \(]-\infty, 1[\), \(f\) est continue et strictement décroissante, d’image \(]-\infty, 2[\). Sur \(]1, +\infty[\), son image est \(]2, +\infty[\). Ces images sont disjointes, donc \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R} \setminus \{1\}\) sur \(\mathbb{R} \setminus \{2\}\). Pour \(y \neq 2\), l’égalité \(y = 2 + \frac{3}{x – 1}\) donne \(x – 1 = \frac{3}{y – 2}\). Donc \(f^{-1}(y) = \dfrac{y + 1}{y – 2}\).
    5. L’inéquation s’écrit \(1 + \frac{3}{x – 1} \geq\, 0\), soit \(\frac{x + 2}{x – 1} \geq\, 0\). Un tableau de signes conclut. L’ensemble des solutions est \(]-\infty, -2] \cup ]1, +\infty[\).

    Corrigé de l’exercice 16 : Asymptote oblique d’une fonction rationnelle

    1. La division euclidienne de \(x^2 + x – 1\) par \(x – 1\) donne \(x^2 + x – 1 = (x – 1)(x + 2) + 1\). Donc \(f(x) = x + 2 + \dfrac{1}{x – 1}\), soit \(a = 1\), \(b = 2\), \(c = 1\).
    2. On a \(f(x) – (x + 2) = \frac{1}{x – 1}\), qui tend vers 0 en \(\pm\infty\). Donc la droite \(D : y = x + 2\) est asymptote oblique en \(\pm\infty\). De plus, cette différence est du signe de \(x – 1\). La courbe est au-dessus de \(D\) pour \(x > 1\) et en dessous pour \(x < 1\).
    3. On calcule \(f^{\prime}(x) = 1 – \frac{1}{(x – 1)^2} = \frac{(x-1)^2 – 1}{(x-1)^2} = \frac{x(x – 2)}{(x – 1)^2}\). Elle est positive sur \(]-\infty, 0]\) et sur \([2, +\infty[\), négative sur \([0, 1[\) et sur \(]1, 2]\). Ensuite, \(f(0) = 1\) et \(f(2) = 5\). En 1, \(\frac{1}{x-1}\) tend vers \(-\infty\) à gauche et vers \(+\infty\) à droite. Ainsi \(f\) croît de \(-\infty\) à 1 sur \(]-\infty, 0]\), décroît de 1 à \(-\infty\) sur \([0, 1[\), décroît de \(+\infty\) à 5 sur \(]1, 2]\), puis croît de 5 à \(+\infty\).
    4. Pour \(h \neq 0\), \(f(1 + h) = 3 + h + \frac{1}{h}\) et \(f(1 – h) = 3 – h – \frac{1}{h}\). Leur somme vaut 6. Le point \(\Omega(1, 3)\), intersection des deux asymptotes, est donc centre de symétrie.

    La figure ci-dessous montre la courbe obtenue, ses deux asymptotes, ses extremums locaux et le centre de symétrie.

    Courbe de (x²+x-1)/(x-1) avec l'asymptote oblique y = x + 2, l'asymptote x = 1 et le centre Ω(1, 3)

    Corrigé de l’exercice 17 : Asymptotes et branches paraboliques

    1. On a \(x^2 + 2x + 3 = (x + 1)^2 + 2 > 0\), donc \(f\) est définie sur \(\mathbb{R}\). De plus, \(f(x) > |x + 1|\). En multipliant par la quantité conjuguée,
      \[f(x) – (x + 1) = \frac{(x+1)^2 + 2 – (x+1)^2}{f(x) + x + 1} = \frac{2}{f(x) + x + 1}.\]
      En \(+\infty\), le dénominateur tend vers \(+\infty\), donc cette différence tend vers \(0^+\). De même, \(f(x) – (-x – 1) = \frac{2}{f(x) – x – 1}\), qui tend vers \(0^+\) en \(-\infty\). Les asymptotes sont \(y = x + 1\) en \(+\infty\) et \(y = -x – 1\) en \(-\infty\), et la courbe est au-dessus de chacune d’elles.
    2. Posons \(u = 1/x \to 0^+\). Alors \(g(x) – x – 1 = \frac{e^{u} – 1}{u} – 1\), qui tend vers \(1 – 1 = 0\). Donc \(y = x + 1\) est asymptote en \(+\infty\). Ensuite, \(g(x) – x – 1 = x(e^{u} – 1 – u)\). D’après l’exercice 5, \(e^{u} > 1 + u\) pour \(u \neq 0\). La droite \(y = x + 1\) est asymptote et la courbe de \(g\) est au-dessus.
    3. On a \(\frac{h(x)}{x} = 1 + \frac{\ln x}{x} \to 1\), mais \(h(x) – x = \ln x \to +\infty\). La courbe de \(h\) a donc une branche parabolique de direction \(y = x\). Ensuite, \(\frac{\sqrt{x}}{x} = \frac{1}{\sqrt{x}} \to 0\), d’où une branche parabolique de direction \((Ox)\). Enfin, \(\frac{e^{x}}{x} \to +\infty\). Les branches sont paraboliques, de directions respectives \(y = x\), \((Ox)\) et \((Oy)\).

