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Nombres complexes : corrigé des exercices de maths en L1.

    Nombres complexes : corrigé des exercices de maths en L1

    Ce corrigé complexes L1 rédige les solutions comme on les attend en partiel. Chaque réponse cite le théorème utilisé, vérifie ses hypothèses et détaille les calculs intermédiaires. De plus, les résultats obtenus sont souvent contrôlés, par exemple en élevant une racine trouvée à la bonne puissance.

    Plusieurs réflexes reviennent d’un exercice à l’autre. D’abord, on remplace \(|u|^2\) par \(u\overline{u}\) pour manipuler un module. Ensuite, on factorise par l’angle moitié dès qu’apparaît une somme d’exponentielles. Enfin, on passe par la forme exponentielle pour les puissances et les racines n-ièmes.

    Soyez vigilant sur deux points. D’une part, un argument n’est défini qu’à \(2\pi\) près et la tangente ne suffit pas à le trouver. D’autre part, la notation racine carrée est interdite pour un discriminant complexe.

    Les énoncés se trouvent sur la page exercices de maths en L1 sur nombres complexes.

    Corrigé de l’exercice 1 : Calculs sous forme algébrique

    1. On développe en utilisant \(i^2 = -1\) :
      \[(2 + 3i)(1 – i) = 2 – 2i + 3i – 3i^2 = 2 + i + 3.\]
      Ainsi, \((2 + 3i)(1 – i) = 5 + i\) et son module vaut \(\sqrt{26}\). On retrouve ce module par multiplicativité : \(|2 + 3i|\,|1 – i| = \sqrt{13}\,\sqrt{2} = \sqrt{26}\).
    2. On multiplie numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur :
      \[\frac{1 + 2i}{3 – 4i} = \frac{(1 + 2i)(3 + 4i)}{9 + 16} = \frac{3 + 4i + 6i – 8}{25} = \frac{-5 + 10i}{25}.\]
      Donc \(\frac{1 + 2i}{3 – 4i} = -\frac{1}{5} + \frac{2}{5}i\), de module \(\frac{\sqrt{5}}{5}\). En effet, \(\frac{|1 + 2i|}{|3 – 4i|} = \frac{\sqrt{5}}{5}\), ce qui confirme le calcul, car \(\sqrt{\frac{1}{25} + \frac{4}{25}} = \frac{\sqrt{5}}{5}\).
    3. D’abord, \((1 + i)^2 = 1 + 2i – 1 = 2i\). Par conséquent, \((1 + i)^4 = (2i)^2 = -4\). Ensuite, \(2026 = 4 \times 506 + 2\) et \(i^4 = 1\), donc \(i^{2026} = i^2\). Ainsi, \((1 + i)^4 = -4\) et \(i^{2026} = -1\).
    4. Posons \(z = x + iy\) avec \(x, y\) réels. Alors \(z + 2\overline{z} = x + iy + 2x – 2iy = 3x – iy\). L’équation devient \(3x – iy = 3 – i\). Par identification des parties réelles et imaginaires, \(3x = 3\) et \(-y = -1\). L’unique solution est \(z = 1 + i\).

    Point de méthode : dès qu’une équation fait intervenir \(z\) et \(\overline{z}\), on pose \(z = x + iy\) et on identifie parties réelles et imaginaires.

    Corrigé de l’exercice 2 : Construction de C à partir de R²

    1. Pour tous couples, \((c, d) \times (a, b) = (ca – db,\, cb + da)\). Or la multiplication réelle est commutative, donc ce couple est égal à \((ac – bd,\, ad + bc)\). Ensuite, \((a, b) \times (1, 0) = (a – 0,\, 0 + b) = (a, b)\). La loi est commutative et \((1, 0)\) est neutre.
    2. On applique la définition avec \(a = c = 0\) et \(b = d = 1\) : \((0, 1) \times (0, 1) = (0 – 1,\, 0 + 0)\). Donc \((0, 1)^2 = (-1, 0)\), c’est-à-dire \(i^2 = -1\).
    3. Comme \((a, b) \neq (0, 0)\), on a \(a^2 + b^2 > 0\). Cherchons \((x, y)\) tel que \((a, b) \times (x, y) = (1, 0)\). On obtient le système \(ax – by = 1\) et \(bx + ay = 0\). Son déterminant vaut \(a^2 + b^2 \neq 0\), donc il a une unique solution. Les formules de Cramer donnent \(x = \frac{a}{a^2 + b^2}\) et \(y = \frac{-b}{a^2 + b^2}\). Vérifions :
      \[(a, b) \times (\frac{a}{a^2 + b^2}, \frac{-b}{a^2 + b^2}) = (\frac{a^2 + b^2}{a^2 + b^2},\, \frac{-ab + ab}{a^2 + b^2}) = (1, 0).\]
      L’inverse de \((a, b)\) est \((\frac{a}{a^2 + b^2}, \frac{-b}{a^2 + b^2})\).
    4. Soit \(x \in \mathbb{C}\). L’ordre est total, donc on a \(0 \preceq x\) ou \(x \preceq 0\). Dans le premier cas, la compatibilité avec le produit donne directement \(0 \preceq x \cdot x\). Dans le second cas, on ajoute \(-x\) aux deux membres : \(x \preceq 0\) donne \(x + (-x) \preceq 0 + (-x)\), soit \(0 \preceq -x\). Alors \(0 \preceq (-x)(-x) = x^2\). Ainsi, tout carré vérifie \(0 \preceq x^2\).

      En particulier, \(0 \preceq 1^2 = 1\) et \(0 \preceq i^2 = -1\). Ajoutons \(1\) à la seconde inégalité : \(1 \preceq -1 + 1 = 0\). On a donc \(0 \preceq 1\) et \(1 \preceq 0\). Par antisymétrie, \(1 = 0\), ce qui est faux dans un corps. Aucun ordre total n’est compatible avec les lois de \(\mathbb{C}\).