    Corrigé de l’exercice 18 : Étude de ln(x)/x et comparaison de e^π et π^e

    1. La fonction \(f\) est dérivable sur \(]0, +\infty[\), et \(f^{\prime}(x) = \frac{1 – \ln x}{x^2}\). Elle est positive sur \(]0, e]\) et négative sur \([e, +\infty[\). Le maximum vaut \(f(e) = \frac{1}{e}\). En \(0^+\), \(\ln x \to -\infty\) et \(\frac{1}{x} \to +\infty\), donc \(f(x) \to -\infty\). En \(+\infty\), \(f(x) \to 0\) par croissances comparées. Enfin, \(f\) s’annule en 1, est négative avant et positive après. La courbe admet l’asymptote verticale \(x = 0\) et l’asymptote horizontale \(y = 0\) en \(+\infty\), avec un maximum \(\frac{1}{e}\) en \(e\).
    2. On sait que \(e < \pi\), et \(f\) est strictement décroissante sur \([e, +\infty[\). Donc \(f(\pi) < f(e)\), soit \(\frac{\ln\pi}{\pi} < \frac{1}{e}\). Ainsi \(e\ln\pi < \pi\), c’est-à-dire \(\ln(\pi^{e}) < \ln(e^{\pi})\). Comme \(\ln\) est strictement croissante, \(\pi^{e} < e^{\pi}\).
    3. Pour \(a, b \geq\, 1\), \(a^{b} = b^{a}\) équivaut à \(b\ln a = a\ln b\), soit \(f(a) = f(b)\). Or \(f\) est strictement croissante sur \(]0, e]\) et strictement décroissante sur \([e, +\infty[\). Deux réels distincts de même image sont donc de part et d’autre de \(e\) : \(a < e < b\), d’où \(a \in \{1, 2\}\). Si \(a = 1\), on aurait \(f(b) = 0\), impossible pour \(b > 1\). Si \(a = 2\), on remarque que \(f(4) = \frac{\ln 4}{4} = \frac{\ln 2}{2} = f(2)\). Par injectivité de \(f\) sur \([e, +\infty[\), \(b = 4\) est le seul choix. L’unique couple est \((2, 4)\) : \(2^4 = 4^2 = 16\).

    La figure ci-dessous place le maximum en \(e\), le réel \(\pi\) sur la partie décroissante, et les deux points de même ordonnée d’abscisses 2 et 4.

    Courbe de ln(x)/x avec son maximum en e, le point d'abscisse π et les points d'abscisses 2 et 4 de même ordonnée

    Corrigé de l’exercice 19 : Étude complète de x arctan x

    1. On a \(f(-x) = (-x)\arctan(-x) = x\arctan x\), car \(\arctan\) est impaire. Donc \(f\) est paire. Ensuite, \(f^{\prime}(x) = \arctan x + \frac{x}{1 + x^2}\). Pour \(x > 0\), les deux termes sont strictement positifs ; pour \(x < 0\), ils sont strictement négatifs. Ainsi \(f\) décroît sur \(]-\infty, 0]\), croît sur \([0, +\infty[\), et son minimum vaut \(f(0) = 0\).
    2. On dérive encore :
      \[f^{\prime\prime}(x) = \frac{1}{1 + x^2} + \frac{(1 + x^2) – 2x^2}{(1 + x^2)^2} = \frac{(1 + x^2) + (1 – x^2)}{(1 + x^2)^2} = \frac{2}{(1 + x^2)^2}.\]
      Comme \(f^{\prime\prime} > 0\), la fonction \(f\) est convexe sur \(\mathbb{R}\).
    3. Pour \(x > 0\), l’exercice 10 donne \(\arctan x = \frac{\pi}{2} – \arctan\frac{1}{x}\). Donc \(f(x) = \frac{\pi}{2}x – x\arctan\frac{1}{x}\). Posons \(u = 1/x\) : \(x\arctan\frac{1}{x} = \frac{\arctan u}{u}\), qui tend vers \(\arctan^{\prime}(0) = 1\) quand \(u \to 0^+\). Par conséquent, \(f(x) – (\frac{\pi}{2}x – 1) = 1 – x\arctan\frac{1}{x} \to 0\). La droite \(y = \frac{\pi}{2}x – 1\) est asymptote en \(+\infty\).
    4. D’après l’exercice 5, \(\arctan u \leq\, u\) pour \(u \geq\, 0\). L’inégalité est même stricte pour \(u > 0\), car \(u – \arctan u\) a une dérivée \(\frac{u^2}{1+u^2}\) strictement positive sur \(]0, +\infty[\). Donc \(x\arctan\frac{1}{x} < 1\), et la courbe est strictement au-dessus de l’asymptote. Par parité, la symétrique de cette droite par rapport à \((Oy)\) est asymptote en \(-\infty\). En \(-\infty\), l’asymptote est \(y = -\frac{\pi}{2}x – 1\), et la courbe est encore au-dessus.