    Corrigé de l’exercice 3 : Module et inégalité triangulaire

    1. On utilise \(|u|^2 = u\overline{u}\). D’une part, \(|z + w|^2 = |z|^2 + |w|^2 + z\overline{w} + \overline{z}w\). D’autre part, \(|z – w|^2 = |z|^2 + |w|^2 – z\overline{w} – \overline{z}w\). En ajoutant, les termes croisés disparaissent. Donc \(|z + w|^2 + |z – w|^2 = 2(|z|^2 + |w|^2)\). Géométriquement, \(z + w\) et \(z – w\) représentent les diagonales du parallélogramme construit sur \(z\) et \(w\). Autrement dit, la somme des carrés des diagonales égale la somme des carrés des quatre côtés : c’est l’identité du parallélogramme.
    2. On écrit \(z = (z – w) + w\). L’inégalité triangulaire donne \(|z| \leq\, |z – w| + |w|\), donc \(|z| – |w| \leq\, |z – w|\). En échangeant les rôles de \(z\) et \(w\), on obtient aussi \(|w| – |z| \leq\, |w – z| = |z – w|\). Ainsi, \(\big||z| – |w|\big| \leq\, |z – w|\).
    3. Supposons \(|z| \leq\, 1\). Pour la majoration, l’inégalité triangulaire donne
      \[|z^3 – 2z + 4| \leq\, |z|^3 + 2|z| + 4 \leq\, 1 + 2 + 4 = 7.\]
      Pour la minoration, on applique la question précédente avec \(4\) et \(2z – z^3\) :
      \[|z^3 – 2z + 4| \geq\, 4 – |z^3 – 2z| \geq\, 4 – |z|^3 – 2|z| \geq\, 4 – 1 – 2 = 1.\]
      Donc \(1 \leq\, |z^3 – 2z + 4| \leq\, 7\) sur le disque unité fermé. En particulier, ce polynôme n’y a aucune racine.
    4. On reprend la preuve du cours. On a \(|z + w|^2 = |z|^2 + |w|^2 + 2\mathrm{Re}(z\overline{w})\) et \((|z| + |w|)^2 = |z|^2 + |w|^2 + 2|z\overline{w}|\). L’égalité impose donc \(\mathrm{Re}(z\overline{w}) = |z\overline{w}|\). Or un complexe dont la partie réelle égale le module a une partie imaginaire nulle, et il est positif. Ainsi, \(z\overline{w}\) est un réel positif, non nul car \(z\) et \(w\) sont non nuls. Enfin, \(\frac{z}{w} = \frac{z\overline{w}}{|w|^2}\). Donc \(z / w\) est un réel strictement positif.

    Corrigé de l’exercice 4 : Ensembles de points du plan

    1. Notons \(A\) et \(B\) les points d’affixes \(1\) et \(-i\). La condition s’écrit \(AM = BM\). C’est la médiatrice de \([AB]\). Vérifions par le calcul avec \(z = x + iy\) : \((x – 1)^2 + y^2 = x^2 + (y + 1)^2\), soit \(-2x + 1 = 2y + 1\). L’ensemble est la droite d’équation \(y = -x\).
    2. La condition signifie que la distance de \(M\) au point d’affixe \(2i\) est au plus \(1\). C’est le disque fermé de centre \(2i\) et de rayon \(1\).
    3. Soit \(z \neq -1\). On multiplie par le conjugué du dénominateur :
      \[\frac{z – 1}{z + 1} = \frac{(z – 1)(\overline{z} + 1)}{|z + 1|^2} = \frac{|z|^2 – 1 + z – \overline{z}}{|z + 1|^2}.\]
      Or \(z – \overline{z} = 2i\,\mathrm{Im}(z)\) est imaginaire pur. Par conséquent, la partie réelle du quotient vaut \(\frac{|z|^2 – 1}{|z + 1|^2}\). Le quotient est imaginaire pur si et seulement si cette partie réelle est nulle, c’est-à-dire \(|z| = 1\). L’ensemble est le cercle unité privé du point d’affixe \(-1\).

    La figure ci-dessous représente les trois ensembles. On y voit la médiatrice de \([AB]\), le disque hachuré et le cercle unité dont le point \(-1\) est exclu.

    La droite y = -x, le disque de centre 2i et de rayon 1, et le cercle unité privé de -1

    Corrigé de l’exercice 5 : Formules de trigonométrie

    1. La formule d’addition donne
      \[\cos\frac{\pi}{12} = \cos\frac{\pi}{3}\cos\frac{\pi}{4} + \sin\frac{\pi}{3}\sin\frac{\pi}{4} = \frac{1}{2}\cdot\frac{\sqrt{2}}{2} + \frac{\sqrt{3}}{2}\cdot\frac{\sqrt{2}}{2} = \frac{\sqrt{2} + \sqrt{6}}{4}.\]
      De même, \(\sin\frac{\pi}{12} = \sin\frac{\pi}{3}\cos\frac{\pi}{4} – \cos\frac{\pi}{3}\sin\frac{\pi}{4} = \frac{\sqrt{6} – \sqrt{2}}{4}\). Ensuite, on calcule le quotient :
      \[\tan\frac{\pi}{12} = \frac{\sqrt{6} – \sqrt{2}}{\sqrt{6} + \sqrt{2}} = \frac{(\sqrt{6} – \sqrt{2})^2}{6 – 2} = \frac{8 – 4\sqrt{3}}{4}.\]
      Ainsi, \(\cos\frac{\pi}{12} = \frac{\sqrt{6} + \sqrt{2}}{4}\), \(\sin\frac{\pi}{12} = \frac{\sqrt{6} – \sqrt{2}}{4}\) et \(\tan\frac{\pi}{12} = 2 – \sqrt{3}\).
    2. On a \(\sin 2x = 2\sin x\cos x\). L’équation devient \(\cos x\,(2\sin x – 1) = 0\). D’une part, \(\cos x = 0\) donne \(x = \frac{\pi}{2}\) ou \(x = \frac{3\pi}{2}\) dans \([0, 2\pi[\). D’autre part, \(\sin x = \frac{1}{2}\) donne \(x = \frac{\pi}{6}\) ou \(x = \frac{5\pi}{6}\). Les solutions sont \(\frac{\pi}{6}\), \(\frac{\pi}{2}\), \(\frac{5\pi}{6}\) et \(\frac{3\pi}{2}\).
    3. On factorise par \(\sqrt{1 + 3} = 2\) :
      \[\cos x + \sqrt{3}\sin x = 2(\cos\frac{\pi}{3}\cos x + \sin\frac{\pi}{3}\sin x) = 2\cos(x – \frac{\pi}{3}).\]
      L’équation équivaut donc à \(\cos(x – \frac{\pi}{3}) = \frac{1}{2} = \cos\frac{\pi}{3}\). Ainsi, \(x – \frac{\pi}{3} \equiv \frac{\pi}{3}\) ou \(x – \frac{\pi}{3} \equiv -\frac{\pi}{3}\) modulo \(2\pi\). Les solutions sont les réels \(2k\pi\) et \(\frac{2\pi}{3} + 2k\pi\), avec \(k \in \mathbb{Z}\). On vérifie : pour \(x = \frac{2\pi}{3}\), \(-\frac{1}{2} + \sqrt{3}\cdot\frac{\sqrt{3}}{2} = 1\).

    Corrigé de l’exercice 6 : Formes trigonométrique et exponentielle

    1. On applique la méthode du cours à chaque nombre.

      D’abord, \(|z_1| = \sqrt{2}\) et \(z_1 = \sqrt{2}(\frac{\sqrt{2}}{2} + i\frac{\sqrt{2}}{2})\), donc \(z_1 = \sqrt{2}\,e^{i\pi/4}\).

      Ensuite, \(|z_2| = 2\) et \(z_2 = 2(\frac{\sqrt{3}}{2} – \frac{1}{2}i)\), donc \(z_2 = 2e^{-i\pi/6}\).

      De plus, \(|z_3| = \sqrt{4 + 12} = 4\) et \(z_3 = 4(-\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2})\), donc \(z_3 = 4e^{2i\pi/3}\).

      Enfin, \(z_4 = 5 \times (-i) = 5e^{-i\pi/2}\).

      Bilan : \(z_1 = \sqrt{2}e^{i\pi/4}\), \(z_2 = 2e^{-i\pi/6}\), \(z_3 = 4e^{2i\pi/3}\), \(z_4 = 5e^{-i\pi/2}\).
    2. On calcule séparément : \((1 + i)^{10} = 2^5 e^{10i\pi/4} = 32e^{5i\pi/2} = 32i\). De même, \((\sqrt{3} – i)^6 = 2^6 e^{-i\pi} = -64\). Par conséquent, \(Z = \frac{32i}{-64} = -\frac{1}{2}i\).
    3. On a \(1 + i\sqrt{3} = 2e^{i\pi/3}\), donc \((1 + i\sqrt{3})^n = 2^n e^{in\pi/3}\). Ce nombre non nul est réel si et seulement si \(e^{in\pi/3} = \pm 1\), c’est-à-dire \(\frac{n\pi}{3} \in \pi\mathbb{Z}\). C’est le cas si et seulement si \(n\) est un multiple de \(3\).

    Corrigé de l’exercice 7 : Exponentielle complexe et argument

    1. On factorise par l’angle moitié :
      \[1 + e^{i\theta} = e^{i\theta/2}(e^{-i\theta/2} + e^{i\theta/2}) = 2\cos\frac{\theta}{2}\, e^{i\theta/2}.\]
      Or \(\theta \in ]-\pi, \pi[\), donc \(\frac{\theta}{2} \in ]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}[\) et \(\cos\frac{\theta}{2} > 0\). L’écriture obtenue est donc bien une forme trigonométrique. Le module vaut \(2\cos\frac{\theta}{2}\) et un argument est \(\frac{\theta}{2}\).

    La figure ci-dessous illustre ce résultat. Les points \(0\), \(1\), \(1 + e^{i\theta}\) et \(e^{i\theta}\) forment un losange de côté \(1\). Sa diagonale issue de \(0\) est donc la bissectrice de l’angle \(\theta\).

    Losange de sommets 0, 1, e puissance i thêta et 1 plus e puissance i thêta, diagonale bissectrice

    1. On met en facteur l’exponentielle de l’angle moyen :
      \[e^{i\alpha} + e^{i\beta} = e^{i\frac{\alpha + \beta}{2}}(e^{i\frac{\alpha – \beta}{2}} + e^{-i\frac{\alpha – \beta}{2}}).\]
      Par la formule d’Euler, \(e^{i\alpha} + e^{i\beta} = 2\cos\frac{\alpha – \beta}{2}\, e^{i\frac{\alpha + \beta}{2}}\) et \(e^{i\alpha} – e^{i\beta} = 2i\sin\frac{\alpha – \beta}{2}\, e^{i\frac{\alpha + \beta}{2}}\).
    2. Posons \(z = x + iy\). Alors \(e^z = e^x e^{iy}\), et \(|e^{iy}| = \sqrt{\cos^2 y + \sin^2 y} = 1\). Par multiplicativité du module, \(|e^z| = e^x\,|e^{iy}| = e^x\), car \(e^x > 0\). Donc \(|e^z| = e^{\mathrm{Re}(z)}\).
    3. D’abord, \(1 + i\sqrt{3} = 2e^{i\pi/3}\). Avec \(z = x + iy\), l’équation s’écrit \(e^x e^{iy} = 2e^{i\pi/3}\). Par unicité du module et de l’argument, \(e^x = 2\) et \(y \equiv \frac{\pi}{3}\) modulo \(2\pi\). Les solutions sont les \(\ln 2 + i(\frac{\pi}{3} + 2k\pi)\), \(k \in \mathbb{Z}\). Ensuite, \(-1 = e^{i\pi}\), donc \(e^x = 1\) et \(y \equiv \pi\). Les solutions de \(e^z = -1\) sont les \((2k + 1)i\pi\), \(k \in \mathbb{Z}\).

    Corrigé de l’exercice 8 : Formule de Moivre

    1. Notons \(c = \cos\theta\) et \(s = \sin\theta\). Par la formule de Moivre puis le binôme :
      \[\cos 3\theta + i\sin 3\theta = (c + is)^3 = c^3 – 3cs^2 + i(3c^2 s – s^3).\]
      On identifie les parties réelles, puis on remplace \(s^2\) par \(1 – c^2\) : \(\cos 3\theta = c^3 – 3c + 3c^3\). De même, avec \(c^2 = 1 – s^2\), la partie imaginaire vaut \(3s – 3s^3 – s^3\). Ainsi, \(\cos 3\theta = 4\cos^3\theta – 3\cos\theta\) et \(\sin 3\theta = 3\sin\theta – 4\sin^3\theta\).
    2. La partie réelle de \((c + is)^4\) vaut \(c^4 – 6c^2 s^2 + s^4\). En remplaçant \(s^2\) par \(1 – c^2\) :
      \[\cos 4\theta = c^4 – 6c^2 + 6c^4 + 1 – 2c^2 + c^4.\]
      Donc \(\cos 4\theta = 8\cos^4\theta – 8\cos^2\theta + 1\). On peut vérifier avec \(\cos 4\theta = 2\cos^2 2\theta – 1\).
    3. Posons \(c = \cos\frac{\pi}{9}\). D’après la question 1, \(4c^3 – 3c = \cos\frac{\pi}{3} = \frac{1}{2}\). En multipliant par \(2\), on obtient \(8c^3 – 6c = 1\). Donc \(\cos\frac{\pi}{9}\) est solution de \(8x^3 – 6x – 1 = 0\).
    4. On divise numérateur et dénominateur par \(\cos^3\theta \neq 0\) :
      \[\tan 3\theta = \frac{3\sin\theta – 4\sin^3\theta}{4\cos^3\theta – 3\cos\theta} = \frac{3t(1 + t^2) – 4t^3}{4 – 3(1 + t^2)},\]
      car \(\frac{1}{\cos^2\theta} = 1 + t^2\). Après simplification, \(\tan 3\theta = \frac{3t – t^3}{1 – 3t^2}\).