    Comme le montre la figure ci-dessous, la courbe est convexe, symétrique par rapport à l’axe des ordonnées, et se rapproche de ses deux asymptotes par au-dessus.

    Courbe convexe de x arctan x avec ses asymptotes obliques y = πx/2 - 1 et y = -πx/2 - 1

    Corrigé de l’exercice 20 : Problème : la fonction gudermannienne

    1. Les fonctions \(\mathrm{sh}\) et \(\arctan\) sont impaires, donc leur composée aussi. Elles sont dérivables sur \(\mathbb{R}\), donc \(\mathrm{gd}\) l’est également. Ensuite, \(\mathrm{gd}^{\prime}(x) = \frac{\mathrm{ch}\,x}{1 + \mathrm{sh}^2 x} = \frac{\mathrm{ch}\,x}{\mathrm{ch}^2 x}\). Donc \(\mathrm{gd}^{\prime}(x) = \dfrac{1}{\mathrm{ch}\,x}\).
    2. On a \(\mathrm{th}\,x \in ]-1, 1[\), donc \(k(x) = \arcsin(\mathrm{th}\,x)\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\). Or \(1 – \mathrm{th}^2 x = \frac{1}{\mathrm{ch}^2 x}\) et \(\mathrm{ch}\,x > 0\). Par conséquent,
      \[k^{\prime}(x) = \frac{\mathrm{th}^{\prime}(x)}{\sqrt{1 – \mathrm{th}^2 x}} = \frac{1/\mathrm{ch}^2 x}{1/\mathrm{ch}\,x} = \frac{1}{\mathrm{ch}\,x}.\]
      Ainsi \(k – \mathrm{gd}\) a une dérivée nulle sur l’intervalle \(\mathbb{R}\) et s’annule en 0. Donc \(\mathrm{gd}(x) = \arcsin(\mathrm{th}\,x)\) pour tout réel \(x\).
    3. Soit \(\ell(x) = 2\arctan(e^{x}) – \frac{\pi}{2}\). Alors \(\ell^{\prime}(x) = \frac{2e^{x}}{1 + e^{2x}} = \frac{2}{e^{-x} + e^{x}} = \frac{1}{\mathrm{ch}\,x}\). De plus, \(\ell(0) = 2 \cdot \frac{\pi}{4} – \frac{\pi}{2} = 0 = \mathrm{gd}(0)\). Donc \(\mathrm{gd}(x) = 2\arctan(e^{x}) – \frac{\pi}{2}\) pour tout réel \(x\).
    4. Comme \(\mathrm{sh}\,x \to \pm\infty\) en \(\pm\infty\), on obtient \(\mathrm{gd}(x) \to \pm\frac{\pi}{2}\). Ensuite, \(\mathrm{gd}^{\prime\prime}(x) = -\frac{\mathrm{sh}\,x}{\mathrm{ch}^2 x}\), du signe de \(-x\). Donc \(\mathrm{gd}\) est convexe sur \(]-\infty, 0]\) et concave sur \([0, +\infty[\). Enfin, \(\mathrm{gd}(0) = 0\) et \(\mathrm{gd}^{\prime}(0) = 1\). Les asymptotes sont \(y = \pm\frac{\pi}{2}\), l’origine est un point d’inflexion, et la tangente en 0 est \(y = x\).
    5. La fonction \(\mathrm{gd}\) est continue et strictement croissante, car \(\mathrm{gd}^{\prime} > 0\). Avec ses limites, le théorème de la bijection montre que c’est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]-\pi/2, \pi/2[\). Soit \(y\) dans cet intervalle. D’abord, \(\arctan(\mathrm{sh}\,x) = y\) équivaut à \(\mathrm{sh}\,x = \tan y\), donc \(x = \mathrm{argsh}(\tan y)\). Ensuite, avec la question 3, \(\mathrm{gd}(x) = y\) équivaut à \(\arctan(e^{x}) = \frac{y}{2} + \frac{\pi}{4}\). Cet angle est dans \(]0, \pi/2[\), donc \(e^{x} = \tan(\frac{y}{2} + \frac{\pi}{4})\). La réciproque est \(y \mapsto \mathrm{argsh}(\tan y) = \ln\tan(\dfrac{y}{2} + \dfrac{\pi}{4})\).
    6. Comme \(\mathrm{gd}^{\prime}\) ne s’annule pas, la réciproque \(g\) est dérivable et \(g^{\prime}(y) = \mathrm{ch}(g(y))\). Or \(\mathrm{sh}(g(y)) = \tan y\), donc \(\mathrm{ch}(g(y)) = \sqrt{1 + \tan^2 y}\). Pour \(y \in ]-\pi/2, \pi/2[\), \(\cos y > 0\). Donc \(g^{\prime}(y) = \dfrac{1}{\cos y}\).

    Point de méthode : pour prouver une égalité de fonctions sur un intervalle, il suffit de comparer les dérivées, puis les valeurs en un point.

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