    Corrigé de l’exercice 9 : Linéarisation

    1. Par la formule d’Euler et le binôme :
      \[\cos^3 x = \frac{e^{3ix} + 3e^{ix} + 3e^{-ix} + e^{-3ix}}{8} = \frac{2\cos 3x + 6\cos x}{8}.\]
      Donc \(\cos^3 x = \frac{1}{4}\cos 3x + \frac{3}{4}\cos x\), et une primitive est \(\frac{1}{12}\sin 3x + \frac{3}{4}\sin x\).
    2. On a \(\sin x = \frac{e^{ix} – e^{-ix}}{2i}\) et \((2i)^4 = 16\). Le binôme donne alors
      \[\sin^4 x = \frac{e^{4ix} – 4e^{2ix} + 6 – 4e^{-2ix} + e^{-4ix}}{16} = \frac{2\cos 4x – 8\cos 2x + 6}{16}.\]
      Ainsi, \(\sin^4 x = \frac{1}{8}\cos 4x – \frac{1}{2}\cos 2x + \frac{3}{8}\).
    3. On intègre terme à terme la forme linéarisée :
      \[I = [\frac{\sin 4x}{32} – \frac{\sin 2x}{4} + \frac{3x}{8}]_0^{\pi/2}.\]
      Or \(\sin 2\pi = 0\) et \(\sin \pi = 0\). Par conséquent, \(I = \frac{3\pi}{16}\).

    La figure ci-dessous montre que la forme linéarisée coïncide avec \(\sin^4 x\). L’aire colorée sous la courbe entre \(0\) et \(\frac{\pi}{2}\) vaut \(\frac{3\pi}{16} \approx 0{,}59\).

    Courbe de sinus puissance quatre, sa forme linéarisée superposée et l'aire égale à 3π/16 entre 0 et π/2

    1. On utilise \(\sin 2x = 2\sin x\cos x\), puis \(\sin^2 u = \frac{1 – \cos 2u}{2}\) :
      \[\sin^2 x\cos^2 x = \frac{\sin^2 2x}{4} = \frac{1 – \cos 4x}{8}.\]
      Donc \(\sin^2 x\cos^2 x = \frac{1}{8} – \frac{1}{8}\cos 4x\).

    Corrigé de l’exercice 10 : Factorisation et sommes trigonométriques

    1. D’après l’exercice 7, \(e^{ip} + e^{iq} = 2\cos\frac{p – q}{2}\, e^{i\frac{p + q}{2}}\). On prend la partie réelle des deux membres. On obtient \(\cos p + \cos q = 2\cos\frac{p + q}{2}\cos\frac{p – q}{2}\).
    2. Avec \(p = 3x\) et \(q = x\), l’équation devient \(2\cos 2x\cos x = 0\). D’une part, \(\cos 2x = 0\) équivaut à \(2x = \frac{\pi}{2} + k\pi\). D’autre part, \(\cos x = 0\) équivaut à \(x = \frac{\pi}{2} + k\pi\). Les solutions sont les réels \(\frac{\pi}{4} + \frac{k\pi}{2}\) et \(\frac{\pi}{2} + k\pi\), avec \(k \in \mathbb{Z}\).
    3. On a \(C_n + iS_n = \sum_{k=0}^{n} (e^{ix})^k\). Comme \(x \notin 2\pi\mathbb{Z}\), la raison \(e^{ix}\) est différente de \(1\). La somme géométrique et l’angle moitié donnent
      \[C_n + iS_n = \frac{e^{i(n+1)x} – 1}{e^{ix} – 1} = \frac{e^{i\frac{(n+1)x}{2}}\sin\frac{(n+1)x}{2}}{e^{i\frac{x}{2}}\sin\frac{x}{2}} = e^{i\frac{nx}{2}}\,\frac{\sin\frac{(n+1)x}{2}}{\sin\frac{x}{2}}.\]
      Le quotient des sinus est réel. On sépare donc parties réelle et imaginaire. Ainsi, \(C_n = \frac{\cos\frac{nx}{2}\sin\frac{(n+1)x}{2}}{\sin\frac{x}{2}}\) et \(S_n = \frac{\sin\frac{nx}{2}\sin\frac{(n+1)x}{2}}{\sin\frac{x}{2}}\).
    4. Si \(x \in 2\pi\mathbb{Z}\), alors \(\cos(kx) = 1\) et \(\sin(kx) = 0\) pour tout \(k\). Dans ce cas, \(C_n = n + 1\) et \(S_n = 0\).

    Point de méthode : pour une somme de cosinus en progression arithmétique, on passe par la somme géométrique des exponentielles, puis on factorise numérateur et dénominateur par l’angle moitié.

    Corrigé de l’exercice 11 : Racines carrées d’un complexe

    Dans chaque cas, on cherche \(z = x + iy\) tel que \(z^2 = w\), avec les trois équations \(x^2 – y^2 = \mathrm{Re}(w)\), \(x^2 + y^2 = |w|\) et \(2xy = \mathrm{Im}(w)\).

    1. Ici \(|3 – 4i| = 5\). On obtient \(x^2 – y^2 = 3\) et \(x^2 + y^2 = 5\), donc \(x^2 = 4\) et \(y^2 = 1\). De plus, \(xy = -2 < 0\), donc \(x\) et \(y\) sont de signes contraires. Les racines carrées sont \(2 – i\) et \(-2 + i\).
    2. Ici \(|8 + 6i| = 10\). On obtient \(x^2 = 9\) et \(y^2 = 1\), avec \(xy = 3 > 0\). Les racines carrées sont \(3 + i\) et \(-3 – i\). En effet, \((3 + i)^2 = 9 + 6i – 1 = 8 + 6i\).
    3. Ici \(|-15 – 8i| = \sqrt{225 + 64} = 17\). On obtient \(x^2 – y^2 = -15\) et \(x^2 + y^2 = 17\), donc \(x^2 = 1\) et \(y^2 = 16\). Ensuite, \(xy = -4 < 0\). Les racines carrées sont \(1 – 4i\) et \(-1 + 4i\). On vérifie : \((1 – 4i)^2 = 1 – 8i – 16 = -15 – 8i\).
    4. Méthode algébrique : \(x^2 – y^2 = 0\), \(x^2 + y^2 = 2\) et \(xy = 1\). Donc \(x^2 = y^2 = 1\), avec \(x\) et \(y\) de même signe. Méthode exponentielle : \(2i = 2e^{i\pi/2}\), dont les racines carrées sont \(\pm\sqrt{2}e^{i\pi/4} = \pm(1 + i)\). Les deux méthodes donnent \(1 + i\) et \(-1 – i\).

    Corrigé de l’exercice 12 : Équations du second degré

    1. Le discriminant vaut \(\Delta = (3 + i)^2 – 4(4 + 3i) = 8 + 6i – 16 – 12i = -8 – 6i\). Cherchons une racine carrée \(\delta = x + iy\) : \(x^2 – y^2 = -8\), \(x^2 + y^2 = 10\) et \(xy = -3\). Donc \(x^2 = 1\), \(y^2 = 9\), et \(\delta = 1 – 3i\) convient. Les solutions sont \(\frac{3 + i + 1 – 3i}{2}\) et \(\frac{3 + i – 1 + 3i}{2}\). Ce sont \(2 – i\) et \(1 + 2i\). On vérifie : leur somme vaut \(3 + i\) et leur produit \(2 – i + 4i + 2 = 4 + 3i\).
    2. Ici \(\Delta = 1 – 4 = -3 = (i\sqrt{3})^2\). Les solutions sont \(\frac{-1 + i\sqrt{3}}{2} = j\) et \(\frac{-1 – i\sqrt{3}}{2} = j^2\).
    3. On calcule \(\Delta = 4\cos^2\theta – 4 = -4\sin^2\theta = (2i\sin\theta)^2\). Les solutions sont donc \(\cos\theta \pm i\sin\theta\). Ce sont \(e^{i\theta}\) et \(e^{-i\theta}\), confondues si et seulement si \(\theta \in \pi\mathbb{Z}\).
    4. Posons \(Z = z^2\). L’équation devient \(Z^2 – 6Z + 25 = 0\), de discriminant \(36 – 100 = -64 = (8i)^2\). Ainsi, \(Z = 3 + 4i\) ou \(Z = 3 – 4i\). Ensuite, les racines carrées de \(3 + 4i\) sont \(\pm(2 + i)\), car \((2 + i)^2 = 3 + 4i\). Par conjugaison, celles de \(3 – 4i\) sont \(\pm(2 – i)\). Les quatre solutions sont \(2 + i\), \(-2 – i\), \(2 – i\) et \(-2 + i\).
    5. Deux complexes de somme \(s\) et de produit \(p\) sont les solutions de \(z^2 – sz + p = 0\). Ici, on résout \(z^2 – 2z + 5 = 0\), de discriminant \(-16 = (4i)^2\). Les deux nombres cherchés sont \(1 + 2i\) et \(1 – 2i\).

    Corrigé de l’exercice 13 : Racines n-ièmes de l’unité

    1. Les racines sixièmes de l’unité sont les \(e^{ik\pi/3}\), pour \(k\) de \(0\) à \(5\). Ce sont \(1\), \(\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}\), \(-\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}\), \(-1\), \(-\frac{1}{2} – i\frac{\sqrt{3}}{2}\) et \(\frac{1}{2} – i\frac{\sqrt{3}}{2}\).
    2. On a \(\omega^{kp} = (\omega^p)^k\). Si \(n\) divise \(p\), alors \(\omega^p = e^{2i\pi p/n} = 1\), et la somme vaut \(n\). Sinon, \(\omega^p \neq 1\), et la somme géométrique donne \(\frac{1 – \omega^{pn}}{1 – \omega^p} = 0\), car \(\omega^{pn} = 1\). La somme vaut \(n\) si \(n \mid p\), et \(0\) sinon.
    3. Le produit vaut \(\prod_{k=0}^{n-1}\omega^k = \omega^{0 + 1 + \cdots + (n-1)} = \omega^{n(n-1)/2}\). Or \(\omega^{n(n-1)/2} = e^{2i\pi \frac{n(n-1)}{2n}} = e^{i\pi(n-1)}\). Le produit des racines n-ièmes de l’unité vaut \((-1)^{n-1}\).
    4. On développe chaque terme par le binôme, puis on échange les sommes :
      \[\sum_{k=0}^{n-1}(1 + \omega^k)^n = \sum_{p=0}^{n}\binom\,{n}{p}\sum_{k=0}^{n-1}\omega^{kp}.\]
      D’après la question 2, la somme intérieure vaut \(n\) si \(n \mid p\), et \(0\) sinon. Or, pour \(0 \leq\, p \leq\, n\), les seuls multiples de \(n\) sont \(0\) et \(n\). Il reste donc \(n\binom\,{n}{0} + n\binom\,{n}{n}\). La somme vaut \(2n\). Par exemple, pour \(n = 2\), on trouve \(2^2 + 0^2 = 4\).

    Corrigé de l’exercice 14 : Racines n-ièmes d’un complexe

    1. On écrit \(-8i = 8e^{-i\pi/2}\). Les solutions sont les \(2e^{i(-\frac{\pi}{6} + \frac{2k\pi}{3})}\), pour \(k \in \{0, 1, 2\}\). Leurs arguments sont \(-\frac{\pi}{6}\), \(\frac{\pi}{2}\) et \(\frac{7\pi}{6}\). Les solutions sont \(\sqrt{3} – i\), \(2i\) et \(-\sqrt{3} – i\). On vérifie par exemple \((2i)^3 = 8i^3 = -8i\).
    2. D’abord, \(|-8 + 8i\sqrt{3}| = 8\sqrt{1 + 3} = 16\), et \(-8 + 8i\sqrt{3} = 16(-\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}) = 16e^{2i\pi/3}\). Les solutions sont donc les \(2e^{i(\frac{\pi}{6} + \frac{k\pi}{2})}\), pour \(k \in \{0, 1, 2, 3\}\). Ce sont \(\sqrt{3} + i\), \(-1 + i\sqrt{3}\), \(-\sqrt{3} – i\) et \(1 – i\sqrt{3}\). Vérifions la première : \((\sqrt{3} + i)^2 = 2 + 2i\sqrt{3}\), puis \((2 + 2i\sqrt{3})^2 = 4 + 8i\sqrt{3} – 12 = -8 + 8i\sqrt{3}\).

    La figure ci-dessous place ces quatre solutions. Elles forment un carré inscrit dans le cercle de centre \(O\) et de rayon \(2\), car on passe de l’une à la suivante par multiplication par \(i\).

    Les quatre racines quatrièmes de -8+8i√3, sommets d'un carré inscrit dans le cercle de rayon 2

    1. D’abord, \(z = 0\) est solution. Soit maintenant \(z \neq 0\) une solution. En prenant les modules, \(|z|^5 = |z|\), donc \(|z|^4 = 1\) et \(|z| = 1\). Alors \(\overline{z} = \frac{1}{z}\), et l’équation devient \(z^6 = 1\). Réciproquement, si \(z^6 = 1\), alors \(|z| = 1\) et \(z^5 = \frac{1}{z} = \overline{z}\). Les solutions sont \(0\) et les six racines sixièmes de l’unité, soit sept solutions.

    Corrigé de l’exercice 15 : Transformations du plan complexe

    1. On applique le théorème du cours sur les applications \(z \mapsto az + b\).

      Pour \(f_1\), \(a = 1\) : c’est la translation de vecteur d’affixe \(2 – i\).

      Pour \(f_2\), \(a = i = e^{i\pi/2}\). Le point fixe vérifie \(\omega = i\omega + 1 + i\), donc \(\omega = \frac{1 + i}{1 – i} = \frac{(1 + i)^2}{2} = i\). C’est la rotation de centre \(\Omega(i)\) et d’angle \(\frac{\pi}{2}\).

      Pour \(f_3\), \(a = -2\) est réel. Le point fixe vérifie \(\omega = -2\omega + 3\), donc \(\omega = 1\). C’est l’homothétie de centre \(1\) et de rapport \(-2\).

      Pour \(f_4\), \(a = 1 + i = \sqrt{2}e^{i\pi/4}\) et le point fixe est \(0\). C’est la composée de la rotation de centre \(O\) et d’angle \(\frac{\pi}{4}\) et de l’homothétie de centre \(O\) et de rapport \(\sqrt{2}\).
    2. On calcule \(f_2(1) = i + 1 + i = 1 + 2i\), puis \(f_2(3) = 3i + 1 + i = 1 + 4i\). Enfin, \(f_2(2 + 2i) = 2i – 2 + 1 + i = -1 + 3i\). Ainsi, \(A^{\prime}(1 + 2i)\), \(B^{\prime}(1 + 4i)\) et \(C^{\prime}(-1 + 3i)\). De plus, \(\Omega A = |1 – i| = \sqrt{2}\) et \(\Omega A^{\prime} = |1 + 2i – i| = |1 + i| = \sqrt{2}\), ce qui confirme que la rotation conserve les distances au centre.

    La figure ci-dessous montre le triangle \(ABC\) et son image \(A^{\prime}B^{\prime}C^{\prime}\). On voit le quart de tour autour de \(\Omega\) qui envoie \(A\) sur \(A^{\prime}\).

    Triangle ABC et son image A'B'C' par la rotation de centre Omega d'affixe i et d'angle pi sur 2

    1. On compose : \(f_2(f_3(z)) = i(-2z + 3) + 1 + i = -2iz + 1 + 4i\). Ici \(a = -2i = 2e^{-i\pi/2}\). Le point fixe vérifie \(\omega(1 + 2i) = 1 + 4i\), donc
      \[\omega = \frac{(1 + 4i)(1 – 2i)}{5} = \frac{1 – 2i + 4i + 8}{5} = \frac{9 + 2i}{5}.\]
      \(f_2 \circ f_3\) est la similitude de centre \(\frac{9 + 2i}{5}\), d’angle \(-\frac{\pi}{2}\) et de rapport \(2\).
    2. Une rotation de centre \(\omega\) et d’angle \(\theta\) s’écrit \(z^{\prime} – \omega = e^{i\theta}(z – \omega)\). Ici, \(1 – e^{i\pi/3} = \frac{1}{2} – i\frac{\sqrt{3}}{2}\), et \((2 + i)(\frac{1}{2} – i\frac{\sqrt{3}}{2}) = 1 + \frac{\sqrt{3}}{2} + i(\frac{1}{2} – \sqrt{3})\). La rotation s’écrit \(z^{\prime} = (\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2})z + 1 + \frac{\sqrt{3}}{2} + i(\frac{1}{2} – \sqrt{3})\).

    Corrigé de l’exercice 16 : Triangle équilatéral

    1. Le nombre \(j\) est une racine cubique de l’unité différente de \(1\). Donc \(1 + j + j^2 = \frac{1 – j^3}{1 – j} = 0\). Ensuite, \(-j^2 = e^{i\pi}e^{4i\pi/3} = e^{7i\pi/3}\). Comme \(\frac{7\pi}{3} = \frac{\pi}{3} + 2\pi\), on obtient \(e^{i\pi/3} = -j^2\).
    2. Par définition, \(ABC\) est équilatéral direct si et seulement si \(c – a = e^{i\pi/3}(b – a) = -j^2(b – a)\). Cette égalité s’écrit \(c + j^2 b – (1 + j^2)a = 0\). Or \(-(1 + j^2) = j\), d’où la condition \(ja + j^2 b + c = 0\). On multiplie enfin par \(j^2\), qui est non nul. Comme \(j^3 = 1\) et \(j^4 = j\), on obtient une condition équivalente. Ainsi, \(ABC\) est équilatéral direct si et seulement si \(a + bj + cj^2 = 0\).
    3. Avec \(a = 1\), \(b = j\) et \(c = j^2\), on calcule \(1 + j \cdot j + j^2 \cdot j^2 = 1 + j^2 + j^4 = 1 + j^2 + j = 0\). Le triangle de sommets \(1\), \(j\), \(j^2\) est donc équilatéral direct.
    4. La condition s’écrit \(0 + 2j + cj^2 = 0\), donc \(c = -2j / j^2 = -2j^2\), car \(1 / j = j^2\). Or \(j^2 = -\frac{1}{2} – i\frac{\sqrt{3}}{2}\). Donc \(c = 1 + i\sqrt{3}\). On retrouve bien \(2e^{i\pi/3}\), image de \(2\) par la rotation de centre \(0\) et d’angle \(\frac{\pi}{3}\).

    Point de méthode : une configuration géométrique définie par une rotation se traduit par une égalité \(c – a = e^{i\theta}(b – a)\) ; on la manipule ensuite algébriquement.

    Corrigé de l’exercice 17 : L’équation (z+1)^n = (z-1)^n

    1. Pour \(z = 1\), le membre de gauche vaut \(2^n\) et celui de droite vaut \(0\). Donc \(1\) n’est pas solution.
    2. Soit \(z \neq 1\). Comme \((z – 1)^n \neq 0\), l’équation \((E)\) équivaut à \((\frac{z + 1}{z – 1})^n = 1\). De plus, \(\frac{z + 1}{z – 1} = 1\) impliquerait \(z + 1 = z – 1\), ce qui est impossible. Ainsi, \(z\) est solution si et seulement si \(\frac{z + 1}{z – 1}\) est une racine n-ième de l’unité différente de \(1\).
    3. Soit \(u \neq 1\) dans \(\mathbb{U}_n\). L’équation \(\frac{z + 1}{z – 1} = u\) équivaut à \(z + 1 = uz – u\), soit \(z(u – 1) = u + 1\), donc \(z = \frac{u + 1}{u – 1}\). Prenons \(u = e^{2ik\pi/n}\) avec \(1 \leq\, k \leq\, n – 1\). L’angle moitié donne \(u + 1 = 2\cos\frac{k\pi}{n}\,e^{ik\pi/n}\) et \(u – 1 = 2i\sin\frac{k\pi}{n}\,e^{ik\pi/n}\). Comme \(\frac{k\pi}{n} \in ]0, \pi[\), le sinus est non nul, et
      \[z_k = \frac{\cos(k\pi/n)}{i\sin(k\pi/n)} = -i\,\frac{\cos(k\pi/n)}{\sin(k\pi/n)}.\]
      Enfin, la cotangente est strictement décroissante sur \(]0, \pi[\), donc les \(z_k\) sont distincts. L’équation a exactement \(n – 1\) solutions, les \(z_k = -i\cot\frac{k\pi}{n}\), \(1 \leq\, k \leq\, n – 1\).
    4. Si \(z\) est solution, on prend les modules : \(|z + 1|^n = |z – 1|^n\), donc \(|z + 1| = |z – 1|\). Le point d’affixe \(z\) est donc équidistant des points d’affixes \(-1\) et \(1\). Il est sur la médiatrice de ce segment, c’est-à-dire sur l’axe imaginaire. Pour \(n = 6\), on a \(\cot\frac{\pi}{6} = \sqrt{3}\), \(\cot\frac{\pi}{3} = \frac{1}{\sqrt{3}}\) et \(\cot\frac{\pi}{2} = 0\). Les solutions pour \(n = 6\) sont \(-i\sqrt{3}\), \(-\frac{i}{\sqrt{3}}\), \(0\), \(\frac{i}{\sqrt{3}}\) et \(i\sqrt{3}\).

    La figure ci-dessous place les cinq solutions obtenues pour \(n = 6\). Elles sont toutes alignées sur l’axe imaginaire, médiatrice du segment joignant \(-1\) et \(1\).

    Les cinq solutions de l'équation pour n égal à 6, alignées sur l'axe imaginaire entre -i√3 et i√3

    Corrigé de l’exercice 18 : Une inégalité dans le disque unité

    1. On développe les deux carrés avec \(|u|^2 = u\overline{u}\). D’abord :
      \[|1 – \overline{w}z|^2 = (1 – \overline{w}z)(1 – w\overline{z}) = 1 – \overline{w}z – w\overline{z} + |w|^2|z|^2.\]
      Ensuite, \(|z – w|^2 = |z|^2 – z\overline{w} – \overline{z}w + |w|^2\). Les termes croisés sont identiques et disparaissent dans la différence. Il reste \(1 + |w|^2|z|^2 – |z|^2 – |w|^2\). Donc la différence vaut \((1 – |z|^2)(1 – |w|^2)\).
    2. D’abord, \(|\overline{w}z| = |w|\,|z| < 1\), donc \(\overline{w}z \neq 1\) et \(1 – \overline{w}z \neq 0\). Ensuite, les deux facteurs \(1 – |z|^2\) et \(1 – |w|^2\) sont strictement positifs. D’après la question 1, \(|z – w|^2 < |1 – \overline{w}z|^2\). On divise par \(|1 – \overline{w}z|^2 > 0\), puis on prend la racine carrée. Ainsi, \(|\frac{z – w}{1 – \overline{w}z}| < 1\).
    3. Si \(|z| = 1\) et \(|w| < 1\), on a encore \(|\overline{w}z| = |w| < 1\), donc le dénominateur est non nul. De plus, le produit de la question 1 est nul, car \(1 – |z|^2 = 0\). Donc \(|1 – \overline{w}z| = |z – w|\). Le quotient est alors de module \(1\).

    Point de méthode : pour comparer deux modules, on compare leurs carrés, qu’on développe avec \(|u|^2 = u\overline{u}\).

    Corrigé de l’exercice 19 : Sommes binomiales trigonométriques

    1. Par linéarité, \(A_n + iB_n = \sum_{k=0}^{n}\binom\,{n}{k}e^{ikx}\). On reconnaît la formule du binôme appliquée à \(1\) et \(e^{ix}\). Donc \(A_n + iB_n = (1 + e^{ix})^n\).
    2. L’angle moitié donne \(1 + e^{ix} = 2\cos\frac{x}{2}\,e^{ix/2}\), pour tout réel \(x\). Par conséquent, \((1 + e^{ix})^n = 2^n\cos^n\frac{x}{2}\,e^{inx/2}\). Le facteur \(2^n\cos^n\frac{x}{2}\) est réel. On sépare donc parties réelle et imaginaire. On obtient \(A_n = 2^n\cos^n\frac{x}{2}\cos\frac{nx}{2}\) et \(B_n = 2^n\cos^n\frac{x}{2}\sin\frac{nx}{2}\).
    3. Pour \(x = \frac{\pi}{2}\), on a \(\cos\frac{\pi}{4} = 2^{-1/2}\), donc \(2^n\cos^n\frac{\pi}{4} = 2^{n/2}\). Ainsi, \(A_n = 2^{n/2}\cos\frac{n\pi}{4}\) et \(B_n = 2^{n/2}\sin\frac{n\pi}{4}\). Pour \(n = 2\), la formule donne \(A_2 = 2\cos\frac{\pi}{2} = 0\) et \(B_2 = 2\sin\frac{\pi}{2} = 2\). Directement, \(A_2 = 1 + 2\cos\frac{\pi}{2} + \cos\pi = 0\) et \(B_2 = 0 + 2\sin\frac{\pi}{2} + \sin\pi = 2\). Les résultats concordent.

    Corrigé de l’exercice 20 : Problème : le pentagone régulier

    1. Le nombre \(\omega\) vérifie \(\omega^5 = 1\) et \(\omega \neq 1\). Par la somme géométrique, \(1 + \omega + \omega^2 + \omega^3 + \omega^4 = \frac{1 – \omega^5}{1 – \omega}\). Cette somme est donc nulle.
    2. Comme \(|\omega| = 1\), on a \(\omega^4 = \omega^{-1} = \overline{\omega}\) et \(\omega^3 = \overline{\omega^2}\). Ainsi, \(u = \omega + \overline{\omega} = 2\cos\frac{2\pi}{5}\) et \(v = 2\cos\frac{4\pi}{5}\). Ensuite, d’après la question 1, \(u + v = -1\). Enfin, on développe le produit en utilisant \(\omega^5 = 1\) :
      \[uv = \omega^3 + \omega^4 + \omega^6 + \omega^7 = \omega^3 + \omega^4 + \omega + \omega^2 = -1.\]
      Donc \(u = 2\cos\frac{2\pi}{5}\), \(v = 2\cos\frac{4\pi}{5}\), \(u + v = -1\) et \(uv = -1\).
    3. Deux nombres de somme \(-1\) et de produit \(-1\) sont les solutions de \(X^2 + X – 1 = 0\). Son discriminant vaut \(5\), donc ses solutions sont \(\frac{-1 + \sqrt{5}}{2}\) et \(\frac{-1 – \sqrt{5}}{2}\). Or \(\frac{2\pi}{5} \in ]0, \frac{\pi}{2}[\), donc \(u > 0\). Par conséquent, \(u = \frac{\sqrt{5} – 1}{2}\). On en déduit \(\cos\frac{2\pi}{5} = \frac{\sqrt{5} – 1}{4}\).
    4. On a \(\cos\frac{\pi}{5} = -\cos(\pi – \frac{\pi}{5}) = -\cos\frac{4\pi}{5} = -\frac{v}{2}\). Or \(v = \frac{-1 – \sqrt{5}}{2}\). Donc \(\cos\frac{\pi}{5} = \frac{1 + \sqrt{5}}{4}\).
    5. On calcule le carré du module : \(|1 – \omega|^2 = (1 – \omega)(1 – \overline{\omega}) = 2 – (\omega + \overline{\omega}) = 2 – 2\cos\frac{2\pi}{5}\). Ainsi, \(\ell^2 = 2 – \frac{\sqrt{5} – 1}{2} = \frac{5 – \sqrt{5}}{2}\). Le côté du pentagone vaut \(\ell = \sqrt{\frac{5 – \sqrt{5}}{2}} \approx 1{,}176\).

    Point de méthode : regrouper une racine de l’unité avec son conjuguée fait apparaître des cosinus ; les relations entre coefficients et racines donnent ensuite une équation du second degré.

    Corrigé de l’exercice 21 : Problème : un produit de sinus

    1. Dans la factorisation admise, le facteur d’indice \(k = 0\) vaut \(z – 1\). Ainsi, \(z^n – 1 = (z – 1)\prod_{k=1}^{n-1}(z – \omega^k)\). Par ailleurs, la somme géométrique donne \(z^n – 1 = (z – 1)\sum_{k=0}^{n-1}z^k\). Pour \(z \neq 1\), on simplifie par \(z – 1 \neq 0\), d’où l’égalité. Pour \(z = 1\), les deux membres sont des fonctions polynomiales, donc continues. On prend \(z = 1 + \frac{1}{m}\) et on fait tendre \(m\) vers \(+\infty\). L’égalité \(\prod_{k=1}^{n-1}(z – \omega^k) = \sum_{k=0}^{n-1}z^k\) vaut donc pour tout \(z \in \mathbb{C}\).
    2. On applique la question 1 en \(z = 1\). Le membre de droite vaut \(\sum_{k=0}^{n-1}1 = n\). Donc \(\prod_{k=1}^{n-1}(1 – \omega^k) = n\).
    3. On factorise par l’angle moitié :
      \[1 – \omega^k = e^{ik\pi/n}(e^{-ik\pi/n} – e^{ik\pi/n}) = -2i\sin\frac{k\pi}{n}\,e^{ik\pi/n}.\]
      Le module vaut donc \(2|\sin\frac{k\pi}{n}|\). Or \(\frac{k\pi}{n} \in ]0, \pi[\) pour \(1 \leq\, k \leq\, n – 1\), donc ce sinus est strictement positif. Ainsi, \(|1 – \omega^k| = 2\sin\frac{k\pi}{n}\).
    4. On prend le module de l’égalité de la question 2. Par multiplicativité du module, \(\prod_{k=1}^{n-1}2\sin\frac{k\pi}{n} = n\), soit \(2^{n-1}\prod_{k=1}^{n-1}\sin\frac{k\pi}{n} = n\). Donc \(\prod_{k=1}^{n-1}\sin\frac{k\pi}{n} = \frac{n}{2^{n-1}}\). Pour \(n = 3\), on a \(\sin\frac{\pi}{3}\sin\frac{2\pi}{3} = \frac{3}{4}\), et la formule donne bien \(\frac{3}{4}\). Pour \(n = 4\), on a \(\frac{\sqrt{2}}{2} \times 1 \times \frac{\sqrt{2}}{2} = \frac{1}{2}\), et la formule donne \(\frac{4}{8} = \frac{1}{2}\).

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